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Prieuré de génovéfains ou Sainte-Geneviève, puis établissement de bienfaisance dit monastère de Notre-Dame de charité du Refuge de Lyon ou Refuge Saint-Michel, actuellement maison diocésaine Saint-Irénée

Dossier IA69007121 réalisé en 2014

Fiche

Le chapitre Saint-Irénée eut pour origine un monastère fondé au Xe s. Il avait à sa tête un prieur assisté d’un chamarier, d’un sacristain, d’un aumônier et d’un infirmier (AD Rhône. Nicot, Jean. Chapitre Saint-Irénée (Lyon) 1151-1790. Répertoire numérique détaillé. 1968). Selon le Dictionnaire historique de Lyon, Hugues de Die, archevêque de Lyon de 1082 à 1106, crée un chapitre propre à Saint-Irénée qui devient un prieuré placé sous la règle de saint Augustin. Claude Grollier de Servières, prieur de 1601 à 1641, reconstruit probablement les bâtiments du prieuré. Selon un procès-verbal de 1680 cité par Simone Wyss, "le prieuré est un bâtiment allongé de deux étages, orienté est-ouest, flanqué à l'est d'une tour dont une petite chambre a servi autrefois de pigeonnier. Il est séparé des dépendances par une cour (logement du fermier et du jardinier, écurie, fenière, "chapit" (hangar) comprenant le pressoir à deux vis, le "tenailler" avec quatre cuves et la cave voûtée où est conservé le vin. A l'est se trouve le grand jardin planté de poiriers, pommiers et abricotiers avec au milieu un bassin en pierre de taille pour la fontaine. Au-delà descendent, en direction de Choulans, 59 "hommes" de vignes (2, 5 ha). Un réseau de conduits souterrains amène au prieuré l'eau des sources situées à proximité de l'aqueduc romain du Gier (dit aussi du Mont-Pilat).

Les chanoines de Saint-Irénée laissent la place, en 1702, à des Génovéfains (dépendant de la Congrégation de France dont l'abbaye mère était Sainte-Geneviève de Paris). L'architecte Pierre Delangrené propose la même année aux Génovéfains un très ambitieux projet (non réalisé) composé d'une nouvelle église et de plusieurs corps de bâtiment, plusieurs cours et jardins en terrasse avec bassin. La prise de possession du prieuré par les nouveaux arrivants se fait le 4 mai 1704. Les chanoines réservent à leur prieur commendataire la maison sise actuellement 51 rue des Macchabées (maison prieurale).

Les plans d'un nouveau prieuré sont dessinés par l'architecte Jacques-Germain Soufflot. La première pierre est posée le 4 septembre 1749 en présence du Consulat (qui a dégagé une somme de 319 livres). L'ancienne maison canoniale est détruite en 1758. Les travaux sont dirigés par l'architecte Toussaint Loyer. En 1757, une maison est abattue afin de construire le portail ouest (ouvrant sur la place Saint-Irénée). Selon Simone Wyss (Le Calvaire de Lyon, 1996, p. 24), en 1789, le nouveau prieuré est tout juste terminé ; cependant, sur le plan du géomètre Claude Contamine, levé de 1750 à 1753 et mis au net en 1763, le grand bâtiment et le puits sont dessinés tandis que le vieux bâtiment existe encore (le puits ne figure pas sur les plans de 1812 et 1832).

Le tènement des "ci-devant" Génovéfains est vendu comme bien national à Pierre Peilleux, négociant en dorure domicilié rue Saint-Dominique (actuelle rue Emile-Zola), le 18 août 1791 pour la somme de cent-trois-mille trois-cents livres, 103 300 livres). La propriété, close de murs, est alors composée d'une entrée avec piliers en pierre de taille et grille en fer forgé, du couvent, d'une cour d'entrée plantée d'arbres sur trois côtés, d'un grand puits, d'un réservoir des eaux de source, d'une cour des écuries, d'un jardin, d'une vigne. Le grand bâtiment, aux élévations ouest et est en pierre de taille et percées de 15 fenêtres à chaque étage, comprend un sous-sol de la longueur de l'édifice (caves voûtées contenant 4 grandes cuves, 2 pressoirs, 60 tonneaux, 4 grandes bennes, 10 bénots de vendange, 1 dégrappoir), un rez-de-chaussée et deux étages carrés ; une grande porte s'ouvre sur un balcon au premier étage côté est ; à l'intérieur, le rez-de-chaussée comprend une grande galerie à l'ouest, une autre à l'est, diverses salles dont deux avec boiseries, et une cuisine, toutes plafonnées et pavées de dalles carrées ; le premier étage est desservi par 2 escaliers à jour et à "limaçons" suspendus ; une galerie dessert plusieurs chambres toutes plafonnées, l'une d'elles fait office de petite chapelle oratoire : elle est en partie revêtue de boiseries et est pourvue d'un autel en stuc ; le deuxième étage est desservi par de "petits escaliers attenant au grand ci-dessus" [?] et comprend des chambres donnant à l'est et à l'ouest et couloir au milieu. Au sud du grand bâtiment, dépendances de la cuisine avec salon boisé au rez-de-chaussée et chambre au-dessus. Attenant à ce bâtiment sont des écuries et remise avec fenil au-dessus. Devant la façade orientale du grand bâtiment est une grande terrasse plantée d’arbres fruitiers, un grand perron, une rampe double pour descendre au jardin. Sous le milieu de cette terrasse est un grand lavoir voûté et pièce d’eau de source. "En face de cette terrasse et de la cour des écuries est un jardin potager planté de plusieurs arbres fruitiers avec bassin et jet d’eau" au centre, allées en charmilles et bosquets de côté. Ce jardin forme une seconde terrasse sur la vigne (de la contenance d’environ 20 bicherées). Pierre Peilleux règle le solde le 14 août 1795 (27 thermidor an III).

Au cours du siège de Lyon, dès le mois d'août 1793, une partie du prieuré sert d'hôpital militaire ; le 8 octobre, plusieurs boulets tirés depuis les environs des vestiges de l'aqueduc du Gier tombent sur le bâtiment, incendiant la charpente. Il semble que, du grand bâtiment, restent debout le rez-de-chaussée du corps de bâtiment central, ainsi que quelques murs ou parties de murs des deux pavillons latéraux.

En 1799, Pierre Peilleux autorise son voisin Bastien, sablier, à construire un hangar en s'appuyant sur un mur lui appartenant. En 1809, un accord est établi entre la Ville de Lyon et P. Peilleux au sujet de la division de la source d'eau (voir dossier Fontaine des Deux Dauphins).

En 1809, le maire de la Ville de Lyon, le comte Fay de Sathonay, propose au Conseil municipal d'appeler à Lyon les dames du Refuge Saint-Michel qui accueillent les jeunes filles ayant transgressé ou ayant été amenées à transgresser les interdits sexuels de la société de l'époque ("les jeunes personnes du sexe qui montreraient des inclinations vicieuses, et dont les parents auraient à se plaindre"). Les religieuses s'installent d'abord dans l'ancien couvent des Carmes déchaussés, en location. Le Conseil municipal accepte la proposition du maire en 1809 et 1810 qui offre de consacrer une somme de 60 000 francs pour l’acquisition d’une maison, 10 000 francs comme frais de premier établissement, et 5 000 francs par an pour l'entretien de la maison. Un décret impérial sanctionne ces dispositions le 20 janvier 1811.

Parallèlement, Pierre Peilleux, souffrant, rédige son testament en juin 1811.

En octobre de la même année, l'architecte de la Ville, Louis Cécile Flachéron établit un rapport sur la possibilité d'établir le Refuge Saint-Michel dans le tènement des Génovéfains.

Le 7 juillet 1812, madame Peilleux, devenue veuve, signe une promesse de vente à la Ville, au prix de 65 000 francs.

La même année, Flachéron rédige un plan de distribution (non signé, conservé aux Archives municipales de Lyon) permettant aux sœurs de s'installer avec leurs protégées dans ce bâtiment en ruine depuis 1793. La couleur noire désigne les parties ayant résisté au siège de Lyon. Le sous-sol, partiellement souterrain, est bien conservé. Il est desservi, au sud, par une entrée en pente douce, à l'ouest par deux escaliers sans jour au sous-sol et tournant à retours avec jour et volée droite dans les étages supérieurs, Flachéron prévoit d'y installer les ateliers et réfectoires des deux classes de pénitentes ("de mœurs" au nord et "de caractère" au sud) dans les grandes salles saines et "bien" éclairées par les ouvertures côté est ; un corridor et des caves occupent la partie ouest. Le plan du rez-de-chaussée révèle que les pavillons et les dépendances sud, désormais dénommées bâtiment de la Providence, sont bien conservés ainsi que le mur oriental du corps de bâtiment central ; en revanche, de ce dernier, il ne semble rester à l'ouest que les fondations ; aucune cloison intérieure ne subsiste. Un long corridor distribuant tout l'étage est situé à l'ouest, interrompu dans l'axe du corps de bâtiment central par la clôture et le tour ; toujours à l'ouest, les pavillons sont occupés par les cellules des sœurs tourières et des parloirs ; à l'est, le corps de bâtiment central comprend un corridor axé est-ouest, le réfectoire des religieuses (au sud), la salle de communauté (au nord) prolongé dans le pavillon nord par un parloir d'honneur et un avant-chœur ; le pavillon sud comprend cuisine, "dépense", office et fruitier à l'entresol ; dans un petit corps de bâtiment attenant au pavillon sont installés évier, four, buanderie, cour et hangar à bois ; entre le pavillon nord et l'église Saint-Irénée, un petit corps de bâtiment doit abriter le chœur des religieuses et des enfants de la Providence, prolongé à l'ouest par le chœur des pénitentes.

Ce qu'on sait du grand escalier : sur le plan de 1812, il n'y a pas d'escalier monumental qui desserve les étages carrés depuis le rez-de-chaussée. Aucun document antérieur au siège de 1793 connu à ce jour ne renseigne l'escalier (emplacement, forme). Pourtant, dans l' estimatif des ouvrages qui sont encore à exécuter pour terminer le bâtiment de Saint Irénée à Lyon destiné à l’établissement du refuge de St Michel, 26 juillet 1813 (AC Lyon, 744 WP 070), on trouve la mention suivante :

"Pour les rampes d’appui en fer, de deux escaliers montant de fond en comble, du grand escalier à reconstruire en majeure partie et d’un perron à double rampe sur le jardin le tout estimé environ 2400 [francs], Pour la reconstruction en pierre de Villebois de la moitié du grand escalier montant depuis le rez-de-chaussée jusqu’au premier étage et restauration de l’autre partie existante estimée 1600 [francs]". Il est bien question de "reconstruire" et de "reconstruction". Le 18 décembre de la même année : "en le rétablissement du grand escalier en pierre de taille de choin [et détail des dimensions]".

De nos jours, la taille de l'escalier est monumentale, même si sa forme et sa structure datent du XIXe siècle : les plans de Flacheron n'ont pas été suivis sur ce point ; il a sûrement paru plus utile au commanditaire et aux entrepreneurs de conserver l'emplacement choisi par Soufflot.

Le plan du premier étage de 1812 indique que rien ne reste du corps de bâtiment central, contrairement aux deux pavillons, bien conservés en plan (le dessin de Jean-Michel Grobon (cf Wyss/Bourrust 2005, fig. 77) est plus nuancé : certes, un pavillon est debout mais la conservation des élévations n'est pas homogène). Flacheron place 26 cellules de part et d'autre d'un long corridor : celle de la supérieure est située à l'extrémité sud ; le pavillon nord est réservé à l'infirmerie des religieuses (avec accès direct par l'escalier), corridor, cellule de l'infirmière, chambre particulière, pharmacie et salle de consultation, infirmerie proprement dite et cabinet d'aisance. Flacheron laisse la possibilité d'ajouter des cellules en construisant un entresol sauf au-dessus de l'infirmerie pour garder la salubrité des lieux. Selon les plans de 1812, le deuxième étage des deux pavillons est également conservé. L'ensemble du deuxième étage peut contenir cent cinq lits (six lits de maîtresses de dortoir, quatre-vingt-six lits de pénitentes, neuf chambres particulières de pénitentes, quatre appartements de dames pensionnaires). Il n'y a pas de plan du troisième étage mais Flachéron précise sur celui du premier que "l'infirmerie des deux classes de pénitentes sera placée dans les pavillons, au troisième étage". Quant au bâtiment dit de la Providence, perpendiculaire au prieuré et situé au sud-ouest, il ne semble pas comprendre de sous-sol en 1812, mais possède encore ses murs extérieurs ; Flachéron prévoit d'installer au rez-de-chaussée le réfectoire de enfants de la Providence et leur salle de travail séparés par un escalier rampe sur rampe tandis que leur dortoir occupe le premier étage dont il ne reste que le mur nord ; les latrines sont installées sur les repos de l'escalier. Hormis ces dernières éclairées par une fenêtre située au nord, portes et fenêtres ne sont percées que sur la façade sud. Le second étage, entièrement neuf, permet d'accueillir quatre dames pensionnaires.

Mais, sans attendre l'approbation du gouvernement ni d'aucune autorité, les entrepreneurs sont choisis. Le 22 juillet 1812 au plus tard, MM. Duclos et Pittance soumissionnent auprès de M. Goulard, curé de Notre-Dame Saint-Louis, qui s'est engagé à faire un don de 80 000 francs pour la reconstruction du bâtiment principal. M. Goulard et M. Duclos, maître menuisier, signent un contrat détaillé le 20 août (AC Lyon, 744 WP 070. Supplément à la soumission d’après laquelle le sieur Jean Duclos a été retenu adjudicataire des travaux à faire pour reconstruire l’édifice de St Irénée). Il y est précisé que "les décombres entassés dans les bâtiments, caves et cours seront déblayés avant de reconstruire", les terres, décombres et gravats seront nivelés dans les différentes cours ; ces travaux seront payés par l'abandon aux entrepreneurs des moellons et pierres blanches qu'ils extrairont des décombres, à l'exception de toute construction sur pied même soutenue par des étais, des balustres et des blocs de l'entablement, des pierres de Villebois de quelque banc qu'elles soient et des carrelages en marbre. Par ailleurs, "les pans de mur menaçant ruine et les voûtes ou parties de voûte qui sont en mauvais état seront démolis pour être reconstruits et la démolition sera payée par l'abandon des moellons".

Un architecte autre que Flachéron (Lejeune ?) dirige les travaux.

Un brouillon d'avis préfectoral met en avant, le 23 juillet, les arguments en faveur du projet : "le plan proposé présente le double avantage de former un établissement de la plus grande utilité suivant les intentions du gouvernement et de faire disparaître les dernières et les plus apparentes ruines qui affligent les regards dans la ville de Lyon". Il s'agit là de sauver des jeunes filles de leur propre "dépravation" ou de celle de leur famille tout en effaçant les traces du siège de Lyon, d'autant plus visibles dans ce cas que le site domine la ville. Arguments repris un an plus tard pour convaincre, en vain, la Ville de Lyon de fournir une aide financière supplémentaire.

Le 27 août 1812, le Conseil municipal accepte l'ancienne propriété des Génovéfains pour que s'y établissent les dames du refuge de Saint-Michel.

Le 21 janvier 1813, un décret autorise enfin le conseil d'administration (composé, entre autres, du préfet du Rhône, du maire de la Ville de Lyon, du président de la Chambre de Commerce de Lyon) de la maison du Refuge à acquérir de madame Frenet veuve Peilleux les bâtiments et enclos des Génovéfains au prix de 65 000 francs [pour rappel, M. Peilleux acquiert cette propriété pour 103 300 livres en 1791, avant les dégâts occasionnés par le siège de Lyon] et à accepter, au nom des dames du Refuge, la somme de 80 000 francs offerte par monsieur Goulard, curé de Notre-Dame Saint-Louis : il s'agit là en fait d'une régularisation (ou plus tard ?).

En effet, dans un courrier datant du 5 mars 1813, les sœurs expriment au préfet leur souhait de pouvoir s'installer à la Saint-Jean (24 juin) car "Les entrepreneurs auront mis le couvert du grand bâtiment le 15 du mois de May. Les pavillons pourront leur suffire en attendant que le grand bâtiment soit arrangé pour l’intérieur et puisse être parfaitement sec" (l'architecte Lejeune, dont la participation aux travaux ne sera pas toujours reconnue, est mentionné dans ce courrier).

L'absence du respect des règles administratives dans cette affaire a failli faire abandonner l'ancien couvent des Génovéfains au profit de celui des Lazaristes alors même que les travaux sont fort avancés (selon des rapports non datés et non signés mais qui ont la tâche ardue de reconstituer la suite des événements).

En avril 1813, le maire, Cazenove, prend un arrêté prescrivant le dépôt des inscriptions et bas-reliefs antiques remployés au XVIIIe siècle dans la maçonnerie du prieuré au musée des Beaux Arts et leur remplacement par des matériaux équivalents.

Un état des ouvrages en maçonnerie, charpente, plâtre et serrurerie faits au 12 juillet 1813 est établi (par les entrepreneurs ?), puis, quelques jours plus tard, le 26 juillet, un état estimatif des travaux encore à réaliser (non signé) est dressé (AC Lyon, 744 WP 070). Dans le premier, entre autres détails, on peut retenir l'utilisation de choin, de pierres blanches et de Tournus, de pierre dure, de pierre de taille de Saint-Cyr pour marches et plafonds d'escaliers, de pierre de taille de Couzon, de pierre de Gray, la fourniture de 13 cheminées, de 18 portes à panneaux, de 136 marches pour des escaliers à la parisienne, de 91 marches d'escalier en sapin, et aussi la formation de baies pour les abat-jour de cave, et la construction d'un four ; on apprend qu'il a fallu 36 journées pour déblayer des communs situés au sud. Dans l'état estimatif, on apprend qu'il sera utilisé des carreaux de Verdun, de la tuile creuse de Thil, de la pierre de choin, de la pierre de Villebois pour les plafonds des perrons, de la pierre de Tournus pour les cordons, larmiers, architraves et autres moulures des corniches et pour les 18 fenêtres du 3e étage, de la pierre de Saint-Cyr pour le plafond du lavoir et les dalles d'une petite terrasse, qu'il sera fourni deux grandes cheminées en pierre rouge polie de Tournus pour la salle de communauté et le grand parloir, des planchers à la française pour le corps de bâtiment central qui seront tous peints en gris, qu'il faut rétablir les dalles du rez-de-chaussée, que sont prévues 23 croisées en bois de chêne sans volets et 4 avec pour les 2e et 3e étages, des grandes croisées avec impostes pour le rez-de-chaussée côté cour, cent portes de communication à double parement, 2 grandes portes extérieures en chêne, des cloisons en brique de Loire, de la peinture à l'huile en gris pour 124 portes, que le troisième étage, situé entre les deux pavillons, sera fait en maçonnerie de moellons posés à bain de mortier.

Le 22 octobre 1813, l'acquisition de la propriété par les administrateurs de la maison du Refuge est effective (le paiement à la veuve de Pierre Peilleux sera très long : en octobre 1817, elle réclamera encore des intérêts lui étant dus).

En décembre 1813, l'architecte Forobert est chargé par le préfet de faire l'examen critique du mémoire des entrepreneurs en vue de baisser leur rémunération. Ceux-ci réagissent et Forobert est donc amené à établir une "observation pour Monsieur le Comte de Bondi" (AC Lyon, 744 WP 070) où l'on apprend que tous les bois de la charpente du corps de bâtiment central seront ronds, que les entrepreneurs ont employé la pierre retirée des décombres, puis un quart de celle provenant des remparts de la ville, et les trois autres quarts de celles provenant de la démolition de la verrerie de Perrache que l'un d'eux a acquis du gouvernement, qu'ils ont trouvé sous les décombres des blocs de pierre blanche qui ont suffi pour tout le premier étage et la moitié du second du corps de bâtiment principal. Forobert dresse également le devis des travaux restant à faire (18 décembre 1813) avec (entre autres) un parquet fougère pour le parloir d'honneur, la salle de la communauté et le cabinet de la supérieure, un lavoir à la suite de la cuisine avec mur en pierre de Couzon, conche et évier en pierre de Saint-Cyr ; la cuisine sera pourvue d'un potager à douze trous en pierre de taille, les deux portes d'entrée du bâtiment principal seront en chêne avec frises et impostes peintes à l'huile couleur olive (les grilles des halles de la Martinière seront peintes également à l'huile couleur olive très foncée en 1838, soit 25 ans plus tard, cf dossier IA69003089) ; on y apprend que le logement du jardinier a deux pièces.

Le 20 novembre 1814, les travaux sont achevés par les entrepreneurs Duclos et Pittance.

En janvier 1816, les dames du Refuge demandent au préfet la construction d'une église, déjà réclamée par la première supérieure qui vient de décéder. Il faut attendre 1825 pour que commencent les travaux, sur les plans de l'architecte Pierre César Lorras, de la chapelle dite extérieure, avec les chœurs des religieuses et des Madeleines, pénitentes qui désirent finir leurs jours dans la vie contemplative, présentes depuis 1826 sur le site. La chapelle est bénie le 10 avril 1829 par Mgr de Pins et dédiée à Notre-Dame des Martyrs. Elle était occupée jusqu'en 2014 par la paroisse catholique de rite byzantin Saint-Irénée.

Les premières années, la communauté a l'autorisation verbale d'enterrer les sœurs dans la propriété.

En 1859-1860 est élevée sur les plans de Pierre-Marie Bossan la chapelle dite intérieure, réservée aux jeunes filles recueillies par le refuge Saint-Michel. Située à l'est de la chapelle précédente sur la cour occidentale de la propriété, son entrée se fait par la galerie du corps de bâtiment principal du prieuré devenu refuge. Elle masque ainsi l'entrée ouest du bâtiment de Soufflot.

D'octobre 1870 à mars 1871, la grande salle servant aux dames patronnesses et une tribune de la chapelle abritent un hôpital militaire.

Au sud de l'entrée historique du prieuré (6 place Saint-Irénée) se dressait la propriété de Jean Rejanin (maison et jardin) attestée au 3e quart du XVIIIe siècle (AD Rhône. 12 G 527), appartenant à la veuve Rejanin en 1791 et 1809 et aux héritiers Rejanin en 1813 ; elle est souvent citée car voisine d'un réservoir d'eau de source. Une partie de cette parcelle et la maison, détruite, sont désormais englobées dans l'emprise de la place Saint-Irénée. L'autre partie dépend de la maison diocésaine (postérieurement à 1853 - il s'agit probablement d'un agrandissement du refuge Saint-Michel). La maison qui se dresse à l'emplacement du jardin des Rejanin semble dater du XIXe siècle avec des remaniements du XXe.

Comme suite à la loi du 7 juillet 1904 supprimant les congrégations enseignantes, l'orphelinat est fermé, les fillettes ne pouvant plus être scolarisées dans la maison.

De 1914 à 1917, le refuge Saint-Michel abrite des orphelins de guerre. En avril 1914, les sœurs ouvrent une blanchisserie mécanique dans le bas de leur propriété pour fournir aux jeunes filles un travail moins sédentaire que la couture et procurer des ressources au refuge ; elle assure le blanchissage des hôpitaux militaires du quartier.

Les religieuses demandent leur rattachement à la congrégation des sœurs de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur d'Angers et le degré pontifical d'union est promulgué le 20 mai 1935. C'est le début d'une ère de modernisation.

En 1960-61, le bâtiment de la Providence (qui a été surélevé pour compter 5 étages carrés à une date non déterminée) est prolongé pour abriter un foyer de semi-liberté, le dernier niveau étant réservé aux religieuses (foyer des Génovéfains).

Au début des années 1970, l'avenue de la Première-Division-Française-Libre est percée (nom attribué en avril 1974). Elle mord sur la partie ouest de la limite sud de la propriété.

En 1984, l'association diocésaine loue la presque totalité des bâtiments et le jardin en terrasse pour y installer la maison diocésaine Saint-Irénée. En 1995, la location est transformée en location-vente et en 2000, le diocèse est propriétaire de l'ancien prieuré.

Le 30 décembre 2012, un incendie se déclare dans le corps central du bâtiment Soufflot.

En 2014, des travaux sont entrepris afin de permettre l'installation de l'archevêché.

RCF, Radio chrétienne francophone, s'installe en 1986 dans le bâtiment Soufflot. RCF Lyon déménage en juin 2015 pour s'installer dans l'ancienne prison Saint-Paul (cf le dossier d'inventaire IA69000244) réhabilitée par l'Université catholique de Lyon (UCLY) tandis que RCF National (siège national du réseau des 64 radios locales) est maintenue place Saint-Irénée.

Genre de génovéfains, de moniales de l'ordre de Notre-Dame de la Charité-du-Refuge
Appellations prieuré de génovéfains, dit Sainte-Geneviève, puis refuge Saint-Michel, actuellement maison diocésaine Saint-Irénée
Parties constituantes non étudiées parc, allée, bassin, portique de jardin, puits, lavoir
Dénominations prieuré, établissement de bienfaisance
Aire d'étude et canton Lyon Urgences
Adresse Commune : Lyon 5e
Adresse : 6 place Saint-Irénée , avenue de la Première-Division-Française-Libre , montée des Génovéfains
Cadastre : 2012 AR01 144, 192-195, 67 ; 1832 X3 525-540

C’est un monastère fondé au Xe s qui est à l’origine du chapitre Saint-Irénée. Ce chapitre créé par Hugues de Die, archevêque de Lyon de 1082 à 1106, devient un prieuré placé sous la règle de saint Augustin. Au XVIIe siècle, Claude Grollier de Servières, prieur de 1601 à 1641, reconstruit probablement les bâtiments du prieuré que les chanoines de Saint-Irénée laissent en 1702 aux Génovéfains. Ces derniers en prennent possession le 4 mai 1704.

L’architecte Jacques-Germain Soufflot dessine les plans d'un nouveau prieuré dont la première pierre est posée le 4 septembre 1749 en présence du Consulat. Les travaux sont dirigés par l'architecte Toussaint Loyer. Le prieuré, tout juste terminé en 1789, est vendu comme bien national à Pierre Peilleux, négociant en dorures, le 18 août 1791.

La nouvelle propriété comprend alors l’édifice principal (un grand corps de bâtiment flanqué de pavillons), à l’ouest un portail suivi d’une cour dotée d’un puits, à l’est une terrasse, un jardin avec citerne, lavoir et bassin, puis une vigne, enfin au sud un corps de bâtiment dit la Providence.

Au cours du siège de Lyon, dès le mois d’août 1793, une partie du prieuré sert d'hôpital militaire, puis il subit des bombardements en octobre : la charpente et une partie du bâtiment principal sont détruites.

En 1809, le maire de Lyon propose au Conseil municipal d’y installer les dames du Refuge Saint-Michel (qui accueillent des fillettes et des jeunes filles orphelines ou maltraitées par leurs parents), ce qu’approuve un décret impérial du 20 janvier 1811. Louis Cécile Flachéron, architecte de la Ville, établit le plan de distribution en 1812.

La veuve de M. Peilleux signe, le 7 juillet 1812, une promesse de vente du tènement à la Ville. La vente est régularisée le 21 janvier 1813. Dès l’été 1812, sans attendre l'approbation du gouvernement, les entrepreneurs sont choisis par M. Goulard, curé de Notre-Dame Saint-Louis, qui s’est engagé à faire un don de 80 000 francs pour la reconstruction du bâtiment principal. Un architecte autre que Flachéron (Lejeune ?) dirige les travaux. Le 20 novembre 1814, les travaux sont achevés par les entrepreneurs Duclos et Pittance.

En janvier 1816, les dames du Refuge demandent au préfet la construction d'une église. Il faut attendre 1825 pour que commencent les travaux de la chapelle dite extérieure, sur les plans de l'architecte Pierre César Lorras. La chapelle est bénie le 10 avril 1829 par Mgr de Pins.

En 1859-1860 est élevée la chapelle dite intérieure, sur les plans de Pierre-Marie Bossan, située sur la cour occidentale de la propriété. Elle masque ainsi l'entrée ouest du bâtiment de Soufflot.

En 1960-61, le bâtiment de la Providence, qui a auparavant été surélevé, est prolongé. Au début des années 1970, des travaux de voirie mordent sur la partie ouest de la limite sud de la propriété.

En 1984, l'association diocésaine loue la presque totalité des bâtiments et le jardin en terrasse pour y installer la maison diocésaine Saint-Irénée. En 1995, la location est transformée en location-vente et en 2000, le diocèse est propriétaire de l'ancien prieuré.

En 2014, des travaux sont entrepris afin de permettre l'installation de l'archevêché.

Dates 1749, daté par travaux historiques
1825, daté par travaux historiques
1859, daté par travaux historiques
1812, daté par source
Auteur(s) Auteur : Soufflot Jacques Germain, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Flachéron Louis Cécile,
Louis Cécile Flachéron

Flachéron s'écrit parfois Flacheron. L'architecte lui-même signait avec ou sans accent


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architecte communal, attribution par source
Auteur : Lorras Pierre César, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Bossan Pierre-Marie, architecte, attribution par travaux historiques
Personnalité : Goulard curé, donateur

Le site domine la ville de Lyon depuis l'ancien village de Saint-Irénée, actuellement dans le 5e arrondissement, ce qui lui permet ainsi d'être vu de loin, notamment depuis la presqu'île au niveau du cours de Verdun. Cette situation offre un point de vue remarquable sur la rive gauche du Rhône, les Terres froides, la chaîne de l’Épine et le mont du Chat, le massif de la Chartreuse avec, en arrière-plan, Belledonne, ainsi qu'un aperçu du massif des Bauges au nord et du massif du Vercors au sud.

La propriété est ceinte de la rue des Macchabées, de la place Saint-Irénée, de l'avenue de la Première-Division-Française-Libre et de la montée des Génovéfains. Les actuelles parcelles AR 21, 236 (en partie), 237 et 238 correspondent aux anciennes parcelles de vigne et prairie qui complétaient le tènement des Génovéfains à l'est, bordées aujourd'hui par la montée de Choulans (numéros 155 à 159). L'entrée historique subsiste au 6 place Saint-Irénée mais l'entrée principale se fait actuellement au 7 tandis que les véhicules entrent par la montée des Génovéfains.

La cour qui précédait le bâtiment principal (prieuré, dit bâtiment Soufflot) à l'ouest est désormais presque entièrement occupée par la chapelle Notre-Dame des Martyrs, la chapelle intérieure, une maison de gardien (ou de jardinier) ainsi que par plusieurs dépendances récentes (au sud du portail de l'église Saint-Irénée, les parcelles 175 et 176 ne font pas partie de la propriété). Subsistent ainsi 4 cours de taille et de forme inégales ; celle située au nord-est abrite le puits.

La chapelle Notre-Dame des Martyrs est orientée. Elle ouvre donc sur la place Saint-Irénée. Elle s'élève sur un plan en T, possède un vaisseau unique couvert d'une voûte en berceau en anse-de-panier (à vérifier), le chœur est voûté d'arêtes. L'élévation antérieure est en pierre de taille, les autres sont revêtues d'enduit.

La chapelle intérieure compte une nef et deux collatéraux, voûtés d'arêtes, l'entrée s'opère par l'est sur la galerie du bâtiment Soufflot, dont la distribution intérieure est entièrement refaite au début du XIXe siècle. Ses élévations nord et sud, les seules visibles, sont en moellons de pierre dorée ; les baies sont en pierre de taille blanche.

Le bâtiment principal (prieuré de Génovéfains puis Refuge Saint-Michel, dit bâtiment Soufflot) s'élève de nos jours sur un sous-sol semi-enterré, un rez-de-chaussée surélevé à l'est, trois étages carrés pour le corps central, deux pour les avant-corps latéraux. Les balustrades qui couronnaient le deuxième étage n'existent plus. L'élévation ordonnancée compte 9 travées pour le corps central, 3 pour chacun des avant-corps. Ceux-ci et la totalité du rez-de-chaussée sont en pierre de taille. Les étages carrés du corps central sont en moellons enduits. L'élévation orientale ne présente plus de balcon au premier étage. L'avant-corps sur la façade ouest du pavillon sud est un ajout récent.

Le bâtiment de la Providence ou bâtiment Vianney compte 5 étages carrés, 7 travées (dont certaines doubles) sur le mur gouttereau sud, et trois travées sur les pignons. Il a été surélevé de 3 étages par rapport aux plans de 1812 et prolongé vers l'ouest en 1960-61.

Du temps des Génovéfains puis du Refuge Saint-Michel, le jardin, qui adopte un plan régulier, est un jardin d’utilité en terrasses maçonnées. La terrasse supérieure est plantée d’arbres fruitiers, la terrasse inférieure d’un potager-fruitier (ou verger potager). Des arbres sont alignés au sud et au nord, sur un axe ouest-est. Un réservoir d’eau de source et un lavoir situé sous la terrasse supérieure est accessible depuis la terrasse inférieure ; deux citernes sont accessibles depuis la terrasse supérieure (accès actuellement condamnés). La terrasse inférieure est pourvue d'un bassin d’ornement.

De nos jours, il s’agit d’un jardin d’agrément où les arbres fruitiers ne sont plus cultivés. Il est doté de chemins réguliers, de végétaux formés (buis ?) dans l’axe, côté est, et d’arbres isolés. Une partie est transformée en parking (au sud). L'escalier extérieur reliant les deux terrasses est à volée double à montées convergentes ; seule la volée nord est sur voûte (en brique). Le portique, situé au nord, contre le mur de soutènement du calvaire de Lyon, et qui ménageait probablement l'accès à la chapelle du Sépulcre, est formé de piliers en pierre calcaire soutenant un appentis.

Murs calcaire pierre de taille enduit partiel
Toit tuile plate mécanique
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 3 étages carrés
Couvrements voûte en berceau en anse-de-panier
Élévations extérieures élévation ordonnancée, jardin en terrasses
Couvertures toit à longs pans croupe
toit en pavillon
toit à longs pans pignon couvert
Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie, suspendu
escalier de distribution extérieur, escalier symétrique, en maçonnerie, sur voûte
Jardins groupe d'arbres
États conservations restauré
Techniques maçonnerie
sculpture
ferronnerie
vitrail
Représentations colonne, pilastre, agrafe, balustre, fronton, denticule, acanthe, feuille d'eau, lys, perle, Sacré Coeur
Précision représentations

Maçonnerie et sculpture :

Les pavillons du bâtiment principal étaient couronnés d'une balustrade ; la porte d'entrée orientale est inscrite dans une travée toscane aux colonnes engagées jumelées l'une-à-côté-de-l'autre, il s'agit d'une porte bâtarde avec vantaux et tympan vitrés, une coquille (qui semble être un remploi maladroit et sous-dimensionné) orne l'agrafe ; chaînes d'angle en bossage ; chaque fenêtre est ornée d'une agrafe, les garde-corps sont des ajouts ; côté ouest, écoinçons et jambages de l'arcade du rez-de-chaussée sont munis de tables. Le puits est orné lui aussi de tables à angles abattus.

Chapelle Notre-Dame des Martyrs, élévation antérieure : deux pilastres cannelés surmontés de chapiteaux corinthiens supportent un entablement et un fronton à denticules ; au centre, la porte bâtarde est formée d'un linteau soutenu par deux modillons à volutes et feuille d'acanthe.

Les colonnes de la chapelle intérieure portent des chapiteaux à feuilles d'eau.

Ferronnerie :

Le portail est surmonté d'une belle ferronnerie à volutes et haricots (ou rognons).

Le bâtiment principal est desservi par des escaliers secondaires du milieu du XXe siècle dont le garde-corps est animé d'effets de lignes.

La chapelle Notre-Dame des Martyrs est sommée d'une croix en métal ornée d'un sacré-coeur et de nuées.

Vitrail :

Le choeur de la chapelle de Notre-Dame des Martyrs est éclairé par un vitrail circulaire orné d'une croix feuillagée, de nuées, de lys, de feuilles d'acanthes et de perles.

La chapelle intérieure est fermée de grisailles.

Statut de la propriété propriété d'une association diocésaine
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables prieuré, jardin, lavoir
Sites de protection abords d'un monument historique
Précisions sur la protection

L'église Saint-Irénée, située à proximité, est classée au titre des Monuments historiques sur la liste de 1862.

Annexes

  • Rapport de l’architecte Flachéron, Lyon, le 11 octobre 1811

    Rapport de l’architecte Flachéron, Lyon, le 11 octobre 1811. AC Lyon, 744 WP 070. Refuge Saint-Michel.

    La propriété de Monsieur Pierre Peilleux située à Lyon dans le quartier St Irénée a de superficie totale trois cents quatre vingts un mètre carrés, 381. Cette surface se compose de la manière suivante :

    Bâtiments, 16 ; Cours supérieure et inférieure, loge du portier, 34,11 ; Parterre, terrasses, 65,75 ; Vignes 265,14. Quantité semblable, 381,00.

    Le propriétaire demandait soixante et dis mille francs de la totalité de son immeuble mais cédant aux observations réitérées de Madame la Supérieure du Refuge, il s’est réduit à soixante cinq mille francs.

    Le site, l’ordonnance des bâtiments, la disposition des cours et des jardins ont paru convenables sous tous les rapports aux dames de St Michel du Refuge. Elles destineraient l’aile du milieu à la Communauté, le pavillon méridional aux filles repentantes forcées, le pavillon septentrional aux pénitentes volontaires. La cour subdivisée donnerait deux préaux spacieux et bien séparés. Les jardins serviraient de promenoirs aux religieuses.

    Il est à souhaiter que la propriété soit conservée dans son intégrité ; cependant si on prenait le parti d’en distraire quelques fonds, je croirais convenable d’aliéner seulement la moitié de vignes ; il est avantageux de récolter du vin dans un établissement tel que celui qui est projeté.

    La salubrité de l’air, l’étendue des promenades, la commodité des logements, si nécessaires aux personnes consacrées à vivre toujours dans le même claustral, l’abondance des eaux, la facilité des approvisionnements et l’économie qui doit résulter des prix des comestibles beaucoup plus modérés que dans l’intérieur de la ville sont les avantages que présente ce local. Mais pour en jouir, il faut relever des ruines, il faut restaurer l’intérieur des bâtiments et leur donner les dispositions convenables à une nouvelle destination.

    La dépense qui résultera de ces constructions peut être plus ou moins considérables suivant la manière et le stile [sic] ; la restauration complette [sic] peut avoir lieu ou de prime abord ou d’année en année, et sans un programme bien détaillé, on ne saurait faire que des conjectures sur les dépenses. Cependant après m’être rendu compte des ouvrages nécessaires pour reconstruire en maçonnerie les murs écroulés, et pour mettre l’intérieur en état d’être habité, je crois pouvoir avancer qu’il faudra consacrer la somme de cent cinquante mille francs à réédifier ce monument tombé en ruines.

    Nta

    Les dimensions ont été prises et les calendr faits sur un plan qui paraît avoir été dressé avec beaucoup de soins.

  • Supplément à la soumission d’après laquelle le sieur Jean Duclos a été retenu adjudicataire des travaux à faire pour reconstruire l’édifice de St Irénée, 20 août 1812

    Supplément à la soumission d’après laquelle le sieur Jean Duclos a été retenu adjudicataire des travaux à faire pour reconstruire l’édifice de St Irénée, 20 août 1812. AC Lyon, 744 WP 070, Refuge Saint-Michel.

    En suite des explications qui ont eu lieu respectivement et sous l’autorisation spéciale de Monsieur le Comte de Bondy chambellan de s.m. l’Empereur, maître des requêtes, Officier de la Légion d’Honneur, Préfet du dépt du Rhône, il a été convenu entre Monsieur Goulard curé de la paroisse notre dame St Louis et M. Jean Duclos entrepreneur de bâtiment demeurant à Lyon rue des Marronniers

    Article 1er

    Que quoique les prix portés en la soumission du dit entrepreneur soient relatifs à la généralité des travaux à faire pour rétablir les bâtiments de St Irénée, l’entrepreneur ne devra commencer dans ce moment que les gros ouvrages tels que maçonnerie, charpente, toiture, compris au devis estimatif ci annexé et jusques à concurrence de quatre vingt mille francs. La suite des dits ouvrages ne devant être commandée à l’entrepreneur que lorsque la comptabilité des premiers travaux aura été réglée.

    Article 2e

    Par les soins et aux dépens de l’entrepreneur tous les décombres entassés dans les bâtiments, caves et cours seront déblayés avant de reconstruire [. ?] les terres, décombres et gravois seront régalés de niveau dans les différentes cours. Les fondations des nouveaux murs et la fosse d’aisance seront creusés déblayés et soutenus par les étrésillons nécessaires, toutes les étayes les étendards et les gorges jugés utiles pendant la durée des travaux seront fournis et mis en place

    En payement et compensation des travaux ci-dessus expliqués il sera accordé à l’entrepreneur les moëllons qu’il retirera des décombres et les pierres blanches bruttes ou taillées qu’il extraira des mêmes décombres, excepté cependant les balustres et les blocs dépendant de la cimaise inférieure et du larmier de la corniche de l’entablement desquels blocs l’extraction et la taille seront payés les uns dans les autres à raison de quinze francs le mètre cube.

    Toutes distractions faites du rabais résultant du marché (prix réglé à 15 f en suite d’une nouvelle convention) ainsi que toutes les autres pierres blanches dépendant des deux architraves et des cordons desquelles pierres l’extraction et la taille seront payés à raison de vingt francs le mètre cube réel et d’ouvrage effectif les pierres informes et non susceptibles d’être retaillées dépendant de la dite corniche appartiennent à l’entrepreneur.

    Article 3e

    Les pierres cédées à l’entrepreneur lui appartiendront en toute propriété pour être employées aux travaux projettés de la manière qui sera prescrite par l’architecte soit en parpins, cordons chambranles.

    Article 4e

    Sont réservées toutes les pierres de Villebois de quelque banc qu’elles soient et à quelque usage quelles puissent servir, et en quelque état qu’elles soient. Les carrelages des marbres démolis ou en place, et en un mot toute construction sur pied, même soutenue par des étaïes, lesquelles ne peuvent appartenir à l’entrepreneur sous aucun prétexte.

    Article 5e

    L’extraction et le déplacement de ces pierres se trouvent payés par les clauses stipulées en l’article deux des présentes conditions, quant à la taille et à la recoupe, ces ouvrages pour les pierres auxquelles l’architecte les jugera convenables seront payées à raison de vingt francs le mètre cube, les pierres qui ne seront pas nécessaires ne seront payées que pour la pose, les assemblons en pièces de rapport seront payés à cause des enclaves, en taille à faire, à cause des échaffaudages et de la difficulté, à raison de trente francs le mètre cube, résultant des dimentions seules, des assemblons la pose des pierres tombées le déplacement et le replacement de celles encore en place, mais hors d’aplomb ou gauchies seront payés, comme il est stipulé au premier article du devis estimatif, c'est-à-dire aux prix de la maçonnerie en ne comptant que la moitié des surfaces.

    Le ragréage générale des passages sera payé sur un prix dont on conviendra dans la suite

    Article 6e

    Les pans de mûr menaçant ruine et les voûtes ou parties de voûte, qui sont en mauvais état seront démolis pour être reconstruits et la démolition sera payée par l’abandon des moëllons

    Article 7e

    Il est convenu conformément à l’usage établi dans cette ville le faîtage sera payé comme charpente et aux prix d’un mètre cube de gros bois de sapin

    Article 8e

    Le payement des travaux sera fait de la manière suivante le 1er acompte sera donné sur un certificat de l’architecte constatant que le toisé des travaux exécuté suivant les règles de l’art s’élève à la somme de trente mille francs sur la quelle il ne lui sera payé que la somme de vingt mille francs : un second accompte également de vingt mille francs sera donnée lorsque le toisé s’élèvera à soixante mille francs ainsi de suite

    Par cet arrangement l’entrepreneur restera en avance [ ?] d’un tiers de ses ouvrages jusquà nonante jours révolus après la réception définitive des ouvrages à faire

    Ainsi fait et convenu en double expédition pour être respectivement observé

    Lyon le 20 août 1812 et ont signé Mr Goulard curé de notre dame de St Louis et Mr Duclos maître menuisier

  • Lettre de la supérieure du refuge Saint-Michel au préfet, 5 mars 1813

    Lettre de la supérieure du refuge Saint-Michel au préfet, 5 mars 1813. AC Lyon, 744 WP 070, refuge Saint-Michel

    Extraits :

    (...) Elles espèrent aussi qu’il [M. Le Comte] aura la bonté de recommander à Mr Lejeune architecte économie et diligence afin qu’elles puissent s’établir à Ste Geneviève à la St Jean. Les entrepreneurs auront mis le couvert du grand bâtiment le 15 du mois de May. Les pavillons pourront leur suffire en attendant que le grand bâtiment soit arrangé pour l’intérieur et puisse être parfaitement sec. (...)

  • Arrêté municipal concernant les inscriptions et bas-reliefs antiques, 29 avril 1813

    Arrêté municipal, 29 avril 1813, Cazenove maire. AC Lyon, 744 WP 070 (Refuge Saint-Michel. Acquisition du bâtiment des Génovéfains. Travaux. 1795-1820).

    Le maire de la ville de Lyon (...) considérant qu’il existe dans l’intérieur du claustral des cidevant Génovéfains plusieurs inscriptions ou bas reliefs antiques infiniment précieux, et qu’il convient de réunir aux autres richesses en ce genre que renferme déjà le Palais du Commerce et des arts :

    considérant que la plupart des inscriptions ou bas reliefs ont été mutilés et employés comme moëlons de pierre ordinaire dans la construction des murs de terrasse et de ceux des bâtiments que l’on peut sans inconvénient les détacher des endroits dans lesquels ils sont incrustés, en les faisant remplacer par d’autres matériaux propres à la construction.

    Considérant qu’il est opportun de profiter du moment où la ville est propriétaire de ce claustral pour effectuer les changements projettés.

    Avons arrêté :

    Art 1er

    Les inscriptions antiques ou bas reliefs qui se trouvent incrustés dans les murs du claustral des cidevant Génovéfains seront enlevés et transportés pour être placés par les soins de M. Arthaud directeur du Musée et du Conservatoire au Palais du Commerce et des Arts

    Art 2e

    Il sera pourvu au frais de la ville au remplacement desdites pierres, ou bas reliefs par des constructions ou matériaux équivalents

    Art 3e

    M. Flacheron architecte de la ville, après avoir dressé et fait approuver par nous le devis de la dépense, fera immédiatement procéder par les ouvriers qu’il aura choisi à cet effet à l’exécution du présent arrêté, qui sera préalablement fourni à l’approbation de M. le Préfet

    Fait à l’hôtel de ville, Lyon, le 29 avril 1813

  • Le préfet du département du Rhône à Monsieur d’Albon, maire de la Ville de Lyon, 27 juillet 1813

    Le préfet du département du Rhône, comte de l’Empire, Chambellan de l’Empereur, maître des requêtes, Officier de la Légion d’honneur, etc. à Monsieur d’Albon, maire de la Ville de Lyon, 27 juillet 1813

    Monsieur,

    dans les diverses conférences que nous avons eues touchant l’établissement du Refuge, et auxquelles plusieurs membres du Conseil Municipal ont assisté, on a été d’un accord unanime sur l’utilité de cette institution. Indépendamment de nombreux avantages qu’elle promet à la Cité sous le rapport de la conservation des bonnes mœurs parmi les personnes du sexe, elle en assure un du plus grand prix pour les habitants de Lyon, celui de faire disparaître les dernières et les plus apparentes ruines qui affligent les regards dans cette Ville.

    Des considérations aussi puissantes n’ont point échappé au Conseil municipal ; et elles l’engageront, je n’en doute pas, à concourir aux dépenses que nécessite la restauration du bâtiment des Génovéfains et les constructions à faire pour l’approprier à sa nouvelle destination.

    (...)

    je vous prie, Monsieur, de vouloir bien mettre ces détails sous les yeux du Conseil afin qu’il puisse voter les secours que la situation financière de la Ville permettra d’accorder pour finir un bâtiment qui conserve à la cité un monument précieux. Je vous serai obligé de m’adresser le plutôt possible la délibération qui sera prise à ce sujet.

    Recevez, Monsieur, les assurances de ma considération distinguée.

    Le Cte de Bondy

  • Trois lettres des entrepreneurs Duclos et Pittance au préfet de Lyon, 20 novembre 1814, 15 décembre 1815 et 28 février 1816

    Trois lettres des entrepreneurs Duclos et Pittance au préfet de Lyon, 20 novembre 1814, 15 décembre 1815 et 28 février 1816. AC Lyon, 744 WP 070, Refuge Saint-Michel

    [Les auteurs réclament, en termes choisis, le paiement de leur travaux et intérêts]

    Extraits :

    20 novembre 1814 : (…) enfin puissamment secondés et encouragés par l’habileté et les talents bien connus de M. Flacheron, architecte chargé de la direction des travaux, nous sommes arrivés à l’achèvement complet de tout ce qui concerne notre entreprise, à l’exception cependant de quelques ouvrages intérieurs non prévus, qui s’exécutent en ce moment, et dont on ne pouvait reconnaître l’urgente nécessité qu’à l’instant même de la prise de possession des dames du Refuge, lequel vient de s’effectuer.

    15 décembre 1815 : le devis qui fut dressé dans le principe pour la construction du bâtiment indiquait environ 2900 mètres de maçonnerie à faire par notre soumission (…) qui fut acceptée, (…) pour 7 francs le mètre quarré ; mais attendu qu’il existait sur place de vieux matériaux, on nous en proposa l’abandon moyennant une réduction à laquelle nous consentîmes : prix du mètre à 6 francs (…) le bâtiment tel qu’il devait être construit n’offrant pas assez de logement (…) d’après le nouveau plan qui fut dressé, cette construction a exigé 3040 mètres de maçonnerie de plus que notre première soumission. (…) nouvelle soumission le 8 mai 1813 (…) la cherté de la main d’œuvre et les frais exhorbitans [sic] du transport des matériaux sur cette partie aussi élevée de la Ville, le mètre de la maçonnerie n’était pas exagéré à 7f 60 tel que Mr l’architecte l’avait fixé [au lieu des 8 f souhaités]

  • Rapport, ns, nd [1816 ?]

    Rapport sur un papier très abîmé, non signé, non daté [1816 ?]. AC Lyon, 744 WP 070, Refuge Saint-Michel

    Extraits concernant St Irénée

    La dépense faite jusqu’à ce jour s’élève à la somme de 140 000 f

    Celle à faire pour terminer les ouvrages commencés est de 80 000

    La construction d’une chapelle propre à contenir 300 personnes, dont les différentes classes doivent être parfaitement séparées coûtera au moins 80 000 f

    (…)

    le grand bâtiment avait été construit avec magnificence et solidité mais l’incendie qui l’a consumé en 1793 n’avait épargné que des pans de mur construits en pierre de taille, les fondations et les voûtes de caves.

    Lorsqu’en 1812, on forma le projet d’effacer les ruines de cet édifice, on se proposa de le reconstruire sur le même dessin, mais avec plus de parcimonie et sur une distribution qui pouvait le rendre propre à l’établissement du refuge St Michel

    (…)

    partie fort abîmée

    Le premier étage offre la même superficie, distribuée différemment. Quatorze cellules desservies par un grand et large corridor, sont au centre, l’infirmerie dans le pavillon septentrional, et des cellules, salles des novices etc., occupent le pavillon méridional.

    Le second étage et les greniers sont une répétition du premier étage, sauf néanmoins le bâtiment en aile qui ne s’élève que d’un premier étage.

    La maison du granger est grande, elle a un rez-de-chaussée et un premier étage.

    Les caves s’étendent sous toute l’étendue du grand bâtiment, elles sont vastes, saines et bien éclairées.

    Le devis estimatif qui fut dressé, en conformité des plans, s’élevait à 130 000 ou 135 000 francs. Ce devis comprenait les réparations à faire au grand bâtiment et à ses deux pavillons.

    (...)

  • Lettre du curé Goulard au maire de Lyon, sd [entre 1814 et 1818] AC Lyon, 744 WP 71

    A Monsieur le Comte de Fargues, Maire de la Ville de Lyon, signé Goulard curé de Notre-Dame St Louis, non daté [entre 1814 et 1818], AC Lyon, 744 WP 71

    J’ai reçu, avec beaucoup de reconnaissance, le prospectus que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser, et personne ne désire plus que moi, de concourir à un projet, qui doit transmettre à la postérité, le grand exemple que les Lyonnais ont donné de leur dévouement au Roi. Mais vous ne voulez, Monsieur, que ce qui rendra la consécration de ce monument plus religieux et plus durable. Je soumets donc à votre sagesse les observations qui peuvent faire sur vous comme sur moi une forte impression.

    Les Broteaux [sic] disposés pour des promenades agréables pour divers jeux d’exercice, théâtres et fêtes baladoires ne paraissent pas convenables à ce monument, ce serait vouloir allier le sacré avec le profane, la pieuse tristesse avec la joie qui n’est pas toujours innocente, les soupirs et les accents de la douleur avec les cris et les rires immodérés des différentes passions qui s’agiteraient autour de ce temple.

    A ces obstacles moraux se joignent des obstacles physiques. Pour mettre cet édifice en sûreté contre un fleuve indomptable, on fera des dépenses qui ne peuvent être exactement calculées, et l’on aura toujours à craindre que ses fondements posés sur le sable ne soient un jour renversés.

    On objectera sans doute que ce monument doit être élevé sur le terrain même arrosé du sang de ces généreuses victimes. Que déjà il est acheté, et consacré par la première pierre posée par son ARM Le Comte d’Artois, et par le signe sacré de notre Rédemption. Ces raisons toutes fortes qu’elles sont, laissent subsister et l’inconvenance et les obstacles, et je réponds que cet achat n’est point perdu, car ce sol doit être fermé pour n’être point profané et si nous indiquons un endroit plus convenable, notre auguste prince consentira volontiers à poser une seconde pierre et l’on devra à ce prince chéri deux monuments qui attesteront deux fois son amour pour les fidèles Lyonnais.

    L’ancienne ville, la Montagne Sainte, le Calvaire, les voûtes sacrées où reposent les ossements des Martyrs de la Foi réclament ceux des Martyrs de la Fidélité au Roi légitime, là est l’emplacement où doit être l’église de St Irénée Evêque et patron de ce diocèse.

    La chapelle actuelle formerait le chœur des Religieuses de St Michel, les prières pour ces illustres défunts y seraient continuelles, les fidèles y seraient puissamment attirés, cette église aurait plusieurs desservants, tout y inspirerait la piété et le recueillement, les parents et amis de ces victimes y éprouveraient une consolation vraiment religieuse, et comme nos Rois placèrent à St Denis des Religieux pour veiller sur leurs tombeaux, les Lyonnais auraient pour gardiennes des cendres des anciens et nouveaux martyrs, des religieuses toutes consacrées aux exercices de la Charité. Ce nouveau monument complèterait et illustrerait un établissement si important érigé en Maison Royale et dont LLRRAA Madame Duchesse d’Angoulême et Mde la Duchesse de Berry sont les hautes protectrices. Ces illustres princesses verraient avec satisfaction ce plan qui donnerait une église aux religieuses, assurerait la prospérité de cette grande fondation. Je crois qu’il y aurait de l’économie dans l’exécution et procurerait un plus grand nombre de souscripteurs en réunissant tous les intérêts.

    MM. les vicaires généraux seraient priés d’ordonner la plus grande pompe religieuse pour le transport des dépouilles mortelles de ces dignes concitoyens, dont la mort a honoré la Patrie et dont la Patrie veut honorer la Mémoire.

  • Lettre de Lejeune architecte, au Préfet du département du Rhône, 8 février 1825

    Lettre de Lejeune architecte, 16 rue Bellecordière, à Monsieur le Comte Debrosses Gentilhomme de la chambre du Roi, Maître des Requêtes au Conseil d’Etat, Préfet du département

    du Rhône, Commandeur de la Légion d’Honneur, etc., le 8 février 1825. AC Lyon, 744 WP 070, Refuge Saint-Michel.

    (...)

    J’ajouterai que seul et comme architecte j’ai dirigé et fait exécuter les ouvrages sur mes plans de détail, lesquels sont tout autres que ceux qu’avait fait Mr Flacheron, ces derniers n’étant relatifs qu’à la décoration extérieure qui est la même que celle des anciens bâtiments en partie conservés, et à des distributions modifiées par les augmentations nécessaires pour l’étendue de l’Etablissement.

  • Critères d’admission des petites filles et des jeunes filles confiées au refuge Saint-Michel. L’exemple de Marie G., Pérouges

    Admission d’une enfant de 8 ans au sein de la communauté Notre Dame de Charité du refuge de Lyon, à la demande du procureur général du Roi B. F. de L’horme, via le préfet du département du Rhône le comte de Chabrol, mai-juillet 1816. AC Lyon, 744 WP 070.

    - Ministère public près la Cour royale de Lyon. Lettre de B. F. de L’Horme, procureur général du Roi, au comte de Chabrol, préfet du Rhône, Lyon, le 31 mai 1816.

    Monsieur le Comte,

    Le juge d’instruction de Trévoux fait en ce moment le procès au nommé G., âgé de 65 ans, cultivateur en la commune de Pérouge [sic] près Montluel, prévenu du crime de viol envers sa propre fille, âgée de 8 ans ½. Il paraît que cette abomination dure depuis plusieurs années et que la petite fille, conduite par son père même dans l’abyme de la corruption, se prostituait à d’autres personnes de la commune. Lors de l’arrestation du père, M. de La Chapelle maire de Pérouge a fait conduire la fille dans un village voisin. Elle y devient un sujet de scandale ; on l’accuse de chercher à pervertir et à débaucher les enfants d’un âge correspondant au sien, et il est du plus haut intérêt des mœurs de retirer de la société et de séquestrer* pour un temps un être aussi dégradé et aussi dangereux. Mon substitut à Trévoux et M. le maire de Pérouge me demandent de faire entrer cette malheureuse petite fille dans la maison du Refuge des dames de St Michel à Lyon ; et il paraît que quelques personnes pieuses et charitables se cottiseraient [sic] pour payer une pension qui devrait être fort légère. Je vous serais très obligé, en cette occasion, Monsieur le Comte, de m’aider de votre influence auprès des dames du Refuge. Vous ne sauriez l’appliquer à une circonstance qui se rapprochât d’avantage du but de l’institution de leur maison ; et je ne doute pas qu’à la faveur de votre intervention, elles ne consentent à réduire à son minimum la pension à leur payer. Le mal est grand sans doute, cependant il n’est point impossible, attendu l’extrême jeunesse de la fille G., qu’on parvienne à la corriger, et à la ramener à quelque sentiment de pudeur. Dans tous les cas, il y aura, sinon pour elle, du moins pour les autres, un avantage incontestable à l’isoler de la société.

    J’ai l’honneur d’être, avec une très haute considération, Monsieur le Comte, votre très humble & très obéissant serviteur, le procureur génal du Roi, B. F. de L’horme

    Ajouté à l’encre : « 27 juillet J’invite les dames du refuge à recevoir cette fille »

    -Préfecture du Rhône. Division de l’Intérieur. N° 2809. A Mme la Supérieure de la Maison royale du refuge de St Michel de Lyon. Lyon, le 27 juillet 1816 [ce courrier est fait presque deux mois après celui du procureur]. Brouillon comprenant de nombreuses ratures.

    Madame,

    Un misérable cultivateur de la commune de Pérouge [sic], département de l’Ain, âgé de 65 ans, a porté l’oubli de la Religion et de la Nature au point d’abuser de sa propre fille qui n’a encore que 8 ans et demi.

    Le coupable est arrêté et détenu dans les prisons de Trévoux où l’on instruit son procès. La fille justifiée par son âge et victime du délit de son père a excité l’intérêt de plusieurs personnes charitables et sensibles ; on l’a fait conduire dans un village voisin ; mais entrainée dans l’abyme par l’auteur de ses jours, et cédant à la criminelle habitude du vice, elle y est un objet de scandale et peut corrompre les enfants de son âge. On a donc senti la nécessité de séquestrer* cette petite fille de la société où son exemple et sa conduite pourraient avoir des suites funestes. Plusieurs personnages recommandables et notamment M le Procureur général du Roi près la Cour royale de Lyon m’ont manifesté leur voeu à cet égard.

    Dans une circonstance aussi impérieuse, j’ai l’honneur, Madame, de vous inviter à recevoir dans votre établissement la fille G. dont il s’agit ; c’est sans doute se rapprocher du but de votre institution que de vous demander pour elle le seul refuge qui puisse la mettre à l’abri du vice, et la ramener à la vertu.

    Quoi que le mal soit grand, on a lieu de tout espérer de sa jeunesse, mais dans tous les cas, il y aura, pour elle, comme pour les autres, un avantage incontestable à l’isoler de la société.

    Veuillez, Madame, vous prêter à cet acte de bienfaisance, et fixer au minimum la pension de l’infortunée qui en est l’objet ; sa famille n’ayant absolument rien, elle a des droits à la pitié des âmes pieuses dont quelques unes contribueront volontairement pour acquitter cette pension qui, sous ce rapport, doit être la plus modérée possible.

    Je vous prie, en conséquence, de vouloir bien me faire connaître vos intentions à cet égard.

    Je suis avec respect …

    - De N.D. de charité du refuge de Lyon, le 30 juillet 1816

    Monsieur le Préfet,

    En réponse à votre lettre du 27 juillet dernier n° 2809.

    Veuillez agréer le témoignage de la satisfaction de toute la communauté des religieuses du refuge St Michel, qui toutes pénétrées de l’estime et de la plus vive reconnaissance envers vous, Monsieur le Préfet, pour l’intérêt particulier dont vous nous honorez ; se trouve infiniment flattée de pouvoir seconder les actes de justice et de bienveillance dont vous embellissez tous les jours de votre vie. Nous recevrons avec empressement la jeune personne qui nous est proposée ; sans autre pension que ce que les personnes charitables voudront nous donner pour son entretien.

    Permettez-nous de vous assurer que personne ne vous est plus sincèrement et plus respectueusement dévoué [sic] que votre communauté du Refuge et en particulier la Supérieure.

    J’ai l’honneur d’être avec votre profond respect, Monsieur le Préfet, votre très humble et très obéissante servante Sœur Marie du St Esprit Grimont Spe

    ajouté à l’encre [par les services du préfet] : « 31 juillet écrit à M. le Procureur Gal du Roi »

    * Séquestrer : dans le Nouveau dictionnaire de la langue française de Noël et Chapsal, 1832 : écarter, séparer des personnes : - un méchant de sa société.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Lyon. 744 WP 070. Refuge Saint-Michel. Acquisition du bâtiment des Génovéfains. Travaux. 1795-1820

    AC Lyon : 744 WP 070
  • AC Lyon. 744 WP 070. Refuge Saint-Michel. Réclamations, 1813-1825

    AC Lyon : 744 WP 070
  • AC Lyon. 744 WP 071. Refuge Saint-Michel. Correspondance

    AC Lyon : 744 WP 071
  • AC Lyon. 744 WP 071. Refuge Saint-Michel. Subventions 1811-1885

    AC Lyon : 744 WP 071
  • AC Lyon. 744 WP 071. Lettre de M. Goulard, curé de Notre-Dame Saint-Louis, à M. le Comte de Fargues, maire de la ville de Lyon, sd [entre 1814 et 1818].

    AC Lyon : 744 WP 071
  • AC Lyon. 744 WP 072. Demandes d'admission. 1815-1878

    AC Lyon : 744 WP 072
  • AC Lyon. 744 WP 072. Correspondance des supérieures. Affaires diverses. 1811-1832

    AC Lyon : 744 WP 072
  • AC Lyon. 744 WP 072. Correspondance des supérieures. Affaires diverses. 1811-1832. District de Lyon. Vente de biens nationaux. Bref de vente : bâtiments des Génovéfains et dépendances acquis par M. Peilleux, 18 août 1791

    AC Lyon : 744 WP 072
  • AC Lyon. 112 WP 38. Assistance. Refuge Saint-Michel, 1891-1911. Refuge Saint-Michel. Précis historique d'après les documents contenus dans le dossier que possède la Préfecture du Rhône. Chambre de Commerce de Lyon, Marius Duc, 30 novembre 1891, tapuscrit

    AC Lyon : 112 WP 38
Documents figurés
  • Antiquissima Urbis Lugdunensis ad Rhodanum Delineatio / Philippe Le Beau. 1607. 1 : 3240. 1 dess. encre ; 106 x 142 cm (AC Lyon : 1 S 150) Vues d'ensemble et détails : photographies Eric Dessert, 2005, IVR82_20056900501 à 00540

    AC Lyon : 1 S 150
  • Lugdunum [dit : Grande Vue] / Simon Maupin del., David van Velthem fecit. 1625. Lyon : Claude Savary et Barthélemy Gaultier, 1626. 1 est. (gravure sur cuivre) ; 63,4 x 123,2 cm (Musée Gadagne. [9] 60.6.1)

    Musées Gadagne Lyon : [9] 60.6.1
  • Plan géométral et proportionel de la ville de Lyon où sont désignés ses 28 quartiers ou pennonages avec deux tables : l'une alphabétique et numérale qui indique le nom et emplacement de chaque rüe, l'autre les maisons qui limitent les quartiers / C. Jacquemin, 1747. 100 toises pied de roi [= 2,9 cm]. Grav. (AC Lyon : 0003 S 00693)

    AC Lyon : 0003S00693
  • Plans géométriques des maisons et fonds mouvants de la rente noble de Monsieur l'Abbé Lacroix, grand obéancier, chanoine et baron de Saint-Just, vicaire général du diocèse de Lyon, chevalier, trésorier de France en la généralité de Lyon à cause de son obéance ; levés pendant les années 1750, 1751, 1752 et 1753, sur lesquels a été fait le nouveau terrier de la dite rente noble, par Me Claude Contamine, notaire royal, géomètre, commissaire en droits seigneuriaux et bourgeois de Lyon, mis au net en l'année 1763 (AD Rhône : 12 G 527)

    AD Rhône : 12G527
  • Plan général de la ville de Lyon, assujetti aux nouveaux alignements augmenté des quartiers neufs et enrichi des bâtiments principaux, année 1773 / Louis-Martin-Roch Joubert, impr. Daudet et Joubert. 125 toises du roy [= 3,5 cm] (AC Lyon : 0001 S 00090)

    AC Lyon : 0001S00090
  • Plan masse de la propriété des cy devant chanoines de Saint-Irénée. [4e quart XVIIIe siècle]. AC Lyon. 1 S 175. Archives municipales de Lyon [en ligne] consulté le 28 avril 2015. URL : <http://www.fondsenligne.archives-lyon.fr/ark:/18811/5fc1d584e05ededd0e9a83697bc7b60f>

    AC Lyon : 1S175
  • Plan général du tènement de Saint-Irénée, 1812, ns [Flachéron ?]. [AC Lyon, 3 S 00775 1]

    AC Lyon : 3 S 00775 1
  • Nouveau plan géométrique de Lyon, seconde ville du royaume de France, avec ses projets d'agrandissement et d'embellissement / Laurent Dignoscyo, 1821. 1 : 6250. Pap., encre, lavis, aq. (AC Lyon : 0002 S 00020)

    AC Lyon : 0002S00020
  • Cadastre levé en 1832, dit napoléonien, section X dite de Saint-Irénée, feuille 3 (AD Rhône : 3 P 1005)

    AD Rhône : 3P1005
  • Nouveau plan topographique et pittoresque de la ville de Lyon / J.-B. Noëllat, 1844. 1 : 8300. Lithogr. (AC Lyon : 0003 S 00125)

  • GROBON, Jean-Michel. [Vestiges de l'ancien prieuré de Génovéfains] in Bulletin historique du diocèse de Lyon, n°4, octobre 1922 (AC Lyon. 2 C 400805 SAL).

    AC Lyon : 2C400805SAL
  • GABILLOT, François-Amédée. L’Eglise Saint-Irénée et le Calvaire. Lyon, 19 mars 1855. Mine de plomb sur papier teinté, très piqué, 25 x 38 (Musées Gadagne Lyon, N 2928 1)

    Musées Gadagne Lyon : N2928 1
  • Anonyme. Le Pont de Perrache sur la Saône. Non daté. Mine de plomb sur papier. largeur : 18,5 cm. Vente privée, Lyon, 18 mars 1929 (Musées Gadagne Lyon, N 771.4)

    Musées Gadagne Lyon : N771.4
Bibliographie
  • ANGLERAUD, Bernadette. Lyon et ses pauvres. Des œuvres de charité aux assurances sociales (1800-1939). Paris : L'Harmattan (L'Histoire du Social), 2011. 344 p.

    p. 51, 55-56, 85, 140, 210, 219, 259
  • BEGHAIN, Patrice, BENOIT, Bruno, CORNELOUP, Gérard, THEVENON, Bruno. Dictionnaire historique de Lyon. Lyon : éd. Stéphane Bachès, 2009. 1503 p.

    p. 1169-1170
  • BRUYERE, Gérard. Les tableaux des églises de Lyon : trois inventaires révolutionnaires. Travaux de l'Institut d'Histoire de l'art de Lyon, 1991, cahier 14, p. 1-45.

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  • GARDES, Gilbert. Lyon, l'art et la ville. Urbanisme - Architecture. Paris : Editions du CNRS, 1988, 2 vol. 188-253 p. : ill., plans, cartes ; 27 cm

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  • GARDES, Gilbert. Soufflot et les maisons de plaisance à Lyon au XVIIIe siècle. In COLLOQUE INTERNATIONAL DU C.N.R.S. (1980 ; Lyon). Soufflot et l'architecture des lumières. Paris : Les Cahiers de la Recherche architecturale ; Ministère de l'Environnement et du Cadre de Vie ; C.N.R.S, 1980 [Supplément au n° 6-7 des Cahiers de la Recheche architecturale, automne 1980]

    p. 153-154, 164-165
  • GARDES, Gilbert. "Soufflot, le jeu de l'espace & du hasard. Essai". Institut d'Histoire de l'art de l'Université Lyon 2. L'oeuvre de Soufflot à Lyon : études et documents. Lyon, 1982. 215 p.

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  • GUILLOT, Catherine. "Iconographie des monuments lyonnais de J.G. Soufflot". Institut d'Histoire de l'art de l'Université Lyon 2. L'oeuvre de Soufflot à Lyon : études et documents. Lyon, 1982. 215 p.

    p. 405-406
  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Jacques-Germain Soufflot. Paris : Monum, Editions du Patrimoine, 2004. 142 p. : 28 cm

    p. 12, 114
  • TERNOIS, Daniel. Soufflot et Lyon, état des travaux et problématique. In COLLOQUE INTERNATIONAL DU C.N.R.S. (1980 ; Lyon). Soufflot et l'architecture des lumières. Paris : Les Cahiers de la Recherche architecturale ; Ministère de l'Environnement et du Cadre de Vie ; C.N.R.S, 1980 [Supplément au n° 6-7 des Cahiers de la Recheche architecturale, automne 1980]

    p. 81, 88, 96, 99
  • WYSS, Simone. BOURRUST, Bernard. Une paroisse, un quartier. Vingt siècles à Saint-Irénée. Association culturelle des sanctuaires de Saint-Irénée et Saint-Just. 2005

    p. 41, 45, 49, 57, 60, 63, 69, 71, 93, 121, 189, 204, 214
Multimedia
  • DRAC Rhône-Alpes. Patrimoine protégé - labellisé. Liste des édifices protégés au titre des Monuments historiques dans le département du Rhône [en ligne] [MAJ 23/12/2014]. URL : <http://www.culturecommunication.gouv.fr/Regions/Drac-Rhone-Alpes/Ressources-documentaires/Patrimoine-protege-labellise>

    DRAC Rhône-Alpes
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