Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Halle aux grains ou loges de la grenette ou Grenette

Dossier IA69006425 réalisé en 2009

Fiche

Fonctionnement de la Grenette du XVe au XVIe siècle

La Grenette a été bâtie pour servir d´entrepôt aux grains que les paysans, marchands de blé, forains, citoyens ou étrangers, comptaient vendre à Lyon. Les paysans, représentés en grand nombre, y apportaient de faibles quantités tandis que les marchands en livraient davantage. Elle était fréquentée les jeudis et samedis, jours du marché public aux grains, surtout par le petit peuple, les boulangers et les revendeurs.

Des concierges étaient chargés de recevoir tous les grains et de les entreposer à l´abri lorsqu´ils n´avaient pas été vendus. Ils avaient également pour tâche d´ouvrir et fermer les portes situées aux extrémités de la petite rue des halles qui longeait la Grenette. Cependant, malgré cette ancienne coutume de ne vendre que du blé à la Grenette, au XVe siècle l´archevêque et le chapitre de Lyon tentèrent sans succès d´y vendre d´autres marchandises tels que des draps (AC Lyon : BB 350).

La Grenette jouait un rôle important dans la vie quotidienne des lyonnais d´autant plus que les fréquentes fluctuations du prix du blé agitaient le peuple et provoquaient parfois des émeutes. Chaque semaine, le châtelain de la Grenette, nommé par le Consulat, se faisait rendre compte du cours du blé qu´il recopiait sur une note appelée carcabeau et qu´il remettait ensuite notamment au gouverneur, au prévôt des marchands et au bureau de la police de la ville. Cette surveillance méticuleuse du prix du blé avait pour but de prévenir toute hausse des prix ou pénurie de blé (CHAMPADOR, p. 47 ; KLEINCLAUSZ, t2 p. 41).

Une réglementation fut mise en place pour garantir un prix abordable pour le peuple. En effet, des mesures furent prises pour empêcher certaines personnes de revendre à la Grenette les blés qu´ils venaient d´acheter. En cas de disette, les boulangers et les meuniers s´accaparaient le blé pour le revendre à leur convenance. Pour limiter la hausse des prix, les marchands avaient interdiction de vendre du blé en dehors du marché. Une police des marchés fut instaurée pour faire respecter ces règles, contrôler la Grenette et les boulangers. Cette police était un droit seigneurial que l´archevêque et le chapitre de Saint-Jean exerçaient par l´intermédiaire du Consulat et de la Cour séculière. La police était composée d´échevins, contre lesquels le peuple se révoltait en cas de hausse des prix. De plus, l´archevêque et le chapitre percevaient sur les grains apportés à la Grenette des droits de cartelage (droit qui permet de s´emparer du quart des récoltes) et de coponage (droit de prélever une certaine part des grains vendus) (Gascon, p. 541-542, 765, 777-783 ; MAYNARD, p. 298).

Appellations domus in magno clauso de Albergeria puis halle aux grains ou loges de la grenette ou Grenette
Destinations immeuble
Parties constituantes non étudiées boutique
Dénominations halle
Aire d'étude et canton Lyon Jacobins
Adresse Commune : Lyon 2e
Lieu-dit : Jacobins
Adresse : 8 rue Grenette , 21 rue de Brest , 9 rue Tupin
Cadastre : 1831 H2 418-419 ; 1999 AE32

Selon un Mémoire aux seigneurs les Comtes et Chapitre de l´église de Lyon , écrit en 1765, la maison qui devint par la suite les halles de la grenette existait déjà en 1135 et abritait l´hôtel de ville. Cependant, aucune fouille archéologique n´ayant été faite à la grenette à ce jour, cette hypothèse est difficilement vérifiable. Toutefois, on peut supposer que la halle aux grains existait au moins dès 1193, puisque la rue Grenette, qui porte son nom, est attestée cette année Au XIIIe siècle, la maison aurait servi à tenir les assemblées publiques et privées d´une ligue formée par les habitants de Lyon pour lutter contre les oppressions des officiers de l´archevêque. Dès le XIVe siècle, la maison devint la propriété de l´archevêque et du chapitre. En 1353, elle est désignée comme Granateria Lugduni pour avoir dans quelques-unes de ses parties des greniers. On y distinguait deux bâtiments, allant de la rue Grenette à la rue Tupin, séparés par une cour qui servait de passage public. En 1470, l´archevêque Charles de Bourbon et les chanoines firent édifier un nouveau bâtiment en forme de halles, qui assurait cette fonction. En 1551, l´archevêque et le chapitre vendirent le bâtiment des halles à l´ouest de la ruelle centrale. Cette partie ouest n´était plus qu´une ruine en 1614, sans toit ni couvert, alors que la partie est était bien conservée. Denis Simon de Marquemont, archevêque, comte de Lyon et primat de France, accepta que Pierre Marchant, maître chirurgien citoyen de Lyon, se charge de couvrir la partie ouest depuis la rue de la Grenette jusqu´à la rue Tupin et de la rendre habitable. Le 8 janvier 1615, le Consulat donna alignement à l´archevêque Denis de Marquemont pour reconstruire la Grenette, dont la partie est qui subsiste porte encore l´empreinte en certains endroits. En 1757, un bail à louage programmait la reconstruction du deuxième étage ainsi que le rehaussement du dernier étage pour y aménager des greniers. Il prévoyait aussi la reconstruction de l´escalier principal à proximité de son emplacement. Vers le milieu du XVIIIe siècle, une partie du rez-de-chaussée de la grenette fut transformée en imprimerie. Aimé Delaroche inaugura cette nouvelle fonction qui perdura pendant un siècle, tout en exerçant la fonction de concierge, qui lui donnait la charge de garder les grains. Parmi les imprimeurs de la grenette, on peut citer Charles François Millanois, à qui elle fut vendue en 1791 comme bien national. A sa suite se succédèrent notamment, Hugues-Jean Ballanche, Clément Barret, Pierre Simon Ballanche, Mathieu-Placide Rusand et Adolphe Julien François Mougin, qui exploita l´atelier sous le nom de Mougin-Rusand. L´année 1848 marqua un tournant dans l´histoire de cette maison puisqu´ elle correspond au percement de la rue Centrale (actuelle rue de Brest) qui s´étend de la place Saint-Nizier à la place des Jacobins. Elle englobe la rue des Trois-Carreaux, la rue Basse-Grenette et prolonge la rue des Halles de la Grenette jusqu´à la place des Jacobins. L´ouverture de la rue Centrale provoqua la démolition du bâtiment ouest de l´ancienne halle ainsi que celle des arcades en pierre marquant les extrémités de la petite rue des Halles. M. Berthet, propriétaire du bâtiment est, fut tenu pour des raisons d´alignement sur la rue Centrale, de refaire la façade de sa maison jusqu´à la hauteur du plancher du premier étage, dans un délai de trois ans expirant à la fin de l´année 1850. Cet alignement est couronné d'un garde-corps orné de rosaces (peut-on penser que le dessin de ce garde-corps est dû à l'architecte de la ville René Dardel ?)

Période(s) Principale : 14e siècle
Principale : 3e quart 15e siècle
Principale : 1er quart 17e siècle
Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Secondaire : 12e siècle
Secondaire : 18e siècle
Dates 1470, daté par source
1615
1848
Auteur(s) Personnalité : Bourbon Charles de, commanditaire
Personnalité : Marquemont Denis Simon de, commanditaire
Auteur : Dardel René,
René Dardel

Architecte en chef de la Ville de Lyon


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte communal, (?)

La grenette est un bâtiment en bon état avec un corps de bâtiment comportant un rez-de-chaussée, un entresol et trois étages carrés. La façade ouest, côté rue de Brest, présente neuf arcades régulières en pierre, ainsi qu´une porte piétonne latérale ornée à l´intérieur de ses ferrures, datant probablement du 17e siècle. Les étages supérieurs sont recouverts d´enduit. Un garde-corps en pierre ajouré de rosaces prolonge le 1er étage carré. A cet étage apparaissent sept fenêtres allongées, transformées pour quelques-unes en portes-fenêtres. Elles sont agrémentées d´un meneau en pierre et de vantaux à grands-carreaux, et sont encadrées de moulures et couronnées d´un larmier et d´une cimaise. Les deux fenêtres situées aux extrémités de la façade ont été bouchées, seuls les larmiers et cimaise signalent leur emplacement. Le 2e étage carré est percé de seize fenêtres (l´emplacement d´une fenêtre supplémentaire est indiqué par un larmier et une cimaise) comportant des vantaux à grands-carreaux. Elles sont limitées par un appui mouluré et couronnées d´un larmier et d´une cimaise, qui font office de bandeau filant. Le dernier étage carré est ouvert par neuf croisées, seulement dotées d´un appui plat et d´un lambrequin (seulement pour deux fenêtres). La façade présente un décrochement depuis le sol jusqu´au plancher du 1er étage, qui résulte d´un alignement sur l´ancienne rue Centrale (actuelle rue de Brest). La façade nord, côté rue Grenette, est constituée, au rez-de-chaussée et à l´entresol, par deux arcades en pierre de taille à bossage de petit appareil. Une des extrémités de la façade comporte l´amorce d´un arc, vestige d´un des deux grands portails qui servaient à fermer la petite rue des halles (actuelle rue de Brest). L´entresol est surmonté de deux bandeaux filants, dont le supérieur sert d´appui de fenêtre aux deux croisées du 1er étage carré. Celles-ci sont dotées de vantaux à grands-carreaux et couronnées d´un larmier et d´une cimaise. Les croisées du 2e étage sont soulignées par un bandeau filant et surmontées également d´un larmier et d´une cimaise. L´une des croisées et les vasistas de l´autre ont été bouchés. Les deux fenêtres du 3e étage sont encadrées de moulures et d´un appui. Elles arborent chacune un lambrequin et un garde-corps en ferronnerie. La façade sud, côté rue Tupin, est formée, au niveau du rez-de-chaussée et de l´entresol, par trois arcades. Les deux croisées du 1er étage sont encadrées par leur moulure et leur appui, et surmontées d´un larmier et d´une cimaise. Les deux croisées du 2eme étage sont mises en valeur de la même façon. Le 3e étage comprend trois fenêtres de plus petites tailles soulignées par des moulures. Sa disposition en retrait a permis l´aménagement d´un balcon filant, délimité par un garde-corps en ferronnerie datant du 19e siècle. Les trois façades sont surmontées d´une corniche en bois ornée de modillons. En ce qui concerne l´intérieur de la grenette, on peut noter la présence de caves voûtées pour les boutiques, sur les côtés nord et sud. La voûte de l´entresol des boutiques, lorsqu´elle n´est pas cachée derrière de récents coffrages, est voûtée d´arrêtes. Derrière la façade 19e que présente la grenette, on peut voir les arcades datant du 17e siècle, dont les piliers sont ancrés à l´intérieur des boutiques. Des encoches pratiquées dans ces piliers laissent supposer un système de fermeture ou de devanture. L´allée décentrée débouche sur un escalier, en milieu de bâtiment, en pierre, tournant à retours sans jour, dessert les logements par palier. Le dernier palier est doté d´un garde-corps 19e. Le palier du 2e étage comporte des voûtes en berceau à lunette, ainsi que des fenêtres décorées de ferronnerie, dont le motif est fréquent vers 1830-1840. Deux des repos accueillent dans leur partie haute l´extension d´un appartement.

Murs pierre
enduit
petit appareil
Toit tuile
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, entresol, 3 étages carrés
Couvrements voûte d'arêtes
Couvertures terrasse
toit à un pan
Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie
États conservations bon état
Représentations rosace
Précision représentations

Le garde-corps en pierre de la façade ouest est percé de rosaces.

Barret (maroquinier), Au négre (torréfacteur), Sandrot (magasin de vêtements), Danael (bijoutier horloger), Aerosole (magasin de chaussures), Stelle forest (magasin de vêtements).

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Pour citer ce dossier :
  • Historique. Une existence incertaine avant le milieu du XIVe siècle

    Historique

    Une existence incertaine avant le milieu du XIVe siècle

    Amorcée au XIe siècle, l´urbanisation de la ville se développe entre 1180 et 1230, autour du point de franchissement du Rhône, puis chute jusqu´au XIVe siècle. La construction du pont de la Saône, dans la première moitié du XIe siècle, amène la création de nouvelles parcelles. Un grand lotissement, comprenant les rues Poulaillerie, Dubois et Grenette est créé après 1150. On peut supposer que la halle aux grains existait au moins dès 1193, puisque la rue Grenette, qui porte son nom, est attestée cette année. La majorité des rues de la presqu´île sont établies avant la fin du XIIIe siècle, comme la rue Tupin qui est attestée en 1292. La halle est située à côté d´un axe de communication ancien, la rue Mercière, qui est attestée dès 1195 (GAUTHIEZ). L´urbanisme semble donc indiquer que la grenette était établie au moins dès la fin du XIIe siècle. Cependant, aucune fouille archéologique n´ayant été faite à la grenette à ce jour, cette hypothèse est difficilement vérifiable. Il serait encore plus hardi de se prononcer sur la période antique. Si l´on se réfère aux fouilles archéologiques des parcelles de la rue du Président-Edouard-Herriot, et de la Monnaie, on note que l´implantation du bâti du XVIe siècle suit la même orientation que celle de la période antique. Toutefois, il s´agit dans ce cas d´une orientation est/ouest, alors que la grenette est orientée nord/sud (AYALA p. 47 ; JACQUIN). On peut donc se demander si la grenette est contemporaine de ces secteurs.

    Selon un mémoire aux seigneurs les Comtes et Chapitre de l´église de Lyon, écrit en 1765, la maison qui devint par la suite les halles de la grenette existait déjà en 1135 et abritait l´hôtel de ville (AM Lyon : 10 G 903). Au XIIIe siècle, la maison aurait servi à tenir les assemblées publiques et privées d´une ligue formée par les habitants de Lyon, pour lutter contre les oppressions des officiers de l´archevêque (CLAPASSON p.115).

    XIVe - XVe : Aménagement d´une halle aux grains

    Dès le XIVe siècle, la maison qui devint la halle aux grains fut la propriété de l´archevêque de Lyon et du chapitre. En effet, au Moyen Age, la presqu´île était en grande partie la propriété de l´église. Elle est mentionnée dans un document daté de 1353 sous l´appellation de Granateria : « Tres domos in magno clos de Albergeria in quibus est Granateria juxta domum Johannis dou Plastro, juxta domum nicetü Barbichonis mercatoris, et in ruta Pepin juxta parvas domos qui sunt de furno qui passet et juxta domum Johannis dou Plastro » (AC Lyon Fonds POINTET, p. 3423).

    En 1470, l´archevêque Charles de Bourbon fit édifier un bâtiment en forme de halle dans lequel il était coutume de ne vendre que du blé (KLEINCLAUSZ, t1 p. 549). Or, vers 1475, un procès opposa le consulat d´un côté, et l´archevêque et le chapitre de Lyon de l´autre, car ces derniers « s´efforcent de faire vendre dans le nouveau bâtiment qu´ils ont fait édifier et bâtir en forme de halles, les draps et autres espèces de marchandises. » (MAYNARD, p. 298-300 ; AC Lyon : BB 350).

    XVIe - XVIIe : Restructuration de la Grenette

    Le milieu du XVIe siècle apporta des transformations dans le fonctionnement et l´architecture de la grenette. En effet, en 1551, le consulat demanda au chapitre de Saint-Jean l´autorisation de faire couvrir les halles de la grenette, afin que les cultivateurs puissent y décharger leurs blés (AM Lyon : BB 72). A cette même époque, l´archevêque et le chapitre décidèrent de vendre le bâtiment des halles situé à l´ouest du passage central (nommé rue des halles de la grenette), qui unissait la rue Grenette et la rue Pépin (actuelle rue Tupin) (AM Lyon Fonds POINTET, p. 3423). Ce bâtiment ouest apparaît sur le plan scénographique qui représente Lyon vers 1550. Il prend la forme d´une maison haute et basse, dotées de huit arcades simples en plein cintre, huit fenêtres sans meneau, trois lucarnes et un mur moucheté. L´étude critique du plan en nuance la fiabilité, car même si la rigueur et la précision prédominent, la tentation d´une représentation esthétique et symbolique émerge. (ROSSIAUD). En effet, il semble que la hauteur des immeubles ainsi que leur alignement parfait ne reflètent pas la réalité.

    Selon un document du 11 septembre 1614, la partie ouest de la grenette était en ruine en 1614, « moitié en friche ruinée et presque inutile (...) aucun toit ni couvert » (AM Lyon : 933 WP 023). Son état de délabrement ne permettait plus d´abriter les marchands et leurs grains, et tranchait avec la bonne conservation de la partie est qui appartenait à l´archevêque. De plus, les problèmes d´ordures qui infectaient la halle la rendaient nauséabonde. Elle fut rénovée grâce à la volonté de l´archevêque Denis Simon de Marquemont, comte de Lyon et primat de France. Le même document indique que l´archevêque chargea Pierre Marchant, maître chirurgien et citoyen de Lyon, de couvrir la halle « depuis le devant de ladite place du côté de ladite rue de la Grenette jusqu´au dernier côté de ladite rue Pépin » et de la rendre habitable. Une grande liberté fut accordée à Pierre Marchant, de telle sorte qu´il « pourra faire fonder et construire des caves, boutiques, allées (...) chambres greniers et autres agencements et commodités nécessaires pour maisons habitables de telle hauteur que bon lui semble ». Le document suggère quelques recommandations pour sa restauration, à savoir que les fenêtres basses seront munies de barreaux de fer et que des trappes serviront à « l´encavage des voies et autres services, aisances, nettoyage et commodités desdites caves ».

    Au début de l´année 1615, le consulat donna alignement à Monseigneur de Marquemont pour reconstruire la maison des halles (MAYNARD, p. 298-300). De cette époque, la grenette conserve actuellement des traces à l´extérieur comme à l´intérieur. En ce qui concerne la façade, la marque du XVIIe siècle se retrouve dans les fenêtres de tout le premier étage et celles des façades nord et sud du deuxième étage. A l´intérieur, le XVIIe siècle est illustré par les ferrures de la porte piétonne. L´intérieur des boutiques révèle aussi la trace du XVIIe siècle puisqu´elles conservent le même emplacement ainsi que leurs voûtes d´arrêtes, encore visibles dans certaines d´entre elles. Mais le plus frappant reste la présence, au niveau du rez-de-chaussée et des entresols, des arcades à bossage du XVIIe siècle. Elles sont cachées en retrait, à 1,5m derrière la façade actuelle, qui date du XIXe siècle (AM Lyon : 321 WP 053).

    Pourtant, malgré ces travaux, le consulat se plaignit en 1627 de l´insuffisance des halles, si bien que les cultivateurs étaient contraints de vendre leur blé à ceux qui le survendaient au peuple (AM Lyon : BB 172).

    La limitation de l´espace fut un problème récurrent car, en 1674, la Ville intenta un procès à l´archevêque au sujet des « échoppes et ornements » qu´il avait fait construire en usurpant sur le passage public des halles (MAYNARD, p. 298-300).

    XVIIIe : Une période importante pour l´aménagement de la grenette

    Au cours du XVIIIe siècle, la grenette fut occupée par différents locataires dont les noms sont cités dans plusieurs verbaux de visite, datés du 8 mars 1725 (AD Rhône : 10 G 902), du 1er avril 1743 (AD Rhône : 10 G 902) et du 15 mars 1748 (AD Rhône : 10 G 903). Ils étaient installés dans les étages, les chambres et les greniers, car le rez-de-chaussée était réservé aux boutiques.

    Ces états des lieux nous renseignent notamment sur l´agencement des différentes pièces, leur aménagement, les matériaux employés et leur mobilier. Les pièces étaient séparées les unes des autres par des cloisons en bois, que l´on trouve désignées dans les textes sous le nom d´« ais ». Les matériaux utilisés sont le bois, en majeure partie, la pierre, le verre (pour les fenêtres) et le fer (pour un balcon). Le bois, de sapin dans de nombreux cas, servait pour les cloisons, les portes, les planchers, les fermetures, les cadres et les volets des fenêtres, les escaliers, les manteaux des cheminées et les auvents (au rez-de-chaussée). La pierre de taille était réservée aux escaliers, aux rampes, aux jambages des cheminées, aux croisées et au carrelage. Les verbaux de visite mettent en avant la variété des types de pierre et de bois. Cette diversité de matériaux est illustrée par l´emploi de pierre jaune, grise ou blanche pour les cheminées.

    La composition et l´état des fenêtres sont détaillés au point que sont mentionnés leurs châssis, fermetures, vergettes, volets et parfois leur emplacement. Une attention particulière a été donnée aux systèmes de fermeture des fenêtres, des boutiques et des portes.

    Le verbal de visite du 1er avril 1743 est lié à un bail daté du 8 mars 1743 (AD Rhône : 10 G 902), au nom de Jean Baptiste Laperouse, marchand de dorure et concierge de la grenette, de 1743 à 1749. Ce bail est intéressant car il développe les fonctions du concierge. En effet, celui-ci fut « responsable (...) de tous les événements qui pourront arriver en ladite maison et même du feu », il dut « recevoir tous les grains apportés par les marchands forains et au cas qu´ils ne soient pas vendus de les fermer et être garant de tous les vols », « fermer exactement et ouvrir les portes aux heures accoutumées » et ne put louer aucune pièce à des « gens dont la profession sera de matière combustible comme tourneur ».

    Hormis les pièces d´habitation, les verbaux de visite mentionnent la présence d´un charbonnier, d´une farinière, d´une souillarde, d´un pigeonnier et de boutiques. Deux autres documents nous renseignent sur la présence d´autres éléments particuliers, un lavoir et un puits. L´acte capitulaire sur les réparations de la Grenette (AD Rhône : 10 G 903), datant du 27 mars 1773, signale la présence d´un lavoir posé sur le plancher d´une grande salle au deuxième étage. Afin de protéger le plancher de l´eau, le sol fut pavé sur cinq pieds au-devant du lavoir. Un système d´évacuation des eaux en fer fondu fut installé depuis le deuxième étage jusqu´à la rue. Le bail à louage par les comtes de Lyon à Aimé Delaroche (AD Rhône : 10 G 903), fait le 14 juillet 1757, évoque la construction d´un puits et de sa pompe. Le puits serait situé dans l´angle de l´arc du grand escalier et comporterait les dimensions suivantes : « bonne maconnerie (sic) de dix huit pouces d´épaisseur (...) ledit puy (sic) aura dans oeuvre deux pieds et demy (sic) de diamètre sur le grillage, et vingt deux pouces à la margelle ».

    Le bail de 1757, et secondairement l´acte capitulaire de 1773, revêtent une grande importance dans la compréhension de l´évolution de l´édifice, car ils font état de réparations et de constructions effectuées, ou à faire, en divers endroits de la grenette (AD Rhône : 10 G 903). Grâce à ces textes, nous comprenons que des transformations majeures dans l´architecture de l´édifice se sont produites au milieu du XVIIIe siècle. Nous nous concentrerons sur les fenêtres et les escaliers, en comparant leur état dans la première moitié du XVIIIe siècle, grâce aux verbaux de visite de 1725 à 1748, et leur évolution dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

    Les différents états des lieux mentionnent la présence de deux petites fenêtres au niveau des entresols, sur les côtés nord et sud. Cependant, elles n´existent plus de nos jours.

    Il semble que, depuis 1743 (date à laquelle les fenêtres sont dénombrables) jusqu´à présent, tout le premier étage dispose du même nombre de fenêtres. En sachant que certains renseignements peuvent avoir été omis à l´époque, on dénombre déjà six à sept fenêtres prenant leur vue côté ouest. Aujourd´hui, on peut voir sept ouvertures, ainsi que deux autres qui n´ont jamais été percées ou qui ont été rebouchées. Il est probable que ces fenêtres datent de la première moitié du XVIIe siècle, au moment où la grenette fut frappée d´alignement. Les deux croisées, des côtés nord et sud, dateraient de cette même époque. Toutes ces fenêtres possédaient des volets et des fermetures en 1743, et étaient dotées de châssis en bois en 1748.

    Le deuxième étage offre davantage de changements. En effet, il comportait dans la première moitié du XVIIIe siècle, sur sa façade ouest, au moins six croisées, dotées de châssis en bois en 1743. Puis, le bail de 1757, indique que toute la façade ouest de l´étage sera détruite et reconstruite avec 17 croisées, de quatre par six pieds, en pierre de taille de Couzon (69). De par ces travaux, le nombre de fenêtres fut donc plus que doublé. Les fenêtres de la façade dateraient du milieu du XVIIIe siècle, tandis que les deux croisées des côtés nord et sud, n´ayant pas été touchées par les travaux, appartiendraient au XVIIe siècle. Bien que certaines de ces dernières soient actuellement bouchées, la présence de leur meneau tend à appuyer cette datation.

    Le troisième et dernier étage présente également des remaniements, car, le bail de 1757 annonce un exhaussement, jusqu´à une hauteur de sept pieds, afin d´y pratiquer des greniers. De ce fait, toute la charpente serait détruite puis reconstruite en surélévation. La façade ouest fut alors dotée de neuf croisées, de trois par quatre pieds. Il était aussi prévu que les façades nord et sud reçoivent le même type de fenêtre. Par ailleurs, il est mentionné que la façade sud comportait deux fenêtres. Or, actuellement elle en présente trois, qui pourraient dater du XIXe siècle, si l´on s´appuie aussi sur la datation du garde-corps qui limite la terrasse de cette façade.

    La grenette disposait de plusieurs escaliers, dont un que nous qualifierons de principal, car il desservait les trois étages du bâtiment, et d´autres, secondaires, qui menaient à une pièce en particulier. Le grand escalier principal était rythmé par trois paliers donnant accès à des appartements, des magasins et des greniers. La première partie de l´escalier, menant au premier étage, était avec certitude conçue en pierre de taille. La deuxième était construite soit en pierre de taille soit en bois. Et, la troisième partie était un « escalier en échelle » fait en bois de sapin, au-dessous duquel se trouvait un charbonnier. En 1757, les comtes de Lyon exprimèrent, dans le bail à louage destiné à A. Delaroche, le souhait de déplacer l´escalier dans le premier arc à côté de son emplacement. Ils projetèrent donc sa démolition et la construction d´un escalier à mur noyau pour lequel ils mentionnèrent toutes les dimensions :

    « Sera fait et construit en fondation le mur à droite jusqu´au solide et aura deux pieds d´épaisseur jusqu´au sol du rez de chaussée pour être ensuite élevé jusqu´au dessous du couvert a dix huit pouces d´épaisseur sera aussi élevé depuis le premier étage le mur à gauche jusqu´à la hauteur et avec la même épaisseur que le premier lesquels murs forment la cage dudit escalier. Ledit escalier aura dans oeuvre quatre pieds et demy (sic) de largeur de marches, et seront lesdites marches portées du bout dans les murs en dessus et d´autre bout dans un mur de noyeau (sic) /p.7/ de dix pouces d´épaisseur terminée en ses deux extrémités avec montant de pierres de tailles arrondis sur les arrêtes. Les marches de l´ancien escalier seront mises en oeuvre dans le nouveau. Dans l´ancien mur qui forme la cage actuelle de l´escalier afin de donner le passage au nouvel escalier il sera percé un arc de quatre pieds et demy (sic) de largeur et sera construit entre les deux murs de la cage actuelle un mur de quinze à seize pouces d´épaisseur lequel mur ne sera monté que jusqu´au premier étage. L´arc occupé par ledit escalier sera bouché en maconnerie (sic) de quinze pouces d´épaisseur en observant d´y poser à quatre pieds de hauteur du sol du rez de chaussée une croisée de quatre pieds et demy (sic) de largeur, et sera la hauteur de ladite croisée terminée par ledit arc(...) ».

    En ce qui concerne les matériaux, le bail stipule que le passage d´entrée conduisant à l´escalier sera pavé en pierres de Saint Fortunat (69, Saint-Didier-au-Mont-d´Or) et que tous les paliers seront carrelés avec des carreaux de Verdun, de même que le plancher des entresols et des greniers.

    Par ailleurs, l´acte capitulaire de 1773 décrit une grande lézarde dans le mur de refend, du deuxième jusqu´au troisième étage, et indique que l´escalier sera reblanchi.

    Secondairement, d´autres escaliers contribuèrent à la circulation dans l´édifice. Par exemple, il y avait dans une chambre au premier étage, un « escalier en échelle », fait en bois de sapin, qui menait à une soupente. Le vestibule, situé au deuxième étage, disposait d´un escalier en bois de sapin à huit marches, qui conduisait à un petit cabinet.

    Les boutiques, prenant leurs jours sur la rue Grenette et Tupin, possédaient aussi des escaliers qui leur permettaient d´accéder aux caves et aux entresols. Il semblerait que la partie centrale de la grenette fut occupée par le stockage des grains. Au milieu du XVIIIe siècle, l´accès à la cave des boutiques de la rue Tupin se faisait par la boutique située au sud-ouest, par un escalier en pierre de taille. Du côté de la rue Grenette, chacune des deux boutiques disposait d´une cave. La cave de la boutique au nord-est était desservie par un escalier en bois, et celle de la boutique au nord-ouest, par un escalier en pierre. L´accès aux entresols, depuis les boutiques, était pratiqué par des escaliers en bois, dit « à la parisienne » en 1773. Il est mentionné, cette même année, que les briques des voûtes des entresols étaient soutenues par des pierres de taille de Saint-Cyr (69).

    Ces deux documents permettent également de faire le point sur l´aménagement de boutiques des côtés nord et sud et sur les grands portails d´entrée. Les boutiques de la rue Tupin étaient au nombre de deux, et composées chacune d´une arcade. Elles étaient construites en pierre de taille et se fermaient au moyen de cloisons coulissantes. La boutique sud-ouest comportait une cave voûtée en berceau. Le côté de la rue Grenette présentait également deux boutiques faites en pierre de taille, constituées chacune d´un arc et séparées par une cloison faite de planches. Elles se fermaient grâce à des cloisons coulissantes et des portillons garnis de serrures et de ferrures. Elles possédaient toutes deux leur cave.

    Deux grands portails, situés aux extrémités nord et sud de la rue de la Halle (actuelle rue de Brest), fermaient le passage la nuit et l´ouvraient le jour. Les portes des côtés rue Grenette et Tupin étaient garnies de ferrures, serrures et clefs. Ces deux grandes fermetures disposaient d´un couvert en arcade, jugé en bon état au milieu du XVIIIe siècle. Cependant, n´ayant pas de protection contre le frottement des roues des charrettes, qui rentraient et sortaient des halles, le grand portail du côté de la rue Tupin fut endommagé.

    Depuis l´ouverture de la rue Centrale en 1847, il ne reste aucune trace du système de fermeture.

    Milieu XVIIIe - XIXe : Reconversion d'une partie de la grenette en imprimerie

    A partir du milieu du XVIIIe siècle, la grenette servit d´imprimerie à un grand nombre d´imprimeurs. Cette reconversion fut inaugurée par Aimée Delaroche (De la Roche) (1715-1801) qui fit de la grenette une imprimerie d´excellence.

    Fils de Léonard Delaroche et de Marguerite Perrin, il exerça le métier d´imprimeur dès 1736. A partir de 1740 il obtint la charge d´éditer plusieurs périodiques, tel que l´Almanach de Lyon et le Journal de Lyon. Il fut imprimeur de la Ville, de l´académie des Beaux-Arts, des hôpitaux, de l´archevêché, et partagea également l´exercice d´imprimeur du roi avec Jean-Marie Bruyset dès 1784 (Musée de l´Imprimerie : notice pdf en ligne). Il occupa la grenette au moins depuis 1748 si l´on se rapporte à un verbal de visite établit à cette époque (AD Rhône : 10 G 903).

    Un mémoire à nos seigneurs les Comtes et Chapitre de l´église de Lyon (AD Rhône : 10 G 903), daté de 1765, montre combien ses responsabilités en tant que locataire principal de la grenette lui tenaient à coeur. Il refusa que l´un des locataires, M. Rollet, ouvrit une porte de communication, dans le mur mitoyen de la maison du chapitre, avec celle des écoles de Saint-Charles.

    Aimé Delaroche occupa ses fonctions d´imprimeur jusqu´en novembre 1791, date à laquelle son atelier passa aux mains d´Aimé Vatar (Vatard).

    Aimé Vatar, issu d´un père libraire, et plus largement d´une dynastie d´industriels, était le petit-fils d´Aimée Delaroche. Il mourut parmi les insurgés en septembre 1793 (Musée de l´Imprimerie : notice pdf en ligne).

    Delaroche et Vatar occupèrent ensemble la grenette au moins dès 1777, si l´on se réfère à la copie conforme de 1838 du bail du 29 mars 1777 (AC Lyon : 933 WP 023). Le bail expirait en 1794 et concernait la totalité de la maison de la grenette excepté « le dessous des voûtes dont le Chapitre se réserve la disposition et qui servent à fermer et retirer les grains et blés des personnes foraines vendant et achetant les dites denrées ainsi qu´il est de coutume». Ce bail attribuait aux deux personnages des fonctions de concierge puisqu´ils « seront obligés de recevoir tous les grains apportés par les marchands forains, en cas qu´ils ne soient pas vendus de les fermer et d´être garants de tous les vols et vexations qui pourraient se faire ». Il « fermeront et ouvriront les portes aux heures ordinaires ».

    La grenette fut ensuite vendue, par le chapitre de Saint-Jean, comme bien national à Charles François Millanois en mars 1791, pour la somme de 118.220 francs. Le bref de vente de 1791 (AC Lyon : 933 WP 023) décrit la structure de l´ancienne halle, et l´agencement des propriétés voisines, qui se trouvaient obligatoirement à l´est. La maison située au nord-est (côté rue Grenette) de la halle était la propriété du séminaire Saint-Charles, tandis que celle localisée au sud-est (côté rue Tupin) était habitée par M. Sarcel.

    Une réclamation fut lancée contre Charles François Millanois par les exposants des boutiques de la grenette, qui se plaignaient de devoir lui payer un loyer (AD Rhône : 10 G 903). Ils revendiquaient le caractère public des boutiques et la gratuité qui s´y était toujours pratiquée. Depuis leur édification jusqu´à cette époque, les voûtes de la halle abritaient les grains des marchands, dont certains en possédaient la jouissance de père en fils.

    La tendance contre-révolutionnaire de Charles François Milannois signa son arrêt de mort en novembre 1793, après qu´il fut dénoncé par le sans-culotte Jean Joseph Destéfanis. Ce dernier se vit attribuer l´imprimerie de la fin de 1793 à la fin de 1795.

    La paix sociale revenue, la veuve Millanois rentra en possession de son imprimerie vers 1795-1796. C´est avec Hugues-Jean Ballanche associé à Clément Barret, qu´elle en continua l´exploitation de 1796 à 1802. Ballanche fut d´abord marchand de grains, négociant en draperie puis typographe sous l´impulsion d´Aimé Delaroche. En 1796, il recueillit le fonds de Millanois qu´exploitait Destéfanis. L´imprimerie Ballanche et Barret acquit une rapide renommée et continua d´être le fournisseur des administrations. A la suite d´un scandale, l´atelier n´eut plus le droit d´exécuter les impressions de l´administration centrale et ne conserva plus que la fourniture des imprimés émanant de la municipalité.

    Barret quitta l´imprimerie en 1802. Ballanche s´associa alors avec son fils Pierre Simon Ballanche (1776-1847) et continua l´exploitation de l´ancienne imprimerie d´Aimé Delaroche aux halles de 1802 à 1810. C´était, en 1802, l´atelier le plus important de Lyon et le plus prospère. On y imprimait presque tous les périodiques de la ville. Ballanche, imprimeur et philosophe, aurait été aussi l´inventeur d´une machine à composer mécaniquement les textes typographiques. En 1810, Pierre Simon Ballanche quitta son atelier et partit pour Paris.

    L´imprimerie conserva le nom de Ballanche mais fut vendue en 1817 à un imprimeur de la ville, Mathieu-Placide Rusand. Il acquit la charge d´imprimeur de l´Eglise et de la Compagnie de Jésus, mais l´atelier avait, à l´inverse des époques précédentes, une mauvaise réputation à cause de la lenteur d´édition et de démêlés avec le gouvernement. Il dirigea l´imprimerie jusqu´en 1834.

    La suite fut prise par Jean Benoît Pelagaud (1802-1889), Louis-Alexis Lesne et Jean-Baptiste Victor Crozet de 1836 à1839. L´atelier fut ensuite nommé « Louis Lesne, ancienne maison Rusand » avec à sa tête Pelagaud et Lesne.

    Puis, Adolphe Julien François Mougin (1803-1853) reprit l´atelier et l´exploita sous le nom de Mougin-Rusand de 1839 à 1841 (Musée de l´Imprimerie : notice pdf en ligne).

    Milieu XIXe : De grandes transformations liées au percement de la rue Centrale (actuelle rue de Brest)

    L´ouverture de la rue Centrale (actuelle rue de Brest) en 1847 bouleversa l´apparence extérieure de la grenette. En effet, la rue fut percée de la place Saint-Nizier à la place des Jacobins. Ce tracé englobait donc la rue des halles de la grenette ainsi que le bâtiment ouest des halles. Selon le conseil municipal le projet « porterait l´air et la lumière, le mouvement et la vie dans un quartier extrêmement populeux et établirait par la partie centrale entre le midi et le nord de la ville (...) une communication large et facile, que l´on ne peut trouver aujourd´hui qu´en faisant un assez long détour (...) » (AC Lyon : 321 WP 053). Suite à cette ouverture, le bâtiment ouest fut démoli et la rue des halles de la grenette absorbée dans la nouvelle rue, à l´exception d´une bande de terrain de 1,50m de largeur, longeant le bâtiment est des halles (MAYNARD, p. 299-300). Ces travaux provoquèrent des conflits avec le propriétaire des halles, M. Berthet. En effet, la propriété du sol de cette petite rue donna lieu à un procès entre la Ville, les deux architectes Savoye et Poncet, et ce M. Berthet. Celui-ci en revendiquait la propriété et appuyait ses prétentions sur la vente nationale du 17 mars 1791, laquelle n´aurait réservé à la Ville qu´un droit de servitude sur le passage. Les architectes se chargèrent d´acquérir la propriété du sol de cette ruelle en parvenant à un accord. Le traité, passé le 31 août 1847, entre le maire de Lyon, les deux architectes et M. Berthet, stipule qu´en contrepartie de l´acquisition de la petite rue, la Ville ne réclamerait aucune indemnité de plus-value à M. Berthet, en raison de l´augmentation de valeur de sa maison suite à l´ouverture de la rue Centrale (AC Lyon : 321 WP 053).

    Le rapport de M. le Maire, du 29 décembre 1847, nous renseigne sur les dispositions d´alignement de la façade de la partie est de la grenette. Une partie (1,5m de large) de l´ancienne rue des halles de la grenette fut cédée à M. Berthet, afin qu´il y construise la nouvelle façade de la halle. Cette façade fut plaquée devant l´ancienne façade datée du XVIIe siècle, jusqu´à hauteur du plancher du premier étage (AC Lyon : 321 WP 053). Les arcades ainsi que la terrasse, qui possède un garde-corps en pierre ajouré de rosaces, que nous voyons de nos jours, datent donc du milieu du XIXe siècle.

    Ce rapport atteste également de l´existence d´arcades en pierre situées aux extrémités de l´ancienne rue des halles, faisant office de portes d´entrée mais « dont la démolition est indispensable ». De même, le traité entre le Maire de Lyon, les architectes MM. Savoye et Poncet et M. Berthet, du 31 janvier 1848, mentionne que « M. Berthet renonce à ses prétentions sur la propriété des 2 arcs en maçonnerie qui sont aux 2 extrémités du passage ». Ce traité révèle aussi des travaux d´« abaissement du sol au-devant de sa maison », à propos desquels « M. Berthet renonce comme propriétaire à ne réclamer aucune espèce d´indemnité » (AC Lyon : 321 PW 053).

    A l´issue du percement de la rue, l´architecte C.A. Benoît dit dans son rapport sur la plus-value, le 12 août 1852, que le halle est une « propriété qui se composait de boutiques ou entrepôts (...) élevés de 4 marches, donnant sur un passage étroit, ayant son issue, côté midi, peu accessible, a été transformée en habitations et 9 magasins de détails, les plus vastes de la rue » (AC Lyon : 321 PW 054).

    Dans son estimation après l´ouverture de la rue Centrale, faite le 25 janvier 1851, M. Fabre cite une « dépense de 50 000 francs faite en réparations et la construction d´un soubassement en avancement sur la nouvelle rue ». Il mentionne par la suite les différents locataires des boutiques et leur loyer (AC Lyon : 321 PW 054).

  • Quelques propriétaires et locataires

    Quelques propriétaires et locataires

    1353 - 1551 : propriété de l´archevêque, du doyen et du chapitre de Lyon (AC Lyon Fonds POINTET, feuille 34B volume 12).

    1484 : rez-de-chaussée attribué à l´archevêché et au chapitre ; étages adjugés à la Ville.

    Partie est du tènement

    Locataires

    1725 : Moy, concierge ; Veuve Bellier ; Boulard Pierre ; Veuve Goust ; Griat Claude François (maître tourneur) ; Seve (marchand). (AD Rhône : 10 G 902)

    1743 : Laperouse Jean Baptiste (marchand de dorure) ; Gontel Benoît ; Sermet Laurent ; Veuve [Boutat] ; Duplain (marchand libraire) ; Guerrier ; Saissonneau. (AD Rhône : 10 G 902)

    1748 : Sermet Laurent ; Laperouse Jean Baptiste (marchand de dorure) ; Frères Duplain ; Delaroche Aimé (marchand libraire) ; Jeanne Jay, veuve de Bertrant Moy ; Veuve de Jacques Clavel (charcutière) ; Fabri (marchand toillier) ; André Guitton (marchand papetier) ; Levaillant (marchand cabaretier). (AD Rhône : 10 G 903)

    1765 : Delaroche Aimé ; Rollet (tourneur). (AD Rhône : 10 G 903)

    1773 : Delaroche Aimé. (AD Rhône : 10 G 903)

    1777 : Vatar Aimé. (AD Rhône : 10 G 903)

    1791 : Vente de la halle comme bien national (AC Lyon : 933 WP 023)

    Propriétaires

    1791 : Vatar Aimé ; Millanois Charles François.

    1793-1795 : Destéfanis Jean Joseph.

    1795-1796 : Veuve Millanois.

    1796-1802 : Veuve Millanois ; Ballanche Hugues-Jean ; Barret Clément

    1802-1810 : Ballanche Hugues-Jean ; Ballanche Pierre Simon

    1817-1834 : Rusand Mathieu-Placide

    1836-1839 : Pelagaud Jean Benoît ; Lesne Louis-Alexis ; Crozet Jean-Baptiste Victor

    1839-1841 : Mougin Adolphe Julien François (Musée de l´Imprimerie : notice pdf en ligne)

    1846- 1974 (au moins): Berthet et ses héritiers

    Partie ouest du tènement

    1658-1660 : Jouve (étages seulement)

    1688 : ses héritiers

    1754 : Pierre Dugas

    1760 : Anne Constance de Ponsaimpierre (veuve de Pierre Dugas)

    « 6 juillet 1760, Anne Constance de Ponsaimpierre. La partie occidentale de la halle de la grenette avec les 2 corps de logis qui sont de chaque côté de la partie de la halle l´un faisant face à la rue Tupin et l´autre sur la rue Grenette, consistant icelle partie de la halle en 3 étages qui sont au-dessus des 7 voûtes appartenant à l´archevêque, joignant la rue Tupin de midi, la rue ou place de la grenette de septentrion ».

    1779 : Marie Bonne de Ponsaimpierre, épouse de Jean Antoine Regnault, seigneur de Parcieu

    « La partie occidentale de la halle de la grenette avec les 2 corps de logis de chaque côté de la partie, consistant icelle partie en 3 étages qui sont au-dessus des 7 voûtes appartenant à Mgr l´archevêque ».

    1791 : De Parcieux, née de Ponsaimpierre (AC Lyon : Fonds POINTET, p.3423-3424)

  • Copie faite par M. Berthet, certifiée conforme par M. Chelles,le 24 juillet 1847, d´un original du 11 septembre 1614

    Copie faite par M. Berthet, certifiée conforme par M. Chelles,le 24 juillet 1847, d´un original du 11 septembre 1614 (AC Lyon : 933 WP 023)

    « /p.1/ Denis Simon de Marquemont, archevêque, comte de Lyon, primat de France (...) ayant vu et considéré que la place et moitié des halles de la Grenette dudit Lyon dépendant dudit archevêché (...) joignant tout au long la maison de messieurs Pierre et Louis Chappuis et Pierre Combet où est pour enseigne la tête d´or depuis la rue des hebergeries appelée la grande rue de la Grenette venant de la place au-devant de l´église Saint Nizier du côté de bise traversant jusqu´en rue Pépin du côté de vent est ladite moitié en friche ruinée et presque inutile n´ayant aucun édifice fondement couvert ni apparence qu´il y est oncques eu aucun bâtiment, et par ce moyen les marchands négociants /p.2/ n´y peuvent longer à couvert qui les incommode fort et rend ladite place et partie des halles inutile, même en temps de pluie et neige, pour n´y avoir en aucune part, aucun toit ni couvert dont journellement les marchands se plaignent d´autant que l´autre part et moitié desdites halles qui est du côté de matin appartenant aux sieurs doyen, chanoines et chapitre de l´église comtes dudit Lyon, bien qu´elle soit bâtie et couverte n´est suffisante pour les tenir à couvert avec leurs grains et d´ailleurs que autres plaintes et disputent y arrivent souvent, même en temps d´été à cause de ce que tout le ? et immondicités ramassées dans lesdites halles de la Grenette sont toujours réduites et rejointes en mon ? le long des murailles dudit Chappuis et Combet et infectant fort les halles.

    Pour à quoi remédier ledit seigneur révérendissime archevêque aurait fait chercher la commodité et occasion d´y pouvoir faire quelques bâtiments et couvertures et l´ayant fait savoir à plusieurs personnes voisines et autres tant par publications, qu´affiches de placard ne se serait trouvé ? présenté autres qui ait voulu entendre que honnête Pierre Marchant maître chirurgien citoyen dudit Lyon lequel se tenait offert pour lui, son ami ? ou à ? de faire bâtir en ladite part et moitié dudit seigneur révérendissime archevêque et la rendre /p.3/ couverte depuis le devant de ladite place du côté de ladite rue de la Grenette jusqu´au dernier côté de ladite rue Pépin, de telle sorte que ledit seigneur archevêque lui ordonnerait en lui remettant la propriété des boutiques et membres qu´il y ferait construire du côté desdites deux rues tant ? bas que ? chambres qu´il y ferait faire au-dessus des voûtes ou ? servant de loges et couvertures aux marchands négociants aux susdites halles ; à quoi ledit seigneur révérendissime archevêque se serait accordé après avoir vu et mûrement fait voir et considéré l´état de ladite place et attendu longtemps s´il se présentait autre personne pour faire condition plus avantageuse et utile ce qui ne se serait présenté et ayant considéré avec l´assistance de son conseil que si ladite place était bâtie outre le bénéfice que le public en recevrait les revenus et droits de ladite archevêché en seraient augmentés et ? mieux plus avantageusement accenser la part et moitié du cartellage dudit seigneur révérendissime archevêque, étant ladite place logeable et à couvert qui si elle demeure sans couverture, il n´aurait passé contrat audit Marchant tel que s´en suit : pour ce est il que par-devant Pierre Berlhon notaire, ? royal héréditaire à Lyon /p4./ soussigné et présents les témoins après nommés personnellement établi et constitué le susnommé illustrissime et révérendissime seigneur messire Denis Simon de Marquemont archevêque comte de Lyon lequel de son bon gré et volonté pour améliorer et augmenter sa condition et de ses successeurs pour les causes susdites et pour la commodité publique auxdites halles pour y négocier plus commodément en temps de pluie et neige et autre temps fâcheux et incommode et lever la puanteur et infection qui est d´ordinaire en ces halles même dudit côté de rue Pépin a vendu, pensionné et ? comme par ces présentes, il vend, pensionne, ?, cède, remet et délaisse, purement, simplement et perpétuellement, irrévocablement en asservisation censive, seigneurie directe et emphytéose perpétuelle ou la meilleure forme que vente, appensionation, ? et asservisation se peut et doit faire pour lui et ses successeurs, archevêques et pour leur utilité et profit et des héritiers et successeurs et de son ami élu ou à élire à savoir la propriété du fonds et place dans lesdites halles de la Grenette et de l´étendue et longueur de celle-ci depuis ladite rue de la Grenette /p5./ jusqu´en rue Pépin et de largeur de ladite part qui est depuis les deux grandes portes qui sont de bise à vent jusqu´à la maison desdits Chappuis et Combet de soir en laquelle place et tènement [vend]? ledit Marchant pourra faire fonder et construire des caves, boutiques, allées, ?, chambres greniers et autres agencements et commodités nécessaires pour maisons habitables de telle hauteur que bon lui semble à la charge que pendant que le marché de la Grenette se tiendra audit lieu, ledit Marchant ni autres ayant de lui droit ne pourront clore ni murailles que les membres bas à raz terre du côté et au long desdites deux rues de la Grenette et Pépin de semblable étendue de clôture desdits deux bouts de bise et vent que lesdits sieurs, doyen, chanoines et chapitre de l´église Saint Jean ont de leur fait clore et tout le surplus qui sera au milieu dudit bâtiment il sera tenu de laisser ouvert et déclos raz terre et à fleur de pavé en arcades au-dessous de celui de l´hauteur de la première ? voûtes et sous pieds des premières chambres, pour servir ladite ouverture et arcades, de loges et couvert aux marchands pendant le temps que ledit marché public de la Grenette se tiendra en ladite place ainsi qui est de l´autre /p.6/ côté appartenant auxdits sieurs dudit chapitre de Saint Jean, les portes d´entrée desquels bâtiments ne pourront être que par lesdites rues de la Grenette et Pépin ; et si ce dit marché en était par ci-après transféré ? ledit Marchant et autres ayant de lui droit pourront faire clore et murailles tous lesdits bas au-dessous desdites voûtes pour s´en servir et en disposer en toute propriété et néanmoins dès à présent il pourra faire au-dessus desdites voûtes et arcades des chambres et autres bâtiments au plein pied et au niveau des chambres et membres qui seront faits sur le devant desdites rues de la Grenette et Pépin et au-dessous de ceux à rez dans terre pourra aussi faire des caves et autres aisances commodités et nécessités desdits bâtiments lesquels ledit Marchant et autres ayant de lui droit seront tenus entretenus bien couverts et en bonne réparation, lorsque les couverts auront leurs pentes, égout et distillation des eaux pluviales et des ? sur le milieu et vide de ladite place entre lesdits nouveaux bâtiments et ceux dudit chapitre de Saint Jean et y pourra faire et entretenir des croisées de fenêtres à ? pour prendre librement jour et clarté nécessaire sur lesdites halles du côté de matin et ailleurs pour éclairer en [tous]? les membres desdits bâtiments devant et ? ensemble des portes et trappes à fleur de pavé pour /p.7/ l´encavage des voies et autres services, aisances, nettoyage et commodités desdites caves et bâtiments, au-dessous desdites arcades et outre se fera treilliser de barreaux de fer les fenêtres basses des premiers membres bas desdits bâtiments qu´il fera faire en ladite place et depuis vendue, asservissée, pensionnée et limitée, laquelle présente vente est faite pour et moyennant la somme de six cent livres ?, laquelle somme ledit Marchand à payé par ? audit seigneur archevêque, comptant et réellement en quart d´écus et bonne monnaie du poids et prix de l´ordonnance en présence desdits notaire et témoins, pour être ladite somme employée à l´utilité de ladite archevêché et par le contrat dudit emploi sera mention que ladite somme est entrée (...) /p.8/ le premier terme commençant à la fête de Noël après que ladite place sera bâtie et rendue habitable laquelle pension annuelle de trente livres ledit Marchant et autres propriétaires de cette place et bâtiments qui y seront faits pourront racheter et amortir quand bon leur semblera (...) ».

  • Verbal de visite 8 mars 1725

    Verbal de visite 8 mars 1725 (AD Rhône : 10 G 902)

    « /p.1/ Aujourd´hui huitième de mars après midi l´an 1725 nous Joseph de Fontaneis de Cheme chanoine de l´église comte de Lyon et Gilbert de Chantelot chanoine de ladite église comte de Lyon tous deux maîtres de choeur et députés de notre chapitre à l´effet des présentes nous sommes transportés dans la maison des halles de la Grenette dépendant de notre chapitre dans la paroisse de Saint Nizier de Lyon, En la présence et compagnie des conseillers du Roi ? royaux et apostoliques ?, en la présence encore du sieur Joseph Moy concierge (...) nous avons procédé à la description et état de la maison et halle pour servir et valoir tant au chapitre qu´audit Moy ce que de raison la forme qui suit ;

    Premièrement a été reconnu que la chambre au second étage de ladite maison est bien et dûment close fermant de ses fermetures ferrures, serrures et châssis et fenêtre, le recarrelage de la cheminée le tout en deux et bon état qu´il y a une bretagne de fonte qui appartient audit Moy celle-ci dépendant de ladite maison étant d´une pierre de ? , qu´il y a encore dans la chambre une cloison neuve de bois sapin /p.2/ formant une petite chambre laquelle cloison d´ais de même que ladite bretagne de fonte, ledit Moy pourra enlever [de sa sortie]? comme à lui appartenant.

    Dans le grenier au troisième étage le carrelage s´est trouvé en bon état ayant deux poutres percées servant d´étendages dépendants de ladite maison, le couvert en bon état aux fenêtres regardant sur la rue de la Grenette il y a des fermetures assez vieilles sans aucune vergette et les châssis qui y sont bien fait aussi aux frais dudit Moy qui pourra les enlever de même que les châssis de la fenêtre regardant dessus la halle à la laquelle il n´y a aucune fermeture.

    L´escalier servant pour monter du second étage au troisième étant de vieux bois en échelle fort caduc ? de même qu´une vieille cloison d´ais qui dépend de la maison faisant la séparation dudit côté du vent et du soir de la montée ou escalier et des couverts qui sont desdits côtés de vent et soir.

    Dans le grenier au second étage il a été reconnu bien en suffisamment recarrelé n´y ayant aucun châssis aux fenêtres mais seulement des vieilles et caduques fermetures de bois en fort mauvais état et sans aucune vergette ni verrou dans lequel grenier il y a une cloison d´ais dépendant de la maison faisant la clôture des côtés du matin, vent et bise le couvert en assez bon état sans qu´il y a des gouttières en trois endroits.

    A côté dudit grenier et sous l´escalier il y a un charbonnier construit par une cloison d´ais vieille que ledit Moy a dit avoir fait construire à ses frais et qu´il pourra aussi enlever.

    /p.3/ Et de là nous nous sommes aussi transportés dans un autre grenier à plein pied du susdit faisant vent à celui-ci tenu et occupé par Claude François Griat maître tourneur de cette ville sous-locataire de notre fermier prenant jour et vue tant sur la halle de la Grenette que sur rue Pépin, le carrelage de celui-ci et le couvert ont bien reconnu en bon état, la cloison faisant la séparation de celui-ci d´avec le précédent grenier et la porte d´entré en fort mauvais état, manquant même partie d´un ais à ladite clôture, les fenêtres sans aucun châssis et les bois de fermeture des fenêtres en très mauvais état et en ayant même celle d´une croisée ? à cause de sa caducité les serrures de celle-ci subsistant quoique très vieilles,

    Au premier étage sur le devant il y a une cheminée à manteau de bois les jambages pierre de taille la Bretagne pierre de ? en bon état de même que le carrelage les fenêtres regardant sur la rue de la Grenette sans châssis les fermetures de vieux bois fort vieilles et trouées en quelques endroits la porte ou fermeture de celle-ci aussi fort vieille et caduque et ayant une serrure et sa clef.

    Laquelle chambre est occupée par la veuve Bellier sous-locataire de notre fermier, laquelle a dit que la soupente qui est dans ladite chambre a été faite par elle et à ses frais de même que l´escalier en échelle pour y monter en partant elle pourra enlever ayant été observé qu´il manque la moitié de la fermeture d´un des volets des fenêtres quoique les épars et les ferrures subsistent encore,

    /p.4/ Dans une chambre ou grenier tenu en sous-louage par Pierre Boulard de notre fermier au plein pied de la chambre sus décrite prenant les vues sur la halle de la Grenette le carrelage et les planchers dessus et dessous en bon état, les cloisons de la séparation d´ais assez en bon état quoique vieilles, les fenêtres sans aucun châssis, leurs fermetures en bois fort vieilles et ayant leurs vergettes et serrures à l´exception de la fenêtre qui est dans l´encoignure de bise ou soir ou il n´y a point de fermetures quoique les gonds y soient encore le volet de laquelle fenêtre a sa fermeture,

    Dans un autre grenier ou chambre à plein pied de la susdite tirant contre le midi le carrelage et les planchers en assez bon état, les fenêtres sans aucun châssis, les fermetures avec leurs serrures, vergettes à l´exception de l´une des fenêtres où il manque absolument toute la fermeture, la cloison ou la séparation d´ais en assez bon état, de même que la fermeture garnie de sa serrure et clefs Laquelle chambre ou grenier est tenue à sous-louage de notre fermier par la veuve Goust, qui a dit que la soupente et une farinière étant dans ladite chambre de même que l´échelle lui appartiennent en partant les pourra enlever,

    De là nous nous sommes transportés dans un autre grenier ou chambre tenu par ledit Moy concierge au plein pied de la chambre sus-décrite prenant ses jour et vue sur la halle de la Grenette et la /p.5/ rue Pépin le carrelage et les planchers de même que les fermetures des fenêtres ont été reconnus en bon état aussi bien que les cloisons ou séparation d´ais.

    A été observé que dans la galerie à côté en vis-à-vis la chambre sus-décrite il y a une cheminée à jambage de pierre de taille le manteau de bois.

    Dans l´encoignure de vent ou soir il y a une soupente qui appartient audit Griat et qu´il pourra enlever de même qu´une serrure et sa clef qui est à la porte du petit cabinet vis-à-vis la galerie tirant contre rue Pépin.

    L´escalier ou degré pour monter de plein pied du premier étage est de pierre de taille et ? toutes les boutiques de la halle toutes en très bon état à la réserve qu´il n´y a point de fermetures aux portes de celles-ci.

    La fermeture du grand portail qui entre de la rue Pépin dans la halle de même que le couvert au-dessus sont en fort bon état ladite porte garnie de ses ferrures serrures et clefs a été observé que la fermeture du grand portail entrant de la rue Grenette dans la halle est garnie de ses ferrures serrures et clefs, et en bon état de même que le couvert au-dessus et que l´encoignure de bise à matin auprès dudit portail de la Grenette il y a un petit auvent [ou tente]? de bois sapin que ladite veuve Bellier a dit lui appartenir pour avoir fait faire à ses frais en partant pourra l´enlever.

    De là nous nous sommes transportés dans la boutique dépendant de la maison sur rue Pépin tenue en sous-louage de notre fermier par le sieur [Seve] marchand de cette ville nous avons reconnu que ladite boutique est composée de deux [arcs] de boutique /p.6/ garnis de deux fermetures et ais glissantes à la première desdites arcades de même qu´à la seconde que ladite boutique est cadettée de pierre de taille le tout en bon état, et ayant au-dessus de ladite boutique une soupente garnie de ses poutres ou traveure ou de ais sapin que ledit sieur [Seve] a dit être dépendants de ladite maison, le trapan de la cave en assez bon état, à l´exception du degré ou escalier pour descendre dans la cave qui est de bois et en échelle fort caduque ? et presque ? de [service] la cave voûtée et en bon état.

    De là nous nous sommes transportés dans les deux boutiques faisant face sur la rue de la Grenette composée de chacune un arrière de boutique séparée par une cloison d´ais dépendants de ladite maison fermants par des ais glissantes dehors avec leurs portillons garnis de leurs serrures, ferrures et clefs en bon état de même que les ? de pierre de taille et les planchers de bois au dessus, Les deux boutiques tenues à sous-louage de notre fermier par ledit Griat les caves au-dessous aussi en bon état de même que les trapans et les escaliers dont l´un est de /p.7/ bois et l´autre de pierre de taille.

    De tout quoi nous avons dressé le présent procès verbal qui a été rédigé par lesdits ? soussignés qui nous ont octroyé acte de tout ce que dessus en la présence et assistance dudit Moy et Merle, de Claude Chaisellon bourgeois de Lyon à présent concierge au lieu et place dudit Moy de notre maison de la Grenette qui s´est chargé de l´état des choses à la forme qu´il est ci-dessus expliqué sauf l´usage pour servir et valoir en ? et lieux ce que de raison et avons signé avec ledit Moy ledit Chaisellon lesdits ? soussignés ainsi ? de Cheme comte de Lyon de Chantelot comte de Lyon Joseph Moy, Chaisellon (...) ».

  • Verbal de visite 1 avril 1743

    Verbal de visite 1 avril 1743 (AD Rhône : 10 G 902)

    « /p.1/ Aujourd´hui 1 avril après-midi de l´année 1743 nous Gilbert Dechantelos et Jacques Alexandre [Demontjouveur] tous deux chanoines de l´église comtes de Lyon, maîtres de l´oeuvre et députés de notre chapitre à l´effet des présentes nous sommes transportés dans la maison et halles et de la Grenette dépendants de notre chapitre dans la paroisse de Saint Nizier de Lyon En la présence et compagnies des conseillers du Roi ? royaux et apostoliques et diocèse de Lyon soussignés ou étant encore en la présence de sieur Jean Baptiste Laperouse marchand de dorure à Lyon locataire de ladite maison et concierge desdites halles par bail du 8 mars dernier reçu par Theve l´un des ? soussignés et son confrère avons procédé à la description et état de ladite maison et halles pour servir et valoir tant au chapitre qu´audite Laperouse ce que de raison et pour se conformer audit bail laquelle description a été faite à la forme qui suit ;

    Premièrement a été reconnu que la chambre au second étage de ladite maison ayant vue sur la /p.2/ Grenette par deux croisées garnies de leurs châssis à papier et châssis à verre divisée en deux par une cloison d´ais en retour [d´équerre] en bon état ayant sa porte bois sapin avec ses parfeuilles et liteaux garnie de ses épars, serrures et loquets, la porte de dessus l´escalier bois sapin ayant ses ferrures et serrures le tout en bon état, contre le mur mitoyen du côté de matin est placé une grande cheminée pierre de taille, et dans celle-ci est un petit retranchement en brique et bois de chêne soutenus de deux jambages en consoles, aussi soutenus par deux consoles aussi bois de chêne.

    Entre ladite cheminée et le mur de face sur la Grenette est placé un potager à deux [réchauds], au-dessus est une planche servant de tablette dans ledit mur au-dessus de ladite planche est une petite armoire à deux étages, au-dessus jusqu´au plancher en est une autre de bois sapin dont l´ouverture est attachée avec deux épars à fiches fermant simplement à [virolle], à l´angle du matin et vent est une alcôve fermée par une espèce de [lambris] bois sapin /p.3/ ladite chambre dûment carrelée au-dessus un bon plancher bois sapin à la française, lesdites chambres présentement occupées par sieur Benoît Gontel fourrier du gouvernement et encore actuellement concierge desdites maison et halles,

    Après avoir monté deux rampes en pierre de taille et une troisième à vis en marche de bois massif l´on entre sur un vestibule qui est carrelé qui prend jour sur l´entrée de la halle par une demi-croisée et une porte-fenêtre à balcon, entre ladite demie-croisée et ladite porte à balcon est une couche et pierre d´ ?, au-dessus une planche bois noyer à l´ordinaire avec ses crochets propres à pendre des sceaux, de ladite souillarde ou vestibule l´on entre sur un passage qui conduit à l´appartement occupé par ledit sieur Gontel par une porte pierre de taille dont les jambages sont ébranlés il convient pour la solidité de ladite porte de placer au jambage qui est à droite en entrant deux ? de deux pieds à deux pieds et demi de long, et /p.4/ au jambage sur la gauche contre le mur de face sur l´entrée des halles il sera posé un goujon de fer par le haut et une happe par le pied, dans le grenier au troisième étage au-dessus des appartements dudit Gontel le carrelage s´est trouvé en assez bon état ainsi que le couvert, aux fenêtres duquel grenier il n´y a ni volets ni châssis la porte duquel grenier bois sapin vieille et usée ne fermant qu´avec un verrou, et attendre que sieur Laurent Sermet occupant actuellement ledit grenier ci-présent a fait faire une ouverture du côté de midi au couvert dudit grenier il est convenu que d´ici au jour de Saint Jean Baptiste prochain il établira ledit couvert en bon état comme il était ci-devant ; l´escalier servant pour monter audit grenier dudit second étage étant de vieux bois en forme d´échelle très caduc et usé, au-dessous duquel escalier et dans le vestibule est une espèce de petit charbonnier clos avec des vieilles fermetures de portes et de fenêtres, et à côté dudit charbonnier et dans le même vestibule est un /p.5/ un degré avec une rampe bois sapin à huit marches par laquelle l´on monte dans un petit cabinet servant d´[amparage]? à un siège de latrine, la chute duquel siège est renfermée dans le mur mitoyen du côté de matin n´ayant ni cornets ni autres [revêtement]?, et lesquels cornets lesdits seigneurs comtes de Lyon feront mettre incessamment après le jour et fête de Saint Jean Baptiste prochaine ; et toujours dans le même vestibule est un cabinet fermé par un [amparage]? de bois sapin partie en vieilles partie en neuves prenant son entrée par ledit vestibule et occupe partie de ce vestibule et partie du grenier attenant du côté de vent le tout présentement occupé par ledit Sermet

    Dans ledit grenier est une cheminée contre le mur de face sur ladite halle, laquelle est à tablette pierre de taille ayant un tripot au-dessous servant de foyer retenu par un cadre de bois sapin, ledit grenier est éclairé par trois larmiers doubles et un demi pierre de taille ayant leur châssis à papier /p.6/ dont un des doubles larmiers a ses châssis nouvellement faits à neuf les autres y compris celui du vestibule étant vieux et usés, du côté de matin dans ledit grenier règne un corridor d´environ six à sept pieds de hauteur [amparés]? par de vieilles planches n´étant pas clos au-dessus, au bout de ce corridor du côté de vent est une entrée dans un second grenier qui prend jour des côtés de vent et soir par quatre doubles larmiers à savoir deux du côté des halles et deux du côté de la rue Tupin sans châssis ledit grenier séparé de celui dont nous venons de parler séparé par un [amparage]? de planche bois sapin lequel grenier est présentement occupé par le sieur Laperouse et le nommé [Chalou]? les volets desdits larmiers sont hors de place, à la réserve de deux larmiers doubles, lesdits volets bois sapin et chêne en partie ? et sans châssis, le carrelage en bon état ainsi que le couvert au-dessus, les volets desquels larmiers ledit sieur Sermet promet mettre en place à la Saint Jean Baptiste prochaine, c´est-à-dire les [apporter]? audit /p.7/ grenier tels qu´ils se trouveront pour être placés par ledit sieur Laperouse ;

    Au premier étage sur le devant ayant vue sur la Grenette est une chambre ou grenier où il y a une cheminée à manteau de bois, les jambages pierre de taille, la [bretagne]? pierre de [gré]? en bon état de même que le carrelage, les fenêtres regardants sur la Grenette sans châssis, les fermetures de vieux bois, ladite chambre fermée par un [amparage]? ou cloison de bois sapin dite de Savoie avec des [bauderons]?, ayant cinq à six ouvertures dans la cloison pour donner jour au degré, ladite cloison vieille mais en bon état, ayant sa porte aussi bois sapin avec sa ferrure et fermeture en bon état, dans laquelle porte néanmoins est un trou ou ouverture, ladite chambre dont le plancher est en bon état est présentement occupée par le sieur Guerrier, à côté de ladite chambre en est une autre du côté de vent séparée du palier qui est au-dessus de l´escalier en pierre par une cloison en planche et à [bauderons]? percée en quelques endroits on y entre de ladite chambre par une /p.8/ porte bois sapin ayant sa fermeture ferrure et serrure ainsi que par une autre porte qui est dans la cloison qui fait la continuité dudit pallier fermant par un verrou et son cadenas et ayant pour ferrures deux épars, ladite chambre prend vue par deux croisées et une demie sur ladite halle du côté du couchant, elles ont leurs volets à la réserve de la demie croisée qui n´a point de volets par le bas qui sont un peu vieux et n´ont point de châssis, le carrelage est en bon état ainsi que le plancher qui est au-dessus, cette chambre toujours occupée par le sieur Guerrier, au bout dudit pallier est une chambre ou grenier dans laquelle on entre par une porte bois sapin ayant ses fermetures ferrures et serrures et prend jour par deux croisées pierre de taille sur ladite halle ayant leurs volets de même qualité que ceux dont nous avons parlé /p.9/ ci-devant, manquant un volet et demie d´en bas dans ladite croisée et étant sans châssis elle est de même carrelée et le plancher en bon état, au mur du côté de matin règne un corridor séparé de ladite chambre par une cloison ancienne bois sapin, de sept à huit pieds de hauteur ladite chambre ou grenier présentement occupée par la veuve [Boutat]?, on [va]? au long de ladite chambre ou grenier dudit corridor dans le milieu duquel est une haute cheminée sans tuyau au-dessus, ledit corridor étant partie sans carrelage, au bout de celui-ci du côté vent est une porte attachée à la cloison d´ais qui sépare la dernière chambre décrite d´avec celle dont nous allons parler, elle prend ses jours par deux croisées pierre de taille sur ladite halle du côté de soir, et par deux autres sur la rue Tupin du côté de vent sans châssis et garnis de leurs volets en place avec leurs ferrures, le carrelage en bon état ainsi que le plancher ladite chambre occupée par le sieur Duplain marchand libraire

    /p.10/ Nous sommes ensuite entrés dans une boutique sur ladite rue Tupin percée de deux arcs séparées en deux par une cloison d´ais, au-dessous desquelles deux boutiques est une cave dont l´encavage s´en fait par la boutique du côté de soir occupée par le sieur Saissonneau par une descente en pierre de taille ; ladite cave est voûtée au-dessus en maçonnerie et berceau, lesdites deux boutiques pavées de cadettes, au-dessus de celles-ci est un entresol bois sapin prenant jour sur ladite rue par deux petites fenêtres ayant leurs volets sans châssis, lesdits deux arcs sont fermés par des bancs et des ais glissantes, au-dessus dudit entresol est une voûte en maçonnerie, au-devant de ladite rue est un auvent bois sapin que ledit Saissonneau a dit lui appartenir, le trapan de la cave en bon état, de là nous sommes rentrés par la fermeture du grand portail de la halle dudit côté de rue Tupin, lequel grand portail ainsi que son couvert au-dessus étant en assez bon état /p.11/ et ladite porte garnie de ses ferrures serrures et clefs ayant aussi reconnu que toutes les voûtes de ladite halle au-dessous de ladite maison sont en assez bon état de même que la fermeture et couverture du grand portail entrant de la rue Grenette dans ladite halle ladite porte étant garnie de ses ferrures serrures et clefs, ayant aussi remarqué et reconnu ledit sieur Laperouse que dans l´encoignure de bise à matin auprès du portail de la rue Grenette il y a un auvent ou [tente]? de bois sapin, de là nous nous sommes encore transportés dans les deux boutiques faisant face sur la rue de la Grenette dépendant de ladite maison composées de chacune un arc séparées par une cloison d´ais, fermant par des ais glissantes en dehors avec leurs portillons garnis de leurs serrures ferrures et clefs en bon état de même que les carrelages en pierre de taille, au-dessus desdits deux arcs est un entresol bois sapin prenant jour sur ladite rue Grenette par deux petites fenêtres fermant à volet /p.12/ bois sapin, et dans l´un desdits arcs du côté de matin est une cheminée à manteau de bois chêne soutenu par deux consoles en pierre de taille, et encore un degré à noyau pour monter dudit arc à l´entresol, dont les montants bois chêne et les marches sapin, au derrière duquel arc du côté de matin est un réduit où il y a des lieux en communs, ledit arc entresol et réduit du côté de matin occupés par le sieur Laperouse avec une cave au-dessous dans laquelle on descend par ladite boutique par un trapan et un degré de bois que ledit Laperouse à fait faire à ses frais les anciens étant hors d´usage, et l´autre arc de boutique et cave au-dessous du côté du soir dans laquelle on descend par un degré de pierre en bon état ainsi que le trapan occupés présentement par le sieur Guerrier,

    De tout quoi nous avons dressé le présent procès verbal qui a été rédigé par lesdits ? soussignés qui /p.13/ nous ont octroyé acte de tout ce que dessus en la présence et assistance desdits Laperouse, Laurent Sermet et dudit sieur Gontel, lequel sieur Laperouse s´est chargé des choses ci-dessus à la forme qu´elles sont décrites sauf l´usage à la Saint Jean Baptiste prochaine conformément à son bail et avons signé avec les susnommés et lesdits ? la minute (...) ».

  • Bail de Jean Baptiste Laperouse en la maison de la Grenette, 8 mars 1743

    Bail de Jean Baptiste Laperouse en la maison de la Grenette, 8 mars 1743 (AD Rhône : 10 G 902)

    « /p.1/ Par-devant les conseillers du roi notaires à Lyon soussignés furent présents illustres seigneurs (...) ont loué et promis à sieur Jean Baptiste Laperouse marchand de dorure à Lyon ci-présent, et acceptant à savoir la totalité de la maison appelée de la Grenette appartenant au chapitre et ladite église, consistant en 2 boutiques sur la rue de la Grenette, 2 boutiques du côté de la rue Tupin, le premier étage où sont plusieurs magasins, le second étage, et les greniers au-dessus excepté néanmoins les arcs et boutiques étant dans les halles de ladite Grenette, et le dessous des voûtes dont le chapitre se réserve la disposition, et qui servent à fermer, à retirer les [bleds]? et autres grains des /p.2/ personnes foraines vendant , et achetant les denrées ainsi qu´il est de coutume, le présent bail passé pour six ans, entiers, et consécutifs qui commenceront au jour de Saint Jean-Baptiste et la présente année, et à pareil jour finissant de l´année 1749, moyennant le prix et somme chacun an de 1680 livres payables entre les mains du prévôt , et receveur de comté en 2 termes égaux, qui seront Noel, le Saint Jean-Baptiste, et dont le premier paiement sera aux fêtes de Noel prochaines, et le second à la Saint Jean-Baptiste suivante, et ainsi continuer de terme en terme jusqu´à la fin des présentes, le présent bail ainsi passé aux charges, clauses et conditions suivantes ;

    Premièrement sera tenu ledit sieur Laperouse de faire toutes les fonctions auxquelles est obligé le concierge de la Grenette, suivant les provisions qui lui en seront données par le chapitre conjointement avec /p.3/ monseigneur le cardinal de [Tenein]? archevêque et comte de Lyon, au moyen desquelles il demeurera responsable en son propre, et privé nom, de tous les événements qui pourront arriver en ladite maison et même du feu, sera obligé ledit sieur de recevoir tous les grains apportés par les marchands forains et au cas qu´ils ne soient pas vendus de les fermer et être garant de tous les vols, et vexations qui pourraient se faire, et de fermer exactement et ouvrir les portes aux heures accoutumées, et ne pourra demander aucune réparation pendant le [cours]? des présentes, attendu que lesdits seigneurs [les auront]? toutes faites l´année dernière, convenu en outre en cas que ledit Laperouse ne s´acquitte pas exactement de sa fonction de concierge, le chapitre sera le maître d´en mettre un autre aux frais dudit fermier, item ne pourra ledit sieur Laperouse louer, ni sous-louer /p.4/ lesdits appartements, et boutiques à gens dont la profession sera de matière combustible comme tourneur, et autres ; idem de jouir desdits appartements en bon père de famille, sans y rien détériorer, et de rendre le tout à la fin du présent bail en bon et ? état, suivant le procès verbal qui en sera dressé en présence dudit sieur Laperouse par messires les maîtres de l´oeuvre, idem sera tenu ledit fermier de payer à l´entrée des présentes au secrétaire du chapitre un écu de trois livres pièce par chaque cent livres du prix de ladite ferme à lui attribué suivant la délibération capitulaire du 4 mars 1730, et aux présentes ? intervenu Sieur Jean Barmont marchand tireur d´or de cette ville, lequel s´est volontairement rendu plaige, caution, et principal débiteur dudit sieur Laperouse pour /p.5/ tout le contenu en ladite ferme, et en conséquence a promis solidairement avec ledit sieur Laperouse de payer pour chacun an, et aux termes ci-dessus énoncés ladite somme de 1680 livres prix dudit bail, et en outre d´observer de point en point mes charges, réserves, clauses, et conditions ci-mentionnées, le tout par promesses, obligations, savoir de la part desdits seigneurs députés des biens temporels de la ladite église et de celles desdits fermier, et caution de leurs personnes (...). »

  • Verbal de visite aux halles de Grenette, 15 mars 1748

    Verbal de visite aux halles de Grenette, 15 mars 1748 (AD Rhône : 10 G 903)

    /p.2/ (...) Premièrement nous sommes entrés du côté de matin dans la rue appelée la halle de la Grenette et à gauche nous sommes montés par un premier degré en pierre de taille qui conduit de la rue de la halle au premier étage qui nous a paru être en bon état, du premier étage nous sommes montés au second par un degré en bois il nous a paru que la troisième marche dudit degré était totalement détachée et ne pouvait être d´aucune utilité, qu´il était de toute nécessité d´en faire refaire une neuve attendu que le noyau de ladite marche est absolument usé et hors de service avons pareillement reconnu que plusieurs des autres marches pour parvenir du premier au second étage étaient en mauvais état, et qu´elles avaient besoin de réparations en différents endroits.

    Parvenu au second étage nous sommes entrés dans une chambre ayant ses jours et vues sur ladite rue des halles servant de vestibule et d´entrepôt qui communique à une chambre du côté droit dudit vestibule ladite chambre prenant ses jours du côté de bise sur la grande rue Grenette ayant sa porte bois sapin avec ses parfeuilles et liteaux garnis de ses épars, d´une serrure et d´un loquet. Les vues de ladite chambre consistant en deux grandes /p.3/croisées garnies toutes les deux de leurs châssis à papier en dedans de ladite chambre et en dehors par des châssis à verre ; Les châssis à verre régnant du haut en bas et ceux à papier ne régnant que dans le bas, avons également reconnu que dans la séparation dont il est parlé dans le procès verbal du 1er avril 1743 qui séparait cette chambre pour en former deux ne subsiste plus contre le mur mitoyen du côté de matin est placée une grande cheminée en pierre de taille jaune et entre ladite cheminée et le mur de face se trouve un potager en pierre de taille grise garni de ses deux trous sans aucune grille, de l´autre côté de ladite cheminée, et vis-à-vis la croisée la plus près de la cheminée, est une alcôve bois sapin, ladite chambre bien carrelée et au-dessus un bon plancher bois sapin à la française, ladite chambre présentement occupée par ledit sieur Sermet qui nous a fais observer que l´armoire désignée par le procès verbal du 1er avril 1743 étant au-dessus du potager jusqu´au plancher ne subsiste plus et qu´elle a été enlevée de même que le boisage qui servait de séparation à ladite chambre par le sieur Laperouse précédent fermier, que les châssis à vitre de la croisée du côté de la cheminée étaient tous en bon état à l´exception de six /p.4/ carreaux de verre qui se trouvent fendus mais qui sont cependant en état de service, qu´à l´autre croisée vis-à-vis la porte d´entrée il y en a douze de cassés ou fendus et qui peuvent également subsister en service en y mettant des bandes de papier.

    De ladite chambre nous sommes revenus dans ledit vestibule bien carrelé qui prend ses jours et vues sur la rue de la halle du côté de soir, savoir par une porte servant d´entrée à un petit balcon garni en fer n´y ayant aucune porte en bois prenant également ses jours par une croisée à deux fenêtres garnie l´une et l´autre de leurs cadres en bois sapin et de deux volets même bois sans châssis entre ladite porte à balcon et les deux croisées en une couche à pierre d´évier, au-dessus une planche bois noyer à l´ordinaire avec ses crochets propres à pendre des sceaux ledit vestibule sert de communication à une grande chambre et un grenier, ladite chambre prenant ses jours sur ladite rue de la halle par trois croisées de fenêtres garnies chacune de leurs cadres en bois à châssis et d´une cheminée en pierre de taille jaune placée contre le mur qui donne sur ladite rue de la halle ladite chambre fermant savoir du côté du corridor qui sert de communication du vestibule au grenier par une séparation neuve qui /p.5/ règne en bois sapin dans toute sa longueur depuis le vestibule jusqu´au grenier qui sera ci-après décrit laquelle chambre prend son entrée par une porte bois sapin doublée garnie de ses épars et deux serrures, l´une desquelles ledit fermier a dit lui appartenir fermant également par deux autres séparations, l´une du côté du vestibule l´autre du côté du grenier, l´une et l´autre des deux séparations faites avec des planches de différentes pièces rapportées, avons remarqué qu´à l´entrée de ladite chambre et précisément au seuil de la porte il manque quatre carreaux, que la chambre que nous venons de décrire garnie de ses trois croisées et de la cheminée n´a aucun plancher ni plafond, et qu´elle n´est fermée par le haut que par le couvert , que dans le corridor qui règne du vestibule au grenier, il y a dans toute sa longueur un plafond de plancher de sapin, que l´entrée du corridor du côté du vestibule ne ferme par aucune porte, que son extrémité servant d´entrée au grenier ferme par une porte de bois sapin doublée garnie de sa serrure et ses épars, ladite porte ainsi que la séparation qui règne dans toute la longueur du corridor nous ayant paru faite depuis peu et en très bon état à l´exception de trois planchers qui se sont détachés de ladite séparation mais qui /p.6/ peuvent aisément se raccommoder en y plaçant quelques clous.

    De là nous sommes entrés dans un grenier de plein pied audit corridor et à la dernière chambre décrite prenant ses jours et vues savoir sur la rue de la halle de soir par deux croisées de fenêtres et de midi par deux autres croisées sur la rue Tupin lesdites quatre croisées garnies de leurs cadres en bois à châssis en sapin y ayant deux croisées et demie garnies de leurs bois de fenêtre en chêne, avons également remarqué qu´il n´y a audit grenier aucun plancher ou plafond n´y ayant que le plancher qui sert de couvert.

    Dudit grenier nous sommes revenus dans le vestibule dans lequel nous avons remarqué qu´il y a deux degrés l´un avec une rampe bois sapin à huit marches par lequel l´on monte dans un petit cabinet servant d´emparrage au siège de latrine la chute duquel siège est renfermée dans le mur mitoyen du côté de matin garni de ses cornets et revêtements, l´autre degré aussi bois sapin garni de vingt marches servant pour aller dans un grenier au troisième étage qui se trouve précisément au-dessus de la première chambre par nous décrite prenant son entrée par une porte du côté de vent vis-à-vis et à côté de laquelle il y a un pallier ou repos qui prend ses jours du côté /p.7/ de vent par une ouverture qui donne sur le couvert qui règne tant sur le vestibule que sur la chambre et le grenier du second étage fermant avec des ais de sapin.

    Parvenu au palier du troisième étage nous sommes entrés dans une grande chambre prenant ses jours et vues du côté de matin et bise sur la grande rue Grenette par deux croisées de deux fenêtres chacune garnie de leurs châssis à papier sans bois de fenêtre dans laquelle chambre est une cheminée appuyée contre le mur mitoyen ladite chambre partagée par une cloison ou séparation appartenant audit sieur Sermet ainsi qu´il l´a déclaré servant de clôture à un pigeonnier qu´il a pratiqué dans ladite chambre laquelle ferme avec une porte bois sapin garnie de ses épars et de sa serrure.

    De là nous sommes descendus assistés de tous les susnommés et dudit Sermet au premier étage de ladite maison où nous avons trouvé les sieurs frères Duplain et sieur Aimé Delaroche marchands libraires à Lyon, Jeanne Jay veuve de Bertrand Moy grenetier à Lyon et la veuve de Jacques Clavel charcutière à Lyon tous quatre locataires des appartements qui seront ci-après décrits auxquels nous avons déclarés le sujet de notre transport et visite.

    /p.8/ Premièrement les sieurs Duplain nous ont conduit dans l´appartement qu´ils occupent au premier étage prenant son entrée sur le palier vis-à-vis le grand degré par une porte à deux batans (sic) bois sapin garnie de ses épars et d´une serrure le tout en assez mauvais état ouverture faite de la porte nous avons passé par un corridor qui règne depuis ladite porte jusqu´à la chambre prenant ses jours et vues par deux croisées sur la rue Tupin fermant avec leurs bois de fenêtres en chêne sans bois de châssis et par une croisée et demie sur la rue de la halle également garnie de bois de fenêtre chêne sans bois de châssis, des carreaux presque tous rompus ce qui nous a paru provenir du peu de précaution qu´apportent les ouvriers des frères Duplain lorsqu´ils déchargent leurs ballots de marchandises librairies et imprimeries qui les jettent indifféremment sur le plancher, cassent des carreaux et ébranlent le carrelage.

    Au sorti de ladite chambre servant de magasin aux frères Duplain nous sommes entrés dans une autre chambre occupée par ladite veuve Moy qui règne dans toute la longueur du corridor servant de passage pour aller du palier au magasin des frères Duplain ledit corridor fermant du côté de la chambre de la veuve Moy avec une séparation qui règne du haut en bas le bas nous a paru être dun bois sapin fort vieux et usé /p.9/ et le haut avoir été fait à neuf aussi bois sapin dans toute la longueur, la clôture servant de séparation aux magasins occupés par le sieur Laroche qu´avec un vieux placard bois sapin de différentes pièces du haut en bas garnie de plusieurs liteaux pour la soutenir ladite chambre en formant eux par le moyen d´une cloison qui se trouve dans le milieu tirant du mur ? sur la rue de la halle jusqu´au corridor dans chacune desquelles il y a une croisée à deux fenêtres garnie de leurs châssis bois sapin sans bois de fenêtre dans la chambre attenante au magasin des frères Duplain en une soupente que ledit Sermet nous a déclaré appartenir à la veuve Moy, avons remarqué que dans l´une et l´autre chambre il n´y a ni cheminée ni évier, quoique la veuve Moy y fasse son ménage avec le secours d´une terrasse ce qui peut avoir des conséquences infinies par rapport au feu avons pareillement remarqué qu´il manque plusieurs carreaux et que la porte d´entrée bois sapin garnie de ses épars à deux serrures, la veuve Moy nous ayant déclaré qu´il y en a une qu´elle a fournie.

    De ladite chambre nous sommes entrés dans deux magasins occupés par ledit sieur Laroche de plein pied aux appartements du premier étage que nous venons de décrire prenant leur entrée par une porte à liteaux bois sapin le dessus également /p.10/ garni en liteau le premier et deuxième desdits magasins prenant leurs jours chacun par une croisée qui donne sur la rue de la halle garnie l´un et l´autre de leurs châssis bois sapin et de leur bois et fenêtre fermants lesdits deux magasins de trois côtés par des séparations bois sapin qui règnent du haut en bas.

    A la sortie desdits deux magasins nous sommes entrés dans un petit vestibule prenant également ses jours sur la rue de la halle lequel s´est trouvé vide et qui nous a paru ne servir que pour éclairer le degré qui conduit au second étage.

    De ce vestibule nous sommes entrés dans une chambre faisant l´angle de ladite maison du côté de ladite rue Grenette prenant ses jours par une croisée à deux fenêtres sur ladite rue Grenette garnies de leurs bois de châssis en sapin sans bois de fenêtre, dans ladite chambre est une autre fenêtre qui prend également ses jours sur la rue de la halle garnie d´un bois de châssis en chêne et menuiserie et de ses carreaux à vitre (...) ladite chambre fermant de deux côtés par une séparation bois sapin qui règne du haut en bas toute neuve de même /p.11/ que la porte d´entrée également bois sapin et neuve non doublée garnie de ses épars, de se serrure et clef.

    A coté de ladite chambre et du côté de matin est une autre chambre occupée par la veuve de Jacques Clavel charcutière à Lyon dans laquelle nous sommes également entrés prenant ses jours sur la grande rue Grenette par une croisée à deux fenêtres garnie de leurs châssis et bois de fenêtre en sapin où nous avons trouvé une cheminée toute neuve en pierre blanche bien polie la porte d´entrée aussi bois sapin doublée et toute neuve donnant sur le vestibule garnie de ses serrures dont l´une a ce que nous a dit la veuve Clavel lui appartient l´autre dépendant de la maison ladite porte également garnie de ses épars.

    Au-dessus de ladite chambre est une soupente qui règne dans toute la grandeur de la chambre que ladite veuve Clavel a dit avoir fait faire à ses frais ainsi que le petit degré bois sapin qui est pratiqué pour y monter.

    A la sortie de ladite chambre nous sommes descendus à la rue de la halle et de là sommes entrés dans une boutique sur ladite rue Tupin percée de deux arcs séparés en deux par une cloison d´ais au-dessous /p.12/ desquelles deux boutiques est une cave dont l´encavage se fait par la boutique du côté de soir occupée par le sieur Fabri marchand [toilier], par une descente en pierre de taille ladite cave voûtée au-dessus en maçonnerie et à berceau lesdites deux boutiques pavées en cadettes, au-dessus de celles-ci est un entresol bois sapin prenant jour sur ladite rue par deux petites fenêtres ayant leurs volets et châssis lesdits deux arcs sont fermés par des [barres] et des ais glissantes, au-dessus dudit entresol prenant son entrée par l´arc de boutique du côté de matin occupé par sieur André [Guitton]? marchand papetier est une voûte en maçonnerie. Ledit Sermet nous a prié d´observer primo, que le degré bois sapin pratiqué pour communiquer de la boutique du sieur Guitton à l´entresol a été fourni et payé par le sieur Coste aussi marchand toilier lequel étant survenu sur l´interpellation que nous lui en aurions fait il nous aurait exhibé la quittance de trente livres qu´il a remboursé au sieur Peyssoneau.

    Secondo, que le sieur Guitton prétend avoir fourni et payé la cloison qui sépare son arc de boutique d´avec celui du sieur Fabri.

    Tertio, qu´il n´y a point d´auvent à la boutique occupée par le sieur Guitton ;

    /p.13/ Quarto, qu´il y a une tente sur la porte de la boutique du sieur Fabri qu´il a déclaré appartenir à ce dernier et enfin que le trapan de la cave est en très mauvais état.

    De là nous sommes rentrés par la grande fermeture de la halle du côté de la rue Tupin, avons remarqué qu´il n´y a aucun bout à roues à droite ni à gauche et que le frottement des charrettes qui entrent et sortent dans la halle endommagent considérablement le portail et les portes et que l´un et l´autre ont besoin de réparations au surplus le couvert dudit portail nous a paru en bon état autant que nous avons pu en juger et avons reconnu que les portes sont garnies de leurs serrures et clefs et que toutes les voûtes de ladite halle au-dessous de la dite maison sont en assez bon état de même que la fermeture et couverture du grand portail servant d´entrée de la grande rue Grenette dans la halle que la grande porte est garnie de ses serrures et clefs ayant cependant besoins de quelques réparations.

    De là nous sommes encore transportés dans les deux boutiques faisant face sur la grande rue Grenette dépendantes de ladite maison composée de chacune un arc séparées par une cloison d´ais fermant par des ais glissantes en dehors avec leurs portillons garnis de leurs serrures et clefs en bon état de même que les /p.14/ carrelages en pierre de taille l´un desquels qui est celui du matin est occupé par la veuve Clavel et au-dessous de ladite boutique est une cave dans laquelle l´on descend par ladite boutique par un escalier de bois et par un trapan ?, la porte en ? est garnie de ses épars, ladite cave séparée de celle de l´autre arc par une cloison d´ais régnant du haut en bas, avons remarqué dans ladite boutique une séparation d´ais de sapin à barreaux que la veuve Clavel a dit lui appartenir et une cheminée à pierre de taille et un manteau de bois.

    Ensuite après avoir monté deux degrés nous sommes entrés par une porte à vitres garnie de neuf carreaux de verre dont deux sont seulement entiers et de ses épars et loquets dans une petite chambre formant un arrière boutique et séparée de la boutique par un mur dans laquelle chambre nous avons trouvé un petit réduit fait avec quelques ais de sapin servant de caches le siège des latrines avons aussi remarqué sous l´escalier une séparation pratiquée avec plusieurs petites planches de sapin garnies d´une porte ferrée sans serrure formant un petit charbonnier.

    De là nous sommes entrés dans une petite chambre dans laquelle il y a une pierre à évier avec une planche et des crochets propres à pendre des sceaux, avons remarqué qu´il y a une porte bois sapin conduisant dans la halle garnie de ses épars avec une vieille clef et serrures : au-dessus de ladite porte se trouve une petite fenêtre garnie d´un volet de mauvais bois et à droite de ladite porte sont deux fenêtres garnies de leurs volets bois sapin et ferrures le tout vieux, avons remarqué qu´auxdites fenêtres, lesquelles prennent leurs jours sur la halle, il y a des barreaux et bois de châssis neuf que la veuve Clavel a dit nous appartenir de même que nombre de planches chevilles et crochets qui se trouvent dans les appartements qu´elle occupe.

    Nous nous sommes de là transportés au second arc de boutique occupé par le sieur Levaillant cabaretier où nous avons vu un trapan garni de ses épars servant à conduire par un escalier de pierre dans la cave qu´il occupe et qui règne sous ledit arc nous sommes ensuite montés par un escalier de bois étant dans ladite boutique et que ledit Vaillant a dit lui appartenir sur l´entresol régnant sur toute l´étendue desdits deux arcs de boutique prenant ses jours sur la grande rue Grenette lequel entresol est néanmoins séparé en deux par une cloison d´ais du haut en bas nous nous sommes aperçus que les croisées de fenêtres sont bois chêne en bon état et garnies de tous leurs carreaux de verre. (...) ».

  • Acte capitulaire sur les réparations de la Grenette, 27 mars 1773

    Acte capitulaire sur les réparations de la Grenette, 27 mars 1773 (AD Rhône : 10 G 903)

    « /p.1/(...) déclarons avoir vérifié, reconnu et reçu lesdits ouvrages consistant en réparations à une grande lézarde dans le mur de refend, contre lequel monte le grand escalier, laquelle prenait depuis la troisième étage jusqu´au bas du second ; avoir retenu et remaçonné la clef de l´arc d´une croisée au troisième étage sur la halle ; fait faire en voûte plate les planchers des entresols des arcs de boutiques, tant sur la Grenette que sur la rue Tupin ; avoir fait soutenir les briques desdites voûtes par des pierres de taille, posées de champ, ou grand [banc]? de Saint Cyr, de quatre pouces d´épaisseur ; d´avoir construits deux escaliers, dits à la parisienne, pour monter des rez-de-chaussée auxdits entresols ; d´avoir fait refaire la fermeture des boutiques sur la grenette ; d´avoir fait remblayer en terre et recarreler les dits entresols, d´avoir fait refaire en pierre de taille ? étant au devant des deux arcs de boutiques sur la rue Tupin ; d´avoir fait griller en barreaux de fer les susdits entresols ; d´avoir fait plafonner tous les planchers du premier et du second étage /p.2/ de la partie sur la Grenette ; d´avoir fait parqueter la grande salle du premier étage ; d´avoir fait cadeter environ cinq pieds de plancher dans la grande salle du second étage, au-devant du lavoir qui y est posé, pour ménager le plancher ; d´avoir fait recouvrir tous les toits à tranche ouverte, sur cent pieds de [haut]? et vingt cinq de largeur, de la grenette à la rue Tupin ; d´avoir refait toutes les ? et conduite les eaux pluviales par des canaux de descente en fer blanc, et repris depuis le premier étage jusqu´à la rue en cornets de fer fondu ; d´avoir mis également des cornets de fer fondu depuis le second étage jusqu´à la rue, pour faciliter l´écoulement des eaux du lavoir placé au second étage, lesquelles sont recueillies à leur dégorgeoir par une grande recueillée de plomb, afin de garantir une maîtresse poutre et tout le mur de refend qui soutient le grand escalier ; et finalement d´avoir fait reblanchir tout le grand escalier de la maison.

    (...) même que ledit Delaroche a fait agrandir les soupiraux qui /p.3/ donnent l´air dans les caves de la maison, et qu´il a porté les soins jusqu´à faire repaver dans toute son étendue, la rue au-devant des halles depuis la rue Tupin jusqu´à la Grenette, comme aussi d´avoir mis des croisées neuves en bois de chêne, espagnolettes et verres blancs à toutes les croisées des trois étages sur la rue de la Grenette (...) ».

  • Bail à louage de la totalité de la grenette, par les comtes de Lyon à Aimé Delaroche, 14 juillet 1757

    Bail à louage de la totalité de la grenette, par les comtes de Lyon à Aimé Delaroche, 14 juillet 1757 (AD Rhône : 10 G 903)

    « /p.4/ Il ne pourra enlever de toutes les réparations qui auront été faittes (sic) dans ladite maison que la pompe qu´il se propose de faire mettre au puy (sic) à ses frais et ou le chapitre voudroit (sic) la garder il la luy (sic) laissera.(...). /p6./ Il est de toute nécessité de changer l´escalier et le placer dans le premier arc à côté de son emplacement actuel, afin de donner une communication dans toute la hauteur dudit batiment (sic) pour cet effet il sera démoly (sic) l´ancien, ainsi que la grande voute (sic) dans le largeur dudit arc. Sera fait et construit en fondation le mur à droite jusqu´au solide et aura deux pieds d´épaisseur jusqu´au sol du rez de chaussée pour être ensuite élevé jusqu´au dessous du couvert a dix huit pouces d´épaisseur sera aussi élevé depuis le premier étage le mur à gauche jusqu´à la hauteur et avec la même épaisseur que le premier lesquels murs forment la cage dudit escalier.

    Ledit escalier aura dans oeuvre quatre pieds et demy (sic) de largeur de marches, et seront lesdites marches portées du bout dans les murs en dessus et d´autre bout dans un mur de noyeau (sic) /p.7/ de dix pouces d´épaisseur terminée en ses deux extrémités avec montant de pierres de tailles arrondis sur les arrêtes. Les marches de l´ancien escalier seront mises en oeuvre dans le nouveau. Dans l´ancien mur qui forme la cage actuelle de l´escalier afin de donner le passage au nouvel escalier il sera percé un arc de quatre pieds et demy (sic) de largeur et sera construit entre les deux murs de la cage actuelle un mur de quinze à seize pouces d´épaisseur lequel mur ne sera monté que jusqu´au premier étage.

    L´arc occupé par ledit escalier sera bouché en maconnerie (sic) de quinze pouces d´épaisseur en observant d´y poser à quatre pieds de hauteur du sol du rez de chaussée une croisée de quatre pieds et demy (sic) de largeur, et sera la hauteur de ladite croisée terminée par ledit arc(...).

    /p.8/ Sera excavé et construit un puy (sic) dans l´angle de l´arc du susdit escalier, lequel puy (sic) sera construit en bonne maconnerie (sic) de dix huit pouces d´épaisseur et sera ledit puy (sic) bletonné dans tout son pourtour d´un pied d´épaisseur jusqu´à la hauteur du cerveau de la voute (sic) de la fosse d´aisance ledit puy (sic) aura dans oeuvre deux pieds et demy (sic) de diamètre sur le grillage, et vingt deux pouces à la margelle. (...)

    /p.9/ Premier étage. Sera posé dans chacun des deux murs formant la cage d´escalier, une porte en pierre de taille, une dans le mur à droite pour entrer dans le grand magasin de quatre pieds de largeur sur huit pieds de hauteur, une dans le mur à gauche pour l´entrée des appartements de trois pieds de largeur sur six pieds et demy (sic) de hauteur. Dans le mur de face du cotté (sic) des halles sera percé et possé (sic) deux croissées (sic) en pierres de tailles a formettes de quatre pieds de largeur sur cinq pieds et demy (sic) de hauteur lesquelles seront séparée (sic) par un pillier (sic) double faisant /p.10/ montant desdites deux croissées (sic), et aurra (sic) ledit pillier (sic) vingt deux pouces de largeur. (...)

    /p.11/ Sera posé deux petites croisées ou larmiers en pierres de tailles de quatre pieds en quarée (sic) au dessus des deux croisées du premier étage du côté de la grenette. Sera fourni et posé deux semblables larmiers en observant de remplir en maconnerie (sic) le vuide (sic) au dessus des croisillons des dittes (sic) croisées du premier étage. (...)

    /p.12/ Dans l´angle du mur de face du côté de la grenette et celuy (sic) des halles sera fourny (sic) et posé un évier avec sa couche de trois pieds et demy (sic) de longueur, lequel aura sa décharge par des tuyaux de descente hors dudit mur de face du coté (sic) des halles dans la première pièce en entrant aux entresolles (sic) sera construit un potager.

    Second étage. Dans le second étage sera démoli un mur de refend lequel porte sur une poutre et ne peut subsister étant corrompû (sic) dans plusieurs endroits. Sera aussi démoly (sic) le mur de face du côté des halles dans toute sa longueur et hauteur dudit étage, pour ensuitte (sic) y être posé dix sept croisées à formette en pierres de tailles de Couzon, de quatre pieds de largeur sur six pieds de hauteur dans oeuvre lesquelles croisées seront séparées par un pillier (sic) double faisant le montant de deux croisées, ledit pillier (sic) portant tableau feuillure et embrasement des deux côtés aura en tête vingt pouces de largeur /p.13/ à l´exception de celle servant à éclairer l´escalier qui sera à l´ordinaire avec crosses et lancets.

    Sera exhaussé en maconnerie (sic) tout le pourtour dudit batiment (sic) jusqu´à la hauteur de sept pieds pour dans ledit exhaussement y pratiquer des greniers, à cet effet sera démoly (sic) toute la charpente du toit pour ensuite être replacée sur ledit exhaussement. Dans ledit grenier et sur la longueur du mur de face du cotté (sic) des halles sera fourny (sic) et posé neuf croisées de trois pieds de largeur sur quatre pieds de hauteur il en sera fourny (sic) et posé deux semblables dans chaque bout tant du côté de la rue Tupin que de la Grenette sera cadetté en pierres de Saint Fortunat le passage d´entrée conduisant à l´escalier. Sera carrellé (sic) en carreaux de Verdun le plancher des entresolles (sic) celuy (sic) des greniers aussy (sic) que tout les palliers (sic) de l´escalier et sera réparé les anciens, sera refait en général tout le couvert en thuilles (sic).

    Charpente. Sera fait à la française le plancher des entresolles (sic) lequel sera composé de deux poutres avec sommiers de vingt quatre pieds de longueur /p.14/ et douze à treize pouces de grosseur posé dans le mur mitoyen et celuy (sic) de face du coté (sic) des halles. Les travées ou paquets seront remplis de [travous] de ? de trois sur quatre pouces en quarré (sic) blanchis a vive arrête, posé tant en plein que vuide (sic) en y observant les enchevestrures (sic) et passages des cheminées lesdits [travous] seront recouvert (sic) avec des planches appellés (sic) renards et en ? aussy (sic) blanchis a [verlope] avec les moulures nécessaires au pourtour. Ledit plancher sera doublé au dessus des renards avec des planches appellés (sic) aix communes (...).

    /p.15/ Menuiserie. Sera fait et fourny (sic) dix sept portes d´assemblages en bois de sapin, sera fait et fourny (sic) au rez de chaussée une porte d´entrée à deux venteaux en bois de chêne doublé de sapin. Sera fait et fourny (sic) dans le grand magasin au premier étage ainsy (sic) qu´à la croisée sur l´escalier seize chassis (sic) à papier en bois de sapin dans les appartements du premier étage ainsy (sic) que dans les entresolles (sic) sera fait et fourny (sic) six grands chassis (sic) a verres et six petits aussy (sic) a verres en bois de chêne. Au second étage sera fait et fourny (sic) vingt un chassis (sic) a papier aussy (sic) en bois de sapin ».

  • Mémoire à nos seigneurs les Comtes et Chapitre de l´église de Lyon, 1765

    Mémoire à nos seigneurs les Comtes et Chapitre de l´église de Lyon, 1765 (AD Rhône : 10 G 903)

    « /p.1/ Il y avait plus de 500 ans que la maison des halles de la Grenette, appartenant aujourd´hui au chapitre de l´église de Lyon, existait quand en 1135 elle fut échangée entre les Seigneurs Comtes de Lyon et le Corps consulaire, qui transféra l´hôtel de ville, qui était dans cette maison, à la Fromagerie, où subsiste encore une maison appelée l´ancien hôtel de ville antérieur à la maison de ce nom qui est dans la rue des Forces et dans celle de la Poulaillerie.

    Quoique cette maison des halles ait plus de onze cent ans d´antiquité, elle est encore très bonne, très solide, et bien assise sur ses fondations ; les murs sont en très bon état, les voûtes et les planchers ont encore toute leur force, mais on ne la maintiendra dans cet état de solidité, qu´autant que la Chapitre la laissera à de bons locataires, qui non seulement feront à propos , et dans les cas nécessaires, les grandes, même les plus petites réparations mais qui veilleront encore à ce que les sous-locataires et que lui-même n´y fassent aucune détérioration, dégradation, ni changement capables de l´ébranler, ou d´en affaiblir la solidité.

    Depuis le bail que nos Seigneurs les Comtes et Chapitre de l´église de Lyon ont passé à Aimé de la Roche, il s´est efforcé de mettre en pratique ces principes, dont il est pénétré ; il a ? de mettre du sien, dans les réparations que le Chapitre avait arrêtées, pour qu´il put l´habiter, plutôt que de les laisser faire ou négligemment, ou imparfaitement.

    /p.2 / Le nommé André Rollet Tourneur, se qualifiant de marchand mercier, surprit votre principal locataire, dans la cession qui lui fut faite du bail d´un des arcs et des entresols du côté de la Grenette, par le nommé Vaillant, cabaretier par les baux que le chapitre a passé à De la Roche, entre les professions que le chapitre a exclues d´y être reçues, les tourneurs y sont expressément dénommés il est vrai que Rollet n´a pas de tour, qu´il ne tient que des [boëtes]?, des [seilles]?, et autres marchandises que l´on tire, pour le plus grand nombre, de Saint Claude. Pressé par les sollicitations de Rollet, invité même par un des membres du Chapitre, votre principal locataire consentit à lui passé un second bail qui doit durer encore quatre années et demie.

    Rollet prévoyant qu´il ne lui serait pas passé un autre bail, a loué à côté de la maison des halles dans celle appartenant aux écoles de Saint Charles ; il se propose d´habiter le premier de cette maison, et pour son unique facilité, de faire ouvrir une porte de communication, dans le mur mitoyen de la maison du Chapitre, avec celle des écoles de Saint Charles.

    De la Roche, votre principal locataire, n´a point de raison particulière de s´opposer à cette ouverture, mais l´intérêt du Chapitre, la promesse qu´il lui a faite d´user de la maison en bon père de famille, l´ont obligé de refuser à Rollet son agrément pour cette ouverture.

    1° Parce que comme seul locataire, il lui est responsable de tous les événements.

    /p.3/2° C´est qu´il est intimement persuadé que cette ouverture dans ce mur pourrait l´affaiblir, soit parce qu´il est très ancien, soit parce que les prédécesseurs dans la ferme des halles, avaient eu la destructive condescendance d´y en permettre, et qu´il a eu soin de les faire murer à son entrée ; soit enfin, parce qu´il ne peut donner son consentement, qu´au préalable nos Seigneurs les Comtes , et le bureau des écoles de Saint Charles, ne l´aient permis, et qu´ils n´aient ordonné une visite d´architecte, pour statuer, s´il n´en résulterait point aucun événement fâcheux ; et que le chapitre réuni avec le bureau des écoles de Saint Charles, n´aient formellement renoncé à tous les recours contre le principal locataire des halles , si les deux maisons souffraient la moindre altération pour cette ouverture.

    Comme De la Roche conçoit Rollet, pour un des hommes entêtés, qui ne considérant que leurs intérêts particuliers, vont en avant, il a cru pour l´intérêt du chapitre, et pour qu´on eut rien à lui imputer, devoir faire donner à Rollet des défenses d´entreprendre cette ouverture.(...) ».

  • Bref de vente 1791

    Bref de vente 1791 (AC Lyon : 933 WP 023)

    « /p.1/ Fait savoir que le 19 mars 1791(...) il sera procédé à la vente, au plus offrant et dernier enchérisseur, d´une maison appartenant à la nation, ci-devant possédée par le Chapitre de Saint Jean, dont la désignation suit :

    Maison située à Lyon rue Basse grenette et rue Tupin (...) ayant environ 2770 pieds de superficie en construction, composée sur la rue Basse Grenette, de caves voûtées, rez-de-chaussée avec entresol, 3 étages et grenier au-dessus ; du côté de la rue Tupin, de caves voûtées, rez-de-chaussée, 2 étages au-dessus.

    Confinée au nord par la rue Basse Grenette, à l´orient, du côté de la rue Basse Grenette, par une maison à la nation possédée par le séminaire de Saint Charles, et du même côté d´orient sur la rue Tupin, par la maison de M. Sarcel, au midi par la rue Tupin et à l´occident par une petite rue fermée à ses extrémités et connue sous le nom de Halles de la Grenette.

    Les communications actuellement établies entre la maison sus confinée et la maison ci-devant possédée par le séminaire de Saint Charles ne sont que du fait des locataires et ne peuvent donner lieu à aucune servitude entre ces 2 maisons.

    Si les échoppes et entresol construits dans la petite rue sont contre le droit du propriétaire voisin, l´adjudicataire/p.2/ sera tenu de les démolir sans avoir aucun recours contre l´administration, et sans cependant que le dît propriétaire puisse prendre droit des présentes pour exiger la dite démolition et qu´il ne soit dérogé en aucune manière aux droits et actions de la nation qui sont nommés dans leur entier à l´adjudicataire ».

  • Précis contre Charles François Millanois

    Précis contre Charles François Millanois (AD Rhône : 10 G 903)

    « /p.1/ (...) Personne n´ignore l´usage antique et primitif auquel étaient destinées les voûtes qui existent dans les halles au rez-de-chaussée de la Grenette ; on sait qu´elles servaient d´entrepôt aux grains que les habitants de la campagne /p.2/ et les marchands et forains apportaient pour vendre en cette ville ; qu´elles avaient été bâties exprès pour cet usage qui s´est perpétué constamment depuis l´établissement de ces halles, puisque les exposants l´exercent encore depuis cette époque ; que les espèces de boutiques que forment ces voûtes ne leur servent uniquement d´entrepôt pour leurs denrées, et que plusieurs d´entre eux en possèdent la jouissance de père en fils depuis plus d´un siècle.

    Il résulte de cette destination que ces boutiques ou voûtes ont toujours été un entrepôt public commun à tous les étrangers ou forains comme aux citoyens de cette ville pour vendre des grains ; que par conséquence la jouissance n´a pu en être aliénée par location et qu´on a pu en disposer en faveur de personne.

    Les exposants ignorent si ces voûtes ou entrepôt ont été compris et ont fait partie du bail des appartements au-dessus de celles-ci, lesquels ont été loués à différentes époques à des particuliers chargés de faire, ou faire faire les fonctions de concierge pour l´ouverture et fermeture des portes desdites halles qui se pratique encore soir et matin mais il est constant 1°. Qu´il n´y a jamais eu de baux à loyer passés aux exposants pour ces boutiques ou entrepôt ; 2°. Que les devanciers et les ancêtres des exposants qui ont eu comme eux la jouissance pour entreposer leurs grains, n´ont jamais rien payé à personne pour cet entrepôt ; 3°. Que notamment il ne se percevait aucune rétribution pour cet objet du ? que le sieur Laurent Sermet avait la totalité des appartements au-dessus de ces voûtes en qualité de concierge des halles de la Grenette, lequel n´a jamais pensé à les louer verbalement comme ses successeurs ; 4° que ce n´a été qu´environ à l´époque de l´année 1759 que le sieur Delaroche imprimeur de la ville qui avait succédé au sieur Sermet s´avisa d´exiger des exposants uns somme annuelle /p.3/ de 30 livres chacun par forme d´étrennes, et qu´enfin il y a environ dix ans que le consulat ayant voulu s´emparer des halles et priver les exposants des entrepôts en question la jouissance leur en fut conservée par MM. Les Comtes qui interposèrent leur autorité en faveur des exposants. Mais le sieur Vatard défunt auquel le sieur De la Roche avait cédé ses droits de locataire général, profita adroitement de cette circonstance pour obliger les exposants à lui payer annuellement une somme de 120 livres au lieu de celle de 30 qu´ils avaient payés jusqu´ alors audit sieur De la Roche.

    C´est dans cet état que le sieur Milannois ayant épousé la veuve Vatard et succédé au mari de cette dame dans la qualité de locataire général desdites halles après s´être approprié deux desdites voûtes ou boutiques pour en faire un grenier à paille, une [farinière]?, une écurie, et une remise, prétends exiger de chacune des autres boutique ou voûtes occupées par les exposants une somme annuelle de 300 livres de loyer qu´il leur a demandé, et que dans la vue de les forcer à donner cette somme, sachant qu´ils n´ont point d´autre emplacement pour entrepôt de leurs grains, et qu´ils ne peuvent s´en procurer dans la Grenette attendu qu´il ne s´y trouve point de boutiques vacantes, il leur a fait donner à chacun d´eux une somation juridique et commandement avec dédite pour vider lesdites voûtes et entrepôts à la Saint Jean Baptiste prochaine. (...) ».

  • Convention sur la construction de la rue Centrale

    Convention sur la construction de la rue Centrale (AC Lyon : 321 WP 053)

    « Sur le plan d´alignement du quartier centrale de la ville de Lyon compris entre la Place Louis le Grand, les rues Basse Grenette, Grenette ; le Rhône et la Saône, adopté par le conseil municipal (...) après les formalités d´enquête. Plan en ce moment soumis à l´approbation du gouvernement, est tracée une rue nouvelle de 12m de largeur à ouvrir depuis la rue Basse Grenette jusqu´à la Place de la Préfecture à travers les constructions existant sur tout ce trajet.

    Un autre projet d´ouverture de rue communiquant de la rue Saint Côme à a Place Saint Nizier qui aboutit elle-même à la rue Basse Grenette par la rue Trois Carreaux a été adopté en principe sur l´ancien plan de la ville et de nouveau approuvé et maintenu par la commission des plans (...).

    L´importance et l´utilité du premier projet ainsi que du second sont unanimement reconnus (...).

    L´exécution du premier [projet] porterait l´air et la lumière, le mouvement et la vie dans un quartier extrêmement populeux et établirait par la partie centrale entre le midi et le nord de la ville (...) une communication large et facile, que l´on ne peut trouver aujourd´hui qu´en faisant un assez long détour (...).

    L´administration municipale, tout en considérant avec la population lyonnaise l´ouverture de la rue Centrale, comme éminemment utile, a reconnu qu´il lui serait bien difficile de s´entendre avec les propriétaires des nombreuses maisons dont l´exécution d´un tel projet nécessiterait l´acquisition et que des travaux de ce genre seraient plus convenablement et plus promptement exécutés par des entrepreneurs particuliers qui s´en chargeraient à leurs risques et périls et à forfait ».

  • Traité passé le 31 août 1847, entre le maire de Lyon, les deux architectes et M. Berthet

    Traité passé le 31 août 1847, entre le maire de Lyon, les deux architectes et M. Berthet (AC Lyon : 321 WP 053)

    « Berthet fils, propriétaire de la maison dite des halles de la grenette se prétend aussi propriétaire de la petite rue qui limite sa maison à l´ouest, et désignée sous le nom de Rue des halles de la grenette ; il s´appuie à cet égard sur la vente consentie par la Nation le 19 mars 1791, qui n´aurait réservée à son profit ou à celui de la ville qu´une servitude de passage. A cet effet, M. Berthet a fait notifier le 19 août dernier, soit à la ville, soit à MM. Savoye et Poncet un acte extrajudiciaire pour établir toute réserve de droits. La ville, de son côté, pense que les prétentions de M. Berthet ne sont pas fondées ; que la petite rue des halles est bien entièrement la propriété de la commune, et fait partie de la voie publique. Toutefois, l´administration municipale, pour prévenir toute espèce de difficulté ou procès avec M. Berthet n´aurait pas été éloignée de s´entendre avec ce dernier et de renoncer à lui réclamer aucune indemnité en raison de la plus value que sa maison peut acquérir par suite de l´ouverture de la Rue centrale. L´administration aurait fait cette renonciation, à condition que M. Berthet renoncerait de son côté à tous les droits qu´il pourrait avoir à la propriété de la petite rue des halles de la Grenette dont il a été parlé ().

    MM. Savoye et Poncet (...) ont offert (...) de garantir à la ville, la propriété entière de la petite rue des halles, sous la seule condition que M. Berthet serait compris au nombre des propriétaires des maisons voisines de la rue Centrale.

    Art1. MM. Savoye et Poncet (...) prennent à leur frais (...) la propriété pleine et entière de la petite rue des halles, telle qu´elle existe.

    Art2. Dans le cas où MM. Savoye et Poncet seraient dans l´obligation de traiter avec M. Berthet pour l´enlèvement des arcs en pierre de l´ancienne porte existant aux extrémités de la petite rue (...) ».

  • Traité entre le Maire de Lyon, les architectes MM. Savoye et Poncet et M. Berthet relativement à la petite rue des halles. Rapport de M. le Maire, 29 décembre 1847

    Traité entre le Maire de Lyon, les architectes MM. Savoye et Poncet et M. Berthet relativement à la petite rue des halles. Rapport de M. le Maire, 29 décembre 1847 (AC Lyon : 321 WP 053)

    « La ville abandonnerait gratuitement à M. Berthet la partie du passage non comprise dans le périmètre de la rue Centrale qui s´étend sur toute la façade occidentale de sa maison.

    Dans le délai de 3 ans, au plus tard, à dater du 1er décembre présent du mois, M. Berthet serait tenu de refaire la façade de sa maison, sur l´alignement de la rue Centrale jusqu´à la hauteur du 1er étage.

    MM. Savoye et Poncet recevront de M. Berthet une somme de 9.300 fr soit pour plus value soit pour prix de divers travaux qu´ils s´engagent à faire exécuter.

    (...) en supposant que (...) nous [la ville de Lyon] serions reconnus propriétaire du terrain compris entre la maison de M. Berthet et l´alignement de la rue Centrale ; un jour la ville le vendrait à un prix élevé sans doute lorsque la façade se reconstruirait. Mais la maison est très solide et la reconstruction pourrait longtemps se faire attendre et il serait fâcheux que l´alignement de la rue Centrale offrît ainsi une lacune aussi capitale (...). La continuation du procès ajournerait l´ouverture complète de la rue Centrale c´est-à-dire sa livraison à la circulation publique à cause de l´existence des arceaux en pierre de l´ancienne porte des halles dont la démolition est indispensable ».

  • Estimation après l´ouverture de la rue Centrale, M. Fabre, 25 janvier 1851

    Estimation après l´ouverture de la rue Centrale, M. Fabre, 25 janvier 1851 (AC Lyon : 321 WP 054)

    « (...) dépense de 50 000 francs faite en réparations et la construction d´un soubassement en avancement sur la nouvelle rue. (...) Ainsi le petit magasin à l´angle de la rue grenette occupé par un marchand de jouets d´enfants qui n´a que 6m environ de surface est loué au prix de 1000 francs annuellement, le magasin à côté où se trouve un libraire dont la surface est à peu près le double du précédent est loué 1500 francs. Celui à l´angle sur la rue Tupin, est loué 2500 francs y compris le tout petit réduit à l´angle ayant à peine 2m de surface qui est porté en ligne pour 300 francs. Les magasins du coffretier, de la marchande de nouveautés et du faïencier ne sont loués que 1500 francs chacun parce qu´ils étaient occupés avant l´ouverture de la rue par les mêmes qui n´ont consenti à souffrir les ouvrages d´agrandissement qu´à la condition qu´ils ne paieraient que 1500 francs ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Rhône : 10G 900. Chapitre primatial Saint Jean , Halles de la Grenette, droits communs à l'Archevêque et au Chapitre, 1469-1484

    AD Rhône : 10G900
  • AD Rhône : 10G 901. Chapitre primatial Saint Jean , Halles de la Grenette, droits communs à l'Archevêque et au Chapitre, 1484-1607

    AD Rhône : 10G901
  • AD Rhône : 10G 902. Chapitre primatial Saint Jean , Halles de la Grenette, droits communs à l'Archevêque et au Chapitre, 1539-1743

    AD Rhône : 10G902
  • AD Rhône : 10G 903. Chapitre primatial Saint Jean , Halles de la Grenette, droits communs à l'Archevêque et au Chapitre, 1745-1788

    AD Rhône : 10G903
  • AC Lyon : BB 350. Délibérations municipales, consulat: registre des actes , Procès entre le consulat, l'archevêque, les doyens et chapitres de Lyon, au sujet de la maison de la Grenette, laquelle l'archevêque, doyen et chapitre naguères et de nouveau avaient fait édifier et bâtir en forme de halle, et en laquelle de toute ancienneté l'on était accoutumé de n'y vendre que blé et grains, s'efforcent d'y faire vendre des draps et autres marchandises, 1477-1478

    AC Lyon : BB350
  • AC Lyon : BB 72. Délibérations municipales, consulat : registre des actes , Autorisation demandée au chapitre de Saint Jean de faire couvrir les halles de la Grenette, afin d'obliger les cultivateurs à s'y rendre directement pour y décharger leurs et prévenir les accaparements, 2 août 1551

    folio 64 verso AC Lyon : BB72
  • AC Lyon : BB 172. Délibérations municipales, consulat: registre des actes , Insuffisances des halles de la Grenette, dans lesquelles faute d'espace, les cultivateurs ne pouvaient mettre leur blé, en sorte qu'ils sont contraints de le vendre à ceux qui se mêlent des arrisquements lesquels, après le survendent au peuple, 1626-1627

    folio 178 ou 189 verso AC Lyon : BB172
  • AC Lyon : 5 II 012. Maisons provenant des Ponsaimpierre : titres de propriétés, réparations, entretiens, loyers, rentes, pensions passives, impôts, travaux, Halles de la Grenette, projet d'ouverture de porte , 1675-1804

    AC Lyon : 5II012
  • AC Lyon : 321 WP 053. Rue Centrale, Ouverture et prolongement de la place de la Préfecture à la rue Basse Grenette : nivellement : affaires judiciaires, traité avec les architectes entrepreneurs, pétition, commission spéciale, 1846-1854

    AC Lyon : 321WP053
  • AC Lyon : 321 WP 054. Rue Centrale, Projet d'ouverture : expropriation, indemnités de plus-value, 1845-1860

    AC Lyon : 321WP054
  • AC Lyon : 933 WP 023. Edifices publics, Affaires relatives aux bâtiments communaux dont les halles de la Grenette, 1847

    AC Lyon : 933WP023
  • AC Lyon : 3 II 025. Fonds Benoît Vermorel, Aménagement urbain : analyse des terriers de l'abbaye de Saint-Pierre, 1352-1765

    AC Lyon : 3II025
  • AC Lyon : Fonds Pointet. Propriété de tènements, Propriété du tènement des halles de la Grenette de 1353 à 1791

    feuille 34B, volume 12, p. 3423-3424 AC Lyon
Documents figurés
  • Plans géométriques de tous les fonds, maisons et héritages situés dans la ville de Lyon et au faubourg de la Croix-Rousse, qui sont mouvants de la RENTE noble de l'Abbaye Royale de Saint-Pierre de Lyon, fait pendant les années 1755 et1756... Feuille ? (AD Rhône : 27 H 155)

    AD Rhône : 27H155
  • Projet de redressement des Rues Trois Carreaux, Basse Grenette et Halles de la Grenette proposé par nous Voyer de la ville de Lyon pour être présenté M. Le Maire de cette Ville, 10 avril 1817. (AC Lyon : 3 S 00520a)

    AC Lyon : 3S00520a
  • Plan, nivellement général de la rue Centrale, depuis la place de la Préfecture jusqu'à la Grenette, 20 juin 1849. (AC Lyon : 321 WP 053)

    AC Lyon : 321WP053
  • Plan pour être annexé au procès-verbal de la mensuration des terrains cédés à la voie publique dans la rue Centrale et rues adjacentes par Messieurs Savoye et Poncet, 1er février 1848. (AC Lyon : 321 WP 053)

    AC Lyon : 321WP053
  • Plan de prolongement de la nouvelle rue Centrale entre la place Saint-Nizier et la place Saint-Pierre, dressé par l'architecte adjoint à la mairie, janvier 1848. (AC Lyon : 321 WP 053)

    AC Lyon : 321WP053
  • Projet d'alignement de la rue Centrale, projeté sur le cadastre napoléonien. (AC Lyon : 321 WP 053)

    AC Lyon : 321WP053
  • Elévation ouest de la grenette, dessin. (AC Lyon : 321 WP 053)

    AC Lyon : 321WP053
  • Elargissement de la rue Centrale, plan parcellaire, 1860. (AC Lyon : 321 WP 053)

    AC Lyon : 321WP053
  • Propriété du tènement des halles de la Grenette, (AC Lyon : Fonds Pointet îlot 34B)

    AC Lyon : Fonds Pointet îlot 34B
  • Plan topographique historique de la Ville de Lyon en 1350, établi d'après les terriers de cette époque, avec le recensement cadastral de 1493 dans la partie où les documents plus anciens font défaut, par Vermorel, Fin 19e siècle. (AC Lyon : 1 S 00181 2)

    AC Lyon : 1S00181 2
  • Carte de l'ancienne Ville de Lyon, vers 1550, par Tardieu, 1696. (AC Lyon : 2 S 00012)

    AC Lyon : 2S00012
Bibliographie
  • Plan de Lyon vers 1550. Fontaines-sur-Saône, Archives municipales de Lyon, 1990, 25 planches. 48 cm

    12e planche AC Lyon
  • AYALA, Grégoire. Document final de synthèse. 41-43 rue du Président-Edouard-Herriot. Lyon, 1999, 55 p. ; 30 cm

    p. 47
  • BRUN DE LA VALETTE, Robert. Lyon et ses rues. Lyon, Editions du Fleuve, 1969, 321 p. ; 24,4 cm

    p. 169
  • CHAMPDOR, Albert. Vieilles chroniques de Lyon. Lyon, Editions Albert Guillot, 7e série, 1980, 156 p. ; 25,5 cm

    p. 47
  • CLAPASSON, André. Description de la ville de Lyon avec des recherches sur les hommes célèbres qu'elle a produits. Lyon : impr. A. Delaroche, 1741. XVI-283 p. ; 17 cm. [Réimpr. Lyon, 1761 ; rééd. annotée et ill. par G. Chomer et M.-F. Perez. Seyssel : Champ Vallon, 1982]

    rééd. 1982, p. 115
  • DELFANTE C., PELLETIER J. 1350-2015. Plans de Lyon, portraits d´une ville. Chassieu, Stéphane Bachès, 2006, 153 p.

    pp. 14-17, 20-23, 28-31
  • GASCON, R. Grand commerce et vie urbaine au XVIe siècle. Lyon et ses marchands. Paris, La Haye, Mouton, 1971, 999 p. ; 24 cm

    pp. 541-542, 765, 777-783
  • GRISARD, J.-J. Notice sur les plans et vues de la ville de Lyon, de la fin du XVe et commencement du XVIIIe siècle. Lyon, Mougin-Rusand, 1891, 216 p.

  • JACQUIN, Luc. Rapport de fouilles. Ilot 24. 7-9-11 rue de la Monnaie. Lyon, 1984, 88 p. ; 30 cm

  • JAMOT, C. Inventaire général du Vieux Lyon, maisons, sculptures, inscriptions, 2e éd. rev. et aug. Lyon : A. Rey, 1906. 134 p. : ill. ; 23 cm

    p. 104
  • KLEINCLAUSZ, Arthur. Histoire de Lyon. Lyon : librairie Pierre Masson, 1952. [Réimpr. Marseille, 1978. Marseille : Laffitte Reprints, 1978, 22 cm.]

    t. 1, p. 549 ; t.2, p. 41
  • KLEINCLAUSZ, Arthur. Lyon. Des origines à nos jours. La formation de la cité. Marseille, Laffitte Reprints, 1980, 419p.; 22cm

    pp. 178-179
  • MAYNARD, Louis. Dictionnaire de lyonnaiseries. Les Hommes - Le Sol - Les Rues - Histoires et Légendes. Lyon, Chez l'auteur, t.2,1932. 4 tomes, 385 p., 400 p., 399 p., 369 p. ; 28 cm

    t. 2, pp.298-299
  • MELLOT, Jean-Dominique, QUEVAL Elisabeth. Répertoire d'imprimeurs/libraires XVIe-XVIIIe siècle. Etat en 1995. Paris, BNF, 1997, 719 p. ; 32 cm

    pp. 369-370
  • ROSSIAUD, Jacques. Du réel à l'imaginaire, la représentation de l´espace urbain dans le plan de Lyon de 1550. in Le plan de Lyon vers 1550. Fontaines-sur-Saône, Archives municipales de Lyon, 1990, 80 p.

    pp. 29-45
  • VINGTRINIER, E. Le Lyon de nos pères. Lyon : Bernoux, Cumin et Masson Editeurs, 1901, 334 p. ; 31,5 cm

    p. 177
  • VINGTRINIER, Aimée. Histoire de l'imprimerie à Lyon de l'origine jusqu'à nos jours. Lyon, Adrien Stork, 1894, 440 p. ; 24,2 cm

    pp. 396, 397, 402, 403, 413, 416
Périodiques
  • GAUTHIEZ, Bernard. La topographie de Lyon au Moyen Age. Archéologie du midi médiéval. t.12, 1994.

© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Ville de Lyon © Ville de Lyon - Belle Véronique - Bourdiol Camille