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Présentation de la commune de Grignan

Dossier IA26000191 réalisé en 2000

Fiche

Aires d'études Grignan
Adresse Commune : Grignan

La commune de Grignan a livré plusieurs sites préhistoriques, le plus ancien dans le quartier de Bayonne, datant du Néolithique ancien. Les sites protohistoriques, oppida de Beauregard et de Grignan, habitat du Grand Cordy ont perduré jusqu'à l'époque gallo-romaine. Les sondages ont mis au jour une importante villa gallo-romaine au Grand Cordy et un site fortifié semble s'être installé à la fin de l'Antiquité à l'emplacement du château actuel. Grignan faisait partie à cette époque du territoire antique des Tricastins, dont les limites sont discutées. Un village s'est développé dès le haut Moyen Age autour du premier château fort médiéval, attesté avant le 11e siècle, et, en même temps que des prieurés s'implantent dans la plaine (Cordy, les Tourretes, Sarçon), les paroisses se constituent. Le territoire se situe à la limite de deux diocèses. Une bulle papale de 1105 indique que les églises de la place fortifiée, (église paroissiale et chapelle castrale), celle de Saint-Vincent et l'église du Saint-Esprit du prieuré de Tourretes, appartiennent au diocèse de Die, celle de Sainte-Marie de Grignan, à celui de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Saint-Vincent et Sainte-Marie (Notre-Dame de Beaulieu, détruite), sont les deux chapelles de cimetière situées hors les murs. Ce nombre d'églises montre l'implantation du pouvoir religieux, qui rivalise avec le pouvoir temporel. Les Adhémar de Monteil, coseigneurs de Grignan depuis le 10e siècle, en sont seigneurs à part entière au 13e siècle ; en 1239 et 1257, ils prêtent hommage au comte de Provence, ce qui met la seigneurie de Grignan dans l'appartenance des « Terres adjacentes de Provence ». Au 16e siècle, Grignan est le siège d'un bailliage ; à cette époque Gaucher Adhémar et son fils Louis portent à son apogée la baronnie qui s'est accrue, entre autres, des seigneuries voisines de Chamaret, Clansayes, Alleyrac, Chantemerle, Montségur, du fief de Colonzelle et de droits sur Salles, Taulignan et Réauville. En 1558, peu avant la mort de Louis Adhémar, Henri II érige la baronnie en comté. Passé à la branche des Castellane-Adhémar en 1563, le comté de Grignan est vendu en 1732 aux Félix du Muy, leurs derniers seigneurs. Grignan doit beaucoup de sa notoriété aux écrits de la marquise de Sévigné, dont la fille épousa en 1669 François de Castellane-Adhémar, comte de Grignan. En 1728, une enquête renseigne sur l'état du territoire, où vivent alors 263 foyers, hormis le chapitre, et qui compte 4 hameaux : la Grande tuilière, Grand Bois, Bayonne et Toutifau. Le terroir produit du blé, seigle et autres céréales, des raisins, des noix ; en plus du moulin à blé seigneurial et four banal, il existe deux moulins à huile de noix, des magnaneries et ateliers de dévidage de la soie, un grenier à sel. Grignan compte aussi des fabricants de tuiles et des carriers : une carrière de mollasse, encore exploitée en 1889, puis abandonnée, a servi pour la restauration du château vers 1950. En 1790, Grignan forma un canton de l'arrondissement de Montélimar et en fut chef-lieu, à la suite de Taulignan, à partir du 9 frimaire an X (1801). Grâce à l'essor de la sériciculture dans la 2e moitié du 18e siècle, 11 filatures et 8 commerces de soie sont établis dans la commune en 1812. Deux moulins à farine sont bâtis en 1813 (au Foulon, à la Caminette). En 1833, est édifié sur le Lez le « pont Sévigné » ; le maire est alors le baron Salamon, qui restaure et donne à la commune en 1837 la grotte de Rochecourbière, lieu de promenade cher à Madame de Sévigné, à 500 m au sud-ouest du village (site classé en 1938). Vers la fin du 19e siècle, les entreprises se diversifient à Grignan : entrepôt de cuir salés et peaux, usine de chandelles, ateliers de cartonnage ; les cartonnages Bès, fondés en 1927, sont toujours en activité. Une ligne de tramway d'intérêt local est exploitée de 1907 à 1927. Amorcées par celles du nouvel hôpital en 1904 et de la gendarmerie (1924, déplacée en 1985), les constructions du 20e siècle se situent aux abords et hors de l'agglomération : piscine, groupe scolaire (1965), lotissements des Artaudes (1981) et Chanteperdrix, complexe sportif (1980), ZAC (1978-1983), jardin de la Marquise (1999).

Sites de proctection site classé, site inscrit, zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager, zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique

Située au coeur du canton dont elle est le chef-lieu, la commune de Grignan, d'une superficie de 3343 hectares, est la plus étendue ; limitrophe de sept des 14 communes, elle est arrosée par la rivière de la Berre qui la traverse d'est en ouest, et par celle du Lez au sud-est qui la sépare de la commune de Grillon (Vaucluse). Le Bois de Grignan occupe la plus grande partie de la partie nord, où l'altitude culmine à 475 m à la Montagne de la Serre. Sur le territoire sont recensées 4 ZNIEFF de type 1, dont le lit du Lez. Le village (ZPPAUP), de type bourg perché et fortifié, au sommet couronné d'un château (alt. 198 m), est implanté au sud, dans la plaine entre les deux rivières. La partie sud de la commune est traversée par la route départementale 541 venant de Montélimar à l'ouest, qui passe au pied de l'agglomération, avant de bifurquer vers Valréas, au sud. La D 56 de Réauville à Salles-sous-Bois, parallèle au nord à la D 541, traverse le hameau de Bayonne (ZPPAUP, zone 3), exempt de constructions contemporaines. Depuis le village rayonnent des routes secondaires, dont la D 14 vers Taulignan à l'est et la D 4 vers le nord. Une zone d'habitat individuel s'est développée autour de l'autre hameau important, la Grande Tuilière ; quelques commerces, entreprises et un domaine viticole qui produit des vins AOC Tricastin et Côtes du Rhône, y sont installés. Vignoble, trufficulture, culture du lavandin biologique et cultures maraîchères sont les principales ressources agricoles : les chênaies, champs de lavande, vignes et jardins potagers (surtout au sud du village), se partagent la plaine et le coteau ; un GAEC est implanté au bord du Lez (Bédarès). La zone artisanale, en pleine expansion, située 1 km avant l'entrée ouest du village en bordure de la D 541, rassemble de nombreuses et diverses activités (travaux publics et bâtiment, cartonnage, parfumerie, alimentation, secteur tertiaire etc.). La commune, de 1353 habitants au recensement de 1999 et 1479 en 2007, compte 165 entreprises et établissements, tous secteurs confondus. Le développement économique et le tourisme culturel, animé de manifestations littéraires (Festival de la correspondance), théâtrales ou musicales, représentent des enjeux majeurs pour la ville.

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