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Fonderie et forges puis scierie de la Chartreuse de Saint-Hugon actuellement vestiges

Dossier IA73003447 inclus dans Paysage du bassin-versant de l'Isère inférieure et du Val Gelon réalisé en 2014

Fiche

Dénominations fonderie, forge, scierie
Aire d'étude et canton Pays de Savoie - Rochette (La)
Hydrographies Ruisseau du Bens ; bassin-versant Isère inférieure-Val Gelon
Adresse Commune : Arvillard
Lieu-dit : Saint Hugon
Adresse :
Cadastre : 2014 A 184, 185, 186

D’après l'ouvrage d'Eugène Burnier, La chartreuse de Saint Hugon, l'activité métallurgique de Saint Hugon daterait du milieu du XIIIe siècle.

Par une charte de 1339, le prieur Jacques du Bettonet afferme le martinet de Saint Hugon à deux habitants d'Arvillard. Un martinet et un magasin sont visibles sur la mappe sarde de 1732 (parcelles 1534 et 1535). Ils appartiennent aux Chartreux de Saint Hugon. Ceux-ci possèdent également des artifices sur la rive opposée (Département de l'Isère).

Le minerai provenait d'Allevard (Isère) et de Saint-Georges-d'Hurtières (Savoie). Il était transporté à dos de mulet. "La position des usines dans une gorge très profonde, leur voisinage des montagnes, et la grande abondance des neiges empêchent leur roulage pendant deux ou trois mois en hiver. La rivière se glace ordinairement depuis le commencement de frimaire jusqu'à la fin de Nivôse, et quelquefois plus tard suivant l’âpreté des hivers : il est impossible alors de les mettre en activité, il faut nécessairement attendre la débâcle des glaçons dont les hydrauliques en bois sont chargés" (FR.AD073,1Q99). Les coulées avaient lieu tous les trois ans durant lesquels les chartreux rassemblaient le combustible et le minerai nécessaires. Chaque coulée durait 6 mois et produisait cinq mille quintaux de fonte. Une partie était transformée en verges de fer par les martinets situés sur place. Le surplus était revendu aux maîtres de forge du voisinage ou aux aciéries de Rives situées en Isère.

Par acte du 20 octobre 1792 passé devant maître Durieux, les Chartreux afferment aux citoyens Pralet et Puget leurs fourneaux, martinets et autres bâtiments situés sur les deux rives du Bens.

Pendant la Révolution, la chartreuse de Saint-Hugon devient un bien national. A partir du 21 messidor de l'An 4 (9 juillet 1796), le site est géré par Claude François Puget (notaire, domicilié à Chambéry), Jacques Louaraz (négociant à Arvillard) et Claude Rey. Par acte du 3 complémentaire de l'An 7, Puget, Louaraz et Rey forme une société avec Jacques Prallet et Joseph Bertholus. En 1811, Antoine Bertholus (agent de change à Lyon) remplace son père Joseph au sein de la Société. Par la suite, Jean-Baptiste Prallet (procureur au Sénat) remplace son père Jacques et Claude Guillermin remplace son grand-père Claude Rey. Le 5 juillet 1822, Puget, Bertholus et Louaraz qui son en conflit avec leurs associés Prallet et Guillermin demandent la vente du site. A cette époque, le site de fonderie se compose d'un haut-fourneau de fusion, d'un martinet à couler la fonte et d'une maison destinée au maréchal. Le fourneau est susceptible de produire une coulée de six mois tous les deux ans. Le manifeste édité pour la vente de Saint-Hugon donne un inventaire précis du matériel en place (FR.AD073, 1FS712).

Le 21 décembre 1825, les propriétaires du site, Claude François Puget, Jean Baptiste Prallet (Chambéry), Antoine Bertolus (Lyon) et Jacques Louaraz (Arvillard) demande la remise en activité du haut-fourneau (FR.AD073, 1FS713). A priori celui-ci n'a pas fonctionné depuis 1793.

En 1829 ou 1833, le site est acquis par M.Leborgne. Après l'Annexion, le haut-fourneau cesse de fonctionner mais les forges continuent leurs activités. Le 11 octobre 1871, le nouveau propriétaire du site, Alphonse Foussemagne (ancien notaire, propriétaire à Lyon), demande l'autorisation de transformer le haut-fourneau en scierie en utilisant les ouvrages de prise d'eau existants. L'autorisation est accordée par arrêté préfectoral du 3 juin 1872. Actuellement, des vestiges sont toujours visibles à l'emplacement du site.

Dates 1400, daté par source
1871, daté par source

Le site est implanté en rive droite du ruisseau du Bens, en amont de la Chartreuse de Saint Hugon et d'un autre site hydraulique (IA73003446). La prise d'eau se faisait cent mètres en amont, sans retenue ni barrage au moyen de blocs naturels dans le cours d'eau reliés par des pieux. Son emplacement est toujours visible. L'eau était amenée jusqu'au site par un canal maçonné à flanc de coteau de 100 mètres de long. Actuellement des vestiges sont toujours visibles. Plusieurs pans de murs de pierre sont toujours en place. La couleur noire du sol ainsi que la présence de débris de charbon et de scories témoignent de l'activité métallurgique du site. Le tracé du canal de fuite est clairement visible.

Murs pierre
Couvrements
Énergies énergie hydraulique produite sur place
États conservations vestiges

Le site est implanté en amont du pont Sarret dans une zone boisée. Une partie du site se trouvait en Savoie, l'autre en Isère. Il existait un haut-fourneau de chaque coté.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections

Annexes

  • Mémoire sur la situation des propriétés dépendantes de la Chartreuse de Saint Hugon (FR.AD073, 1Q 99)

    Extrait d'un mémoire sur la situation des propriétés dépendantes de la Chartreuse de Saint Hugon (FR.AD073, 1Q 99)

    "Les fabriques, soit usines sur la partie du Mont-Blanc sont dans une position plus avantageuse que les autres qui se trouvant resserrées entre la rivière et la montagne ne présentent qu'un emplacement gênant et incommode tant pour l'arrivage des matières que pour leur entrepôt".

Références documentaires

Documents d'archives
  • FR.AD073, C2047, Cadastre de 1728, Arvillard, 165, Vue 4, 1732.

    AD Savoie : C2047
  • FR.AD073, C4859, Sous-fonds de la délégation générale pour les biens féodaux et la péréquation, Déclaratoires pour les biens de l’ancien patrimoine de l’Église dans la province de Savoie-Propre, avec les pièces justificatives, Tome II, de la commune d’Aiguebelle à celle de Drumettaz-Clarafond, 1731-1753.

    AD Savoie : C4859
  • FR.AD073, 1Q 99, Ventes des Biens nationaux, Pièces relatives aux Chartreuses d’Aillon, de Saint-Hugon et de Ripaille (1792-1816).

    AD Savoie : 1Q 99
  • FR.AD073, L 38, Procès-verbaux des séances de l'Administration centrale du département, Vente des usines de Saint-Hugon, germinal-30 prairial an VII (2 prairial).

    AD Savoie : L 38
  • FR.AD073, 1FS712, Fonds de l'intendance générale de Chambéry, Industrie et commerce, Métallurgie, usines et affaires diverses, 1815-1860.

    AD Savoie : 1FS712
  • FR.AD073, 1FS713, Fonds de l'intendance générale de Chambéry, Industrie et commerce, Usines d'Arvillard, Crans et Presle ; fonderie de Conflans, 1815-1860.

    AD Savoie : 1FS713
  • FR.AD073, 81S10, Arvillard, Affaires diverses. Scieries : Champiot-Bayard, Leborgne, Vernhette, Dijoud, Sandraz (1861-1865), Foussemagne (1872) ; Société des Forces Motrices du Bens (demande d'autorisation), 1861-1872.

    AD Savoie : 81S10
  • FR.AD073, 47SPC1, Ponts et chaussées, service hydraulique, Arvillard : usine hydro-électrique des cartonneries de la Société des Forces Motrices du Bens (1914-1922) ; usine hydro-électrique des Cartonneries de la Rochette (Joudron, 1919-1922) ; scieries, moulins, battoirs Sandroz, Champiot-Bayard et Dijoud, Leborgne, Foussemagne, (Joudron et Bens, 1862-1872), 1862-1922.

    AD Savoie : 47SPC1
  • FR.AD073, 3P 7019, Premier cadastre français, Arvillard, Section A, feuille 3, 1893.

    AD Savoie : 3P 7019
  • FR.AD073, 3P 7020, Mise à jour en 1988 du cadastre rénové, Arvillard, Section A, feuille 3, 1936/1988.

    AD Savoie : 3P 7020
  • FR.AD073 sous-série J1706, Inventaire des moulins de Savoie. Association des amis des moulins savoyards. Nicole Gotteland, Louis Crabières, commune Arvillard, 1999.

    AD Savoie : J1706
Bibliographie
  • E.Burnier, La chartreuse de Saint Hugon, Chambéry, imprimerie de F.Puthod, 1869.

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