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Les monuments aux morts du canton de Montbrison

Dossier IA42001303 réalisé en 2008

Fiche

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Historique

La majorité des monuments sont érigés entre 1919 (date des premières délibérations relatives au sujet à Bard, L’Hôpital-le-Grand et Mornand) et 1923 (monuments non datés par chronogramme ou par source, mais datables des années 1920 : Chalain-d’Uzore, Saint-Paul-d’Uzore). Le monument aux morts érigé à Montbrison dès 1917, qui fait une place d’honneur à l’aviateur Emile Reymond, député et sénateur de la Loire, mort au front dès 1914, fait figure d’exception ; un second monument, à vocation commémorative plus générale (sans liste de morts) est d'ailleurs érigé à Montbrison en 1921, place des Combattants (non étudié, voir IA42001310). Le financement des monuments a en général fait appel à une souscription des habitants de la commune (lorsque le monument est documenté dans les archives communales, soit dans douze cas, en excluant Montbrison, la souscription est systématique).

Quatre communes n’ont pas de monument aux morts dans l’espace public : Grézieux-le-Frommental, Saint-Thomas-la-Garde, Ecotay-l’Olme et Lérigneux. Les deux premières sont parmi les communes les plus pauvres et les moins densément peuplées du canton au début du 20e siècle (au recensement de 1911, Grézieux-le-Fromental ne compte que 197 habitants), c’est peut-être la raison pour laquelle elles n’ont pas financé de monument. A Saint-Thomas-la-Garde, une subvention destinée à la réalisation d’un monument commémoratif est votée en 1923 (délibération du 4 février 1923, AC), mais le projet semble ne pas avoir abouti et en 1946 un devis de monument aux morts est demandé à M. Seux, marbrier à Montbrison (délibération du 26 mai 1946, AC), resté lettre morte également.

Les auteurs

Le marbrier montbrisonnais Michel Faverjon signe la moitié des monuments recensés (huit monuments). Les autres communes ont fait appel à des marbriers de la Loire : Polti, de de Saint-Didier-sous-Rochefort, ou Perrin, de Saint-Julien-la-Vêtre ; à L’Hôpital-le-Grand, la réalisation est confié à "M. Induni, architecte", peut-être un des frères Induni, Joannès et Louis, sculpteurs, collaborateurs des Lamaizières à Saint-Etienne. Ces marbriers ou sculpteurs sont souvent assistés d’entrepreneurs ou maçons de la commune (par exemple à Verrières, où est mentionné le maçon Malhière, ou à Montbrison, monument aux morts érigé par l’entrepreneur Julien Dubost) et parfois de serruriers pour les barrières de clôture (Chenil, serrurier à Montrond-les-Bains, est cité à Mornand et Salle, serrurier à Sury-le-Comtal, à Précieux).

Quelques communes ont recours aux services d’entreprises spécialisées parisiennes, comme à Mornand (architecte François Clermont), essentiellement pour la commande de statues en bronze : Magneux-Haute-Rive commande le Poilu au repos du sculpteur toulousain Etienne Camus, et Roche le Poilu victorieux du sculpteur Eugène Bénet, édité par la fonderie Durenne.

Enfin, la ville de Montbrison fait appel à des sculpteurs de renommée régionale ou nationale pour ses monuments : Louis Prost, sculpteur à Lyon, pour le monument commémoratif de la place des Combattants, et Albert Bartholomé, sculpteur à Paris, pour le monument aux morts dédié à Emile Reymond.

Description

Emplacement

Le monument est le plus souvent édifié sur la place du village, à proximité de l’église, ou le long de la rue principale du bourg. Verrières-en-Forez est la seule commune qui décide d’implanter le monument au cimetière (il est déplacé à côté de l’église en 1948), Chalain-le-Comtal y ayant renoncé.

Certains monuments ont été déplacés pour suivre les modifications de l’urbanisme du bourg (réaménagement de la place de l’église, ou de la mairie, par exemple à Savigneux). Le plus souvent, le monument a été éloigné de la rue principale, du fait de l’accroissement de la circulation (Bard, Magneux-Haute-Rive). A Montbrison, le monument aux morts dédié à Emile Reymond a été déplacé au jardin d’Allard lors de la destruction de la caserne de Vaux.

Dans toutes les communes, un monument commémoratif a été mis en place dans l’église. Il s’agit parfois d’une simple lithographie, où les noms des soldats sont inscrits à la main (Bard, Chalain-le-Comtal), et le plus souvent d’une plaque de marbre portant en général un petit décor gravé (croix de guerre, drapeaux...) ; certaines de ces plaques sont signées de marbriers montbrisonnais dont on retrouve les noms sur les caveaux des cimetières du canton (Cheuzeville, Seux Perrin). Dans quelques églises, ce monument prend une ampleur plus importante : stèle ornée d’un bas-relief à Chalain-d’Uzore (Charles Desvergnes sculpteur à Meudon, voir IM42002242) ou des photographies des soldats à Lérigneux (voir IM42002000) et Essertines-en-Châtelneuf (voir IM42001897) ; Piéta en ronde-bosse à Champdieu (IM42000994) ou Christ protecteur à Montbrison (sculpteur Joseph Lamberton, à la collégiale, IM42001554, et à Saint-Pierre, IM42001748) ; à Savigneux, la plaque commémorative est surmontée d’une verrière dont l’iconographie est liée à la guerre (peintre-verrier Charles Borie, voir IM42001626) ; enfin à Verrières-en-Forez, en plus d'une plaque dans l'église, c’est une cloche qui commémore la victoire (Jeanne d’Arc, fondue en 1932 par Les fils de G. Paccard Annecy-le-Vieux, IM42002100).

Forme et typologie

La majorité des monuments repérés est en forme d’obélisque (12 cas sur 16), de dessin plus ou moins complexe (présence de moulurations ou de décor) : neuf obélisques ont un simple couronnement en pointe, trois sont surmontés par une grenade ou un pot à feu.

Deux communes ont opté pour une variante de l’obélisque, la colonne (à Bard, et à Montbrison, place des Combattants).

Le canton compte deux statues de poilus : le Poilu au repos du sculpteur toulousain Etienne Camus à Magneux-Haute-Rive, et le Poilu victorieux du sculpteur Eugène Bénet (édité par la fonderie Durenne) à Roche.

Enfin, le monument aux morts de Montbrison adopte une forme et une iconographie hors norme.

Le monument est assez systématiquement entouré d’un enclos délimité par une grille en métal, dont seul six subsistent. Les monuments où il a disparu conserve souvent la trace de son emplacement, et certains enclos sont visibles sur les cartes postales ou les photographies de la 1ère moitié du 20e siècle (monument de la place des Combattants à Montbrison ; Bard). Le déplacement du monument peut avoir été la cause de cette disparition, mais la grille a parfois été supprimée volontairement.

Iconographie

Si l'on excepte les monuments montbrisonnais, à l'iconographie foisonnante et originale (buste d'Emile Reymond encadré de soldats et figures allégoriques en bas-relief pour le premier ; statue de femme ailée représentant la Victoire, coiffée d'un casque Adrian, trophée d'armes et coq pour le second), les monuments des communes rurales du canton montrent une iconographie sobre et ordinaire : pour les monuments les plus simples, la croix de guerre, les palmes ou les rameaux de chêne, olivier ou laurier sont les motifs récurrents ; quelques monuments ont un décor un peu plus élaboré : trophée d'armes et drapeaux (Bard, L'Hôpital-le-Grand), médaillon avec un profil de Poilu (Essertines-en-Châtelneuf). Enfin deux monuments présentent une grande statue de Poilu, le monument le plus élaboré étant celui de Roche (entouré d'un enclos, sur une terre-plein cantonné d'obus).

Aires d'études Montbrison
Dénominations monument aux morts
Adresse Commune : Loire

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Décompte des œuvres bâti INSEE 0
repérés 16
étudiés 4
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