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Pont ferroviaire dit viaduc de la Méditerranée, ou dit viaduc d'Arboras, ou dit viaduc de Chasse

Dossier IA69006604 inclus dans Présentation de l'étude des points de franchissement du Rhône en région Rhône-Alpes réalisé en 2010

Fiche

Précision dénomination pont ferroviaire
Appellations viaduc de la Méditerranée, ou viaduc d'Arboras, ou viaduc de Chasse
Dénominations pont
Aire d'étude et canton Rhône-Alpes - Givors
Hydrographies Rhône
Adresse Commune : Grigny
Lieu-dit : 69 Grigny les Arboras 69 Ternay
Précisions oeuvre située en partie sur la commune Ternay

Lors du bombardement d'août 1944, trois des cinq travées et les piles de l'ancien pont ferroviaire, dit viaduc de la Méditerranée, sont endommagées ; une autre travée est détruite. La circulation sur une voie est provisoirement rétablie en mai 1945 (annexe n° 1) en attendant l'édification d'un nouvel ouvrage. La SNCF sollicite alors la réalisation d'un pont à deux voies, plus adapté au trafic de l'époque, réutilisant des fondations déjà existantes. Le Service de la navigation souhaite pour sa part que le gabarit de navigation soit élargi et amélioré. La première idée de la SNCF (annexe n° 2) ne satisfaisant pas N. Esquillan, le directeur technique de l'entreprise Boussiron chargée des travaux, celui-ci propose de relier les deux rives par un arc de grande portée. Cette solution originale, qui suscite au départ des craintes, est finalement adoptée. Elle permet de conserver les piles-culées de l'ancien pont. Le chantier débute le 3 septembre 1945. Les arcs sont construits sur un cintre qui repose provisoirement sur les arcs en fonte des trois travées centrales consolidées de l'ancien ouvrage. Le décintrement a lieu le 2 juillet 1949. "Pour ne pas interrompre le trafic ferroviaire pendant la démolition des arcs en fonte et l'exécution des tabliers en béton, il fallait réaliser un tablier provisoire suspendu aux arcs. La voie provisoire avait été posée 1 m au-dessus de sa cote définitive" (voir schéma des phases principales d'exécution, Fig. 3). Une piste cyclable est aménagée le long des voies pour permettre aux agents de la SNCF de relier les gares de Givors et de Chasse. Le nouvel ouvrage est achevé et mis en service en 1950, après les épreuves qui ont eu lieu les 20 et 21 novembre. Avec sa portée de 124 m, il remporte "le record mondial de portée des ponts-rails en béton armé à double-voie ferrée suspendue". Il s'agit également du premier exemple de ce type sous rail. Les parapets métalliques qui bordent le tablier du pont ont été repeints en bleu récemment.

Remploi
Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Dates 1945, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : SNCF, maître d'oeuvre, attribution par travaux historiques
Auteur : Esquillan Nicolas, ingénieur, attribution par travaux historiques
Auteur : Boussiron, entrepreneur, attribution par travaux historiques

Le viaduc de la Méditerranée franchit le Rhône entre Grigny (quartier des Arboras, dont il porte également le nom) et Ternay, en amont du pont autoroutier de Givors. Selon Jean François, un collaborateur d'Esquillan, "l'ancien ouvrage, dont les fondations subsistent en grande partie, a déterminé les caractéristiques du nouveau viaduc". Ce dernier, de 192 m de long, s'appuie en effet sur les culées et les fondations des deux piles de rive de l'ancien pont. Il est constitué d'une travée centrale de 124 m d'ouverture (franchissant aujourd'hui le fleuve) suspendue à deux arcs en béton armé encastrés, de type bow-string, et de deux travées latérales, sur rive, de 36,36 m (annexe n° 3), offrant une ouverture en arc surbaissé. Les deux grands arcs en béton armé de la travée centrale sont des caissons creux distants de 10,70 m. Deux entretoises seulement les relient entre eux. Leurs seize suspentes sont constituées d'une " âme" en acier enrobée de béton ; espacées de 5,35 m, elles relient les arcs au tablier. Le tablier est constitué d'une dalle en béton armé de 20 cm d'épaisseur, recouverte de 40 cm de ballast. Une piste cyclable est aménagée de chaque côté de la voie par une ouverture pratiquée dans les arcs. Des parapets métalliques bordent l'ouvrage.

Murs béton armé
Typologies pont en arc à tablier suspendu

Repérage carto. Propriété : R.F.F. Les parapets métalliques qui bordent le tablier du pont ont été repeints entre mars 2009 (date du terrain-test) et septembre 2010 (2e passage terrain).

Statut de la propriété propriété d'un établissement public

Annexes

  • Extr. de : MARREY, Bernard. Les ponts modernes 20e siècle. [Paris] : Picard, 1995, Le viaduc de La Méditerranée, p. 162) :

    Le viaduc de La Méditerranée "doit son nom au fait qu'il relie les deux voies ferrées qui longent les rives du Rhône qu'il franchit entre Chasse et Givors [sic], à une trentaine de km au sud de Lyon. Le pont primitif, bombardé en 1944, n'avait plus qu'une travée intacte, trois autres étant endommagées et la cinquième détruite.

    Le plus urgent était le rétablissement de la ligne sur une voie, ce qui fut fait en réparant les arches endommagées et en posant la voie sur des plots en béton armé à 1 m au-dessus de son niveau définitif pour faciliter les travaux ultérieurs, la travée manquante était franchie par un pont provisoire Eiffel. La circulation était rétablie le 8 mai 1945".

  • Extr. de : MARREY, Bernard. Nicolas Esquillan, un ingénieur d´entreprise. Paris : Picard Editeur, Association des amis de Nicolas Esquillan, 1992, Le viaduc de la Méditerranée, p. 55) :

    "Pour le nouvel ouvrage, la première idée fut de supprimer la pile n° 3, de remplacer les deux travées qu'elle supportait par une seule travée suspendue à deux arcs en béton armé, de renforcer les deux travées en fonte sur la rive droite, et de remplacer celle de la rive gauche par une arche en béton armé".

  • Extr. de : MARREY, Bernard. Nicolas Esquillan, un ingénieur d´entreprise. Paris : Picard Editeur, Association des amis de Nicolas Esquillan, 1992, Le viaduc de la Méditerranée, p. 55-56) :

    Le nouvel ouvrage "est constitué d'une travée centrale de 124 m de portée théorique suspendue à deux arcs en béton armé, du type encastré à inertie variable... et deux travées latérales de 36,36 m constituées chacune différemment. Celle de la rive droite est une voûte à deux articulations construite sur les arcs en fonte qui n'ont plus de rôle porteur mais servent à charger la voûte pour l'aider à contrebalancer la poussée du grand arc sur la pile. Celle de la rive gauche a été construite en trois temps : d'abord une voûte épaisse à trois articulations capable de supporter la voie provisoire et de contrebuter la pile n° 4 ; après l'enlèvement du tronçon d'arc qui contrebutait la pile et immersion des deux butons, construction d'une voûte inférieure, puis solidarisation des deux voûtes transformées en un arc à deux articulations. L'unité d'aspect des deux travées est obtenue par des tympans en béton armé indépendants et librement dilatables vers la travée de 124 m".

Références documentaires

Documents figurés
  • Le viaduc de la Méditerranée, près de Givors, sur le Rhône : Croquis schématiques des principales étapes de la construction (extr. de : MARREY, Bernard. Les ponts modernes 20e siècle. [Paris] : Picard, 1995, Le viaduc de La Méditerranée, p. 163) Notes : image identique dans MARREY, Bernard. Nicolas Esquillan, un ingénieur d´entreprise. Paris : Picard Editeur, Association des amis de Nicolas Esquillan, 1992. p. 57

Bibliographie
  • ESQUILLAN, N. La reconstruction du viaduc de la Méditerranée sur le Rhône entre Givors et Chasse [2 parties]. Travaux, mai et juin 1951, 35e année, n° 199 et n° 200, p. 347-365 et p. 383-397

  • GRATTESAT, Guy (dir.). Ponts de France. Paris : Presses de l´Ecole nationale des Ponts et Chaussées, 1982

    p. 179, ill. p. 178
  • KIRCHNER, R. Quelques réflexions sur la construction des ponts du Rhône français. Les Etudes rhodaniennes, 1948, vol. 23, n° 1-2, p. 5-13

    p. 5, p. 6 et p. 12
  • MARREY, Bernard. Nicolas Esquillan, un ingénieur d´entreprise. Paris : Picard Editeur, Association des amis de Nicolas Esquillan, 1992. 176 p.

    Le viaduc de la Méditerranée, p. 54-60
  • MARREY, Bernard. Les ponts modernes 20e siècle. [Paris] : Picard, 1995

    Le viaduc de La Méditerranée, p. 162-163
  • MARREY, Bernard. Guide Rhône-Alpes de l´architecture du XXe siècle (1914-2003). Paris : Editions A. et J. Picard, Lyon : Union régionale des CAUE Rhône-Alpes, 2004

    Givors, p. 233
  • MONTENS, Serge. Les plus beaux ponts de France. Paris : Bonneton, [D.l. 2001]

    p. 146-147
  • Le Patrimoine de la SNCF et des chemins de fer français. Paris : Flohic Editions, [D.l. 1999]

    p. 555
  • Compagnie Nationale du Rhône. Direction du Patrimoine Fluvial et Industriel. Pôle Fluvial. Base documentaire OASIS. Répertoire des ouvrages sur le Rhône

    n° 0178
  • Site internet Structurae. Viaduc de la Méditerrranée. [en ligne]. Accès internet : <URL : http://fr.structurae.de/structures/data/index.cfm?ID=s0002240>

  • Site internet sur Givors. Givors d'un Siècle à l'Autre... Ponts / Pont de la Méditerranée . [en ligne]. Accès internet : <URL : http://yves.c.free.fr/galerie/category.php?cat=76> Notes : nombreuses photographies de l'ancien et du nouvel ouvrage ferroviaire

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