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Présentation de la commune de Chantemerle-lès-Grignan

Dossier IA26000117 réalisé en 1997

Fiche

Aires d'études Grignan
Adresse Commune : Chantemerle-lès-Grignan

La Préhistoire a laissé son empreinte sur le territoire de Chantemerle, où sont repérés six sites, dont celui des Cordys et celui du plateau du Rouvergue. Pendant l'Antiquité, ce plateau a été exploité en carrières de pierre pour la fabrication de meules de moulins, dont des quantités, de 1 m de diamètre et 0,30 d'épaisseur environ, ont été retrouvées à l'est du village actuel. Le quartier Saint-Maurice, dans la plaine, est le berceau de la commune ; son occupation, attestée à l'époque protohistorique, perdure jusqu'à nos jours, puisque le cimetière y est établi. Les prospections archéologiques ont révélé l'implantation d'une vaste villa à l'époque gallo-romaine, puis, durant le Haut Moyen Age, la fondation d'un petit édifice chrétien (10e siècle ?), qui fait place, au 11e siècle, à un prieuré clunisien dédié à Saint-Maurice, entouré d'un cimetière et autour duquel s'est probablement développée une 1ère agglomération. Les formes les plus anciennes connues du nom de Chantemerle apparaissent entre 1170 et 1179 dans le cartulaire de Richerenches, puis, en 1270, de la seigneurie de Canta Merulis, tenue par Pons de Montdragon ; en 1272 est attesté le bourg castral, perché sur un rocher à quelques centaines de mètres au sud-est de Saint-Maurice, où s'implante définitivement le village. Giraud Adhémar acquiert le fief du comte de Provence en 1305, tout en reconnaissant une suzeraineté antérieure. Aux 14e et 15e siècles, la terre, dans la mouvance des Adhémar, est une co-seigneurie tenue principalement par les Montdragon et les Des Armands, ensuite incorporée en totalité dans la baronnie des Adhémar de Grignan. Cette seigneurie est administrée de la fin du 15e à la fin du 17e siècle environ, par les Raymond (ou Rémond), famille noble de Chantemerle. L'organisation féodale est semblable à celle des autres communautés villageoises, disposant d'un four banal et d'une forge communale, situés hors du village ; un moulin, promis dans un acte de 1570, est dit en construction en 1572 dans les comptes consulaires, qui mentionnent à nouveau en 1644 le choix de l'emplacement d'un moulin, sans doute non réalisé ; en effet, le cadastre établi en 1672 signale que Chantemerle ne dispose ni de commerce, ni d'industrie ou de fabrique, ni de moulin. Il n'y a pas de hameaux, seulement six "granges" (fermes) isolées. La population est essentiellement rurale et l'activité agro-pastorale : culture de céréales, légumes, vignes, troupeaux de moutons et chèvres. Peu avant la Révolution, en 1788, est achevé, à Saint-Maurice, le moulin promis par le seigneur. Ce moulin se diversifie au cours du 19e siècle, où une passerelle est construite sur la Berre en 1853 ; un arrêté accompagné d'un règlement d'eau est établi en 1868, concernant le moulin à plâtre et à huile, ainsi que le moulin à farine. En 1790, Chantemerle comptait 313 habitants, le nombre d'habitants culmine à 478 en 1836, puis redescend progressivement pour n'atteindre que 94 en 1975, remontant à 177 au recensement de 1999 ; c'est la commune la moins peuplée du canton. Depuis le 15 mars 1955, la commune a pris le nom de Chantemerle-lès-Grignan.

Sites de proctection zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique

D'une superficie de 10 km2 (980 ha), la commune de Chantemerle-lès-Grignan est située au sud-ouest du canton, sur la rive gauche de la Berre qui la sépare des communes de Valaurie au nord-ouest et Réauville au nord, la limite orientale avec les communes de Grignan et de Chamaret traversant le plateau du Rouvergue (ZNIEFF de type I). Ce plateau de molasse burdigalienne est composé de grès quartzeux, alternant avec des sables rouges ou des grès friables verts. Le banc de molasse, creusé parfois de grottes, règne sur tout le contour des collines, formant des "failles", lignes parallèles de pierre, qui ont donné le nom de tout un tènement appelé "les Crevasses". L'Antiquité a utilisé en partie la configuration naturelle du terrain, l'aménageant en chemin pour le transport les meules de pierre extraites du plateau. Ces curiosités sont ainsi décrites au 19e siècle, par le maire Héraud : "A quelque distance du village se voit un chemin curieux tout taillé dans le roc ; il se termine à un précipice auquel succède une vallée profonde. Les ornières que la roue des chars y a creusées sont encore apparentes...", et par Devès, érudit de Grignan : "Ce chemin est au levant du village et se dirige du midi au nord par la vallée dite Champ-Garreau. Il est encore à découvert sur une longueur de 40 m et présente une largeur de 2,20 m. Les ornières ou rainures ont été faites de main d'homme, car elles sont partout d'égale profondeur et d'égale distance... Il aboutit à un précipice. Après l'éboulement du rocher qui lui servait d'assiette, il a été reporté plus loin avec les mêmes ornières. C'est par là, sans doute, qu'on faisait passer les nombreuses meules de moulin extraites du plateau voisin". La végétation du plateau, au sud du territoire communal, est essentiellement composée de bois de feuillus, et sur le coteau qui s'étend d'ouest en est jusqu'à la plaine, se mêlent des terrains cultivés aux bois plus épars et aux landes, enfin les prairies, champs, et quelques vignes occupent la vallée de la Berre, au nord. Le découpage communal de 1791 en 4 sections, repris par le cadastre napoléonien et le cadastre actuel, est représentatif de ces terrains : la 1ère section, au sud, correspondant à la section C est formée du plateau du Rouvergue, la 2e, au nord-est, correspond à la section B, la 3e au nord, correspond à la section A et la 4e au nord-ouest, à la section D, sont constituées des terrains les plus riches sur les pentes et la vallée de la Berre ; c'est là que se trouvent la plupart des fermes, ainsi que le village, situé au milieu du territoire, tandis que quelques "bories" (cabanes de bergers) subsistent sur le plateau du Rouvergue. Aujourd'hui, beaucoup d'exploitations agricoles ont été abandonnées et les fermes converties en résidences secondaires. Au dernier recensement INSEE (1999), la commune comptait 132 immeubles d'habitation, dont 75 résidences principales et 51 résidences secondaires. A l'instar des communes voisines, le tourisme se développe par la transformation d'anciennes fermes ou maisons en gîtes ruraux de qualité, et une trentaine de maisons ont été construites depuis 1975. L'économie locale s'est récemment tournée vers une activité agro-alimentaire, représentée par la minoterie Souchard, installée au Moulin.

© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel - Jourdan Geneviève