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Les alpages de Saint-François-de-Sales

Dossier IA73004244 réalisé en 2014

Fiche

Œuvres contenues

Évolution historique

Peu après l’établissement de la mappe sarde, dans le 1er tiers du 18e siècle, les paroisses d’Arith et de Saint-François-de-Sales sont séparées ; la modification des limites de paroisse fait également passer dans les paroisses d'Arith et Saint-François-de-Sales tous les alpages de Saint-Offenge-Dessus situés à l'est de la ligne de crête qui va du col de la Cochette (au nord) au cours de la Rionde (au sud), puis d'une ligne droite joignant Pesse-Bernard, soit dix granges plus les 12 granges du pré n°1412 (alpage des Turroz, partie est) (voir IA73004348).

Sur la mappe découpée d'Arith pour Saint-François-de-Sales, on repère un groupe de trois bâtiments et deux bâtiments isolés dans le secteur de la Gralette ; deux bâtiments isolés aux Foyères ; un groupe de bâtiments (7 ou 8 parcelles bâties, dont certaines mitoyennes) au milieu de la clairière du Sappey. Aucun ne correspond à l’emplacement d’un bâtiment existant.

En 1878 (premier cadastre français), les chalets et granges se sont multipliés : on compte 76 parcelles bâties sur les sections concernées (D1 à 5). Sur D1 (le Sapey, les Foyères) et surtout D2 (les Otalets, la Plume, la Rionda, le Mollard au Bret), on compte 45 parcelles bâties, qui selon le Tableau indicatif des propriétés foncières établi en 1879 sont des "chalets" (on a seulement un "bâtiment", D2 172 et 172 bis, qui semble être un ancien chalet). Ces bâtiments semblent cependant plutôt de petite taille (majoritairement de petites parcelles carrées) ; certains sont mitoyens (ex. D1 70 à 74). Au contraire, sur les sections D3 (le Mollard, la Berlette, le Pessu, le Marais, la Côte à Toto) et D4 (Pré Verdet, Pré Genevert, les Gougots, le Pessu, Pré Bognard), on n'a que des "bâtiments" (respectivement 8 et 18), là aussi de petite taille. Les propriétaires sont essentiellement des habitants de la commune, habitants des hameaux de la Magne et Charmillon (plus rarement le Mouchet). Enfin, c'est sur D5 (Pesse Bernard, Chalet Gralettaz) que se trouvent les édifices les plus grands : 11 chalets (dont six "avec cour", groupés par deux ou trois) et 7 "bâtiments", appartenant tous à des habitants de la Magne. Chaque parcelle a un propriétaires différent (il y a quelques parcelles indivises, souvent entre deux frères), mais on constate que les propriétaires d'un même groupement de parcelle partage le même nom de famille (Pernet, qui est très répandu) mais surtout le même surnom (sauf pour les n° 572 et 581, IA73004250) : Pernet dit Setoz pour les n°585 et 586 (non repéré), Pernet dit Vincent pour le n°643, 644 et 645 (IA73004246), Pernet dit Gralettaz pour les n°577, 578 et 579 (IA73004249)

En 1878, on a au total 55 chalets et 33 granges (en parcelles bâties, ce qui représente un peu moins d'édifices).

Il faut leur ajouter les 11 granges et un chalet des alpages mitoyens de Saint-Offenge-Dessus (qui compte en tout 14 granges ou chalets sur la section C2, à la Côte du Plan, les Quétives, l'Epine, le Plan ou Planay, Peysse-Bernard) qui appartiennent à des propriétaires originaires de la commune de Saint-François-de-Sales, principalement du hameau de la Magne ; le chalet Mermet appartient à un habitant du Mouchet et une grange du Plan à un habitant de Charmillon.

Le cadastre actuel reproduit la version rénovée de 1938 actualisée en 1988, qui diffère sensiblement de celle de 1878 : de nombreux bâtiments semblent reconstruits à quelques mètres d'un bâtiment disparu entre 1878 et 1938. L’enquête de terrain a montré que beaucoup d'édifices (qui sont toujours cadastrés) ont disparu depuis le cadastre rénové : 11 chalets ont été repérés ou étudiés (et 14 non repérés : édifices trop dénaturés, constructions récentes) et seulement deux granges recensées (en plus d'une grange-étable aux Foyères).

La datation des bâtiments existants est incertaine ; la majorité date de la fin du 19e siècle ou du début du 20e ; plusieurs dates portées situent dans le 1er quart du 20e siècle la construction, reconstruction ou réparation de plusieurs chalets. Beaucoup d’édifices ont été remaniés ou reconstruits à la fin du 20e siècle, pour devenir des cabanes d'estive ou des résidences secondaires. L'alpage étant bien desservi par une piste, la résidence d'un berger avec fabrication sur place a été vite abandonnée.

Description du site

Les alpages de la commune de Saint-François-de-Sales occupent le quart nord-ouest de la commune, dans la continuité du plateau du Revard, autour de la tourbière des Creusates et de la colline de la croix des Bergers, qui est le point culminant (1371 m). Ils sont délimités au nord par le ruisseau des Otalets et le chalet de la Plate qui marque l’extrémité d’une branche de la piste forestière montant du chef-lieu et qui traverse la vaste forêt communale. L’autre branche de la piste, qui rejoint la route montant de la Magne (principal hameau de la commune) traverse le plateau d’est en ouest et dessert les chalets Gralette, les plus au sud, avant de rejoindre la station du Revard. Les alpages et la forêt forment le cœur du domaine de ski de fond du Revard. Les prés et les constructions se situent essentiellement entre 1250 et 1350 m d’altitude.

Architecture

Les chalets sont généralement organisés en bâti lâche par groupe de cinq ou six (Chalets de la Plate/le Gros Plane, Chalets des Creusates/Mollard au Bret, Chalets Gralette/Pesse Bernard, Granges de la Plume), à proximité des chemins ; quelques chalets sont isolés, en bordure de la colline de la croix des Bergers et de la tourbière des Creusates.

Les édifices occupent le plus souvent des replats. Certains sont cependant adossés à la pente (chalet de la Plume IA73004240, chalet de la Côte IA73004248). Il s’agit majoritairement des chalets à juxtaposition, avec habitation et étable sous fenil, sans travée de grange, avec deux portes jumelées partageant le linteau et le piédroit central, en bois, pour l’habitation et l’étable, et façade sur gouttereau. L’habitation comportait sans doute habituellement deux espaces : la salle de fabrication sur l’avant, et un freidi sur l’arrière.

Le groupe de chalets de Gralette à Pesse-Bernard présente une autre typologie, à deux ou trois bâtiments dissociés (habitation sous comble à usage de fenil et peut-être couchage ; étable ; cave) parallèles, avec façade sur le petit côté. Ces chalets, qui sont peut-être les plus anciens, sont cependant assez dénaturés. Ce secteur de Pesse-Bernard présente un cloisonnement des prés par des murets en pierre sèche ou en pierre levée.

Les chalets sont en maçonnerie de moellon calcaire généralement recouverte d’un enduit mince en terre ou chaux, avec des encadrements en bois (enduit et encadrements ont souvent été refaits en béton). Au nord-est (les Foyères, les Côtes, vers 1150-1250 m d’altitude), les deux chalets repérés (à juxtaposition) sont en bois (bardage sur ossature bois) ; ils datent d’après 1878 (le bâti ancien a disparu dans ces secteurs).

Les toits sont à longs pans, avec croupe et demi-croupe. De larges débords protègent la façade principale et souvent une façade latérale, du côté de l’entrée du fenil. La demi-croupe présente ainsi fréquemment un débord remarquable, soit au-dessus de la porte du fenil (chalets à juxtaposition), soit au-dessus de la façade principale (chalets à bâtiments dissociés). Les toits sont généralement en tôle : tôle ondulée (parfois en petites plaques juxtaposées) ou bac acier.

Les deux granges (fenils isolés) subsistantes sont implantées sur des replats ou de faibles pentes, avec la porte sur le mur pignon. Elles sont en madrier assemblé à mi-bois (pan-de-bois plein) posé sur un rang de blocs en calcaire. La grange de la Berlette présente un type de madrier spécifique, le rondin étant scié ou dressé sur trois faces mais écorcé est laissé brut sur la face intérieure. Les toits sont à longs pans et croupe, en tôle ondulée. Une photographie de 1954-1955 montre une grange en madrier avec toit en bardeau sous la croix des Bergers (panneau du PNR).

Dénominations ensemble pastoral
Aire d'étude et canton Coeur des Bauges
Adresse Commune : Saint-François-de-Sales
Lieu-dit : la Plume, le Gros Plane, Mollard au Bret, Pesse Bernard, la Berlette, le Pessu, les Foyères, Chalets Gralette
Cadastre : 1878 D1, D2, D3, D4, D5 ; 2013 D1, D2, D3, D4, D5

Les clairières existent déjà sur la mappe sarde (1732). Elles sont divisées en plusieurs prés, avec quelques bâtiments à la Gralette, à la Foyère et au Sappey.

En 1878 (premier cadastre français), on compte 76 chalets ou granges. En 2015, 11 chalets et deux granges ont été repérés ou étudiés (14 chalets, trop dénaturés ou de construction récente ont été vus mais non repérés, voir annexe).

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle, 1er quart 20e siècle

Murs calcaire moellon enduit
bois pan de bois
Toit tôle ondulée, tôle nervurée
Étages rez-de-chaussée
Couvrements
Couvertures toit à longs pans croupe
toit à longs pans demi-croupe

Correspondance des lieux-dits cadastraux avec les toponymes IGN :

- le Gros Plane / Chalets de la Plate

- Mollard au Bret / Chalets des Creusates

- Pesse-Bernard (ou Peisse-Bernard, ou Peysse-Bernard) / Chalets Gralette

Statut de la propriété propriété privée
Protections

Annexes

  • Édifices non repérés des alpages de Saint-François-de-Sales

    La Plume :

    - Chalet de Fontaine Froide (habitation). La Plume, 2013 D2 246. Murs en parpaing de ciment aggloméré enduit, toit à croupe et demi-croupe, 4e quart 20e siècle.

    - Chalet ? La Plume, 1878 D2 189, 2013 D2 251. Vestige de bâtiment de plan rectangulaire. Murs en moellon calcaire et parties en bardage bois, toit à longs pans en tôle de récupération (bidons aplatis), 19e siècle.

    Le Gros Plan / la Plate :

    - Chalet de la Plate (buvette, refuge). Bois communal, D6 744 (non cadastré). Construction en maçonnerie enduite au ciment, avec rez-de-chaussée et comble à surcroît (escalier extérieur), toit en bac acier à croupe et demi-croupe, 4e quart 20e siècle.

    Aux alentours, profitant de la desserte de la piste forestière, ont été édifiés vers le 4e quart 20e siècle des chalets d’habitation d’architecture similaire ou en ossature et bardage bois, non cadastrés (sur les parcelles D2 307 ou 803, et sur Arith, C3 309) ; ils remplacent (sur des emprises différentes) les deux édifices présents sur le site en 1878 (D2 141 et 147) autour du chalet resté en place, IA73004241.

    Le Mollard au Bret, la Côte à Toto, la Berlette, le Pessu / les Creusates :

    - Chalet (habitation). Mollard au Bret (Chalets des Creusates), 2013 D2 148. Murs en parpaing de ciment aggloméré enduit, façade sur pignon ; toit à longs pans en bac acier, 4e quart 20e siècle.

    - Chalet (habitation). Mollard au Bret (Chalets des Creusates), 1878 D2 295, 2013 D2 145. Murs en parpaing de ciment aggloméré enduit, façade sur pignon, toit à longs pans en bac acier, 4e quart 20e siècle.

    - Chalet (habitation). Mollard au Bret (Chalets des Creusates), 2013 D3 375. Reconstruction (emplacement de 1878 D3 323). Murs en parpaing de ciment aggloméré enduit, façade sur pignon, toit à longs pans en bac acier, 4e quart 20e siècle.

    - Chalet (habitation). Le Marais (Chalets des Creusates), 2013 D3 376. Reconstruction d’un bâtiment en bois qui aurait brûlé (oral ; 1878 D3 322 bis ?). Murs en madrier sciés assemblés à mi-bois (pan de bois plein), sur soubassement en parpaing de ciment aggloméré, toit à longs pans et croupe en tôle ondulée, 4e quart 20e siècle.

    - Chalet (habitation). La Berlette, 2013 D3 360. Murs en madrier sciés assemblés à mi-bois (pan de bois plein), avec couvre-joints, sur soubassement en maçonnerie de calcaire, toit à longs pans, croupe et demi-croupe en tôle ondulée ; appentis sur l’arrière. Reconstruction d’une grangette en madrier dans le 4e quart 20e siècle ?

    - Chalet (habitation). La Berlette, 2013 D3 347. Une grangette existe en 1878 (1er cadastre français, D3 392), un peu plus à l'est. L'édifice actuel est plus grand qu’une grangette (il a un rez-de-chaussée et un comble), mais il est construit selon la même technique du pan de bois plein (madriers assemblés à mi-bois). Le toit est à croupe et demi-croupe débordante au-dessus de l’entrée du fenil. Il est datable de la 2e moitié du 20e siècle.

    - Chalet (habitation). Le Pessu, 2013 D2 367. Murs en parpaing de ciment aggloméré enduit, façade sur pignon, toit à longs pans en bac acier, 4e quart 20e siècle. Reconstruction d’une grangette préexistante (oral) ; un bâtiment est cadastré à proximité en 1878 : D2 293.

    - Cabane. Pré Genevert, 2013 D4 530. Murs en parpaing de ciment aggloméré enduit, toit en tôle avec croupe et demi-croupe. Date 1998 (reconstruction) sur un panneau au-dessus de la porte. Vestige d’un autre bâtiment à proximité.

    - Chalet (habitation). La Côte à Toto, 2013 D3 686. Murs en parpaing de ciment aggloméré enduit, façade sur pignon, toit à longs pans en bac acier, 4e quart 20e siècle. Reconstruction d’un chalet d’alpage (oral).

    Pesse Bernard / Chalets Gralette :

    - Chalets (habitations). Pesse Bernard (Chalets Gralette), 1878 D5 583, 586, 2013 D5 565, 566, 567. Deux chalets reconstruits à l’emplacement d’un bâtiment allongé divisé en trois parcelles, en parpaing de ciment aggloméré enduit, toit à longs pans en tôle ou bac acier, 4e quart 20e siècle.

    Les Foyères, les Côtes, le Sappey :

    - Grange-étable. Les Foyères, 2013 D1 65. Grange-étable. Murs en charpente et bardage bois sur soubassement en béton. Toit en tôle à longs pans et demi-croupe au-dessus des entrées. Portes sur le petit côté. 20e siècle.

    - Chalet-refuge de l’ONF : refuge forestier de la Fontaine. Bois communal, 2013 D6 734. En parpaing de ciment.

Références documentaires

Documents figurés
  • Yvon [verso] LE MONT REVARD (1550 m.) (sur Aix-les-Bains) 53 – Châlets à Pesse-Barnaud Collection des Hôtels P. L. M. Les Éditions d’Art « YVON », Paris, 15, Rue Martel Reproduction interdite – Fabrication Française / Yvon (éditeur). 1 impr. photoméc. (carte postale) : N&B. 3e quart 20e siècle (tamponnée en 1939) (AP Podevin).

    AP Podevin
  • [verso] S. 35. – Aix-les-Bains. Le Revard. Le Chalet S. M. A. / 1 impr. photoméc. (carte postale) : N&B. milieu 20e siècle (AP Podevin).

    AP Podevin
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