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Église paroissiale Saint-Martin

Dossier IA42001379 inclus dans Village de Roche réalisé en 2005
Vocables Saint-Martin
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Montbrison - Montbrison
Adresse Commune : Roche
Lieu-dit : le Bourg
Cadastre : 1818 (?) E 551 ; 1986 AM 36

Au début du 12e siècle, Roche est encore rattaché à la paroisse d'Essertines (Lugnier, p. 14). Un petit prieuré bénédictin (signalé dès le 11e siècle ? Dufour, col. 815) y aurait été fondé, peut-être à l'initiative du prieuré de Sail-sous-Couzan : A. Lugnier forme l'hypothèse que le comte de Forez aurait cédé son "château" de Roche (une simple enceinte de village, située tout près du château comtal de Châtelneuf) au prieuré de Sail-sous-Couzan, à charge d'y entretenir des religieux et d'y fonder une paroisse (p. 19). L'existence de la paroisse de Roche est confirmée par le pouillé de 1225 ; l'église, sous le vocable de Saint-Martin, est à la collation du prieur de Sail-sous-Couzan. Le prieuré est déclaré vacant en 1426 (Lugnier, p. 276). La chapelle du prieuré servit sans doute au culte paroissial jusqu'au 16e siècle : on construit alors une église paroissiale de taille adaptée à l'accroissement de la population, et dotée d'un haut clocher inspiré de celui de la collégiale de Montbrison (achevé au début du 16e siècle). Bien que son style soit encore bien représentatif du gothique forézien du 15e siècle, l'église porte les dates tardives de 1553 (sur les fonts baptismaux situés dans la travée de clocher et manifestement réalisés dans le même temps que le chantier de l'église) et 1567 (clef de voûte de la première travée de nef). La 2e moitié du 16e siècle est pourtant moins propice aux grands travaux, à moins que l'éloignement de Roche ne l'ait préservé des troubles causés par les guerres de Religion. Une sacristie est ajoutée au milieu du 17e siècle (elle est dite "construite de neuf" lors de la visite de Monseigneur de Neuville en 1662). La documentation signale au 18e siècle la présence d'un porche en charpente (dit galinière) devant le portail occidental, détruit à une date inconnue (Lugnier, p. 277 et 284). A. Lugnier a relevé dans les archives de la paroisse les mentions de travaux consignées par le notaire Thevet, alors fabricien : ils concernent essentiellement l'entretien des toitures (tuiles ; chéneaux en bois posés en 1751, remplacés par des chéneaux en fer blanc en 1783, par Joseph-Antoine Sanoly), la pose de verrières et le mobilier. Dans le 2e quart du 19e siècle, le choeur de l'église menaçant ruine, la commune envisage sa reconstruction en 1835 : l'architecte départemental Trabucco en réalise les plans et la commune obtient une aide de 1233 F à titre de secours de la part du gouvernement. Le dallage du choeur est refait en 1859 (Lugnier, p. 290). Dans les années 1970, une restauration intérieure est mise en oeuvre (rejointoiement des pierres, réfection des voûtes ; G. Démariaux). Une partie du mobilier a été supprimée à la même époque (poutre de gloire, autels : voir présentation du mobilier). Plusieurs autres petites restaurations ont eu lieu sur l'édifice, comme la réfection de pinacles de plusieurs contreforts. Le clocher a été restauré en 1983 (A SDAP Loire). L'église a été inscrite MH le 19 mars 1927.

Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates 1567, daté par source, porte la date
1835
Auteur(s) Auteur : Trabucco, architecte départemental, attribution par source

L´église présente un plan allongé sans transept avec une nef de trois travées, dont une travée d´avant-nef sous un clocher-porche, des collatéraux de deux travées et un choeur avec abside à trois pans. Une sacristie est aménagée au sud du choeur, contre l´extrémité du bas-côté sud. Le clocher, particulièrement élancé, comporte quatre niveaux soulignés par des larmiers ; sur chacun de ses angles sont plaqués deux contreforts jumelés en équerre et montant à mi-hauteur, avec amortissement à deux pans surmonté d´un pinacle à crochet (certains sont refaits). Le dernier niveau du clocher (beffroi) est percé sur chaque face deux baies jumelées, en arc brisé avec moulurations à base prismatique et chapiteaux sculptés. L´escalier d´accès au clocher est logé dans une tour hors-oeuvre placée dans l´angle nord-ouest du clocher (porte dans la travée d´avant-nef). Le portail principal occupe toute la largeur de la façade occidentale du clocher. Il comprend une porte à linteau en accolade, surmonté de cinq culots devant un tympan aveugle, dans un ébrasement à cinq ressauts avec voussure en arc brisé ; deux autres culots situés au même niveau que ceux du tympan sont logés entre le deuxième et troisième rouleau. La base des ébrasements, à moulures prismatiques, repose sur un socle dont la bordure haute, autrefois en saillie, faisait office de banquette. L´extrados du dernier rouleau, en accolade, est orné de motifs en bas-relief, avec au centre un piédestal encadré de flambeaux sculptés en haut-relief. Le portail est encadré de pilastres surmontés d´un pinacle à crossette. Sur la face sud du clocher, une porte au linteau en accolade et ceinturée d´une mouluration à base prismatique donnait accès directement sur le cimetière (déplacé en 1926). Des contreforts avec amortissements à deux pans concaves surmontés d'un tore avec décor sculpté à l'extrémité consolident les murs latéraux ; les contreforts corniers de l´abside ont un amortissement à deux pans droits. Les collatéraux sont éclairés par des fenêtres à réseau et meneau (la travée nord-ouest est aveugle), l´abside par trois fenêtres en arc brisé. La nef et les collatéraux sont voûtés d´ogives, avec arcs formerets et doubleaux à mouluration prismatique et clefs de voûtes sculptées. Les supports sont des piliers formés de quatre colonnes cantonnées de quatre colonnettes, terminées par des chapiteaux pseudo corinthiens. Les voûtes des collatéraux étant moins élevées que celles de la nef, les retombées sont plus hautes côté nef que sur les autres faces. L´église est orientée et mesure 28 mètres de long, 14 de large et 33 de haut (clocher). Les murs sont en moellon de granite, avec des parties en pierre de taille : contreforts, chaînages, dernier étage du clocher, encadrement des baies, corniche à cavet. Le décor sculpté est relativement abondant (avec en particulier des chapiteaux sur les supports intérieurs, et la présence d'animaux dans le décor), vu la sobriété habituelle du gothique forézien (voir Précision sur la représentation). Les toits sont en tuile creuse : toit à longs pans sur la nef et les collatéraux, croupe polygonale sur le chevet, pavillon sur le clocher, appentis sur la sacristie ; le couronnement de l´escalier en vis est une petite flèche polygonale en pierre.

Murs granite
moellon
Toit tuile creuse
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements voûte d'ogives
Couvertures toit à longs pans
appentis
toit en pavillon
croupe polygonale
croupe
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre, escalier en vis, en maçonnerie
États conservations bon état
Techniques sculpture
sculpture
Représentations ornement géométrique rosace fleur de lys buste tête humaine chou ornement architectural animal IHS
Précision représentations

Décor sculpté : Portail : l´extrados du dernier rouleau est orné de motifs sculptés en bas-relief : feuilles de choux repliées, deux quadrupèdes (un couché, un debout) sur le 3e claveau en partant du centre, une feuille plate sur le 2e claveau à droite. Au sommet de la porte est placé un piédestal encadré de flambeaux sculptés en haut-relief, et sans doute autrefois surmonté d´un motif en relief : une croix, ou une statue (saint Martin ?). Les culots devant le tympan et dans les ébrasements devaient en outre supporter des statuettes dont aucun vestige ne subsiste (disparues, ou jamais mises en place ?). Contreforts : les contreforts des bas-côtés sont surmontés d´un tore terminé par un avant-corps à visage humain et amorces de bras ; le sommet du contrefort situé à l´angle sud-ouest du bas-côté sud, à proximité de la porte d´entrée latérale, est en outre orné d´une coquille Saint-Jacques et d´un quadrupède (boeuf ?) en bas-relief (fig. 12). Les contreforts du clocher sont surmontés de pinacles à crossettes. Chapiteaux : les chapiteaux des fenêtres du clocher ont un décor assez fruste de feuilles et de têtes humaines. Les chapiteaux des supports intérieurs sont d´inspiration corinthienne, avec une corbeille de feuilles nervurées (proches de l´acanthe), des tiges à enroulements aux angles avec au centre une tête humaine (ou un trifrons, sur le pilier sud-ouest de la première travée de la nef ; fig. 16). Clefs de voûtes : dans la nef, de l'ouest vers l'est : 1 (sous le clocher) / un losange à faces incurvées et extrémités fleuronnées ; 2/ un cartouche à cuirs dans une couronne végétale, inscription 1567 D . M . S . I . C . P sur le pourtour (fig. 17) ; 3/ un écu tenu par un ange avec au centre le dessin d'une crosse et sur le pourtour les inscriptions HEC EST. DOMNS. DEI ET PORTA . CELI (fig. 18) ; 4 (abside) / une torsade encadrant un bouton de feuille. Dans le collatéral nord, de l'ouest vers l'est : 1/ un écu avec un IHS, placé sur une rosace encadrée d´une torsade ; 2/ quatre fleurs de lys. Fonts baptismaux (étudiés). Lavabo (étudié).

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1927/03/19

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loire. Série O : 1210. Roche. N°1. Lettre du garde des sceaux au préfet du 17 mars 1835. Le conseil municipal et la fabrique de Roche demandent un secours applicable aux réparations de l´église paroissiale. Travaux effectués en 1835.

  • AD Loire. Série O : 1210. Roche. N°2. Délibération du 2 juin 1835. Le choeur de l´église menace ruine imminente ; l´architecte ayant été appelé à vérifier sa situation et l'ayant reconnue extrêmement périlleuse, a dressé un plan pour sa reconstruction. Le conseil arrête que le choeur de l´église sera reconstruit à neuf.

  • AD Loire. Série O : 1210. Roche. N°3. Lettre du curé de Roche au préfet du 22 décembre 1837. En l´année 1835 le choeur de l´église a été construit à neuf et agrandi.

  • AD Loire. Série O : 1210. Roche. N°4. Lettre du garde des sceaux au préfet du 17 février 1937. 200F de secours supplémentaires pour la réparation de l'église de Roche.

  • AD Loire. Série O : 1210. Roche. N°5. Lettre au maire de Roche du 13 mars 1937. Le gouvernement a accordé à Roche une somme de 1233 F à titre de secours pour les réparations du choeur de l´église.

  • AD Loire. Série O : 1210. Roche. N°6. 1er juillet 1937. Lettre de Trabucco, agent voyer en chef des chemins vicinaux et architecte départemental. Travaux exécutés pour l´agrandissement de l´église de Roche.

  • AD Loire. Série 1111 VT : 167 (Roche). Fonds Louis Bernard. Dossier de recensement de l'église paroissiale n°42.72.651. Décembre 1972. Documentation : Th. Rochigneux in Forez Pittoresque / N. Thiollier in Art et Archéologie de la Loire, 1898. Plan : encre noire sur calque / Eglise de Roche-en-Forez / échelle 1/100° / Dim : h = 20,6, la = 39,5

  • Bibl. Diana. Fonds Brassart. Boîte Montbrison II (5080 à 5110) : cote 5097. Roche. Eglise paroissiale. Note historique. Epoque de construction : XIVe et XVe siècles. Le Forez Pittoresque, p. 285 : L´église dédiée à saint Martin de Tours est remarquable, son style accuse les XIV et XVe siècles. Elle mesure 28 mètres sur 14 avec une hauteur de clocher de 39 mètres et comporte une nef de trois travées, dont une travée de clocher, des collatéraux de deux travées (et un choeur-chevet reconstruit en 1840). La nef centrale est sans éclairage. Aucune église de la région n´est du même type et son aspect est très inattendu pour notre région.

  • Bibl. Diana, Montbrison. Procès-verbal de la visite pastorale de Monseigneur Camille de Neuville, 1658-1662. Transcription réalisée par l'abbé Merle, milieu 20e siècle

Documents figurés
  • [Vue générale du bourg de Roche]. / Brassart (?, photographe). 1 photogr. pos. : tirage sur papier argentique. 11,8x17,3 cm. (Bibl. Diana. Fonds Brassart. Boîte Montbrison II (5080 à 5110) : cote 5097).

  • [Vue intérieure de l'église paroissiale de Roche]. / Brassart (?, photographe). 1 photogr. pos. : tirage sur papier argentique. 17,6x12,3 cm. Limite 19e siècle 20e siècle (Bibl. Diana. Fonds Brassart. Boîte Montbrison II (5080 à 5110) : cote 5097).

  • ROCHE (Loire). PHOT. A. B. & C. NANCY / Collection S. V.. Vue générale du bourg, depuis le sud-ouest. / A. B. & C. NANCY (photographe). 1 impr. photoméc (carte postale) : N&B. 1er quart 20e siècle (?). Coll. Part. L. Tissier.

  • Ministère de la Culture. Ministère de l´Urbanisme et du logement. Service départemental de l´architecture de la Loire. Commune de Roche en Forez Loire. Restauration du clocher / Henri Lazar (architecte des bâtiments de France). 4 plans : encre sur calque. Etat des lieux. Ech. 1:50 et 1:20. Vue en plan, niveau clocher ; élévation nord. Ech. 1:50. Vue en coupe suivant AA ; vue en coupe suivant B.B. Ech. 1:20. 73,6x93 cm. Décembre 1983 (A SDAP Loire).

Bibliographie
  • DEMARIAUX, Georges. [Présentation de la commune de Roche-en-Forez], texte rédigé pour la revue Coursières, communiqué par l'auteur ; dactyl., [s. d.], 1er quart 21e siècle.

  • DUFOUR, J.-E. Dictionnaire topographique du Forez et des paroisses du Lyonnais et du Beaujolais formant le département de la Loire. Mâcon : imprimerie Protat frères, 1946.

    col. 814-815
  • GARDES, Gilbert (dir.). Grande encyclopédie du Forez et des communes de la Loire. T. 4. Montbrison et sa région. Le Coteau : Horvath, 1985

    p. 150-154
  • LUGNIER, Antoine. Cinq siècles de vie paysanne à Roche-en-Forez, Loire (1440-1940). Réimpression de l'édition de l'Imprimerie Dumas de 1962

    p. 14, 19, 274, 277, 280, 284, 289
  • THIOLLIER, Félix. Le Forez pittoresque et monumental, histoire et description du département de la Loire et de ses confins, ouvrage illustré de 980 gravures ou eaux-fortes, publié sous les auspices de la Diana... Lyon : Imprimerie A. Waltener, 1889 (2 vol.)

    p. 285, 286
  • VACHET, Adolphe (abbé). Les paroisses du diocèse de Lyon : archives et antiquités. Abbaye de Lérins ; Imprimerie M. Bernard,1899. 752 p. ; 27,5 cm.

    p. 303, 304
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