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Couvent de la Visitation Sainte-Marie de Fourvière, puis archives centrales des Hospices civils

Dossier IA69004118 réalisé en 2007

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HISTORIQUE

Transfert des religieuses de la Visitation de la Croix-Rousse à Fourvière

Le 10 octobre 1850, les religieuses de la Visitation de la Croix-Rousse, désireuses d'échapper au climat d'agitation du quartier et à sa densification, qui menaçait leur isolement, acquirent conjointement avec les carmélites, sur la colline de Fourvière, aux n°27 et 29 de la rue du Juge de Paix (actuelle rue Roger Radisson ; parcelles O 472 à 474, 482, 483, 485, 486 du cadastre de 1831 et AD Rhône, 3P123/168, Etat de section des propriétés non bâties et bâties. Section Q : Fourvière, 1836) une propriété comportant des bâtiments et terrains appartenant à M. Garcin, rentier, résidant au n°33 de la même rue. L'acte de vente (AP Visitation Annecy, document non coté) fut passé par devant Me François-Félix Berloty et son confrère, notaires à Lyon. Entre 1767, date à laquelle fut dressé par Chavallard un Plan des quartiers de Fourvière et Saint-Just (AC Lyon, 2 S 57) et 1850, la configuration des lieux avait peu changé : les bâtiments du 18e siècle étaient toujours en place et les terrains, essentiellement plantés de vignes et de vergers, n'avaient pas connu de constructions nouvelles. L'origine de propriété mentionnée dans l'acte de vente indique un agrandissement progressif du domaine Garcin : une première acquisition en 1812 à Bertheaux (dont le tènement figure sur le plan de 1767) comprenant vigne, maisons, cour et jardin (parcelles O 472 à 476 du cadastre de 1831, n°27 de la rue du Juge de Paix) ; une seconde en 1817 à Berger (dont la propriété figure également sur le plan de 1767), qui augmente considérablement la superficie de ses biens et inclut une demeure bourgeoise de dimension importante ((parcelles O 481 à 490 du cadastre de 1831, n°41 de la rue du Juge de Paix) ; une troisième en 1830 aux consorts Montaland suite au décès de Jeanne-Marie Montaland, née Arthaud (propriété figurant elle aussi sur le plan de 1767), composée d'une petite maison flanquée d´un petit corps de bâtiment à son orient et d´un jardin clos de murs. En 1850, la propriété avait ainsi une superficie de 3 hectares 5 ares 20 centiares et comportait plusieurs corps de bâtiments d´habitation et d´exploitation, avec cour, remise, fenil, puits, pompes, citernes et boutasses, fonds cultivé en jardin potager et d´agrément, bosquet, salle d´ombrage, pré, verger, vigne et terre, le tout clos de murs. Ces immeubles étaient confinés à l'est par les propriétés de MM. Nolhac et Margerand, au nord, par la rue du Juge de Paix, où les bâtiments de la propriété avaient entrée et desserte par un portail n´ayant pas de numéro, et par un autre portail plus petit, ayant le numéro 33, au sud-ouest, par la propriété de MM. Pons et consorts faisant retour d´équerre dans le clos de M. Garcin et par le chemin des remparts du fort de Saint-Just, le long duquel le mur de clôture de Mr Garcin formait terrasse, au sud enfin, par le même chemin des remparts et par la propriété de M. Marcel. A l´angle méridional de la propriété sur le chemin des remparts existait un petit pavillon au-dessous duquel se trouvait une porte de sortie. Le partage de la propriété entre les deux communautés est stipulé à la fin de l'acte : aux carmélites revinrent d'une part les bâtiments édifiés le long de la rue du Juge de Paix (n°27 et 29), confinés à l'est par la propriété de M. Nolhac et à l'ouest par le mur de refend du dernier des bâtiments construits, où se trouvait le cuvage, soit jusqu´au parement extérieur du mur formant le jambage occidental de la porte d´entrée de ce bâtiment sur le jardin, d'autre part toute la partie du clos qui se trouvait de l´autre côté de la ligne précédemment indiquée, comprise entre cette ligne, la propriété de M. Marcel et le chemin des remparts au sud, la propriété Pons au sud-ouest et la rue du Juge de Paix au nord. La contenance de cette partie de bâtiment et de clos était d´environ 1 hectare 76 ares, et 67 centiares. Le reste de la propriété, constitué de terrains non bâtis revint aux dames de la Visitation, qui eurent cependant la jouissance provisoire du petit bâtiment le plus à l'ouest de la propriété des carmélites jusqu'à ce que le couvent qu'elles avaient l'intention de faire édifier soit construit. Ce terrain était confiné au nord par le n°33 de la rue du Juge de Paix (appartenant à M. Garcin), à l'ouest par le chemin des remparts du fort de Saint-Just, à l'est par la portion de la propriété Garcin échue aux carmélites, à l'angle sud par un pavillon situé sur le mur de rempart, édifié au-dessus d'une porte de sortie, le terrain formant en cet endroit terrasse. Chacune des " Dames acquéreurs " avait la jouissance séparée des bâtiments et fonds qui leur étaient transmis suivant la division ci-dessus, fixée par des plantations de limites par elles reconnues. Elles étaient tenues de matérialiser ces limites par la construction à frais communs d'un mur de clôture mitoyen. L'acte de vente fut signé par Claudine Deville, Louise Eulalie Pascal, Victoire Galtier et Mélanie Boisot, qui représentaient l'ordre de la Visitation.

La construction du nouveau couvent devait être financée par la vente de celui de la Croix-Rousse, qui tardait à se réaliser. Encouragée par le cardinal de Bonald, qui considérait que le transfert à Fourvière attirerait un plus grand nombre de pensionnaires et de novices, la Supérieure, Mère Marie-Régis Deville, tenta de trouver des fonds auprès du gouverneur militaire de Lyon, le maréchal de Castellane, descendant de sainte Jeanne de Chantal. Ce dernier promit soutien et protection, mais aucun don pécuniaire. Les fonds provinrent finalement d'emprunts et de dons d'autres établissements de l'ordre (Petite Relation de notre transfert de la Croix-Rousse à Fourvière, AP Visitation Annecy, ms. sans cote, p.4). La conception du projet fut confiée à l'architecte Pierre-Marie Bossan, frère de la religieuse Marie-Aimée Bossan, entrée au couvent en 1852. Les visitandines souhaitaient un bâtiment peu onéreux et respectant les recommandations du Coutumier de l'ordre, malgré les difficultés que présentait le terrain (ibid, p.4). Courant 1853, le plan était arrêté et le chantier commença par l'érection du mur de clôture. Pour préserver leur isolement, les visitandines n'eurent de cesse d'agrandir leur domaine par des acquisitions successives. Le 18 novembre de la même année, elles achetaient ainsi aux Dames de la Compassion un nouveau terrain de 77 ares, situé " dans le bas de la propriété " (Petite Relation, p. 5 et AP Visitation Annecy, Annales 1840-55, p. 359), terrain qui avait autrefois appartenu aux Minimes. L'acte fut de nouveau passé par devant Me Berloty. Afin de respecter un droit de passage que les Minimes avaient sur cette propriété, leur offrant un accès direct sur la montée du Télégraphe, les religieuses y firent ériger, sur un espace de 30 mètres, un nouveau mur de clôture, puis firent ouvrir une porte dans le mur nord, " vis-à-vis de la rue des 4 Vents ", actuelle rue Pauline-Marie-Jaricot par l'entrepreneur Jamot (AC Lyon, 315 WP 51). Toujours en 1853, elles achetèrent à l'Etat les deux pavillons du télégraphe Chappe (AP Visitation Annecy, Annales 1840-55, p,375), installés dans la montée du même nom en 1799. Afin de ménager un accès pratique au couvent de ce côté-ci, une ancienne porte d'une largeur de 3 mètres, murée par le précédent propriétaire, fut rouverte. Il s'agit sans doute de l'actuelle porte à double battant ouvrant sur la montée du Télégraphe, dont l'allée, qui menait au couvent, a été comblée au début des années 1990 en raison d'un glissement du terrain.

Construction et aménagements du couvent

La construction du couvent débuta en 1854. L'exécution en fut confiée aux entrepreneurs Parot et Boudet et au charpentier Clément Martinant, et peut-être dirigée par l´architecte Charles Franchet, collaborateur de Bossan sur ce chantier (DUFIEUX, 2004, p.295). Les Annales du couvent mentionnent cependant la présence d'un autre architecte, Guillaume Léo, aux côtés de Bossan (AP Visitation Annecy, Annales 1840-55, p.262). Tous deux sont de fait des collaborateurs réguliers de Bossan dans les années 1850-60. Le 6 juin 1854, Mgr Franzoni, archevêque de Turin en exil, posait la première pierre au nom du cardinal de Bonald. Une boîte en plomb contenant des pièces de monnaie, des reliques et des médailles, fut scellée sous cette pierre, et volée la nuit même par un ouvrier du chantier (Petite Relation, p.7-8). En mai 1855, la vente des bâtiments de la Croix-Rousse apporta de nouveaux fonds, et quelques religieuses purent s'installer sur le chantier, dans le petit bâtiment laissé à disposition par le Carmel et appelé la " maison de repassage ", donnant sur la rue du Juge de Paix et accolé à leur mur mitoyen (Petite relation, p.9). Il a sans doute été démoli entre 1967 et 1975, date à laquelle il n'apparaît plus sur les plans de voirie (AC Lyon, 5 S 14-1967 et 5 S 14-1975). L'installation définitive des visitandines et de leurs pensionnaires eut lieu en 1856. A cette date, le mur de clôture donnant sur la montée du Télégraphe fut exhaussé de 1 mètre 90, sans doute pour renforcer l'isolement du couvent. La porte ouvrant sur le chemin de ronde au niveau des pavillons du télégraphe fut également murée, et une nouvelle ouverte un peu plus haut, dans un angle du mur. Les entrepreneurs Parot et Boudet furent à nouveau sollicités et les travaux menés à bien sous la conduite de Guillaume Léo (AC Lyon, 315 WP 96). On trouve trace de cette intervention dans l'appareillage du mur côté montée du Télégraphe, où l'on distingue nettement deux niveaux différents, ainsi que de la porte murée, dont l'encadrement de pierre calcaire est encore visible.

Le 16 juin 1856, les soeurs quittaient donc la Croix-Rousse (Petite Relation, p.10-11). Les travaux, notamment ceux de l'église et de l'aile nord, n'étant pas complètement achevés, la messe fut célébrée dans l'appartement qui servait de salle de communauté (non repéré), où l'autel occupait " le panneau entre les deux portes du fond, aboutissant dans un cabinet qui sert de sacristie " (Petite Relation, p.15). L'église et le choeur des religieuses, fermé par une grille qui leur permettait d'assister à l'office sans être vues des fidèles, furent bénis le 26 septembre, en même temps qu'était dite la première messe (Petite Relation, p.16). Achevé en 1858, le couvent, de plan carré, était alors composé de quatre ailes groupées autour d'un cloître à galeries agrémenté d'un jardin.

Les sources permettent également de retracer l'évolution du décor du couvent, tant intérieur qu'extérieur. On sait ainsi que le choeur des soeurs contenait 35 stalles, apportées de la Croix-Rousse (aujourd'hui disparues) et était orné d'une statue de la Vierge, portant suspendu au cou un chapelet offert par le maréchal de Castellane. Un grand tableau peint à l'huile, représentant " les saints fondateurs dans leur gloire, exécuté à Paris " fut placé " au dessus de la cheminée, dans (la) salle de communauté " (Petite Relation, p. 16). Le choeur reçut un chemin de croix offert par M. Cherbonnière (Petite Relation, p.17). En 1859, un autre chemin de croix fut érigé dans la " tribune des élèves ", appelée aussi " chapelle des enfants de Marie ", située juste au-dessus du choeur des religieuses ; le 2 juillet, une statue de la Vierge prenait place dans la " salle d'ombrage " du pensionnat (AP Visitation Annecy, Annales 1855-70, p.104). Brisée lors d'un orage, elle fut remplacée en 1860 par une statue de l'Immaculée conception, dont les inscriptions gravées du socle, toujours en place dans la cour sud, devant l'ancien gymnase, correspondant à la description faite dans les Annales. A la Noël 1859, une horloge aujourd'hui disparue était installée dans le clocher. Enfin le 1er 1861 mai, une statue de saint Joseph (emportée à Vaugneray) fut érigée au milieu du cloître, à l'emplacement d'une source qui venait d'y être découverte (Petite Relation, p.17). A la mort de M. Cherbonnière, aumônier et confesseur des visitandines, une plaque (toujours en place) vint sceller une cavité destinée à recevoir son coeur, à l'arrière du maître autel de l'église.

En 1862, l'acquisition pour la somme de 50 000 francs d'un nouveau terrain, situé à l'est de leur domaine, appartenant à M. Margerand, avocat et chevalier de la Légion d'Honneur, qui la tenait de M. Nolhac (Petite relation, p.18), leur permit d'envisager leur extension. L'acte fut signé le 4 juillet par devant Maître Berloty. La propriété, close de murs, prenait son entrée par la rue du Juge de Paix et était composée de bâtiments pour l'habitation, d'une salle d'ombrage, de jardins et de plantations, le tout d'une contenance " d'environ 32 ares 32 centiares " (les bâtiments, correspondant aux parcelles 100 et 101 du cadastre napoléonien, seront par la suite désignés dans les sources comme " pavillons Margerand " ; la parcelle 102 était en 1836 occupée par le jardin (AD Rhône, 3P123/168, Etat de section des propriétés non bâties et bâties. Section Q : Fourvière, 1836). Le 8 novembre de la même année, des ossements de religieuses furent exhumés du site de la Croix-Rousse et placés dans une grotte érigée à l'angle de la Montée du Télégraphe, dans laquelle se trouvait une statue de la Vierge de Lourdes, au pied de laquelle coulait un ruisseau artificiel (AP Visitation Annecy, Annales, 1855-70, p.232).

Après 1865, le couvent peut être considéré comme achevé. Les travaux entrepris par la suite consistèrent essentiellement à adapter les bâtiments aux changements d'affectation de certaines salles, ou à en améliorer le confort (installation du gaz à hydrogène en 1868 (AP Visitation Annecy, Annales 1855-70, p.362). En 1870 une salle de gymnastique, dont l'architecte est inconnu, est bâtie perpendiculairement à l'aile sud ; communiquant avec le pensionnat, elle abrite une grande et haute pièce rectangulaire et une petite pièce carrée (Petite Relation, p.21), disposition qui subsiste actuellement. Désapprouvé par Bossan, qui y voyait une atteinte à l'harmonie de son oeuvre, ce bâtiment cherche cependant, par la mise en oeuvre de ses matériaux, à se rattacher au travail de ce dernier : soubassement de ciment, utilisation de la brique pour les parements et de la pierre dorée pour souligner les ouvertures. Ce bâtiment coûta 25 000 francs (AP Visitation Annecy, Annales 1840-80, p.493). Bossan n'en tint cependant pas rigueur aux religieuses : la même année, il dessina et fit exécuter à ses frais pour la tribune des élèves un autel de marbre blanc " orné de colombes argentées, de lettres formant le nom de Marie et d'une inscription latine signifiant « ton nom est une huile répandue » " (AP Visitation Annecy, Annales 1840-80, p.592). Cet autel fut par la suite vendu à une ancienne élève, Bénédicte Gonon. La Petite Relation (p.21) évoque également " l´acquisition de la niche d´exposition du Saint-Sacrement " ; mais rien ne permet de préciser si elle se trouvait dans l'église ou dans le choeur des religieuses, ce qui est plus vraisemblable.

Un lent déclin

Les années 1870-71 constituent un tournant dans l'histoire du couvent. En effet, dès septembre 1870, de multiples menaces pèsent sur lui, liées à la guerre comme à l'avènement de la République, qui envisage la suppression des communautés religieuses. Elles conduisent les soeurs à se séparer temporairement et à renvoyer leurs élèves. La Mère Marie-Régis fait alors le voeu d´élever une statue au Sacré-Coeur (qui sera mise en place dans l'église en 1874) si les événements s´apaisent. Pour faire face au risque de réquisition des bâtiments, la supérieure obtint d'étendre à l'ensemble des salles du pensionnat une ambulance qui, dans un premier temps, avait été ouverte dans les " appartements de l´extérieur " (salle d'attente des parents ; Petite Relation, p.26). Cette partie des bâtiments est coupée du couvent par une séparation provisoire (Petite Relation, p.28-29), en préservant ainsi la clôture. Malgré cela, les autorités militaires ordonnèrent l´occupation de la totalité des bâtiments et imposèrent des mesures de protection des lieux (comblement de l'église " jusqu´à la naissance des voûtes " ; seul le sanctuaire restait accessible) et d'organisation des locaux (déménagement du matériel du pensionnat ; Petite Relation, p.29). Source de lourdes dépenses que ne compensaient pas les aides de la ville, l´ambulance ferma le 1er avril 1871. Le pensionnat rouvrit peu de temps après. Une statue de Notre-Dame de Lourdes en terre cuite fut placée dans la grotte de la salle d'arbres, y remplaçant Notre-Dame des Dons qui fut déplacée sur un rocher attenant au " pavillon Margerand " (ibid., p.138).

La paix revenue, l'enclos fut modifié à deux reprises, induisant des changements dans l'étendue des parcelles occupées. En 1871, le mur que les soeurs avaient élevé en fond de propriété, sur le terrain acquis auprès des Dames de la Compassion en 1853, pour préserver l'ancien droit de passage des Minimes tout en maintenant leur isolement, s'effondrait à la suite de la construction du funiculaire de Saint-Just. Plutôt que de le reconstruire, elles demandèrent à l'Institution Notre-Dame des Minimes, installée dans l'ancien couvent des Minimes en 1816 (CHAZOT, 2002, p.) et qui jouissait toujours de ce droit, d'y renoncer en échange de la cession de la parcelle concernée, qu'elles acquirent pour la somme de 1000 francs. Les limites de la propriété ayant été reculées, un nouveau mur fut élevé aux frais des 2 parties contractantes (Petite Relation, p.35).

En 1882, un nouveau remaniement de la propriété, envisagé depuis la fin de la guerre, eut lieu afin de supprimer l'avancée en angle aigu du terrain des carmélites à l'est de la parcelle, avancée qui masquait en partie la façade principale du monastère depuis le sud. Les visitandines cédèrent donc aux carmélites la propriété Margerand (et le plus au nord des deux pavillons qui en faisaient partie, où logeait l'aumônier du couvent) en échange de la portion de terrain qui s´avançait à angle droit vers le couvent de la Visitation (Petite Relation, p.36). Ce remaniement donna lieu à l'édification d'un nouveau mur clôture, qui sépare aujourd'hui encore les deux propriétés, et à la démolition du second étage du pavillon conservé par les visitandines, qui donnait sur le Carmel ; son rez-de-chaussée fut transformé en oratoire dédié au Sacré-Coeur et agrémenté d'une serre sur sa façade sud, appelée " jardin de la fidélité ". Il entraîna aussi de nouveaux aménagements des terrains, dont les plans furent dressés par un paysagiste : plantation d'arbres pour former des bosquets, création d'un minuscule bois de sapin dans le bas du jardin, où fut mise en place par la suite une statue de saint Régis (Petite Relation, p.38).

En 1887, les religieuses modifièrent la distribution intérieure du couvent : le noviciat et la roberie furent déplacés au second étage afin de créer une salle du chapitre, qui vint remplacer l'économat et la roberie. Elle était décorée de boiseries de chêne clair à hauteur d´appui, comportait une chaire, des bancs faisant le tour de la salle, deux placards dans le mur et un meuble avec niche contenant l´effigie en cire de Anne-Madeleine Rémuzat, une visitandine du 17e siècle étroitement liée à la dévotion au Sacré-Coeur). On y trouvait aussi un tabernacle avec un Christ en ivoire, un autel avec une statue de saint Augustin, un tableau de Notre-Dame du Bon-Conseil et le reliquaire du lit de mort de St François de Sales (aujourd´hui conservé au musée de Fourvière). Les murs, en plâtre gris cendré, étaient ornés de sentences (AP Visitation Annecy, Annales 1880-99, p.149). Est-ce à cette occasion que Mgr Déchelette fit don aux religieuses d´une statue de St François de Sales (Petite Relation, p.40) ?

D'importants travaux furent à nouveau entrepris dans les années 1890, toujours en vue de maintenir l'isolement des religieuses. Pour cacher la vue d´une grande maison de quatre étages élevée au nord du couvent par la famille Bouchaudy (ancienne propriété Royer puis Pons, parcelle 490 du cadastre de 1831), elles firent élever en limite de propriété, au nord-ouest de la parcelle, par l'entrepreneur Simon Favier (AC Lyon, 315 WP 51), sur des plans de Sainte-Marie Perrin (Annales 1880-99, p.234) un nouveau bâtiment appelé " galerie " ou " bâtiment de la galerie ", qui vint remplacer la salle d'ombrage. Au rez-de-chaussée, dans l'avant-corps ouest du bâtiment, fut aménagée une chapelle dédiée à saint Joseph, dans laquelle fut apposée une plaque portant les noms des soeurs décédées. On ignore la destination de ce bâtiment, qui dut sans doute héberger des pensionnaires dans les pièces du premier étage, édifiées au-dessus de la galerie, désignées comme " chambres extérieures " dans les sources. La construction de ce bâtiment entraîna le déplacement vers l'ouest, à l´angle que forme la propriété avec la Montée du Télégraphe, de la " grotte de Lourdes " (Petite Relation, p.41), dont ne subsistent que des vestiges. La même année, le gymnase fut surélevé d'un étage afin d'y installer l´aumônerie, dépourvu d'ouvertures du côté du couvent, et dont l'accès est aujourd´hui condamné.

En 1892, à l´occasion de travaux d´alignement dans la rue du Juge de Paix, le mur de clôture fut démoli et reconstruit de manière à ménager un espace de 12 mètres de large entre ce mur et l´autre côté de la rue (AC Lyon, 315 WP 51). De nouvelles modifications intervinrent dans la distribution des pièces du couvent, sans qu'il soit possible de les situer sur un plan : le noviciat fut une nouvelle fois déplacé et remplacé par une bibliothèque, l´économat fut implanté dans trois appartements du pensionnat (salle Louis de Gonzague, cabinet de physique (dont les meubles furent déplacés à l´étage de l´aumônerie) réfectoire et avant réfectoire) (AP Visitation Annecy, Annales 1880-99, p.319) ; une cave à légumes fut également creusée (ibid, p.366). L'une des deux sacristie fut utilisée comme salle d'archives (Annales 1899-1923, p.408).

En 1894, le mur de clôture fut de nouveau rehaussé, « de manière à couvrir un hangar » localisé au n°10 de la montée du Télégraphe et devant comporter deux fenêtres et une porte ; la trace de ces ouvertures est difficilement repérable. Dans le même temps, une porte et cinq croisées furent percées dans le bâtiment du n°23 rue du Juge de Paix (aujourd´hui 23 bis rue Radisson) (AC Lyon, 315 WP 96), situé à l'arrière du portique construit par Sainte-Marie Perrin. Ce sont là les derniers travaux importants effectués. Après la fermeture du pensionnat en 1903, conséquence de la laïcisation de l´enseignement, la question financière devint omniprésente au couvent, limitant les dépenses. C'est alors que les religieuses entreprirent l'inventaire de leurs biens : en 1914 est établi un Catalogue des Saintes Reliques (AP Visitation Annecy), en 1923-25, un Mémoire des meubles et effets de l´Institut (AP Visitation Annecy, in Annales 1899-1923). Afin de remédier au manque de ressources, certaines parties des bâtiments annexes furent mises en location, notamment les appartements au-dessus du gymnase à Melles Blank et Gauthier, secrétaires du Bureau Diocésain de la Garde d'Honneur du Sacré Coeur de Jésus. Elles envisagèrent également de louer le premier étage du bâtiment de la galerie comme garde-meuble (AP Visitation Annecy, Annales 1899-1923, p.384 et AC Lyon, 916 WP 091). L'eau courante fut malgré tout installée en 1924, l'électricité en 1926 et le téléphone en 1931.

En 1939, le couvent fut à nouveau réquisitionné, mais soldats et officiers n'y séjournèrent que trois mois, " dans un local " (AP Visitation Annecy, Circulaire du 26 avril 1941). L´archevêché donna l´ordre aux soeurs de quitter la ville, exception faite de douze gardiennes : elles partirent dans la villa d´été du cardinal, à Vernaison, où elles restèrent jusqu'en juin 1940. Après la guerre, le couvent ne parvenant plus à subvenir à ses besoins, la supérieure, Madeleine Croizet, envisagea de créer dans une des ailes au second étage un foyer pour les religieuses étudiantes, de plus en plus nombreuses à Lyon (Archives diocésaines, Lyon, 3 III 52, La Visitation, constitution et mise à jour: Vaugneray, Condrieu, Fourvière, 1962-68, lettre au cardinal Gerlier, 26 octobre 1956).

Départ des visitandines et affectations successives des bâtiments

En 1965, alors que prend forme le projet Malraux-Pradel de créer sur le site du couvent une école d´architecture et d'en utiliser l'église comme lieu de culte pour les habitants du quartier, les visitandines vendent à la Ville de Lyon les bâtiments et le terrain. Elles font alors construire à Vaugneray, sur les plans des architectes Jeanton et Rostagnat, un couvent plus petit et plus moderne, achevé en 1968 (AP Visitation Annecy, AV 65-68). Elles s'y installent cette même année avec leurs soeurs de Condrieu.

Dès lors, les aménagements de l'ancien couvent évoluent en fonction des affectations successives des bâtiments. Entre 1967 et 1975 (AC Lyon, 5 S 14, plans de voirie), le bâtiment de service appelé « maison du repassage » (vestige de l'édifice concédé par les carmélites aux visitandines lors de leur installation en 1850 ?) est démoli. L'école d'architecture s'installe dans des bâtiments provisoires édifiés sur les terrains situés au sud du couvent, tandis que le bâtiment principal est loué à partir de 1970 par la Ville de Lyon aux Hospices Civils (AC Lyon, Registre des délibérations du conseil municipal, délibération du 16 septembre 1969) pour y loger des infirmières, et que la partie de jardin au nord devient jardin public (AC Lyon, 2 M 1, Circulaire du conseil municipal, 2 juillet 1970, CHAZOT, 2002, p.102). Les couloirs et cellules sont blanchis, du mobilier est installé, la toiture est refaite. En 1972, la « grotte de Lourdes » est démontée suite à une plainte de voisinage (AC Lyon, 428 WP 111). Dès 1974, les Hospices civils changent la destination du bâtiment, et décident d'y abriter l'ensemble de leurs archives ; il est entièrement réaménagé par l´architecte en chef des monuments historiques Jean-Gabriel Mortamet (CHAZOT, 2002, p.101). Le remaniement est important, et affecte la configuration intérieure de l'édifice : des cloisons sont abattues, d'autres édifiées, des salles sont entresolées, des ouvertures murées.

En 1978, le bâtiment est cédé aux Hospices civils contre un terrain à Gerland (Hospices civils de Lyon, Bureau des Affaires domaniales, pochette Couvent de la Visitation, acte de cession du 17 juillet 1978). La Ville de Lyon conserve la propriété du parc, devenu jardin public et de la galerie, dont le rez-de-chaussée est actuellement occupé par le Service des Espaces verts et l'étage mis à disposition de l'Association Lyonnaise des Radioamateurs. Depuis 2007, le couvent est progressivement vidé par les Hospices civils, qui souhaitent transférer leur dépôt d'archives dans des locaux plus appropriés et plus grands.

DESCRIPTION

Situation

Construit sur la partie occidentale la colline de Fourvière, le couvent occupe une position dominante qui lui permet de jouir d'une vue exceptionnelle sur la ville, tout en étant dissimulé des regards du fait de sa position en retrait des pentes. Relativement plat dans sa partie nord, le terrain décline doucement vers l'est, plus brutalement vers le sud où il est bordé par les anciens remparts du faubourg de Saint-Just. Longtemps occupé par des vignes et vergers, vastes espaces qui en firent le lieu privilégié d'implantation des ordres monastiques, le site a conservé cette caractéristique, où jardins et promenades sont désormais ouverts au public.

Inscriptions

Dans la galerie ouest du cloître, une plaque de granite insérée dans le mur commémore la pose de la première pierre du couvent le 6 juin 1854 : VIVAT JESUS / ANNO Di MDCCCLIV DIE VI JUNII / PIO IX PONTIFICE MAXIMO / IMPERANTE LUD NAPOLEONE III / REV ET EM LUDIIAC MAURITIO CARD / DE BONALD ARCHIEP PRIMATIALIS / ECCLESIAE LUGD SEDEM TENENTE / EXCELL ET REV ALOYSIUS EX MARCH / FRANSONI ARCHIEP TAUBINENSIS / OB CATHOL RELIGIONEM FORTITER / ASSERTAM IN EA ILIUM ACTUS / ET LUGD DE GENS HUIUS MONASTERII / MONIALIUM VISITATIONIS SANTA MARIAE / LAPIDEM ECCLESIAE PRIMARIUM / IN HONOREM B-M-V ET S, IOSEPHI / RITU SOLEMNE POSUIT ATQUE / BENEDIXIT

Marques de tâcheron

Sur l'escalier de la cave nord : signe en forme de "Phi" majuscule embrassé avec un R

Sur une pierre de l'encadrement de porte de l'élévation sud : un H dont la deuxième jambe est surmontée d'une barre horizontale en forme de T

CONCLUSIONS

Si l'aspect extérieur du couvent a peu changé depuis la date de sa construction, il n'en va pas de même pour les espaces intérieurs. En l'absence de documents anciens, et notamment des plans d'origine, il est difficile d'en restituer la distribution, le bâtiment ayant été profondément remanié au moment de sa transformation en dépôt d'archives. Les sources sont donc essentielles pour tenter d'en reconstituer la disposition originelle.

Etabli à partir du plan modèle figurant dans le Coutumier de l'ordre, auquel Bossan a été tenu de se conformer, le plan de Visitation de Fourvière en reprend les principales caractéristiques. De plan carré, le bâtiment s'organise autour d'un cloître fermé sur un côté par l'église, cette dernière étant perpendiculaire et non parallèle, comme le prescrit le plan du Coutumier, à la galerie occidentale du cloître. Le choeur des religieuses, perpendiculaire à l'église, s'élevait à l'origine sur les trois niveaux de l'édifice et était éclairé de hautes baies, en parties murées aujourd´hui. L'ouverture sur le choeur de l'église, vaste arcade en plein cintre supportée par deux colonnettes de stuc dont il était séparé par une grille de fer forgé reposant sur une balustrade de pierre, est aujourd'hui également murée, mais le soubassement de pierre est toujours en place. Deux sacristies jouxtent l'église dans l'angle nord-ouest du couvent. L´une destinée au prêtre desservant, accessible uniquement depuis l´extérieur par une porte-fenêtre (dont la partie basse a été murée), l'autre réservée aux religieuses, à laquelle on accédait depuis le cloître. Les sacristies étaient séparées par un mur dans lequel étaient pratiquées deux ouvertures. Dans la première baie se trouvait un confessionnal, toujours en place ; dans la seconde, un bloc de pierre, aujourd'hui déposé dans le jardin du gymnase, supportait une cloison de bois dans laquelle était ménagée un tour pour le passage des vases sacrés. Le mur entre les deux sacristies était orné de sentences peintes, toujours visibles : "Je suis le pain vivant qu [manque] du ciel" et " Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes ". Dans la sacristie extérieure, on peut voir la trace d´un escalier qui communiquait avec le premier étage, où se trouvait une petite pièce initialement destinée au desservant.

Située dans l'aile est, l'entrée principale ouvre sur un vestibule donnant sur les galeries du cloître. Faisant face au cloître, un escalier à volée double conduit aux étages, également desservis par deux autres escaliers symétriquement positionnés aux angles nord et sud du couvent. L'escalier sud desservait l'aile du pensionnat, l'escalier nord permettait un accès direct à l'infirmerie. Un quatrième escalier, auquel on pouvait accéder de l'extérieur par une entrée aujourd'hui fermée (vraisemblablement l'entrée du parloir), située dans l'avant-corps sud de l'élévation postérieure, desservait les ailes sud et ouest. Cette même entrée donnait accès à la galerie qui longe le choeur des religieuses sur l'élévation postérieure du couvent. Sa fonction n'est pas très claire : peut-être abritait-elle le parloir, à moins qu'elle n'ait servi de passage intérieur pour rejoindre la nef de l'église, sur laquelle ouvre une petite porte.

Comme dans les autres monastères de l´ordre, le rez-de-chaussée abritait les pièces liées à la vie commune, difficiles à localiser aujourd'hui puisque de nombreuses cloisons ont été abattues ou déplacées : la cuisine, le réfectoire, la lingerie, le cabinet des ouvrages, celui des papiers, le noviciat, la roberie, l'économat et le cabinet de la supérieure . Dans l'aile ouest, l'église, le choeur des religieuses, qui faisait également office de salle de communauté, les parloirs, vraisemblablement la chambre des tourières qui, selon le plan du Coutumier, devait se situer près de la chapelle. Afin de maintenir une nette séparation des espaces entre lieux conventuels et lieux d'enseignement, le pensionnat était logé dans l'aile sud du bâtiment, à l'exclusion sans doute du rez-de-chaussée ; en raison du coût de la construction, les religieuses avaient en effet renoncé à faire élever un bâtiment indépendant .

Les étages du couvent reprennent la même distribution des espaces entre pensionnaires et religieuses : les cellules de ces dernières sont réparties dans les ailes est, nord et ouest de part et d'autre d'un large couloir. L'infirmerie était installée dans l'aile nord, près de l'église ; les soeurs malades pouvaient assister à l'office depuis une pièce dont les ouvertures donnaient sur le choeur de cette dernière. Les pensionnaires étaient logées dans l'aile sud, où se trouvaient des salles de classe et de travail ainsi que leur réfectoire ; les dortoirs étaient au deuxième étage. Elles avaient leur propre chapelle, appelée " chapelle des enfants de Marie " ou " tribune des élèves ", d'où elles pouvaient assister aux offices. Située dans l'aile ouest, elle surplombait le choeur des religieuses, sur lequel elle ouvrait. De cette tribune, on avait également vue, quand la grille était ouverte, sur le choeur de l'église, grâce à " six grandes fenêtres successives et cintrées " (aujourd'hui murées et non visibles). On y accédait par le grand escalier au décor de faux appareil de pierre de l'aile ouest.

Une terrasse, longeant le choeur des religieuses au premier étage, côté cloître, peut-être accessible aux pensionnaires, relie les ailes sud et nord ; elle permettait aux malades de s'aérer sans avoir à rejoindre le rez-de-chaussée.

Très logiquement, le gymnase vient s'inscrire à proximité du pensionnat, perpendiculairement à l'aile sud, toujours dans le souci de préserver la clôture du monastère. En 1890, le bâtiment est surélevé d'un étage pour y loger l'aumônier, qui avait la jouissance d'un petit jardin clos de murs donnant sur la montée du Télégraphe. On accède à ce logement, aujourd'hui condamné, par un escalier extérieur en équerre.

La distribution des pièces évolua conjointement aux agrandissements du couvent et à l'adjonction de nouveaux bâtiments. En 1887, le noviciat et la roberie furent déplacés au second étage afin de créer une salle du chapitre, qui vint remplacer l'économat et la roberie. En 1892 intervinrent de nouvelles modifications : le noviciat fut une nouvelle fois déplacé et remplacé par une bibliothèque, l´économat fut implanté dans trois appartements du pensionnat (salle Louis de Gonzague, cabinet de physique (dont les meubles furent installés à l´étage de l´aumônerie) et réfectoire ; une cave à légumes fut également creusée. Enfin, l'une des deux sacristies fut utilisée comme salle d'archives.

Ces modifications, et l'empiètement des pièces du couvent sur l'aile du pensionnat laissent à penser que le " bâtiment de la galerie " construit en 1890 par Sainte-Marie Perrin en fond de parcelle, au nord du terrain, était destiné à loger les pensionnaires au premier étage, dans des chambres individuelles et non plus dans des dortoirs.

Genre de soeurs de la Visitation
Vocables Sainte-Marie
Appellations de la Visitation Sainte-Marie de Fourvière
Destinations couvent, archives
Parties constituantes non étudiées église, pensionnat, gymnase, aumônerie, parc, mur de clôture, pavillon de jardin
Dénominations couvent
Aire d'étude et canton Lyon Urgences
Adresse Commune : Lyon 5e
Adresse : 23 rue Roger-Radisson
Cadastre : 1831 O 472 à 474, 482, 483, 485, 486 ; 1999 AO 58, 101, 102

Le 10 octobre 1850, les religieuses de la Visitation de la Croix-Rousse acquièrent sur la colline de Fourvière partie d'une propriété, constituée de terrains non bâtis, appartenant à M. Jean-Pierre Garcin, en vue d'y édifier un couvent. Le projet est confié à l'architecte Pierre-Marie Bossan. La construction est réalisée entre 1854 et 1858 par les entrepreneurs Parot et Boudet et le charpentier Clément Martinant. L'église, les deux sacristies et le choeur des religieuses, surmonté d'une tribune servant de chapelle aux élèves du pensionnat, sont achevés au plus tard en 1857. En 1862, les visitandines acquièrent la propriété Margeraud, située à l'est de leur terrain, comportant des terres, une maison et un pavillon. La même année est érigée dans le parc du couvent une grotte de Lourdes, démontée en 1972. En 1870, un nouveau bâtiment, appelé "aile du gymnase", est édifié perpendiculairement à l'angle sud-ouest du bâtiment, construction désapprouvée par Bossan. Pendant la guerre de 1870, le couvent est réquisitionné, vidé de ses meubles et réaménagé pour recevoir des militaires ; une ambulance est alors installée pour les blessés de guerre dans l'aile du pensionnat. En avril 1871, le couvent accueille de nouveau des pensionnaires, En 1882, l'aspect initial du parc est modifié : création d'un jardin clos de murs en avant de l'élévation principale, plantation de nouveaux arbres ("salle d'ombrage" au nord du couvent) et d'un bosquet de sapins pour abriter une statue de saint Régis, transformation d'un pavillon situé "en bas du jardin" en oratoire dédié au Sacré-Coeur, avec installation d'une serre sur sa façade sud. Dans le même temps, l'aile du gymnase est surélevée d'un étage afin d'y loger l'aumônier du couvent. En 1890, l'architecte Sainte-Marie Perrin construit dans la partie nord-ouest de la parcelle un nouveau bâtiment dont la destination n'est pas mentionnée dans les sources, vraisemblablement pour y loger les pensionnaires ; l'avant-corps ouest du rez-de-chaussée abrite une chapelle dédiée à saint Joseph. En 1894, le mur de clôture est exhaussé côté montée du Télégraphe pour recevoir un hangar, alors qu'une porte et cinq croisées sont percées dans le bâtiment de Sainte-Marie Perrin (côté rue du Juge de paix). Après la fermeture du pensionnat en 1903, les travaux se résument à l'entretien des bâtiments ou à la modernisation des installations (eau courante en 1924, électricité en 1926, téléphone en 1931). Après la Seconde Guerre mondiale, les visitandines ne sont plus en mesure d'entretenir les bâtiments, qu'elles vendent en 1965 à la Ville de Lyon pour laisser place à l'école d'architecture projetée par Malraux et Pradel. Le projet n'aboutira pas : en 1970, le couvent est loué aux Hospices Civils de Lyon, qui veulent y loger des infirmières. Les travaux d'aménagement entrepris épargnent relativement les espaces intérieurs : réfection de la toiture, blanchiment des cellules et des couloirs et installation de mobilier. En 1974, les Hospices civils transforment le bâtiment en dépôt d'archives. Les travaux réalisés affectent plus profondément l'ancien couvent : des cloisons sont abattues, des salles entresolées, des ouvertures murées. L'église seule est préservée, mais souffre de sa désaffectation (enlèvement du chemin de croix, démontage de la barrière de communion et de la clôture du choeur des religieuses). En 1978, les Hospices civils acquièrent le bâtiment en échange d'un terrain à Gerland, la Ville de Lyon restant propriétaire du parc, devenu jardin public, et du bâtiment à portique, dont le rez-de-chaussée est occupé par le Service des Espaces verts et l'étage prêté à l'Association Lyonnaise des Radioamateurs. Le dépôt d'archives est en cours de déménagement, les Hospices civils souhaitant les conserver dans un bâtiment plus grand et mieux adapté.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1854, porte la date, daté par source
1858
1870
1890
Auteur(s) Auteur : Bossan Pierre-Marie, architecte, attribution par source
Auteur : Perrin Marie-Louis-Jean, dit: Sainte-Marie Perrin,
Perrin Marie-Louis-Jean, dit: Sainte-Marie Perrin
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architecte, attribution par source

Ensemble de bâtiments de deux étages carrés organisés autour d'un cloître, de plan carré, en brique et pierre jaune de Couzon non enduite sur soubassement en pierre de taille. Les ouvertures sont soulignées d´un encadrement avec linteau en bâtière en pierre de taille calcaire de couleur claire ; au rez-de-chaussée, l'encadrement des baies en plein cintre est en outre surmonté d'un rang de brique. Un bandeau en pierre de taille courant sur toutes les élévations de l'édifice souligne la séparation entre le rez-de-chaussée et les deux étages carrés. La corniche est rythmée par une frise de briques alternes avançant par rapport au plan du parement dans un rythme de une sur deux, sur trois rangées. Le cloître comprend 9 arcades de chaque côté soutenues par des colonnes de pierre de taille qui portent un large cintre en même pierre, surmonté d´un autre cintre en brique. Les colonnes sont reliées par un soubassement en pierre de taille. Au point de jonction de chaque cintre se trouve une croix latine, taillée en creux dans la pierre. Au point central de la croix se trouve un gros écrou qui répond à l´arête de chaque berceau de voûte et la soutient. Dans l'aile est du cloître, une terrasse longe au niveau du premier étage l'ancien choeur des religieuses. Le muret servant de garde-corps à cette terrasse souligne une rangée de vitraux éclairant le choeur des religieuses. Aux 4 angles du cloître, une porte est ouverte dans l´arcade et fait face à une allée tracée en diagonale, aboutissant à la porte opposée, créant un cheminement en X dont le point central est marqué par le socle d'une statue. Une cinquième porte fait face, dans le cloître, au portail d'entrée de couvent. Celui-ci ouvre sur un vaste vestibule desservi par un escalier en pierre à volée double, assis à droite et à gauche de l´entrée, face au cloître. Il reposait sur une légère construction à jours en briques rouges vernies, aujourd'hui comblée, elle même assise sur un soubassement en pierre de taille. L´intervalle entre les deux montées s'inscrit dans un plan carré égal à celui qui les sépare du cloître, marqué par 4 colonnes, 2 flanquées à la base de l´escalier et 2 bordant le cloître. Ces colonnes, taillées à 8 faces et surmontées d´un chapiteau, supportent chacune un cintre qui la relie à la suivante. Sur ce carré de cintres repose une voûte en pendentif en briques disposées en chevrons, comme celles du cloître. De chaque côté de ce carré, un cintre et une voûte semblables, mais diminués de moitié en hauteur et largeur, encadrent l´accès de l´escalier. Les galeries intérieures du cloître sont rythmées de colonnes en saillie soutenant les arcades, reliées par une banquette en pierre monolithe. Elles se rejoignent à angle droit à chaque extrémité, isolant ainsi le berceau de la dernière voûte et formant carré. Une série de portes ouvrent sur le cloître, en chêne mouluré, entourée d'un encadrement à large fronton triangulaire. Deux niches encadrées de briques agrémentent le mur de la galerie sud. Au premier étage, un large couloir distribue les cellules. A chaque extrémité se trouve une pièce plus spacieuse éclairée par trois baies jumelées. Dans l'aile nord, un petit couloir aboutit à une terrasse longeant le choeur des religieuses à l'est et rejoignant l'aile sud. Le deuxième étage, d'une hauteur moins élevée, reprend la même distribution. L'accès aux étages se fait soit par l'escalier principal, soit par deux escaliers symétriquement positionnés aux angles nord et sud du couvent. L'escalier sud desservait l'aile du pensionnat, l'escalier nord permettait un accès direct à l'infirmerie. Un quatrième escalier, auquel on pouvait accéder de l'extérieur par une entrée aujourd'hui fermée, située dans l'avant-corps sud de l'élévation postérieure, desservait la chapelle des pensionnaires, située au-dessus du choeur des religieuses. Cette même entrée donnait accès à la galerie en rez-de-chaussée surmontée d'un toit terrasse qui longe le choeur des religieuses sur l'élévation postérieure du couvent et permet d'accéder à la nef de l'église. L' "aile du gymnase" est perpendiculaire à ce plan carré et greffée sur l'aile sud ; elle est constituée de matériaux mixtes (ciment, moellons, briques, pisé de mâchefer), et recouverte d'un enduit ocre. Au premier étage de ce bâtiment se trouve un logement auquel on accède par un escalier extérieur en équerre. Le parc abrite un portique à étage bâti en 1890, en moellons et pisé de mâchefer, le tout enduit. Ce bâtiment possède deux avant-corps en léger ressaut à chaque extrémité ; dans sa partie nord, il est prolongé d'une aile en retour, dont l'entrée se situe rue Roger-Radisson.

Murs calcaire
enduit
moellon
pierre de taille
brique et pierre à assises alternées
Toit tuile plate mécanique, tuile creuse mécanique
Plans plan carré régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés
Couvrements voûte en pendentifs
voûte d'arêtes
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures terrasse
toit à longs pans
croupe
pignon couvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier symétrique, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : suspendu, en maçonnerie
Jardins salle de verdure, massif d'arbres, rocaille de jardin
Typologies quatre corps de bâtiment autour d'une cour centrale
États conservations bon état

Déménagement des archives prévu en février 2008, en vue de la vente des bâtiments par les Hospices civils de Lyon

Statut de la propriété propriété d'un établissement public
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables église, cloître, vestibule, escalier

Annexes

  • Etat de section des propriétés non bâties et bâties. Section Q : Fourvière. 1836 (AD Rhône. 3P123/168 )

    Rue des Juges de paix :

    Parcelles de JP Garcin, drapier :

    472: terre

    473: pré

    474: terre

    475: jardin

    476: maison, cour

    477: maison

    478: réservoir

    479: terre

    480: vigne

    481: terre

    482: terre

    483: vigne

    484: avenues

    485:vigne

    486: jardin

    M.Royer:

    487: vigne

    488: pré

    489: maison et cour

    490: jardin

    M. Rival, négociant:

    94 à 98

    Marc Nolac (ou Nolhac), rentier:

    99: passage commun à M. Nolac et M. Rival

    100: maison

    101: pavillon

    102: jardin

    103: petit pavillon

    104: verger et terre

    105: maison

    106: maison et terrasse

    107: jardin

    M. Praire, rentier:

    58 à 61

  • Acte de vente de la propriété de M. Jean-Pierre Garcin, drapier, aux dames de la Visitation de la Croix-Rousse et du Carmel . AP Visitation Annecy. Sans cote.

    1850, 10 octobre.

    Par devant Me François Félix Berloty et son collègue, notaires à Lyon soussignés

    A comparu Mr Jean Pierre Garcin, propriétaire rentier, demeurant à Lyon,quartier de Fourvière rue du Juge de Paix n°33.

    Lequel a par la présente vendu et aliéné, avec promesse de maintenir et garantir de tout trouble et éviction, recherches, hypothèques, privilèges et empêchements généralement quelconques, envers et contre tous.

    A mesdames Madeleine Goullioux, Pauline Charayron, et Marie Elisabeth Berger, toutes trois rentières, demeurant ensemble à Lyon, Montée de St Barthélémy, ici présentes et acceptant,

    Et à Mmes Claudine Deville, Louise Eulalie Pascal, Victoire Galtier et Mélanie Boison, toutes quatre aussi rentières, demeurant sur la commune de la Croix-Rousse, rue du Chapeau Rouge, ici présentes et acquérant

    Les unes et les autres acquérant chacune de son côté la portion indiquée à la fin des présentes, et avec cette condition, à titre de pacte aléatoire, que la propriété entière de chaque portion appartiendra à la survivante de celles qui l´acquièrent de manière qu´il ne s´opérera aucune mutation par le décès des prémourantes et que la survivante sera réputée avoir acquis seule, dès le principe : les héritiers des prédécédées ne devant avoir aucun droit, soit sur la propriété soit sur la bonification et amélioration qu´elle pourra recevoir : le payment du prix et des améliorations et constructions, auront lieu dans cette prévision, d´après des proportions combinées avec l´âge de chacune des parties, mais qui restent étrangères au vendeur.

    Chacune d´entre elles aura du reste un droit égal à la jouissance de la portion acquise ; ce droit sera personnel et ne donnera ouverture à aucune réclamation de la part des héritiers des prémourantes qui ne l´auraient pas exercé.

    Désignation :

    Tous les immeubles que Mr Garcin possède à Lyon, quartier de Fourvière, susdite rue du Juge de Paix, composée de plusieurs corps de bâtiments d´habitation et d´exploitation, avec cour, remise, fenil, puits, pompes, citernes et boutasses, fonds cultivé en jardin potager et d´agrément, bosquet, salle d´ombrage, pré, verger, vigne et terre, le tout clos de murs, de la contenance reconnue entre parties de 3 hectares, 5 ares, 20 centiares.

    Ces immeubles sont confinés :

    Au levant, par les propriétés de Mrs Nolhac et Margerand, murs mitoyens entre deux.

    Au nord, déclinant au couchant, sur la rue du Juge de Paix, où les bâtiments de la propriété ont entrée et desserte par un portail n´ayant pas de numéro, et par un numéro plus petit, ayant le numéro 33.

    Au couchant inclinant au midi, par la propriété de M M Pons et consorts qui fait retour d´équerre dans le clos de Mr Garcin, mur mitoyen entre deux, et par le chemin des remparts du fort de St-Just, le long duquel le mur de clôture de Mr Garcin forme terrasse.

    Au midi, inclinant au levant, encore par ledit chemin des remparts et par la propriété de Mr Marcel, murs séparatifs entre deux ; mais dont Mr Garcin ne garantit pas la mitoyenneté.

    A l´angle méridional de la propriété sur le chemin des remparts existe un petit pavillon au-dessous duquel est une porte de sortie.

    Sauf des dits immeubles plus vrais et meilleurs confins et désignations, si aucuns sont. Les dames acquéreurs déclarant les bien connaître pour les avoir vus et fait visiter ; et sans qu´une différence, en plus ou en moins, dont la contenance fut celle d´un vingtième ou plus, puisse donner lieu à augmentation ou diminution du prix ci après fixé.

    La présente vente ne comprend que les immeubles de Mr Garcin, mais non les objets mobiliers, tels que cuves, pressoirs, vases vinaires, outils aratoires, vases de fleurs, ni les chars, charettes, vaches, cheval servant à l´exploitation.

    Toutes fois, les agencements, boiseries, placards ou décorations tenant à l´immeuble font partie de la présente vente, à l´exception de toutes les glaces, mêmes scellées.

    Origine de propriété

    Tous ces immeubles appartiennent à Mr Garcin par suite des acquisitions successives par lui faites, à savoir :

    1) de Mr Bertheaux

    Suivant contrat reçu Me Voron lors notaire à Lyon et son collègue, le 10 avril 1812, les demoiselles Catherine et Elisabeth Bertheaux sœurs, propriétaires rentières, demeurant à Lyon, quartier de Fourvière, ont vendu au dit Mr Garcin un petit domaine situé à Lyon, quartier de Fourvière, rue du juge de paix, consistant en bâtiments et fonds d´une seule contenance, clos de murs, d´environ 90 à 100 ares. Confiné à l´orient par la propriété Arthaud ; au midi déclinant à l´occident par celle des cohéritiers Berger, et au nord par la rue du Juge de Paix.

    Le prix de cette vente consistait en une somme de 2000 F qui a été payé comptant, au terme du contrat qui en contient quittance, et en une rente viagère de quatorze cent francs payable jusqu´au décès des venderesses et éteinte depuis longtemps ; les demoiselles Berthaux étant décédées, l´une au mois de janvier 1813, l´autre le 2 mai 1820.

    2) des consorts Berger

    Suivant contrat reçu Me Carville et son collègue, notaires à Lyon, le 31 octobre 1817, Melle Marie Berger, propriétaire rentière, qui demeurait à Lyon rue du Juge de Paix, agissant tant en son nom personnel que comme mandataire de Jeanne Berger sa sœur, veuve de Mr François Berger, qui était avoué à Mâcon ; Mme Madeleine Berger, propriétaire à Lyon rue du Juge de Paix et Mr Antoine Berger, maître de poste demeurant à Tarare, ont vendu à Mr Garcin une propriété située à Fourvière rue du Juge de Paix, composée de maison bourgeoise, bâtiments d´exploitation, cour entre deux, jardin et tènements de fonds en jardin, terre et vigne, clos de murs, de la contenance d´environ de 258 ares.

    Le prix de cette vente était de 18000 F dont 3000 F ont été payés comptants à la forme du contrat.

    Par acte reçu maître Curville et son collègue le même jour 31 octobre 1817, M.Garcin élus en ami, Mme Madeleine Mahoussier veuve d'Antoine Seignemorte pour les bâtiments d'habitation et d'exploitation, avec fonds d'environ 30 ares. C'est ce qui compose aujourd'hui la propriété de MM. Pons et consorts.

    Après les formalités de purge d'hypothèque légales, M. Garcin s'est libéré de la somme de quinze mille francs et intérêts, solde de son prix d'acquisition ainsi que le constate une quittance reçue par ledit Mtre Curville et son collègue le 18 décembre 1820.

    3) et des consorts Montaland

    Suivant sentence d´adjudication tranchée au tribunal civil de Lyon, le 10 juillet 1830, Mr Garcin est devenu acquéreur au prix de 8825 F d´un immeuble portant sur la rue du Juge de Paix, 31, composé d´une petite maison ayant rez de chaussée et 1er étage, d´un petit corps de bâtiment à l´orient du précédent, et d´un jardin clos de murs ; le tout confiné à l´orient par la propriété Nolhac, au midi et à l´occident par la propriété Garcin et au nord par la rue du Juge de Paix.

    La vente par licitation de ces immeubles était poursuivie à la requête de Mr Montaland, essayeur pour la soie, demeurant à Lyon rue du Griffon, contre Barthélémy Montaland, commis fabricant, demeurant à la Croix-Rousse ; 2° Henri Montaland, rentier, demeurant à Lyon rue du Griffon n°9 ; Mr Cotterets Jean, commis fabricant demeurant à Lyon rue Vieille Monnaie, père et administrateur des biens de Marie Cotterets, sa fille mineure, issue de son mariage avec Marie Montaland décédée ; 4°) les mariés Noël Louis Grangier et Catherine Montaland, demeurant à Lyon ; 5°) les mariés Ppierre Camille Champollier et Jeanne Marie Montaland, mouliniers à Pélussin (Loire).

    Tous cohéritiers de Jeanne Marie Arthaud, décédée épouse du sieur Jean Montaland.

    Mr Garcin s´est libéré du prix en capital de cette adjudication entre les mains des collicitans, aux termes d´une quittance passée devant Me Casati, lors notaire à Lyon et son collègue le 12 octobre 1831.

    L´origine plus reculée des dits immeubles est rappelée dans les titres de propriété qui seront remis par le vendeur.

    Entrée en jouissance :

    Les dames acquéreurs seront dès ce jour propriétaires des immeubles vendus. Mais elles n´en entreront en possession et jouissance que le 11 novembre 1851 pour en user dès lors avec toutes leurs appartenances et dépendances sans exception ni réserve.

    Toutefois, elles auront la faculté de prendre possession, après la levée de la récolte de cette année, de 25 ares environ de terrain, dans l´endroit qui sera à leur convenance pour y élever des bâtiments ou murs de clôture.

    Charges clauses ou conditions

    Cette vente est faite sous les clauses et conditions suivantes :

    1° Les dames acquéreurs prendront la propriété vendue dans l´état où elle se trouve actuellement avec toutes les servitudes actives et passives qui peuvent y être attachées; Monsieur Garcin déclarant toutefois, qu´il n´a constitué aucune servitude passive pendant sa possession, et qu´il n´en est point à sa connaissance.

    2° Elles acquitteront les impôts et charges publiques, à partir de leur entrée en possession.

    3° Elles maintiendront jusqu´à leur expiration les conventions que Monsieur Garcin peut avoir passées pour l´assurance contre l´incendie, des bâtiments compris dans les immeubles vendus.

    4° Elles paieront tous les frais, droits et honoraires des présentes, y compris le coût d´une grosse pour le vendeur.

    Prix

    En outre, la présente vente est ainsi faite et convenue, au prix et moyennant la somme de quatre vingt dix sept mille francs.

    Lequel pris, à raison de la division qui va être faite entre les dames acquéreurs des immeubles vendus par M. Garcin sera payé soixante trois mille francs par Mesdames Gouilloux, Charangron et Berger, toutes trois solidairement entre elles.

    Trente quatre mille francs par Mmes Deville, Pascal, Galtier et Boison également solidairement entre elles.

    Les sommes seront payées aux époques suivantes

    Moitié le onze novembre 1855 ; moitié le 11 novembre 1857. Elles produiront intérêts au taux de 4 et demi % par an à partir du 11 novembre 1851, exigibles par semestre. Les payments pourront être anticipés par fractions de 5000F, sous le bénéfice de l´escompte à 4 et demi % par an, s´ils ont lieu le 11 novembre 1851.

    Tous les payments en capitaux et intérêts auront lieu en bonnes espèces du cours actuel, e non autrement, en l´étude de Me Berloty, l´un des notaires soussignés.

    Réserve de privilège

    Jusqu´au payment intégral des dits prix, en, capital et en intérêts, les immeubles vendus restent grevés, au profit de M. Garcin du privilège que la loi accorde au vendeur.

    Déclarations hypothécaires et d´état civil

    Monsieur Garcin déclarant : 1° que les immeubles vendus sont libres et affranchis de toute hypothèque conventionnelle ou judiciaire. 2° qu´il n´a jamais été tuteur de mineurs ou interdits : qu´il a été marié à Marie Pupier, aujourd´hui décédée, et que leurs conventions matrimoniales ont été arrêtées par contrat reçu Me Bourgeay et son collègue lors notaire à Lyon le 14 juin 1802, antérieurement au Code Civil, ne contenant aucune stipulation de communauté 3° que les héritiers ou représentants de la dite Dame Garcin née Pupier sont des enfants et petits-enfants, savoir :

    1° Monsieur Benoît Garcin, marchand drapier, demeurant à Lyon quai de Bondy, n° 143

    2° Les deux enfants mineurs issus du mariage de Mr Pierre Benoît Garcin avec Melle Peyret Lallier, sa veuve, demeurant au lieu de la Mulatière près Lyon

    3° Mr Joseph François Garcin, propriétaire demeurant à Jone (Isère)

    4° Mr Claude Jean Nicéphore Garcin, courtier en soie, demeurant aux Brotteaux près Lyon

    5° Mr Emmanuel Garcin, ancien négociant, demeurant à Tarare

    6° Mr Jean François Garcin, marchand drapier, demeurant à Lyon place des Célestins

    7° Marius Darnas, fils de Mr Darnas, marchand drapier à Lyon rue Sirène et de Mad. Andrée Antoinette Garcin décédée

    8° Claudine Garcin, femme de M Gorel, rentier demeurant à Lyon rue du Juge de Paix n°33

    9° Antoinette Garcin, actuellement épouse de M Smith, conseiller

    10° Et Mad. Andrée Marie Ursule Garcin, épouse de M. Fabre, commissaire priseur à Lyon, où il demeure, rue de la république

    Formalités

    Au surplus les Dames acquéreurs feront transcrire le présent contrat, et remplir, si elles le jugent à propos, les formalités de la purge des hypothèques légales, le tout à leurs frais, et si, pendant les délais que la loi accorde, il survient ou se manifeste des inscriptions soit contre M. Garcin soit contre les précédents propriétaires, le vendeur devra en rapporter immédiatement main levée et radiation.

    Remise de titres

    Monsieur Garcin a remis aux acquéreurs 1° Expédition de la vente qui lui a été passée par les Delles Berthaud, devant Me Voron et son collègue, notaires à Lyon, le 10 avril 1812.

    2° Expédition de la vente passée par les consorts Berger à M. Garcin devant Me Carville et son collègue notaires à Lyon, le 31 octobre 1817

    3° Expédition de la quittance finale donnée par lesdits consorts Berger à M. Garcin par acte reçu le 18 décembre 1820

    4° les pièces de la formalité de purge légale d´hypothèque, suivie par M. Garcin après son acquisition desdits consorts Berger

    5° Expédition du testament de la dame Marie Bourdin, veuve du sieur Jean Berger, propriétaire ancienne des immeubles vendus par les consorts Berger, passé devant Me Bodieu, lors notaire à Lyon et son collègue, le 23 février 1733, par lequel testament elle institue pour son héritier le sieur Louis Berger, ayeul des consorts Berger

    6° Expédition d´un acte reçu par Me Armand, lors notaire à Lyon et son collègue, le 27 juin 1709, contenant vente par le sieur Charles-Etienne Michel Duvillard, au profit du sieur Jean Berger, bisayeul des consorts Berger

    7° Expédition du jugement rendu par le tribunal civil de Lyon le 10 juillet 1830 et prononçant l´adjudication au profit de M. Garcin des immeubles dont la limitation était poursuivie entre les cohéritiers de la dame Montaland née Arthaud.

    8° Expédition de l´acte reçu Me Casati, lors notaire à Lyon et son collègue, le 12 octobre 1830, contenant quittance par les consorts Montaland à M. Garcin de la totalité de son prix d´adjudication

    9° Expédition d´une sentence tranchée en faveur de M. Barthélémy Arthaud, père de la dame Montaland, par le directoire du district de Lyon, le 24 février 1791, de la propriété transmise plus tard à M. Garcin et qui avait appartenu aux religieuses de l´Antiquaille

    10° Et enfin deux autres pièces se rattachant à la propriété et qui sont relatives, l´une à un règlement avec M. Nolhac, au sujet de la mitoyenneté des murs séparant sa propriété d´avec celle de M. Garcin ; l´autre une convention qui eut lieu avec la ville de Lyon et le Génie militaire, pour la prise de possession par ce dernier d´une partie occidentale et méridionale de la propriété de M. Garcin.

    Indication des portions de la propriété de M. Garcin, telles qu´elles sont vendues aux Dames acquéreurs

    Les parties déclarant et reconnaissant que M.Garcin a entendu vendre et diviser sa propriété aux Dames acquéreurs suivant la convenance de chacune d´elles de la manière indiquée ci après, savoir :

    Aux Dames Gouilloux, Charayron et Berger

    1° Toute la ligne de bâtiments qui s´étend sur la Rue du Juge de Paix, depuis la propriété de M. Nolhac jusqu´au mur de refend du petit bâtiment qui est le plus à l´ouest, aujourd´hui occupé par la famille Ollion, et où se trouve le cuvage, c´est à dire jusqu´au parement extérieur du mur qui forme le jambage occidental de la porte d´entrée de ce bâtiment sur le jardin.

    2° Toute la partie du clos qui se trouve de l´autre côté de la ligne qui vient d´être indiquée, comprise entre cette ligne, la propriété de M. Marcel, le chemin des remparts, la propriété Pons et la rue du Juge de Paix. La contenance de cette partie de bâtiment et de clos est d´environ un hectare 76 ares, et 67 centiares.

    Chacune des Dames acquéreurs jouira séparément des bâtiments et fonds qui lui seront transmis suivant la division ci dessus qui a été fixée par des plantations de limites, reconnues des parties. La faculté de prendre possession de environ 25 ares de terrain, avant le 11 septembre 1851, appartiendra aux Dames Deville, Pascal, Galtier et Boison, ainsi qu´aux Dames Gouilloux, Charayron, et Berger.

    Les unes et les autres seront tenues d´élever à frais communs un mur de clôture qui sera mitoyen, suivant la ligne séparative ci-dessus indiquée. Jusqu´à l´édification des bâtiments que Mesd. Deville, Pascal, Galtier et Boison ont l´intention de faire élever sur la portion acquise par elles, elles auront droit de communauté sur les eaux de la propriété et la faculté de jouir de la totalité du petit bâtiment à l´ouest.

    La portion d´impôts afférente à chacune des divisions de la propriété sera supportée par les propriétaires.

    Les titres de propriété des acquisitions des demoiselles Berthaud et des cohéritiers Montaland, ne s´appliquant qu´à la portion acquise par les Dames Gouilloux, Charayron et Berger, leur ont été remis ; quant aux titres de l´acquisition faite des consorts Berger ils ont été retirés par Mesd. Deville, Pascal, Galtier et Boison propriétaires de la plus grande portion des fonds provenant de cette acquisition ; mais à la charge d´aider, s´il est besoin, à première demande et sur simple charge, les Dames Gouilloux, Charayron et Berger qui ont aussi une partie de ce fonds.

    Les parties s´engagent à faire dresser plus tard, à frais communs, s´il est besoin, un plan régulier de la propriété par elles acquise, avec la division ci-dessus faite.

    Election de domicile

    Pour l´exécution des présentes, toutes les parties font élection de domicile à Lyon, en l´étude de Me Berloty, l´un des notaires soussignés, conformément à l´article 111 du Code civil. Ainsi convenu et accepté réciproquement

    Dont acte

    Fait et passé à Lyon au domicile sur indiqué de M. [blanc] pour toutes les parties sauf Mesdames Berger, Galtier et Boison, et pour ces dernières en leur domiciles respectifs, aussi sur indiqué, l´an 1850 et le 10 octobre.

    En présence de M. Joannes Erard, Valentin Smith conseiller à la Cour d´Appel de Lyon, où il demeure, quai de la Baleine n°18. Lecture faite pour toutes les parties et ledit M. Smith ont signé avec les notaires.

    Claudine Marie Régis Deville Supérieure, Soeur Marie Gabrielle de Gallien assistante, Soeur Louise Eulalie Pascal, Soeur Marie Blandine Combe, Soeur Jeanne de Sales Galtier, toutes conseillères

    S Marie Joseph Goitton

    S Marie Elizabeth Poulin

    S Marie Thérèse Brémond

    S Marianne Chantal Berger

    S Jeanne de Sales Galtier mandataire

    S Marie Jéronime Thibault

    S Anne Magdelaine Villard

    Louise Frémion Loucher

    S Marie Clothilde Monceau

    S Marie Gonzague Charve

    S Marie Hyacinthe Durosier

    S Marie Anne Vuillermot

    S Marie Gertrude Boisot

    S Marguerite Marie de Sainte Colombe

    S Marie Magdeleine Gomot

    S Irène Marie Laffitte

    S Marie Emmanuelle Vial

    [illisible]

    S Marie Louise Joséphine Mossant

    S Marie Alphonse Bodouin

    S Louise Colombe salvat

    S Marie Stanislas Roche

    S Jeanne Françoise d'Etanglard de Bassignac à son retour au monastère 1852

    S Marie Borgia chantre

    Enregistré à Lyon le 11 octobre 1850 f° 67 R° cases 2 à 6 reçu 5335 f, décimes 533 et 50 centimes

    Signé Guillot

    Transcrit au bureau des hypothèques de Lyon le 18 octobre 1850, vol 508 n°50

    Voir les inscriptions d'offices vol 731 n°49365 et 49367. "

  • Acquisition du terrain de la Compassion (AP Visitation Annecy. Annales 1840-55, p.358)

    1853, 18 novembre.

    Ce fut au commencement de juillet que cet « ange consolateur », accompagné de notre S. S. M. Laure François de Sales fit son premier séjour parmi nous, avant de se rendre à la Compassion. La Providence ne pouvait envoyer à notre Mère de conseils plus appréciables pour les difficultés du moment, cette précieuse visiteuse ayant passé plusieurs fois par les épreuves de changement de local pour sa communauté. La charité ne s´en tint pas aux conseils, elle aida considérablement notre Mère dans l´acquisition d´un jardin ardemment désiré pour agrandir notre emplacement, réellement trop restreint pour accueillir une communauté nombreuse, ayant en outre un pensionnat. De plus, l´agrandissement considérable du cimetière de Loyasse, du côté de Fourvière, donnant quelques craintes pour la salubrité du futur monastère, on résolut de construire plus au levant c´est çà dire aussi loin que possible du séjour des morts, décision qui rendait plus nécessaire encore l´achat de ce terrain, appartenant précisément aux religieuses de la Compassion. Notre Mère Marie-Séraphine put enfin décider ces chères propriétaires à nous faire cette cession, pour laquelle Monseigneur lui-même s´était employé sans réel succès. Donc, le 18 novembre, par acte passé devant Me Berloty , sous le nom des dames Morel, Chessier, Chuzet, Lespinasse et Archet, était cédé aux dames Deville, Pascal, Galtier et Boizot un fonds en terre de la contenance de 77 ares, 68 centiares, entièrement clos de murs, au prix de 25 000 francs, qui furent livrés avant la fin de l´année. Cette propriété avait appartenu à M. Donat père, qui l´avait acquise au moyen de l´adjudication tranchée à son profit, au préjudice des religieux Minimes. Sur ce terrain, l´Institution de ND des Minimes jouit d´un droit de passage depuis l´ouverture pratiquée dans le mur séparatif des deux propriétés jusqu´au chemin des remparts (Montée du télégraphe), ce qui nous obligera à construire un autre mur de clôture sur un espace de 20 à 30 mètres environ. Inconvénient bien minime, en comparaison des avantages que nous retirons de cette heureuse affaire.

  • 1856 : Description du monastère ( AP Visitation Annecy. Annales 1855-70)

    Aussi conforme que possible au plan du Coutumier, le monastère est bâti sur 4 ailes, entourant un préau parfaitement carré. L´aspect intérieur de ce quadrilatère régulier est imposant par les proportions, animé par la multitude des ouvertures. C´est la reproduction exacte du premier et du deuxième étage, que nous avons vus au dehors, où les fenêtres sont comme ici soulignées d´un bandeau ou cordon, de pierre de taille, qui court tout le tour de la maison, à l´intérieur comme à l´extérieur.

    Mais le rez-de-chaussée est remplacé là par de superbes cloîtres, comprenant 9 arcades de chaque côté (36 en tout). Les arcades sont soutenues par des colonnes de pierre de taille qui portent un large cintre en même pierre, surmonté d´un autre cintre en brique. Les colonnes sont reliées par un soubassement d´un mètre vingt centimètres de hauteur, toujours en belle pierre bien taillée. Au point de jonction de chaque cintre se voit une croix latine, taillée en creux dans la pierre et au point central de la croix se trouve un énorme écrou qui répond à l´arête de chaque berceau de voûte et la soutient. Une porte dans l´arcade même est pratiquée aux 4 angles du cloître et fait face à une allée tracée en diagonale, aboutissant à la porte opposée, ce qui donne un préau coupé par un X, dont le point central indique le pied d´une statue (ce sera celle de St Joseph s´il nous accorde la faveur de découvrir une source d´eau importante).

    Une cinquième porte, avec une petite allée courant droit à la place de la statue, fait face, dans le cloître, au grand portail dont nous avons parlé. Cet endroit mérite de nous arrêter. Que ce portail s´ouvre du dedans ou du dehors, on est agréablement impressionné. Sort-on du monastère, on se trouve en présence d´un clos sans autre limite apparente que l´horizon le plus lointain. Si l´on rentre, on se voit sous un portique grandiose, en face d´un préau verdoyant.

    Dans quelque temps, notre oeil tombera sur un immense piédestal en pierre de taille, une grande statue de St Joseph, entourée d´arbres comme une couronne et au-delà une galerie ouverte, courant dans toute la longueur de notre 4e aile de notre bâtiment . Le mur servant de garde-fou à cette terrasse soulignera une rangée de vitraux élancés, plongeant de bien haut dans notre beau choeur, surmonté lui-même d´un gracieux clocher qui montrera l´heure sur ses 4 faces, à une distance de plusieurs kilomètres.

    Mais retournons sous notre portique. Les proportions du monastère demandaient un vaste escalier double pour le desservir. Il est donc là, majestueusement assis à droite et à gauche de l´entrée, face au cloître et reposant sa massive bordure de pierre, qui soutient la rampe sur une légère construction à jours en briques rouges vernies et artistement disposées, construction qui se pose elle même sur un beau soubassement de pierre de taille. L´intervalle entre les deux montées est égal à celui qui les sépare du cloître et ce carré est déterminé par 4 colonnes, deux flanquées à la base de l´escalier et deux bordant le cloître. Ces colonnes légères, taillées à 8 faces et surmontées d´un chapiteau, supportent chacune un cintre qui la relie à la suivante. Sur ce carré de cintres repose une sorte de dôme en briques disposées comme celles du cloître, à la manière du parquet à bâtons rompus. C´est la place tout indiquée pour élever chaque année, le 8 décembre, un autel à notre Mère Immaculée, qui se posera là comme sous un ciborium. Nul lieu ne peut être plus décoratif, d´autant que de chaque côté de ce carré, comme pour accompagner et éclairer ( ?) l´ensemble de ce beau portique un cintre et une voûte semblables, mais diminués de moitié comme hauteur et largeur, protégent l´accès de l´escalier et préparent l´oeil à suivre des lignes plus droites le long des cloîtres. C´est sous ces derniers cintres et contre les murs que seront placées en regard les belles statues de la Sainte Vierge et de St Jospeh, offertes par Mme de Coton (connaissance de M. Cherbonnière, devenue amie de la maison. Les deux statues sont en bois, elles ont coûté 400 F chacune. Mme de Coton les a données à l´occasion de son mariage).

    Jetons un coup d´oeil sur ce cloître si large, si clair, si grandiose, si stylé on peut dire. Toutes les colonnes qui soutiennent les arcades font saillie et reliées par une banquette de pierre monolithe. Aux extrémités c´est un bloc de colonnes, d´où part un arc qui s´élance sur chaque cloître, isolant ainsi le berceau de la dernière voûte et formant un carré aux angles de chaque cloître. C´est la place indiquée d´une porte ou d´une niche creusée dans le mur. Ce seul cloître compte 7 portes dans sa longueur et 2 aux extrémités en retour du cloître suivant. Ce sont de véritables ornements : très élevées, en beau chêne travaillé de nombreuses moulures, elles sont enchâssées dans un encadrement à large fronton triangulaire, tout uni. On trouve dans nos cloîtres les statues de notre St Fondateur et de la thaumaturge de notre siècle, Ste Philomène, dans des niches (plus tard on en comptera d´autres). Des sentences se remarquent de loin en loin ; des plinthes en chêne protègent le bas des murs et une large bande de même bois coupe, à hauteur d´appui, la monotonie du badigeon.

    Tout ce rez-de-chaussée est occupé par les cuisine, réfectoire, emplois, salle de communauté, cabinet de la Supérieure, et toute une aile par le pensionnat.

    Gravissons maintenant le grand escalier pour visiter le premier étage. (...). La porte franchie, nous voyons à droite et à gauche un corridor spacieux, sur lequel s´ouvrent toutes les portes des cellules. La lumière entre à flots par les triples fenêtres qui se trouvent à chaque bout de tous les corridors, lesquels se croisent aux angles, isolant ainsi une cellule à chaque coin du monastère. Si nous tournons à gauche, au midi, nous aboutissons à l´aile du pensionnat, (...) si nous tournons à droite nous trouvons l´aile de l´infirmerie de la communauté (...) à un petit couloir aboutit à une terrasse, très précieuse pour les malades et rejoignant l´aile du pensionnat. Si nous voulons visiter le 2e étage, nous trouvons la répétition du premier, même longueur de corridors et mêmes dispositions, sauf que les cellules, les dortoirs des élèves et autres appartements sont beaucoup moins élevés. Mais quelle vue magnifique de toutes parts ! Tout ce que nous avons admiré en visitant le clos se voit là de plus haut et par conséquent beaucoup mieux encore. (...) baissant les yeux nous apercevons notre basse-cour, avec les dépendances, hangar, lavoir, etc. séparés du monastère par une large allée nommée parmi nous rue de la Visitation.

  • 1856, 28 avril : Demande d'autorisation de d´exhausser de 1m90 sur 97 m de longueur le mur de clôture (AC Lyon. 315 WP 96 )

    Nous, sénateur, CHARGE DE L´ADMNISITRATION DU DEPARTEMENT DU RHONE, vu la pétition qui nous a été adressée par Ms Parot et Boudet, entrepreneurs domiciliés à Lyon, rue Clermont n°36, à l´effet d´obtenir l´autorisation d´exhausser de 1m90 sur 97 m de longueur le mur de clôture de la propriété des Dames de la Visitation située sur le chemin de ronde à l´ancien télégraphe, clore la petite porte qui existe dans ledit mur et pratiquer une ouverture dans un angle

    (...)

    ARRETONS :

    Ms Parot et Boudet sont autorisés aux fins de leur demande en se conformant aux prescriptions des règlements de voirie.

    Rapport du voyer :

    Vu l´avis favorable de M. le Colonel Ct le génie, le voyer considérant que le mur à exhausser est bien aligné, est d´avis que l´autorisation demandée soit accordée.

    La hauteur totale du mur de clôture ne pourra dépasser 4 m.

    Droits de voirie (Art. 2.9.14 du Tarif de Lyon) :

    Exhaussement d´un mur de clôture, long. 97 m haut. :1.30

    Surface 127m à O. 10e : 12. 70

    Pratiquer une porte : 4. 00

    Clôture en maçonnerie d´une porte : 2. 00

    Total : 18, 70

    Lyon, le 28 avril 1856,

    Le voyer,

    Bermorel

    Vu et proposé

    Lyon le 28 avril 1856.

    L´Ingénieur en Chef

    A Monsieur le Sénateur chargé de l´administration du département du Rhône

    Monsieur le Sénateur

    Mes Dames du monastère de la Visitation ont l´honneur de vous exposer qu´elles possèdent une propriété à l´ancien télégraphe et qu´elles seraient dans l´intention de faire exhausser le mur de clôture qui donne sur le chemin de ronde vers leur entrée principale longueur 97 m hauteur 1m 30 et de transporter la petite porte qui existe à 25 mètres de l´entrée principale et boucher ladite qui existe.

    En conséquence Monsieur le Sénateur elles vous prient d´avoir la bonté de leur faire délivrer la présente autorisation toutefois en se conformant au règlement de voirie et aux ordonnances de police. Comptant sur votre obligeance, Monsieur le Sénateur, elles ont l´honneur de se dire vos dévouées administrées.

    Le maçon chargé du travail par les Dames

    Parot, Boudet

    Lyon 9 avril 1856

    Avis du chef du Génie

    La propriété des Dames du Monastère de la Visitation n´étant pas soumise aux zones des servitudes défensives, le chef du Génie n´a point d´objections à faire sur leur demande.

    Lyon, le 15 avril 1856

    Le Lieutt Colonel Chef du Génie

  • 1859, 2 juillet : Erection de la Vierge de la salle d'ombrage élèves (AP Visitation Annecy. Annales, 1855-70, p.104)

    Les élèves de la Visitation Ste-Marie de Lyon, sous l´impulsion profonde et salutaire d´une retraite prêchée par le Révérend Père Germain, religieux de la Société de Marie, ayant, par un élan spontané et par un consentement unanime, conçu le projet de donner à Marie un témoignage authentique de leur reconnaissance et de leur amour, se sont cotisées pour ériger à leurs frais une statue de la Très Sainte Vierge dans la salle d´ombrage destinée à la récréation des élèves.

  • 1859, 10 août : Erection du chemin de croix de la chapelle des Enfants de Marie (AP Visitation Annecy. Annales 1855-70, p.118)

    L´impression que laissent de telles fêtes dans la tête des enfants est plus précieuse encore que la joie qui les transporte lorsqu´elles voient leur pensionnat prendre de plus en plus vie et extension. L´érection des stations du Chemin de croix dans la Tribune, dite Chapelle des Enfants de Marie, le 10 août dernier, leur a fait également un grand plaisir. Tout s´est passé exactement comme pour l´érection du nôtre au Choeur, au mois de novembre, et M. Cherbonnière en a dressé un procès-verbal identique.

  • 1860 : Nouvelle statue sur la terrasse ( AP Visitation Annecy. Annales 1855-70)

    Il y a pourtant un grand chagrin dans la maison, surtout pour nos chères enfants. La statue de la Vierge de leur terrasse, qu´elles avaient vu ériger avec tant de bonheur, a été trouvée un matin entièrement renversée et brisée par le vent. Elles en ont recueilli les débris avec amour et douleur, l´une d´elles, Marie Parisot, a fait son lot de la tête vénérée de la Sainte Mère et la conserve avec soin. Mais nos élèves n´en sont pas restées là, le projet de remplacer la statue, même au prix de quelques sacrifices, a été très vite formé et le produit de leurs petites épargnes, joint aux dons de quelques personnes amies, leur a donné la consolation d´avoir, bien à elles, une statue de l´Immaculée Conception, fort belle et plus résistante que la précédente contre les orages. Sur le piédestal, on lit ces paroles gravées :

    Filia matri (...) erunt

    Posuerunt in custode

  • 1862 : Acte de vente de la propriété Margerand, extrait (AP Visitation Annecy. Sans cote)

    Par devant Me François Félix Berloty et son collègue notaires à Lyon.

    A comparu :

    Monsieur Claude Margerand, avocat, chevalier de la Légion d´Honneur, demeurant à Lyon place St Jean n°6

    Lequel a par les présentes irrévocablement vendu et aliéné sous les plus

    amples maintenues et garanties de fait et de droit

    Madame Marie Pauline Albane Sain Rousset de Vauxonne

    Madame Henriette Durosier, toutes deux n´exerçant pas de profession et demeurant toutes deux à Lyon, quartier St-Just, Montée du Télégraphe.

    Ici présentes, acquérant solidairement et indivisément entre elles pour l´entière propriété des immeubles qui vont être désignés, appartenir à la survivante des deux et par forme de pacte aléatoire ainsi qu´il sera plus amplement expliqué et réglé plus bas.

    Désignation :

    Une propriété close de murs, située Lyon, quartier de Fourvière, et prenant son entrée par la rue du Juge de Paix, composée de bâtiments pour l´habitation, salle d´ombrage, jardins et plantations, de la contenance d´environ trente deux ares, trente deux centiares, et telle au surplus qu´elle s´étend, contient et comporte, les acquéreurs ayant dispensé les notaires de plus amples désignations.

    Origine de propriété :

    La propriété présentement rendue appartient à Mr Margerand pour l´avoir acquise de Mr Pierre Marie Marc Antoine Nolhac, son beau-père, officier de l´ordre royal de la Légion d´Honneur, ex commissaire du roi, près l´Hôtel des Monnaies, et demeurant à Lyon alternativement rue Sala numéro 11 et quartier de Fourvières, rue du Juge de Paix n° 23, ainsi qu´il en résulte d´un contrat passé devant Me Giemot et son collègue, notaires à Lyon, le 23 septembre 1837.

    Cette vente eut alors lieu moyennant le prix de 10 000 F dont le contrat devient quittance.

    La même propriété appartenait à Mr Nolhac sus nommé en vertu de l´acquisition qu´il en avait faite à Mme Catherine Louise Grenetier, veuve de Mr Pierre Arthaud ; de Mr Louis Colle, négociant à Lyon, et Mme Jeanne Marie Arthaud, son épouse, et de Melle Marie Arthaud, Jeanne-Claudine Arthaud et Marie-Antoinette Arthaud, suivant un contrat passé devant Me Guillermin et son collègue, notaires à Lyon, le 5 avril 1826, enregistré moyennant un prix qui a également été payé comptant, lors dudit contrat qui en contient quittance.

  • 1863 : La 1ere grotte de Lourdes (AP Visitation Annecy. Annales 1855-70)

    Arrêtons-nous à l´extrême limite de notre procession, c'est-à-dire vers la Maison dite du repassage, et, nous retournant, admirons à l´extrémité opposée de notre belle salle d´ombrage, formée de 3 rangs de tilleuls, la grotte de ND de Lourdes que fait élever la famille Deville. Elle est légère, élégante, pieuse, la Vierge est grande, bien conforme au modèle fait sous les indications de Bernadette. A nos pieds coule aussi le Gave, si l´on veut appeler ainsi le filet d´eau de la grosseur d´un doigt amené là artificiellement.

  • 1864 : Travaux de la chapelle (Visitation Annecy. Annales 1855-70)

    On construit, pour lors, un nouveau maître-autel (l´ancien est donné à nos soeurs de Condrieu). Il est en marbre blanc et de chaque côté du tabernacle quatre anges dorés sont en adoration, tenant tous en main un emblème eucharistique : ostensoir, encens, navette, etc. Sur le devant de l´autel, des fleurs symboliques sont également sculptées avec beaucoup de délicatesse et une grande perfection.

    Mais, pour que ce bijou de chapelle soit vraiment comme une épouse parée pour son époux, il faut que la main du peintre la parcoure de la base à la voûte. Et n´est-ce pas téméraire à nous, de songer à une dépense si considérable ? Sans doute, mais la Providence connaît les désirs secrets de nos coeurs et les moyens de les réaliser. Aussi, avant la fin de cette année, elle met entre les mains d´une de nos soeurs le bienfait d´un nouvel héritage qui sera offert à notre Mère avec recommandation expresse de l´employer à faire peindre l´église.

    Ce n´est pas tout, Notre Seigneur, qui semble prendre à tâche de réaliser tous les désirs de notre Mère, va bientôt par le même moyen mettre à sa disposition la somme nécessaire pour faire un embellissement autour du grand autel. Ce travail satisfera pleinement les artistes les plus délicats.

    Sans tarder admirons en le plan. Quatre colonnes, imitant à s´y méprendre le marbre rose, soutiennent un ciborium gracieux et élégant qui semble imposer à tous l´adoration du Dieu qu´il abrite. Sur le fronton de ce léger monument, un ange, dans le milieu, est en adoration ; au dessous de lui se lisent deux mots : HORTUS. CONCLUSUS

  • 1868 Installation du gaz AP Visitation Annecy. Annales 1855-70

    (...) Il s´agit de rien moins que d´installer le gaz hydrogène dans toute la maison. L´économe, dit-on, y est intéressée et se met à l´oeuvre. Mais quel travail ! Que de mètres et de décamètres de conduits pour faire circuler le fameux fluide dans les trois étages, cloîtres et corridors compris. Dans le Choeur, c´est une immense tige descendant de la voûte qui portera une suspension à 5 becs, jetant la flamme éclatante, bien garnis chacun de chapeaux en porcelaine transparente ; le réfectoire des élèves sera aussi muni d´une suspension de même genre, mais d´un plus petit modèle. En Communauté, nous aurons 3 becs en forme de lampes, disposés de distance en distance dans le milieu de la salle. Au réfectoire, nous serons aussi éclairées par 3 becs, dont un, genre papillon, sera tout auprès de la lectrice. Bref, les ouvriers gaziers circulent dans toute la maison, perçant les murs, les briquetages, assujettissant les conduits, posant les becs , les couronnant d´immenses chapeaux verts doublés de blanc, (...)

    Tout est terminé pour la rentrée des élèves : la lumière brille partout, point de recoins obscurs, la surveillance est donc facilitée

    (...)

    recommandation expresse est faite à chacune de veiller attentivement à l´économie sur ce point et l´on reverra les petites lampes dans les lieux et les temps où elles pourront suffire.

  • 1874 : Grotte de Lourdes (AP Visitation Annecy. Annales 1870-80)

    (...) notre Soeur Marie-Antoinette Meuse a fait cadeau d´une grande statue de Notre Dame de Lourdes en terre cuite, qui vient d´être installée dans la grotte de la salle d´arbres, à la place de Notre dame des Dons, laquelle a été transportée sur un rocher attenant au pavillon Margerand.

  • 1878 : Installation du cabinet de physique et de zoologie (AP Visitation Annecy. Annales 1870-80)

    Après des vacances prolongées en l´honneur du nouveau pape, nos enfants s´intéressent vivement à l´installation du cabinet de physique, dans la classe St L. de Gonzague. (...) nous profitons de l´occasion qui se présente pour avoir des instruments à meilleur compte et nous achetons ceux du petit séminaire de Montbrison (...). Notre chère Econome doit faire le sacrifice de 800 F pour cette installation dont M. Cholleton est vraiment l´instigateur. Ex- professeur de physique aux Minimes, ce bon Père accepte avec plaisir de faire, devant les élèves, les premières expériences. (...) Quel bonheur, par exemple, de faire fonctionner la grande machine électrique (...), le télégraphe, etc.

  • 1894, 16 avril : Demande d'autorisation de rehaussement d´un mur de clôture devant recevoir un bâtiment, percer une porte et 2 croisées, crépissage et badigeon Montée du Télégraphe n°8 (AC Lyon. 315 WP 94)

    Objet : rehaussement d´un mur de clôture devant recevoir un bâtiment, percer une porte et 2 croisées, crépissage et badigeon Montée du Télégraphe n°8. Mme la Supérieure du Couvent de la Visitation, Montée de Télégraphe 10.

    Mr Favier, entrepreneur Place de Trion 6

    Percer 5 ouvertures (croisées) (1 porte et 5 croisées) Rue du Juge de Paix n° 23

    Vu la pétition en date du 16 avril 1894, communiquée le 18 dudit par laquelle Mme la Supérieure du Couvent de la Visitation, prop. représentée par Mr Favier entrepreneur demeurant Place de Trion 6 demande l´autorisation

    1° d´exhausser un mur de clôture devant recevoir un bâtiment, percer une porte et croisées, crépir et badigeonner. Montée du Télégraphe n°8

    2° de percer 5 ouvertures rue du juge de Paix n°23

    Le mur de clôture a exhausser pour recevoir un hangar n´étant pas frappé de reculement et la façade de la maison sise rue du Juge de Paix n°23 dans laquelle la pétitionnaire demande à percer une porte et 5 croisées étant bien alignée, il y a lieu de l´autoriser aux fins de sa demande en se conformant aux prescriptions réglementaires.

    L´exhaussement du mur aura une longueur de 13 m 90 et une hauteur de 1m.

    Lyon, le 10 avril 1894

    Monsieur le Maire

    Au nom de Mme la Supérieure du Couvent de la Visitation, Montée du Télégraphe 10, l´entrepreneur soussigné a l´honneur de solliciter de votre bienveillance l´autorisation de construire un hangar conformément au plan ci-joint ; même Montée n°8.

    Le mur de clôture déjà existant devant recevoir la toiture du hangar sera remaillé et badigeonné ; il y sera de plus pratiqué 2 fenêtres et 1 porte ordinaire.

    Il demande également à percer 5 fenêtres et 1 porte ordinaire dans l´immeuble en façade rue du Juge de Paix 23, lequel immeuble fait partie de la même propriété.

    Confiant dans une réponse favorable, ...

    Favier Simon

  • 1896 ca. Petite relation de notre transfert de la Croix-Rousse à Fourvière. Aménagements divers du monastère. La guerre de 1870. L´ambulance. L´échange du terrain avec le Carmel (AP Visitation Annecy. Ms. Sans cote)

    1896 ca.

    Le projet d´abandonner la Croix-Rousse remonte à l´année 1850. Le monastère était tellement dominé de toutes parts que la clôture s´en trouvait gravement compromise. De plus, le quartier était continuellement troublé par de petites émeutes. Son Eminence le Cardinal De Bonald s´en inquiétait vivement. Et le 13 juillet 1849, il écrivait de Vernaison à notre Mère Marie Régis Deville qui avait été réélue le 24 mai :

    « Il faut, ma Révérende Mère, vous occuper avec prudence de chercher un local pour vous y transporter. C´est comme Supérieur Majeur que je vous parle ; mais je dis : avec prudence, parce qu´il vous faut bien choisir l´endroit et examiner ce que vous pouvez faire. Si vous restiez où vous êtes, vous perdriez votre aumônier, sans compter les dangers auxquels votre monastère peut être exposé... ».

    Assez perplexe et ne sachant de quel côté se diriger, notre Mère consulta le Curé d´Ars qui fit répondre : « Oui, qu´elles bâtissent un monastère... elles y seront tranquilles 50 ans ». C´était une assurance bien relative. Néanmoins des recherches furent faites. Sur la colline de Fourvière un terrain se trouvait disponible. Notre Mère Marie Régis, accompagnée de Son Econome Soeur Marie Blandine Combes et de Soeur Louise Eulalie Pascal, qui devait, par son dévouement, jouer un grand rôle dans notre transfert, vin le visiter. La propriété en vue était considérable et force était d´agir prudemment. Mais ayant appris que, de leur côté, les Révérendes Mères Carmélites cherchaient un terrain pour bâtir, on entra en pourparlers avec elles, par l´intermédiaire de notre confesseur, Mr Cherbonnière, et l´on aboutit à une entente pour acquérir conjointement ce vaste enclos.

    Le 10 octobre 1850, le contrat de vente et d´achat était signé. Mais l´on ne pouvait commencer à construire qu´avec les fonds qui proviendraient de la vente de la Croix-Rousse. Or les démarches dans ce sens n´aboutissaient pas, Monseigneur, très en sollicitude --persuadé qu´il était que tant que nous serions dans ce quartier nous n´aurions ni pensionnaires ni postulantes -- échouait lui aussi dans plusieurs tentatives. Tour à tour il crut pouvoir établir dans le monastère des sourds-muets, puis un hôpital, puis créer une paroisse, dont notre chapelle agrandie deviendrait l´église. Mais aucun de ces projets n´eut de suite. De son côté, notre Mère déployait toutes les ressources humaines et surnaturelles. Apprenant que le Général de Castellane, commandant de Lyon, serait un parent éloigné de notre Sainte Mère, elle pensa user de son influence auprès de l´administration de la ville pour l´achat de notre immeuble, et lui fit remettre dans un très beau tableau des Reliques de Ste Chantal, en réclamant sa haute protection pour notre monastère. La réponse fut aimable, pleine de reconnaissance, mais non point affirmative... il promettait sa visite. Elle eut lieu quelques jours plus tard. En abordant notre Mère Marie Régis, le Général lui offrit un beau chapelet en nacre, orné d´une croix bien travaillée, venant de Jérusalem. Le riche présent prit bientôt place au cou de la Sainte Vierge du cloître qui allait devenir à Fourvière la Vierge de l´avant-choeur.

    Le général voulut parcourir tout le monastère, ce qui donna aux soeurs des espérances illusoires pour le grand projet. Arrivé à la salle de la communauté où se faisait l´assemblée d´après Vêpres, le futur Maréchal de France s´arrêta à considérer les ouvrages, s´informant des austérités, des usages et parut fort satisfait des réponses qui lui furent données. Il termina sa visite en accusant notre Mère de sa protection, lui disant qu´il la ferait prévenir au moindre signe de danger et l´invita à recourir à lui en toute circonstance où il pourrait lui être de quelque utilité.

    Fidèle à sa parole, il ne manqua pas de nous recommander lui même au colonel du régiment stationné dans notre quartier. Fortes d´une telle protection, nous nous tenions bien tranquilles, jusqu´au jour où, une alerte survenant, notre Mère envoya demander au colonel s´il y avait quelque chose à craindre et des mesures de précautions à prendre : « Dites à Mme la Supérieure, répondit imperturbablement celui-ci, que nous sommes en mesure, nos forts sont munis, nos canons braqués ; si les ouvriers font la moindre démonstration, en moins d´un quart d´heure la Croix-Rousse est rasée !..Et plusieurs de ces forts tiraient en ligne directe sur le monastère ! L´heure était à la confiance absolue... elle ne fit pas défaut. Aussi Dieu nous garda-t-il de tout péril , mais on heure n´était pas venue de réaliser nos projets. Deux fois le contrat de vente fut sur le point d´être signé et finalement ajourné.

    Cependant grâce à quelques emprunts et à la générosité de nos monastères on se détermina à commencer les constructions. Une question de la plus haute importance était le choix d´un architecte. La Providence allait y pourvoir admirablement par l´entrée parmi nous, le 2 février 1852, de notre soeur M. Aimée Bossan, soeur de l´artiste immortel qui allait doter la ville de Lyon de la splendide basilique de Fourvière. En attendant, Pierre Bossan va s´exercer à tracer les plans de notre monastère. Les difficultés que présentent le terrain, la volonté arrêtée de nos supérieurs de garder la plus grande conformité possible avec le Coutumier, la nécessité impérieuse de modérer les dépenses ne le découragent pas. Son travail longuement et minutieusement discuté, puis modifié en plusieurs points par Mgr lui-même sera définitivement accepté, et nous donnera un monastère régulier aux belles et religieuses proportions.

    C´était le 8 décembre de cette même année 1852 qu´était inaugurée la Vierge du clocher de Fourvière et qu´avait lieu spontanément la fameuse première illumination de toute la ville.

    Le 18 novembre 1853 nous faisions l´acquisition de la portion de terrain qui se trouve dans le bas de la propriété. Mais sur ce terrain, l´Institution des Minimes jouissait d´un droit de passage, depuis la Montée du Télégraphe, ce qui nous obligea à construire un autre mur de clôture sur un espace de 30 m environ. Inconvénient minime en comparaison des avantages qui nous revenaient de cette heureuse affaire.

    En 1854 achat de la concession de Loyasse, ne pouvant obtenir d´avoir notre cimetière dans notre enclos, qui fait partie de l´enceinte de la ville.

    Le 26 avril il fut procédé à l´exhumation des 56 soeurs inhumées dans le cimetière de monastère de la Croix-Rousse. Depuis que la communauté s´y était établie en juillet 1812, les ossements de nos chères défuntes furent recueillis dans un cercueil de chêne et notre soeur Marie de Borgia Chantre, récemment décédée, placée dans un cercueil neuf. Ces deux cercueils furent portés à Loyasse sur un char funèbre et déposés dans le terrain portant le n° 674, où est désormais notre caveau. L´absoute fut donnée par le clergé de St-Just, assisté de Mr Cherbonnière, de nos soeurs tourières et de quelques amis de la maison. Le commissaire de police dressa un procès verbal de cette exhumation. Il est conservé aux archives, et compte aussi la liste de toutes les personnes exhumées, leur âge et la date de leur décès. Les frais de transfert furent de 275F.

    Cependant, les dernières difficultés pour la situation de notre nouveau monastère disparurent grâce à l´acquisition des deux petits pavillons qui ont leur accès sur la montée du Télégraphe. Ces pavillons assez insignifiants par leur valeur auraient cependant entravé nos projets à cause du jour qu´ils avaient sur nous si le gouvernement avait refusé de les céder. Mais, du moment qu´il cessait de faire usage de ces petits télégraphes, l´emplacement qu´ils occupaient devait d´après les conditions d´un acte de vente préalable, revenir au propriétaire du terrain.

    Ce dernier obstacle écarté, les ouvriers se mirent à l´oeuvre pour creuser les fondations du monastère. Les murs de clôture étaient déjà en construction depuis un an. Le travail se poursuivant avec diligence, la cérémonie de la bénédiction de la première pierre de l´église fut envisagée et fixé au 6 juin fête de St Claude.

    Ce fut une douce consolation pour notre Mère de préparer cette grande et symbolique action. Une ombre pourtant planait sur cette fête : les tournées de confirmation, hors de la ville, empêchaient le cardinal De Bonald de présider la cérémonie. Il se fit remplacer par Mgr Franzoni, l´illustre exilé de Turin pour son zèle à défendre les droits de l´Eglise contre les persécutions de Victor-Emmanuel II, en 1850. Un nombreux clergé, les amis et connaissances de la communauté se firent un bonheur d´assister à notre fêtes, mais surtout nos élèves, auxquelles on fit mériter cette faveur. Notre Mère, les Soeurs du Conseil et la 1e Maîtresse du pensionnat, Soeur Marie Hyacinthe, étaient présentes.

    Une douce surprise attendait notre Mère : celle de reconnaître dans l´assistance Son Eminence en simple soutane rouge. Notre fête fut ainsi rehaussée par la présence de deux prélats qui accomplirent les fonctions liturgiques avec toute la solennité qu´elles comportent.

    Monseigneur, entouré de plusieurs prêtres et de Mr Bossan notre architecte, s´avança armé d´une truelle et du goupillon, pour bénir la pierre fondamentale qui est fort belle. Pui il scella la boîte en plomb qu´on devait y mettre. Elle renferme : 1° le procès-verbal de la cérémonie sur un beau parchemin, portant la signature de tous les assistants ; 2° quelques pièces d´or et d´argent ; 3° des reliques ; 4° un bon nombre de médailles. La pierre mise au dessus fut scellée au mortier. Des averses, qui transformaient de temps en temps le chantier en une forêt de parapluies, faisaient présager d´abondantes bénédictions sur la grande entreprise. Sur cette première pierre est gravée l´inscription dont voici la traduction :

    « L´an 1854 et le 6 juin, sous le souverain pontificat de Pie IX, sous le règne de l´empereur Napoléon III, Son Eminence Mgr Louis-Jacques Maurier, cardinal de Bonald, occupant le Siège de l´Eglise Primatiale de Lyon, Son Excellence Mgr le marquis Louis Franzoni , archevêque de Turin, chassé de son Siège, envoyé en exil pour avoir défendu énergiquement l´Eglise catholique et fixé provisoirement à Lyon, ont posé et béni solennellement la première pierre de l´église du monastère des religieuses de la Visitation Ste-Marie, en l´honneur : 1° de la Bienheureuse Vierge Marie, 2° en l´honneur du Bienheureux St Joseph.

    Hélas ! l´ombre du mal vient se mêler aux meilleures choses. La nuit suivante, un ouvrier très probablement vint dérober la boîte scellée dans la pierre. Il fut sans doute un peu surpris de n´y trouver que 15F en or et quelques pièces de monnaie. Au reste, il fit la chose avec tant d´adresse qu´il n´endommagea pas la pierre (celle-ci se trouve à un pied envron de la porte du choeur) mais il laissa sur sa route les reliques et les médailles qui nous furent rapportées le lendemain. La boite fut remplacée, mais cette fois on se contenta d´y mettre quelques centimes.

    Au mois de mai 1855, au moment où nos constructions étaient en plein essor, notre Mère Marie Régis arrivait à la fin de son second triennat. Son activité généreuse, son intelligence remarquable faisaient face à tout, contournaient toutes les difficultés. On construisait à Fourvière, on vendait à la Croix-Rousse, sans que ces immenses soucis matériels fassent perdre de vue la bonne marche de la communauté où le temps des exercices spirituels était soigneusement sauvegardé.

    Le 19 mai 1885 [sic] avait lieu la déposition. Notre Mère Marie Blandine Combe élue le 24 mai se hâta de confier le noviciat à sa chère Déposée et de lui laisser les effroyables responsabilités matérielles de l´entreprise de Fourvière, qu´elles portèrent, d´ailleurs, d´un commun accord. Il importe maintenant de hâter le mouvement le plus possible, car nos immeubles de la Croix-Rousse sont très désirés et les ventes se succèdent avantageusement. Les acquéreurs demandent une prompte entrée en jouissance. La présence de notre C.H. Soeur la Déposée était donc souvent requise pour la surveillance des travaux, mais ne voulant pas se séparer longtemps de son précieux appui, nos soeurs Louise Eulalie Pascal et Jeanne de Sales Galtier furent désignées pour séjourner sur le champ d´action. Ce ne sera qu´au mois de mars 1856 que notre Soeur la Déposée ira les rejoindre. Cette petite colonie aidée d´une soeur tourière se livrera sans ménagement à un travail énorme, sans laisser de s´assujettir à dire l´office et à fair tous les autres exercices de règle, autant que possible aux heures marquées. Ces chères soeurs se contentèrent pour tout logement de la petite maison dite « du repassage » située à l´extrémité de notre enclos, vers la rue du Juge de Paix, mur mitoyen avec le Carmel.

    Nous voici entrées dans cette année 1856, mémorable entre toutes pour nous, puisqu´elle marqua le commencement de notre existence à Fourvière. Le 29 janvier, dernière fête de notre B. Père à la Croix-Rousse, Son Eminence vient offrir le St Sacrifice de la messe en notre chapelle et nous donne un témoignage de son affection paternelle en se dépouillant en notre faveur de trois trésors : un portrait miniature de notre St Fondateur, reproduction de celui que notre Ste Mère envoya à Mme de Montmorency, et deux lettres autographes de notre Saint : l´une adressée aux Religieuses du Puits d´Orbe, et l´autre à notre Mère M. Jacqueline Favre, dans laquelle il souscrit aux changements que M de Marguemont voulut lui faire apporter à notre genre de vie. Pour témoigner notre reconnaissance, notre Mère prit l´engagement de faire célébrer chaque année une messe, à perpétuité, en souvenir de Son Eminence et de suivre sa recommandation expresse, en ne laissant jamais sortir du monastère ledit portrait.

    Au terme de l´année de Déposition de notre C. H. Soeur Déposée était élue Assistante. Dévouée dans relâche à sa grande entreprise, elle dut nous quitter peu après, pour présider à l´installation du matériel de la maison à Fourvière. A leur grande joie, ses novices la suivirent pour lui donner le concours de leur dévouement. On installa d´abord un autel dans la chambre des assemblées, et la messe y fut célébrée tous les jours par M. Cherbonnière, qui avait pris possession de son nouveau domicile. La présence du Bon Maître dans ce pauvre local provisoire fut le plus doux encouragement pour la petite troupe. Aucun des exercices spirituels ne fut sacrifié aux occupations matérielles. Le saint office se chanta, il est vrai, à droite voix, mais toujours aux heures marquées. La lecture, l´oraison ne furent jamais écourtées. Bref, la petite communauté déploya tant d´activité que l´on entrevit le jour où toute la Famille pourrait se transporter au monastère, habitable désormais mais loin d´être achevé, bien entendu.

    A la Croix-Rousse, la maison se vidait à vue d´oeil. Notre Mère Marie Blandine, toujours soucieuse de faire avancer les âmes, gardait inviolablement le secret du jour fixé pour le départ. Durant nos récréations, agitées par la brûlante question, on essayait bien d´arracher à sa charité la date mystérieuse, mais ce fut en vain. Enfin le dimanche soir 15 juin, nous fûmes averties de nous tenir prêtes à partir le lendemain, les unes de très grand matin, d´autres un peu plus tard, afin de passer plus inaperçues dans notre grande ville. Nos élèves étaient transportées de joie à la pensée de voyager avec leurs « chères maîtresses ». L´une d´elle écrivit en détail le récit de leur départ et des péripéties joyeuses de la dernière nuit sur des couchettes de fortune, mais il serait trop long de la transcrire ici. L´émotion qui étreignit le coeur des maîtresses au moment du départ n´échappa pas aux jeunes espiègles. Tout un passé de grâces, de souvenirs personnels et généraux, de bienfaits innombrables de la Providence, restait attaché au cher monastère que l´on quittait. Toutefois, la perspective des avantages immenses que comportait la nouvelle situation dominait ce sentiment douloureux, qu´adoucit bientôt, aussi, la consolation donnée à nos Soeurs d´entendre la messe et de faire la Sainte Communion dans le sanctuaire de ND de Fourvière.

    Aussitôt après la Sainte messe, nos enfants étaient emmenées par nos soeurs tourières au monastère. Quant à nos Soeurs, elles se rendirent d´abord au couvent du Verbe Incarné, où la Révérende Mère Hiver et sa communauté les reçurent avec une cordialité vraiment «visitandine». Chaque bande qui arrivait chez elles était reçue par toutes les Soeurs, en grand manteau de choeur, chantant le Magnificat près de la porte de clôture. Après avoir fait honneur à un déjeuner fort gracieusement offert et visité la maison et le jardin, il fallu dire adieu à des aimables voisines pour se rendre chez les révérendes Mères Carmélites. A leur tour elles ouvraient leurs portes à nos Soeurs avec autant de cordialité et de pieuses démonstrations. La journée s´avançant on demeura un peu moins au Carmel et l´on se retira pénétrées d´édification.

    Voici enfin la Montée du Télégraphe. Quel n´est pas le saisissement de nos Soeurs en apercevant le mur de clôture, vraies murailles de fortification élevées jadis par le Génie,et dans ces murs protecteurs, la petite porte de fer surmontée d´une croix en fer. La dite porte s´ouvre devant elles... nouvelle impression mystérieuse : une voûte au-dessus de leurs têtes ; en face d´elles un escalier sombre et encaissé d´où l´on n´aperçoit qu´un petit coin du ciel. Mais à mesure que l´on gravit l´escalier encastré dans d´épaisses murailles, l´horizon s´élargit et nos Soeurs peuvent apercevoir l´entrée de la nouvelle demeure qui va être le lieu de leur repos, où elles « habiteront pour jamais ».

    Encore quelques pas et c´est l´entrée en clôture. Quel n´est pas leur bonheur d´entourer leurs Mères vénérées, émues elles aussi de voir toutes leurs chères Filles réunies dans cette maison qui leur a coûté et leur coûtera encore tant de sollicitudes, et où tout parlera jusqu´à la fin des temps de leur dévouement, de leur sagesse, de leur vertu.

    Il semble que Notre Seigneur ait mis tout son coeur à nous préparer ce séjour béni. Cette terre fut arrosée par le sang des martyrs, aussi combien féconde fut la semence. On ne voit sur la colline que maisons religieuses et oeuvres de toutes sortes. Nous sommes entourées par le Carmel, le Refuge de ND de la Compassion, l´Institution des Minimes.

    Si nous regardons ce que la nature nous offre en ces lieux nous sommes dans l´admiration. Au nord, au premier plan le sanctuaire de Fourvière et la Vierge du clocher. Du côté du levant et du midi, le regard suit le cours du Rhône qui s´étend dans la vallée du Dauphiné. Au dernier plan apparaît parfois la chaîne des Alpes et le Mont Blanc, dont les fiers sommets ferment parfois ce vaste horizon.

    Tournant, du côté du couchant, nous voyons le verdoyant coteau de Ste-Foy qui domine le confluent du Rhône et de la Saône et, plus près de nous, les quartiers populeux de St-Irénée et de St-Just. Ce gracieux paysage est contourné par les montagnes du Lyonnais derrière lesquelles disparaît chaque soir le soleil à son déclin. Spectacle sur lequel s´arrêteront souvent par la suite nos regards émerveillés. Aucune vue même éloignée ne dominait notre propriété, située au plus culminant de la colline, si ce n´est vers un angle extrême ou clos, quelques personnes austères, vivant paisiblement dans leur solitude.

    Si nous abaissons la vue vers la grande ville qui s´étend à nos pieds, nous y apercevons deux lieux bien chers à notre piété filiale : dans le quartier de Bellecour l´emplacement de notre ancien monastère, le 2d de l´Institut, qui reçut les derniers enseignements de notre B. père avant d´y rendre son dernier soupir ; puis, plus près de nous, celui de l´Antiquaille, dont le cloître et les anciennes constructions subsistent encore et nous parlent de la vénérée Mère Suzanne des Riants qui les fit construire.

    Notre nouvelle demeure qui occupe, comme nous l´avons dit, le point culminant de la colline, est loin de déparer ce paysage. Elle présente un peu l´aspect d´un château-fort, de style roman ; elle est bâtie en pierre jaune de Couzon, alternant avec des briques rouges. Un avant-corps de bâtiment qui coupe la façade est surmontée de la cloche des exercices. En bas, un majestueux portail cintré donne accès dans l´intérieur du monastère, imposant avec ses grands cloîtres en quadrilatère qui entourent un préau parfaitement régulier. Au début de l´entreprise le pensionnat devait occuper un bâtiment spécial et indépendant ; mais la prudence ayant dû limiter nos effroyables dépenses, une nouvelle combinaison s´est imposée. La communauté s´est suffisamment resserrée pour laisser une aile entière à nos élèves qui s´annoncent nombreuses : 60 pour la rentrée et 65 places sont retenues pour l´année prochaine.

    On devine la besogne qui incombait en ces premiers mois à la communauté. Tandis que Mère Marie Blandine veille à notre avancement dans la vie intérieure, notre infatigable Soeur la Déposée soulève les courages et un travail considérable d´organisation s´accomplit chaque jour comme par enchantement. L´essentiel terminé, on prendra le temps voulu pour achever l´installation sans empressement et sans préoccupations. Nos Mères aiment à nous rappeler les exemples de l´Antiquaille où dans des circonstances semblables on ne permettait pas même de s´attarder un peu dès que la cloche se faisait entendre.

    Nos ouvriers détournés un moment de leur travail par les embarras de notre installation vont reprendre activement la construction de notre 4e aile. La communauté fut mise par notre Mère sous la protection spéciale de St Joseph. Et selon la promesse qui avait été faite la messe du 1er mercredi passé à Fourvière fut célébrée en son honneur. Bientôt il daignera nous faire sentir l´efficacité de son intervention

    Le 29 janvier 1857, notre Vénéré Cardinal vint pour la 1e fois dire la messe en notre monastère, en l´appartement qui nous sert de salle de communauté. Il circula ensuite avec une satisfaction touchante dans cette maison qui lui devait son existence et dont il avait suivi le développement. Le 9 mars c´était Mgr Franzoni qui nous visitait avec un intérêt non moins paternel. Nous le revîmes assez fréquemment. Il aimait à nous surprendre et à faire passer de petits examens à nos enfants, examens dont il se montrait toujours fort satisfait.

    Le 26 mai, deux novices prononçaient leurs Saints Voeux et une postulante recevait le Saint Habit. A cette cérémonie était présente une jeune fille qui étudiait sa vocation, Melle Albane de Vauxonne. Son entrée parmi nous, le 13 juin suivant, fut assurément la plus belle réponse de St Joseph aux instances que nous lui avions faites pour nos affaires matérielles. Orpheline, possédant une grande fortune, Melle de Vauxonne ne fut pas insensible aux nécessités de la communauté. Mais, plus que ses bienfaits, nous estimions son ardeur dans le service de Dieu et son mépris du monde qui lui avaient fait quitter, avec sa famille, la vie la plus conforme à ses goûts. Sous son modeste bonnet à trois pièces, devenu légendaire, rien ne pouvait faire soupçonner qu´elle avait jadis ouvert un bal avec Napoléon III par un quadrille d´honneur.

    Le 24 octobre 1857 avait lieu sa prise d´habit, qui fut présidée par le Cardinal de Bonald. Bien que l´église, le choeur et les sacristies soient construits et couverts, nous devons nous contenter encore de notre chapelle dans la salle de communauté. L´autel occupe le panneau entre les deux portes du fond, aboutissant dans un cabinet qui sert de sacristie. Son Eminence fit un excellent sermon sur l´humilité et l´obéissance et imposa à la nouvelle novice le nom de Soeur Marie François de Sales.

    Cependant un bien beau jour s´annonçait. Nos constructions assez avancées nous permettaient d´entrer en jouissance de notre nouvelle chapelle. En attendant le jour où elle pourrait être solennellement consacrée, M. notre Supérieur lui donna une bénédiction provisoire le dimanche 26 septembre. Il est difficile d´exprimer les sentiments de nos Soeurs assistant pour la première fois à la Sainte Messe ici, et faisant retentir les belles voûtes de notre vaste choeur des premières notes du St Office, sur nos 35 stalles apportées de la Croix-Rousse. Nous retrouvons à l´avant-choeur la statue de la Ste Vierge (Immaculée de Rome) qui porte suspendu au cou le chapelet du maréchal de Castellane. La première cérémonie qui se déploya dans notre chapelle fut, à juste titre, celle de la profession de Soeur F. de Sales de Vauxonne, qui, par la déposition de ses biens, nous avait permis d´élever ce temple au Seigneur. Comme témoignage de son bonheur parmi nous, notre chère professe nous offrit alors le grand tableau peint à l´huile de nos Sts Fondateurs dans la gloire. Exécuté à Paris sur le portrait le plus ressemblant, au dire de notre Ste Mère qui fut placée auprès de lui, il faut placé au dessus de la cheminée dans notre salle de communauté.

    En la fin de cette année 1858 eut lieu l´érection du chemin de croix du choeur par M. Cherbonnière (Procès-verbal aux Archives). Et la pose de la grande horloge, don de ce vénéré aumônier, pour faciliter la promptitude à nos Sts Exercices ; elle fut installée pour Noël.

    En 1859, érection d´un chemin de croix pour nos élèves dans la chapelle du pensionnat avec les mêmes cérémonies que pour le choeur. La statue de la Ste Vierge sur le terrain du Pensionnat est également érigée et bénie par un Religieux Mariste. D´un élan spontané, voulant donner à Marie ce témoignage de leur reconnaissance et de leur amour, elles s´étaient cotisées pour la faire élever à leur frais. Hélas, un an plus tard en 1860, elles ont le grand chagrin de la trouver un matin entièrement renversée et brisée par le vent. Elles en recueillent les débris avec amour et douleur. L´une d´elles fait son lot de la tête vénérée et la conserve avec soin. Mais elles ne s´en tiennent pas là. Au prix du sacrifice de leurs petites épargnes la statue est remplacée par une autre fort belle et plus résistante.

    Enfin le 1er mai 1861, la communauté a la joie de témoigner à St Joseph sa reconnaissance pour tous les secours reçus de lui. Monsieur l´Abbé Deville frère de notre chère soeur la Déposée nous a fait don d´une très grande statue de St Joseph qui va s´élever sur un piédestal au milieu du préau, à l´endroit précis où a été découverte la source que nous demandions à ce grand saint.

    La bénédiction de cette statue fut très solennelle. Un nombre respectable d´ecclésiastiques s´y trouvaient pendant que nous étions toutes groupées auprès de notre puissant protecteur.

    Le 6 octobre 1861 mourait notre dévoué Confesseur M. Cherbonnière, que nous possédions depuis 1835. Il avait 67 ans. Son coeur qu´il nous légua repose derrière le maître-autel de notre Eglise, avec l´inscription sur une petite plaque de marbre blanc.

    Quelques mois plus tard mourait à son tour Mgr Franzoni. Sa dernière visite avait été pour nous offrir ses condoléances pour le décès de notre aumônier.

    Nous voici en l´année 1862. Une affaire importante préoccupe notre Mère Marie Régis qui a repris la charge l´année précédente. Une propriété située rue du Juge de Paix et dont l´extrémité confine notre clos à l´Est est mise en vente et les acquéreurs s´annoncent nombreux. On n´ose penser à cet achat alors que tant de charges pèsent déjà sur nous et cependant notre clôture est compromise de ce côté par un pavillon bâti sur cette propriété et qui nous domine. Mais la Providence va se montrer encore, notre Sr St F. de Sales de Vauxonne recevant juste à propos les capitaux qui lui revenaient d´une succession de famille, notre Mère peut s´assurer la possession de cet immeuble où se trouve, outre le pavillon, et plus loin de nous, une maison convenable pour servir un jour d´aumônerie, ce qui dégagera tous les appartements de l´extérieur.

    Le 4 juillet 1862 l´acte de vente est passé et la propriété Margerand est acquise au prix de 50 000 frs (32 ares, 32 centiares).

    Le 8 novembre 1862, nous recevons quelques ossements de nos Srs Restauratrices, trouvées dans une seconde fouille de notre cimetière de la Croix-Rousse. Il nous est permis de les conserver dans notre enclos, à l´angle de la Montée du télégraphe, où se trouve une grotte surmontée d´une croix.

    Cette année, M. Deville fait planter les arbres du Bosquet proche de la salle de communauté. C´est son cadeau pour la profession de sa fille, notre Sr Philomène de Chantal.

    Le 12 avril 1864, profession de notre Mère Anne Régis Filliat. Les ouvriers occupent toujours notre église et depuis un an toutes nos fêtes se célèbrent à l´intérieur, aussi permet-on aux Srs de Mère Anne-Régis d´entrer au moment de la cérémonie.

    On construit un nouveau maître-autel en marbre blanc, l´ancien va à notre Monastère de Condrieu. Les travaux d´embellissement de l´église entraînent une dépense considérable. Et la Providence met, avant la fin de l´année, entre les mains de notre Mère un nouvel héritage, avec recommandation expresse de faire peindre l´église. Notre Seigneur, qui semble prendre à tâche de réaliser tous les désirs de notre Mère, va, par le même moyen, mettre à sa disposition la somme nécessaire pour édifier le ciborium qui réalisera toute l´inspiration de M. Bossan et satisfera pleinement les artistes les plus délicats.

    Notre Eglise sera terminée juste à temps en 1865 pour la célébration -- les 2, 3 et 4 juillet -- des fêtes en l´honneur de la béatification de notre Ste Soeur. Aucune décoration étrangère ou tenture n´auront été nécessaires, l´éclat des peintures toutes neuves étant le plus bel ornement, que des milliers de lumières, disposées avec goût et symétrie, font encore ressortir.

    Signalons la gracieuse cérémonie qui ouvrit les solennités du Triduum. Le soir, à 6 heures, nos élèves vêtues de blanc, couronnées de marguerites et tenant un lys à la main sortirent en procession dans la chapelle extérieure. Quatre d´entre elles portaient sur un brancard la statue du Sacré-Coeur. Deux autres, des plus petites, vêtues de gaze d´argent et tenant des oriflammes, accompagnent le Bref, posé sur un coussin magnifiquement paré. La procession qui s´est déroulée d´abord dans l´enclos avec chants au S.C. franchit la clôture par le grand portail. Une foule l´accueille et c´est à peine si elle peut arriver à la chapelle. M. notre Confesseur (M. Ollagnier) reçoit la Bulle à l´entrée du sanctuaire et en fait la lecture à haute voix en latin et en français. Mais le moment solennel est celui où la bannière représentant la B. s´élève lentement à la voûte de l´église au chant du Te Deum. L´émotion s´empare des âmes et l´hymne des Vierges se poursuit avec enthousiasme. Pendant ces 3 jours, quinze messes basses sont célébrées chaque matin par les Pères Jésuites et le clergé de la ville. Elles sont suivies de la Grande Messe chantée par les Pères Maristes. Mgr Mermillort est l´orateur éloquent du second jour. Le jour de la clôture, panégyrique de la B. par le R. P. Laboré. Chants du salut par la maîtrise de la Primatiale sous la direction de M. l´abbé Neyrat.

    Depuis 1863 et les années qui suivent, fréquentes visites de Mgr Dupanloup, qui se contente d´une de nos chambres de l´extérieur pour ses petits séjours.

    En 1868 installation du gaz dans la maison.

    En 1869 M. Ollagnier nommé Supérieur du Petit Séminaire de St Jodard est remplacé par M. Cholleton à l´aumônerie.

    Le 25 février 1870 mort du Cardinal de Bonald. C´est lui qui durant son Pontificat de 30 ans a rendu obligatoire (le 3 octobre 1869) la liturgie romano-lyonnaise, tranchant ainsi une question pendante depuis longtemps.

    Mgr Ginoulhiac lui succède sur le siège de Lyon. Préconisé le 27 juin, il est installé à la Primatiale le 11 août suivant.

    En 1870, l´organisation d´une salle de gymnastique ayant été jugée nécessaire pour donner satisfaction aux parents, notre Mère Marie Blandine la fait construire. Cette salle qui servira aussi pour les recréations d´hiver et de mauvais temps donne autant de plaisir aux maîtresses que de déplaisir à M. Bossan. Celui-ci voit, dans cette annexe, une grave entorse à l´esthétique de notre monastère qui ne se trouve plus aussi dégagé ni aussi expressif dans la rectitude de son quadrilatère.

    L´acquisition de la niche d´exposition du S. Sacrement date de cette époque. Nos élèves et des amis charitables y contribuèrent pour une large part.

    Le 2 juin 1870, notre Mère Marie Régis Deville reprenait la charge pour 6 ans. Un mois plus tard, le 19 juillet, la guerre éclatait avec l´Allemagne. L´armée française ne comptait que 260 000 hommes devant faire face à 500 000 allemands, et bientôt à un million.

    L´angoisse était grande en apprenant les défaites répétées. Prières et sacrifices redoublaient. Toutes celles qui le pouvaient jeûnaient rigoureusement et pour ainsi dire au pain et à l´eau. La statue de ND de Grâces fut placée à l´avant-choeur et tous les jours elle parcourait processionnellement nos cloîtres et notre enclos. Un coeur suspendu à sa main contenait le nom de nos parents appelés à combattre et il est à remarquer que tous ceux qui lui furent ainsi confiés revinrent sains et saufs.

    A la nouvelle du désastre de Sedan la Révolution éclate à Paris, la République est proclamée. Lyon offre alors un spectacle navrant. Des figures sinistres vomissent de toutes parts l´irréligion, le pillage, l´anarchie. Notre Mère comprenant le danger qui nous menace se met en mesure de pourvoir à notre sûreté et recourt en toute hâte à la charité de nos chers M. Dès le 5 septembre en effet des communautés avaient été perquisitionnées. Après Vêpres notre Mère nous fit faire une procession de pénitence en se dirigeant du côté du pavillon, mais nos chants pieux furent couverts par la voix des Révolutionnaires qui criaient la Marseillaise.

    Les émeutiers s´emparent de l´établissement des Pères Jésuites de la rue Ste-Hélène, le mettent au pillage, arrêtent les religieux et les conduisent à l´Hôtel de Ville, où le drapeau rouge flottera pendant 6 mois. Le grand séminaire est fouillé pendant 3 heures consécutives. Les Carmes sont totalement dévalisés par les Garibaldiens... qui chaque soir font un feu de joie des dépouilles des religieux. Un conseiller de la maison presse pour que les soeurs soient mises en sûreté dans leurs familles. Les malles se font jour et nuit. En toute hâte on distribue le linge, on prépare les costumes... le tout au milieu des larmes, de l´effroi, de l´angoisse. Dans la journée du 7 septembre, on nous prévient que nous devons être visitées pendant la nuit. Nous nous préparons en conséquence. Pendant Matines nous entendons des chants ou plutôt des cris féroces. Nous poursuivons néanmoins la récitation du St Office, puis nous nous retirons dans la tribune des élèves et nous prions. Enfin, vers 11h, nous comprenons que les révolutionnaires ont subitement rebroussé chemin. Notre Mère emmène alors la petite troupe, qui veillait avec elle, à la bibliothèque du pensionnat. On se quitte à 1h. Mais le repos, hélas !, n´est guère possible.

    Le lendemain, 8 septembre, un samedi, nous communions par précaution à la 1e messe. Quel moment que cette action de grâces. A la pensée que nous serons peut être dispersées avant la fin du jour, les larmes coulent. Notre Mère elle même, malgré son grand courage, ne peut cacher son émotion. Pendant l´Oremus de Prime, sa voix étranglée par les larmes a quelques interruptions qui ne sont pas de nature à raffermir nos coeurs. Au sortir de l´office, nous nous serrons instinctivement autour d´elle, exprimant notre désir de souffrir et même de mourir plutôt que de nous séparer. Hélas, quelques instants après, ordre nous est signifié d´évacuer le monastère sans retard pour ne pas obliger la force armée à nous y contraindre. Que faire ! et quelle responsabilité pour une supérieure chargée de 60 sujets. Les réponses de nos monastères n´arrivant pas, nos Mères poussées par nos supérieurs ecclésiastiques prennent alors la décision de disperser momentanément nos Soeurs dans leurs familles.

    Bref, avant la fin de ce fameux et inoubliable 8 septembre, la communauté était séparée. Il ne restait ici que nos Mères, 5 soeurs de choeur, 2 Srs Converses et toutes nos Srs Tourières. Cependant les réponses de nos monastères nous parvenant avec le plus cordial empressement, les Soeurs à peine installées dans leurs familles depuis 2 ou 3 jours recevaient l´ordre de revenir en toute hâte pour prendre une autre direction. Court revoir, aussitôt suivu d´adieux douloureux et angoissés. Les soeurs âgées et infirmes ainsi que les plus jeunes furent éloignées les premières. Deux soeurs se dirigèrent à Condrieu -- 1 à Romans -- 1 à St Marcellin -- 1 à St Etienne -- 2 à Riom -- 2 à Voiron -- 2 à Ornans -- 3 au Puy -- 3 à Pont St Esprit -- 4 à Montélimar- 2 à Aurillac -- 4 à Valence -- 8 à Thonon. Nos monastères d´Annecy et de la Côte St André reçurent quelques Soeurs pour de courts séjours. Telle est la liste des 16 monastères qui, plus ou moins longtemps, abritèrent presque tous les membres de notre communauté.

    Après le désastre de Sedan, l´avance allemande se poursuivit. Paris est investi, nos places fortes bloquées. Chaque jour sont de nouveaux revers. Nos Mères se préparent à toute éventualité. Elles s´assurent -- moyennant la somme de 105 francs -- contre l´incendie de guerre : mesure urgente, car non seulement nous avoisinons les Forts où se trouvent de fortes pièces d´artillerie, mais le Collège des minimes qui est transformé en fabrique de cartouches nous envoie constamment des spécimens de son industrie, dont on fait sans cesse des essais ; ce qui nous fait renoncer à jouir d´une partie de notre enclos.

    La rentrée des élèves dans ces conditions semble aussi imprudente qu´impossible. Cependant la ville paraissant rentrer dans un certain calme, spontanément les maisons d´éducation se décident à entreprendre l´année scolaire. Notre Mère, encouragée par de sages conseils, veut s´unir à ce mouvement unanime et courageux. Les élèves ne sont pas nombreuses, néanmoins il faut rappeler quelques maîtresses. Notre Sr Marie Aimée Bossan nous revient de Valence après sa retraite annuelle marquée d´une douce consolation. Le Père Herman faisant halte chez son ami, M. Bossan, en séjour à Valence, se rend à la Visitation et notre Sr peut entretenir le saint religieux qui se rend en Prusse auprès de nos soldats prisonniers. Il y contractera le typhus et succombera après quelques heures de souffrance en chantant le Te Deum.

    Hélas ! 20 jours après l´ouverture du Pensionnat, au début de novembre, nous devons rendre les élèves à leurs parents effrayés (aurore boréale embrasant le ciel pendant plusieurs heures, le 26 et 27 octobre, juste au moment où Metz -- dont jamais on n´avait pu franchir les remparts -- se rendait après de graves souffrances). L´ennemi entre à Dijon le 30 octobre... tout fait craindre de le voir se diriger sur Lyon. C´est alors que notre Mère Marie Régis renouvela au S.C. la consécration de la communauté et fit un voeu solennel où elle s´engageait, entre autres promesses, à faire placer dans une des niches de l´église la statue du S.C. de Jésus... à faire établir solennellement dans cette église la confrérie du S.C, etc... et plusieurs pieuses obligations pour un an. Ce Voeu approuvé par notre Supérieur était signé par notre Mère et par les Srs Conseillères.

    En même temps, pour sauver de l´occupation notre local convoité dans plusieurs buts, notre Mère prend la résolution d´offrir nos appartements de l´extérieur pour une ambulance. Cette offre est aussitôt acceptée, car les blessés sont dirigés en masse vers Lyon et le midi. Le 5 novembre 15 malades nous sont amenés.

    Le sanctuaire seul est laissé libre, on y pénètre par la porte de la galerie extérieure. Tout le matériel du pensionnat est déménagé car l´Autorité veut de vastes salles militaires. Mais avant d´obéir à l´injonction d´abattre les briquetages des cellules, notre prudente Mère essaye encore de toucher le ciel et sa charité lui en inspire le moyen.

    Dans l´impossibilité de sauver notre chère clôture, notre Mère veut au moins la sacrifier en faveur des malheureux publics et fait les démarches voulues pour obtenir l´ouverture d´une grande ambulance. Ses offres sont acceptées, non sans difficultés. Cependant l´autorisation du Comité, jointe à l´approbation de l´Intendance militaire, précéda de quelques heures seulement l´ordre d´occupation donné par la Commandant de Place, et nos 60 blessés annoncés ne sont pas encore arrivés que déjà 500 hommes se dirigent vers notre monastère. Ils n´en sont plus qu´à quelques pas, quand notre dévoué Dr M.Carrier leur dit : « Où allez-vous, mes amis ». Sur la réponse que l´on devine, M. Carrier reprend d´un air étonné : « Mais vous ne savez donc pas qu´il y là des maladies contagieuses ? ». Ils poursuivent néanmoins leur route et se présentent à nos portes. L´Officier Supérieur s´adresse à notre Mère, qui pour toute réponse lui présente notre titre d´ambulance. Le Chef n´insiste pas, mais à son tour se confond en excuses sur la fausse démarche qu´on lui a fait faire, et il ordonne à ses hommes de rebrousser chemin.

    Notre Mère, en vue de l´ambulance, avait fait revenir de Thonon notre infirmière et une soeur du voile blanc, puis notre S. F.de Sales, qui malgré les délicatesses dont elle était l´objet, ne pouvait s´acclimater loin de notre Monastère. Elle trouverait d´ailleurs de quoi se rendre utile auprès des quelques élèves qui nous restaient.

    L´installation de l´ambulance se fait dans les bâtiments du Pensionnat que l´on rend indépendants par une séparation provisoire. Trois grandes salles pouvaient contenir chacune 24 lits. Il va sans dire que l´ambulance de l´extérieur est réunie à celle-ci. Trois soeurs de choeur aidées chacune d´une soeur converse ont chacune la direction d´une salle. Elles sont secondées par les infirmiers. Les malades qui ne gardent pas le lit doivent prendre leur repas au réfectoire des élèves. Les contagieux sont dans un local séparé et confiés à des infirmiers. Ceux-ci sont rétribués à nos frais, ainsi que les veilleurs qui chaque nuit se succèdent à l´ambulance. Grâce à l´habileté et au courage de notre Sr infirmière les remèdes se préparent dans la maison. Deux soeurs sont constamment occupées à la lessive et deux autres à la cuisine. Toutes les autres ont pour mission de maintenir la Règle qui se pratiquait fidèlement, d´assurer le chant du St Offfice qui ne fut jamais interrompu, et de tenir les emplois.

    Sachant que la ville de Lyon était particulièrement menacée de l´invasion des allemands qui la convoitaient, les Dames lyonnaises prirent l´initiative qui les honorera jusqu´à la fin des temps, de s´adresser à Mgr pour lui demander de faire un voeu à ND de Fourvière. Une centaine se présentèrent à lui dans ce but et obtinrent gain de cause. Le samedi 8 octobre, après sa messe et devant les autorités ecclésiastiques, Mgr Ginoulhiac faisait le voeu de reconstruire la chapelle de Fourvière si la ville et le diocèse étaient préservés. Le 8 décembre il n´y eut ps d´illuminations, mais par un froid intense des milliers de femmes d´abord, puis les hommes, montèrent à Fourvière de toutes les parties de la ville. Les grands pèlerinages de cette date étaient fondés.

    Pendant ce temps la tristesse régnait au monastère. Nos Mères vaincues par la fatigue et les épreuves s´alitaient avec une forte bronchite. Bientôt la petite vérole qui sévissait en France se déclara dans notre ambulance. Deux de nos Srs en furent atteintes, et l´une d´elles, réduite à la dernière extrémité, aurait succombé, au dire du Dr, sans son indomptable énergie.

    Les incidents de tout genre se succédaient pour nous. Un jour les autorités militaires signifiaient à notre Mère de recevoir des soldats dans la partie du monastère où n´étaient pas les malades. Notre Mère refusa, s´appuyant sur la loi qui interdit de recevoir dans un même local blessés et hommes valides, et parla avec tant de fermeté que les envoyés s´en allèrent en disant : « Cette supérieure est intraitable, nous ne gagnerons rien avec elle ». Une autre fois, un dimanche, nos Srs avaient résolu de chanter Vêpres, persuadées que 6 soeurs choristes pourraient se dégager. A 3 heures, 2 seulement se trouvaient sur les stalles. Croyant à un léger retard, elles commencent Vêpres en chant. Tout à coup, elles entendent parler très haut près de la porte de la clôture, mais elles continuent néanmoins, ayant pour les aider un pauvre militaire qui avait pris à coeur de chanter aussi et maltraitait le latin de façon à distraire les anges eux-mêmes. Nos deux soeurs poursuivirent ainsi jusqu´à la fin de l´Office et durant les bénédictions du St Sacrement. Voici ce qui s´était produit. De la fabrication de cartouches des Minimes était parti un engin malheureux, et une femme avait été blessée dans la rue. A 3 heures, 4 hommes se présentaient chez nous, demandant à visiter « au nom de la liberté » car nous devions avoir des armes cachées. Cette mesure nous effraya peu, car le matin nous avions fait porter à l´Intendance toutes les cartouches apportées par les soldats arrivés la veille. A peine entrés, ils aperçoivent notre Mère : « Madame, lui disent-ils, vous êtes consignée ! ». « Mais, répond-elle, sereine, je vais chanter Vêpres». « Il s´agit bien de Vêpres, riposte le visiteur, il faut rester ici ». Toutes les soeurs qui, alertées par le bruit, paraissent successivement, sont également consignées pendant la visite qui dure plus d´une heure. Naturellement on ne trouva pas d´armes et les pauvres délégués confus se retirèrent, s´excusant de leur démarche et nous assurant de « toute leur protection ».

    Tel était l´incident qui avait compromis le chant de Vêpres sans l´empêcher pourtant, notre Mère tenant à ce que l´Office ne fut jamais interrompu. Cela n´arriva que pendant les quelques jours de sa maladie. Un jour, même ne voyant venir personne à l´heure de Prime, elle n´hésita pas à entonner et à poursuivre seule le chant de cet office.

    A l´ambulance, dès 6 h du matin, chacune visitait ses malades, puis, à genoux au milieu de la salle, récitait la prière à haute voix. Le soir, après le repas, tous y répondaient avec une ardeur franche et martiale. Quelle consolation pour nos Srs quand elles parvenaient à ramener un pécheur dans la bonne voie. Ces braves militaires se transformaient si bien sous l´influence de leurs anges visibles que plusieurs devinrent même dévots. Bon nombre assistaient tous les jours à la messe et souvent pendant la journée nous en trouvions qui disaient pieusement leur chapelet dans le choeur. Ils aimaient surtout y faire retentir leurs voix sonores, et si leur professeur de chant, notre Sr F. de Sales, n´était pas toujours satisfaite du résultat de ses laborieuses leçons, elle le fut toujours de la docilité de ses nouveaux élèves.

    A ces conversions notre Mère eut large part. Plusieurs fois le jour elle visitait l´ambulance, surveillait le service, encourageait les malades. Tous la vénéraient et faisaient son éloge en termes qui n´entrent pas dans le style visitandin.

    Mr Cholleton notre confesseur était devenu en même temps aumônier militaire avec un dévouement parfait. Sept soldats, catéchisés par lui, furent confirmés. Tous ceux qui moururent étaient rentrés en grâces avec Dieu. Pauvres victimes dont la patience fit notre admiration. Horriblement mutilés ils ne proféraient pas une plainte et leurs dernières paroles étaient pour remercier Dieu de les avoir conduits ici. Dès qu´ils commençaient à se remettre ils insistaient pour veiller les plus malades, se prévenaient, s´aidaient mutuellement, « afin d´éviter de la peine aux bonnes Soeurs ».

    Notre bon Dr M. Carrier qui s´était constitué major de ce petit hôpital militaire ne s´épargna pas non plus dans ses laborieuses fonctions. Quand ils nous quittaient, notre Mère s´ingéniait à procurer à nos malades des moyens d´existence, obtenant à l´un une situation, à l´autre une pension, à un 3e un congé de convalescence. A tous, elle donne linge, vêtements, argent.

    Cependant, depuis la fin de février, rassurée du côté de l´ennemi qui, marchant sur Lyon, en avait été miraculeusement détourné, notre Mère rappelait ses filles et faisiat d´actives démarches pour nous libérer de l´ambulance qui aggravait lourdement notre situation financière, la rétribution de la ville couvrant à peine la moitié de nos dépenses. Pour remédier à la situation nous désirions sauver au moins le dernier trimestre de l´année scolaire. Dieu nous vint en aide, de sorte que l´ambulance ouverte le 8 nov. 1870 se ferma le 1er avril 1871. Nos élèves purent donc rentrer le 17 avril, après les réparations nécessaires qui furent rapidement exécutées. C´était le signal de la complète réunion. On peut en deviner les émotions et la joie.

    Il faut dire ici un mot de la charité de nos monastères qui, apprenant l´occupation de notre monastère par une ambulance, se montrèrent délicatement généreux, nous permettant ainsi de nous relever en quelques années et de minimiser les privations de nos soeurs.

    En reconnaissance de la protection du Sacré Coeur sur nos monastères de France, notre Mère Anne Marie Babin proposa à tout l´Institut la consécration solennelle à ce Divin Coeur qui se fit

    [manque 1 page]

    Deux modifications de notre enclos sont à signaler durant ces années. C´est d´abord, en 1871, l´effondrement du mur des Minimes, conséquence de la construction du funiculaire de St-Just. Il fallait prendre des mesures pour sauvegarder la clôture. Après un sérieux examen de la question, on décida de modifier certaines conventions, donnant droit de passage aux Minimes sur le fond de la propriété, conventions qui nous avaient obligées d´élever un mur, lequel venait d´être endommagé. D´un commun accord cette servitude cessa, moyennant la somme de 1000 frs versée à nos voisins, qui consentirent à abandonner la parcelle de terrain dont ils avaient la jouissance. Le mur fut élevé aux frais des 2 parties contractantes, qui gardent ma charge de l´entretien chacune de leur côté.

    Le 1er triennat de notre Mère Anne Régis Filliat fut marqué par l´échange de terrain avec le Carmel. Le mur qui séparait nos deux propriétés jetait un angle aigu qui s´avançait en biais, depuis le portail de la basse-cour, jusqu´à une petite distance de notre grande pièce d´eau, masquant ainsi la principale façade de notre monastère. Nos anciennes Mères avaient fait en vain diverses tentatives pour avoir ce terrain, car les Carmélites n´avaient qu´un clos très restreint. Mais au moment des menaces d´expulsion nous songeâmes à nous défaire de la propriété Margeraud. Or celle-ci longeait le terrain des Carmélites au levant et leur barrait toute vue sur Lyon. Leur céder cette partie en échange de la parcelle s´avançant chez nous sembla tout naturel et donnait une plus-value aux 2 propriétés. Le Carmel devait acheter la maison de M. Cholleton notre aumônier à l´extrémité du terrain à vendre, et nous gardions le Pavillon à l´autre extrémité. En somme il nous cédait 1778 mètres, contre la maison et le jardin de l´aumônerie, c'est-à-dire plus de 2000 mètres. Mais pour arriver à une conclusion que de péripéties, d´acceptations, de dédites de la part de nos voisines. Un tertre dénommé « montagne » dans le terrain qui allait leur être cédé soulevait littéralement une montagne de difficultés, devant plonger la vue dans notre enclos et aux alentours.

    Son Eminence, fatiguée de tant de tergiversations, résolut d´en finir par un acte d´autorité. Le 30 mars 1882, elle se rend au carmel sur le lieu du débat et exige que Supérieures et Conseillères des 2 communautés se voient pour traiter de vive voix. Pour cela, séance tenante, une brèche est pratiquée dans le mur. Aussitôt l´entente devint facile. Poussant plus loin son arbitrage, Mgr fait appeler toutes les soeurs du Carmel et de la Visitation et leur dit : « Mes chères Filles, à l´occasion de la grande affaire que nous venons de terminer, je veux que vous fassiez entière connaissance. J´emmène le Carmel à la Visitation ». Soudain Carmélites et Visitandines se trouvèrent joyeusement mêlées. On se cordialise, on s´entretient, le silence, la réserve ont disparu. Le Bon Pasteur jouit de cet entrain. Il en devient même victime, car ses Filles profitent si bien de la licence qu´à un moment donné il se retrouve seul et s´assied tout simplement sur un banc de pierre du cloître. Enfin, réunissant les brebis dispersées, il dit : « Maintenant, la Visitation au Carmel ! ». Le mouvement est aussitôt suivi et nos voisines se multiplient autour de nous avec la plus religieuse cordialité. Conclusion de nos confidences mutuelles, elles déclarent leurs grandes austérités à notre « doux martyre ». Chacun est donc satisfait de sa part. La visite se poursuit jusque chez M. Cholleton qui nous reçoit aimablement. Puis nos Saintes Amies nous raccompagnent vers la brèche, où la respectable Mère Richart, pliée sous le poids des ans et des austérités, consent à nous donner sa bénédiction.

    Cette amitié allait se cimenter et s´accroître pendant toute la période où notre mur fut démoli sur une longueur de 80 mètres pour être rebâti avec les mêmes matériaux. Puis il y eut un dernier adieu à la brèche quand elle s´élevait à mi corps. Au moment où cessaient ces entrevues, la révérende Mère Prieure dit avec raison : « Cela a été un grand bien de nous connaître, ce sera un plus grand bien encore de nous séparer » faisant allusion par là à la sévérité dont elle devait user envers ses jeunes sujets qui s´attardaient volontiers dans les promenades communes et ne dissimulaient pas leur admiration pour notre mode de vie.

    Les débats au sujet de l´escalier du Pavillon furent aussi compliqués que l´échange des propriétés. Les R. Mères redoutaient avec raison cette sorte d´observatoire plongeant sur leurs jardins. Il fallut donc nous engager, le 29 avril 1887, à rendre plus difficile l´accès de l´escalier, à le tenir fermé, à ne s´en servir que par grande nécessité et jamais de 10 h à 1 heure, ni de 5 à 8 heures et demi, heures de leur promenade.

    La propriété agrandie et close, restait à effectuer des mouvements de terrain considérables. Un paysagiste nous en prépara le plan et nous fournit ensuite quantité d´arbres pour former les bosquets. Un minuscule bois de sapin est créé dans le bas du jardin, où s´abritera plus tard la statue de St Régis. Quand au pavillon, il perdit son second étage et vit dans la suite son rez de chaussée transformé en oratoire. Sur sa face méridionale, il protège une petite serre.

    N´ayant pas suffisamment de terre pour opérer ces transformations, la Providence voulut bien y pourvoir. La concession de Loyasse n´étant plus assez grandes, nos dernières défuntes n´avaient pu y être inhumées. Malgré l´incertitude des temps, notre Mère crut le moment venu de faire construire un grand caveau. Le plan dressé par M. Ste Marie Perrin, successeur de m. Bossan, toutes les approbations nécessaires obtenues, les travaux commencèrent. Le 24 juin, les 9 derniers cercueils furent exhumés et transportés dans la partie réservée du grand caveau de la ville. On creusa le sol à 10 mètres de profondeur et la terre qu´on en tira nous fut amenée, autant par convenance que par utilité. Le caveau compte 4 étages, donnant place à 72 cercueils. Au bas, un ossuaire et un puits très profond. Aussitôt les travaux terminés, les bières furent reportées au caveau. Une grande pierre tumulaire le recouvre sur laquelle sont gravées une croix et des citations latines de la Ste Ecriture. La pierre qui ferme l´entrée du caveau est marquée aux armes de la Visitation. Le tout forme un monument simple, grandiose et religieux.

    Cette année, l´appareil de chauffage du grand calorifère est renouvelé.

    1882. Prêt de notre Mère Marie Ambroise à Riom. Entrée au noviciat de nos Srs Louise Philomène Ferréol et M. de Sales Stafford.

    1883. Bénédiction de la chapelle des élèves et de l´oratoire du S.C. au Pavillon.

    Départ à Marseille de Mère Margte Agnès pour la vie de S. Anne Madeleine Rémuzat.

    1884. Triple ordination de pères oblats dans notre chapelle le 15 août. Le 24, ordination de six pères maristes et trois sous-diacres. Les deux cérémonies sont faites par Mgr Dubuis.

    1885. Retour de Mère M. Ambroise, ma Sr M. de Sales est prêtée à Chambéry. S. M.André à Condrieu.

    1886. Election de Sr Philomène de Chantal Deville, de Mère Marie Ambroise à Condrieu. Premières visites du R. Père Rollin. Le Père Rafin devient notre confesseur extraordinaire et le restera pendant 25 ans.

    1887. Mort du cardinal Caverol ( ?). Retour de Mère Margte Agnès. Erection du chemin de croix de la tribune.

    26 mai 1887. Election de Mère Margte Agnès Chevallier. Mgr Foulon devient archevêque de Lyon et Mgr Déchelette notre Supérieur. Il le sera pendant plus de 25 ans. Instruction de la Cause de S. Anne Madeleine Rémuzat.

    1887. Création de la salle du chapitre, au lieu actuel, qu´occupaient alors l´Economat et la Roberie. Noviciat et Roberie sont installés au 2e étage.

    Mgr Déchelette visitant pour la première fois la communauté comme Supérieur fait don au chapitre de la statue de notre St Fondateur. Nous devons celle de notre Ste Mère à Melle de St-Bonnet.

    15 mai 1889. Entrée de Melle de Courtivron dans le dessein d´embrasser la vie religieuse. Mais sa portée d´esprit et sa tendance au scrupule ne lui permettant pas de réaliser son désir, Mgr Foulon demanda à nos Mères de la garder en clôture car elle ne voulait à aucun prix repartir ni quitter le monastère. Elle y sera bientôt agrégée sous le nom de Sr Louise Augustine le 3 mai 1891 et y passera toute sa vie paisible et effacée.

    Dans la partie nord-ouest de notre enclos se trouvait une petite maison qui nous dominait et dont nos anciennes Mères avaient toujours désiré l´acquisition. Or cette maison fut mise en vente. Nous pensâmes l´acheter, mais la famille Bouchaudy, avec laquelle nous avions jusque là d´excellents rapports y tenait aussi et pouvait mettre un prix exagéré à cet achat. Nous dûmes y renoncer. Promesse nous fut d´ailleurs donnée de n´élever aucune construction qui compromettrait notre clôture. Mais bientôt, au mépris de la parole engagée, nous vîmes s´élever rapidement une superbe maison de 4 étages dont 40 fenêtres nous dominaient. On rappela la promesse, mais n´ayant pas d´écrits pour la prouver, il fut impossible d´arrêter la marche en avant. Mgr Déchelette dit alors à Mme B. que rien ne pourrait bénir cette entreprise nuisant à une communauté religieuse, ce qui se vérifia bientôt, car des épreuves de tous genres fondirent sur cette famille... Force nous était de parer l´inconvénient en construisant nous-même une maison, mais de quelle dimension ! Grande dépense et perte considérable au moment où il fallait envisager la construction d´une aumônerie.

    On étudia des plans avec l´Architecte qui adopta celui de notre Mère : on construirait une vaste galerie surmontée d´un seul étage et d´un grenier. On fit donc enlever les beaux arbres, la jolie grotte de Lourdes et ce qui gênait l´entreprise. Une brèche fut pratiquée dans le mur de la rue du Juge de Paix pour l´entrée des matériaux et la «Maison de la Galerie» monta à son tour rapidement. Mais, sa façade se trouvant très resserrée par le mur de clôture de la cour extérieure, ce qui donnait un coup d´oeil défectueux, on résolut de faire entrer dans la clôture une bande de terrain du jardin extérieur, ce qui permettait de regagner l´espace sacrifié par la construction et corrigeait l´aspect. Tout cela se fit si bien qu´à la fin d´octobre le gros-oeuvre de la maison était terminé.

    Cette année 1890 vit aussi en août la construction de l´aumônerie, au-dessus du gymnase, sans ouverture de notre côté. C´était la réalisation du désir de Mgr Foulon, qui souhaitait voir l´habitation de nos aumôniers dans la cour extérieure. Le grand âge de M. Cholleton, faisant prévoir son prochain remplacement, avait rendu cette mesure urgente. Ce changement eut lieu en effet le 13 septembre. Il nous donnait M. l´abbé Place, qui restera notre aumônier pendant 40 ans. Avec une parfaite délicatesse, notre Mère assura jusqu´au bout à M. Cholleton sa location, et la continuation de son ministère par la célébration quotidienne de notre messe conventuelle. M. Place logea dans les chambres extérieures.

    C´est à cette année 1890 que remonte le premier projet de la Fondation de Vassieux. Melle de St-Bonnet avait si bien goûté l´idée suggérée par notre Sr la Déposée de donner une génération spirituelle à sa nièce, morte dans le désir de la vie religieuse, qu´elle brûlait de la mettre à exécution en fondant un monastère de la Visitation. L´idée sera reprise, mais l´heure de Dieu n´était pas sonnée.

    1892. Retour de Condrieu de Mère Marie Ambroise, Sr Franç. Nathalie de Long la remplace comme Supérieure.

    M. Vigouroux devient notre chapelain pour la messe conventuelle que M. Cholleton ne peut plus assurer. Il se rend à la maison de retraite des prêtres à Vernaison.

    1893. Mort du Cardinal Toulon.

    18 mai 1893. 2e gouvernement de Mère Anne-Régis Filliat. Mgr Couillé est nommé au siège de Lyon.

    1894. Les statues de St Pierre et St Paul (palier du premier) nous sont données par la famille de nos élèves M. Thérèse et M. Antoinette Courret.

    On creuse une cave sous la maison de la galerie.

    1895. Installation du calorifère à air chaud de la communauté. La famille de notre Sr Marguerite Marie Bouchard en fait les frais.

    Nouvelle élection à Condrieu de Mère M. Ambroise.

    1896. Bénédiction de la nouvelle cloche du couvent Jeanne Charlotte Elisabeth, remplaçant celle de la Croix-Rousse qui, âgée de 80 ans, ne donnait plus que des sons lamentables. Bénédiction faite par Mgr Déchelette avec toute la solennité que déploie la Sainte Eglise dans cette cérémonie du baptême des cloches, et à l´issue de laquelle Melle de St Bonnet sa marraine, vêtue de velours noir, épiait le moment de lancer une pluie de dragées.

    1896. Déposition et réélection de Mère Anne Régis. Profession de Sr M. Berchmans Journoud.

    Mort de Mère Margte Agnès Chevallier à la veille de la fondation de Vassieux dont elle devait être Supérieure.

  • 1914 : Catalogue des saintes reliques (AP Visitation Annecy. Sans cote)

    Extraits :

    Lit de notre St Fondateur: En rappelant en général tous les dons que notre M. Louise-Colombe a reçu pendant ses deux triennaux, nous voulons particulariser un présent bien cher à son coeur qui lui fut fait par Mad. La Comtesse de la Barmondière : c´est le bois de lit sur lequel notre St Fondateur a terminé sa vie. On sait assez que ce fut dans la chambre du jardinier de nos soeurs de Bellecour. Ces bien-aimées soeurs conservèrent jusqu´en 1792 ce précieux souvenir, et au moment où elles se décidèrent à quitter la France, le lit dont nous parlons et plusieurs autres reliques bien précieuses furent confiés à des amis de la communauté, soit à titre de dépôt, soit en gage de reconnaissance pour des bienfaits reçus. Ce fut de cette manière que le lit fut recueilli dans l´hôtel de Madame la comtesse de la Barmondière et préservé de tomber entre les mains des méchants. Madame la comtesse l´a toujours religieusement conservé et cette pieuse dame croit devoir à sa possession la préservation du feu qui ayant pris deux fois à son hôtel s´est arrêté précisément à l´endroit où il était placé. Cette généreuse dame amie qui ne voulait pas se dessaisir de ce meuble avant sa mort, en a fait cependant le sacrifice en faveur de Mère Louise-Colombe. Il lui fut apporté par son cocher le 20 octobre 1841, année de la profession de ma Sr Marguerite-Marie de Ste-Colombe, nièce de Mme la comtesse de la Barmondière.

    Urne de St François

    Burettes de St François

    Choeur des soeurs : Reliquaire de M. le Chanoine Place, Vraie Croix, Ste Epine, Reliquaire de St Félicien, fragment du crâne de Ste Jeanne de Chantal, reliquaire contenant chair, sang, tissu de St François et Jeanne de Chantal, etc.

    Chapitre : miniature de St François

  • 1919 : Société civile Etablissement de la Visitation Sainte-Marie (AP Visitation Annecy. Sans cote)

    1919

    Société civile Etablissement de la Visitation Sainte-Marie

    AP Visitation Annecy. Sans cote.

    Sociétés civiles : déclarations prescrites par la loi de finances du 13 juillet 1925 (article 62)

    Société civile Etablissement de la Visitation Sainte Marie

    I. Objet. Siège. Durée

    La société a pour objet:

    1° de profiter des avantages de diverses natures que procure la vie commune et d'offrir un asile hospitalier aux personnes veuves ou demoiselles désirant profiter de ces avantages et de percevoir toute rémunération qui en serait la conséquence.

    2° de continuer, s'il y a lieu, l'affectation d'une partie de l'immeuble compris dans le fonds social à une maison d'éducation pour les jeunes filles et de percevoir, soit sous forme de location, soit autrement, les produits pouvant résulter de cette destination, ou encore d'affecter tout ou partie des immeubles sociaux à toute autre destination pour en percevoir les produits sous quelques forme que ce soit.

    3° de profiter des revenus et de l'accroissement du fond social.

    II. Date de constitution

    La Société a été constituée suivant acte reçu par Me Montégu notaire Lyon (A. C. 1) le 2 octobre 1919, vol. 472 bis, n°732, reçu à 1% : 2000 francs, signé Laplace.

    (...)

    III. Nature et valeur des apports

    Le fonds social se compose d'un grand immeuble situé à Lyon, (...), Montée du Télégraphe, 10; comprenant bâtiments divers, cours et jardins, le tout clos de murs, de la contenance d'environ trois hectares, ainsi que tous meubles meublants et objets mobiliers enfermés dans le dit immeuble.

    Le tout évalué dans les statuts 200 000 francs

    Le fond social est divisé en cinquante parts (...)

  • 1969, 6 octobre : Mise à disposition du couvent de la Visitation aux Hospices civils. Conseil municipal, délibération du 6.10.1969 (AC Lyon. 3 CP 134)

    M. LE MAIRE : Mes chers collègues, vous m´aviez autorisé il y a 5 ou 6 ans à acheter cette propriété, M. le Ministre des affaires culturelles de l´époque ayant manifesté le désir de créer dans les grandes villes de province, ce qu´on appelle les métropoles, une école nationale d´architecture.

    Mais pour obtenir ces établissements il fallait que les villes puissent offrir les terrains.

    La proposition ministérielle intéressait neuf grandes villes de France.

    Je vous ai donc demandé l´autorisation de faire l´acquisition du couvent de la Visitation, qui est un magnifique domaine de 3 hectares et demi, et je l´ai mis à la disposition du Ministère des affaires culturelles, tandis que les soeurs allaient s´installer à Vaugneray, dans un couvent qu´elles ont fait construire.

    Il y a un peu plus d´un an, les clefs ont été remises au Directeur de l´école d´architecture pour qu´il puisse occuper les locaux. Il avait fait installer dans les jardins des classes préfabriquées très modernes, et l´école a ainsi fonctionné durant l´année dernière, mais au moment des événements de mai 1968, il y a eu également une révolution dans les affaires culturelles, et les écoles nationales d´architecture ont été supprimées, même celle de Paris, les élèves de ces écoles voulant en effet être intégrés dans l´Université. Il a donc été décidé que l´école ne serait plus construite sur le terrain du couvent de la Visitation, mais au domaine de la Croix-Laval, à Charbonnières-les-Bains, où l´Etat va réaliser un campus universitaire.

    A la demande de M. le Préfet, j´avais alors accepté de louer cet établissement aux services régionaux du Ministère des affaires culturelles, en attendant qu´ils puissent aller s´installer à Part-Dieu. Ils auraient évidemment payé un loyer. Mais entre temps M. Veyret, directeur général des Hospices Civils, m´a fait part des difficultés qu´il éprouvait pour recruter le personnel nécessaire au fonctionnement de l´hôpital cardiologique. 800 employés sont nécessaires, dont 100 infirmières, et 250 pour le centre de rééducation fonctionnelle de St-Genis-Laval. Cela ferait donc 1000 agents. Comme il est difficile de trouver du personnel pour couvrir ces deux établissements hospitaliers, M. Veyret m´a demandé si je pouvais disposer d´un bâtiment afin d´y loger une centaine d´infirmières qu´il ferait venir des Antilles.

    J´ai pensé aussitôt au couvent de la Visitation. Je l´avais bien promis au ministère des affaires culturelles mais j´ai 2 « casquettes », celle de maire et celle de président-né des Hospices Civils. Si j´ai une faveur à accorder, je préfère en faire bénéficier un de mes services. Je vais donc faire visiter à M. Veyret les locaux du couvent, je demanderai les clés à MM. Hiriart et Thévenot pour les lui donner afin qu´il puisse loger les infirmières antillaises.

    Nous allons également décider la création d´une école d´infirmières su ce terrain. Je rappelle qu´il existe déjà une école d´infirmières, avenue Rockfeller, nous en prévoyons une autre à St-Just et une troisième est prévue au Ve Plan -nous disposons déjà des crédits- derrière l´hôpital Edouard-Herriot.

    Est-ce que vous m´autorisez, mes chers collègues, à mettre ce bâtiment à la disposition des Hospices Civils pour créer une résidence et une école d´infirmières ?

    Je vous rappelle, mes chers collègues, que nous avons plusieurs établissements hospitaliers dans le secteur, dont l´hôpital Debrousse, l´hôpital de l´Antiquaille et même l´Hôtel-Dieu qui est d´un accès facile grâce au funiculaire.

    Il y a quelques travaux de réfection à entreprendre dans ce bâtiment, notamment le chauffage central qui est à refaire.

    Donc, je le répète, est-ce que vous m´autorisez à rendre service aux Hospices Civils de Lyon en leur louant le bâtiment du couvent de la Visitation pendant une trentaine d´années, ce qui leur permettra d´amortir les frais d´aménagement qu´ils vont engager (Assentiment du Conseil)

    Je vous remercie, mes chers collègues.

  • 1970, 6 juillet : Création d'un jardin public. Conseil municipal, délibération du 06.07.1970 (AC Lyon. 3CP 134)

    N°70-4.575 Bail de 50 ans consenti aux Hospices Civils de Lyon dans l´ancien couvent de la Visitation, 12-14 Montée du Télégraphe à Lyon (5e). (3e Division, 3e Bureau) (BMO du 5 juillet 1970, p.389)

    M.FORT, rapporteur : La Ville a mis à la disposition des Hospices Civils de Lyon l´ancien couvent de la Visitation, en vue de l´aménagement de logements d´infirmières.

    Les Hospices doivent, à cet effet, exécuter des travaux très importants ; il est normal qu´ils nous demandent un bail de 50 ans.

    M. LE MAIRE : Je rappelle que nous avions acheté le couvent de la Visitation la demande de M.MALRAUX, l´ancien ministre, pour construire sur son emplacement une école nationale d´architecture.

    Or, après les événements de mai 1968, il y a eu une révolution dans tous les domaines universitaires et scolaires et les étudiants des Beaux-Arts ont voulu être intégrés dans une cité universitaire. Cette école trouvait donc mieux sa place à Charbonnières qu´à la Visitation.

    Les services de l´Etat ont occupé une partie du terrain, soit 3 hectares, sur lesquels ils ont fait édifier des bâtiments provisoires qui depuis deux ans servent à l´école, mais ils n´ont pas voulu s´installer à l´intérieur ; ils ont fait simplement, je le répète, des bâtiments provisoires, en attendant la construction de l´école de Charbonnières.

    Ils ont donc abandonné le couvent qui, de ce fait, a été libéré.

    Comme vous le savez, les Hospices Civils de Lyon ont d´énormes difficultés pour recruter du personnel soignant et surtout des infirmières. J´ai pensé qu´on pourrait facilement transformer ces locaux en une centaine de chambres individuelles pour y loger des infirmières. Les Hospices ont accepté de prendre à leur charge la totalité des travaux de transformation. Ce sont donc des sommes nettes qui vont tomber dans les caisses de la ville, alors que l´Etat ne nous aurait rien donné. Cela nous rapportera tout de même un petit revenu, nous n´aurons pas l´entretien des bâtiments qui est à la charge exclusive des Hospices et nous rendrons service à cette administration. Car les Hospices sont obligés d´aller chercher des infirmières jusqu´aux Antilles, mais celles-ci ne viennent pas en métropole si elles n´ont pas la garantie du logement.

    Il reste encore un jardin dans la partie ouest que l´on pourrait peut-être faire aménager par le Service des Cultures pour les habitants de St-Just qui ne sont pas tellement riches en espaces verts. Je répète, la ville peut disposer encore d´un hectare de terrain.

    Je mets aux vois les conclusions de mon rapport. Il n´y a pas d´opposition ? Elles sont adoptées.

  • 1972 : Lettre de la Régie Déléchaux-Clavel à la Police Municipale, à propos de la grotte (AC Lyon. 428 WP 111)

    Régie Déléchaux-Clavel

    A : Police municipale

    Mairie centrale

    Lyon, le 1er juin 1972

    27 rue Roger-Radisson

    Messieurs,

    Régissant l´immeuble sis 27 rue Roger-Radisson à Lyon 5e, le propriétaire, monsieur Romeyer, vient de me faire part de ce qui suit :

    Un mur mitoyen sépare la propriété de M.Romeyer d´un jardin public nouvellement créé dont l´entrée se fait par le 23, rue R.Radisson. Au fond de ce jardin public se trouve une rocaille formant grotte. Depuis quelques jours, des enfants grimpent sur cette rocaille et de celle-ci, sautent sur le mur mitoyen sur lequel ils se promènent. De là, pour se distraire, ils lancent des pierres dans le jardin de mon client qui a d´ailleurs failli en recevoir une en pleine tête ce jour. Des jets de pierres se font aussi sur la Montée du Télégraphe.

    Je vous adresse donc cette lettre pour vous signaler ces faits, qui risquent de provoquer un accident grave, sans compter les dégâts qui sont, ou peuvent être occasionnés à ce mur mitoyen qui est couvert de tuiles creuses et pour lesquels je fais toutes réserves ainsi que pour ceux qui pourraient survenir dans le jardin de mon client.

    A mon avis, il serait souhaitable de démolir cette rocaille qui sert de tremplin à ces enfants ou, à défaut, de poser une barrière de protection en barbelés sur l´angle de ce mur.

    Enfin, étant responsables de la surveillance de ce jardin public, il serait peut-être bon de faire effectuer des rondes de police.

    (...)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Arch. dép. Rhône. 3 P 123/168. Etat de section des propriétés non bâties et bâties. Section Q : Fourvière, 1836

  • Arch. mun. Lyon, 315 WP 96. Autorisation donnée aux entrepreneurs Parot et Boudet d'exhausser le mur de clôture côté Montée du Télégraphe, d'obturer la porte donnant accès aux pavillons du télégraphe et d'en ouvrir une nouvelle dans un angle du mur, 28 avril 1856

  • Arch. mun. Lyon. 315 WP 96. Demande d'autorisation de modification d'une porte et d'une croisée et de pose d'un seuil, Montée du Télégraphe 10, 1886

  • Arch. mun. Lyon. 315 WP 94. Demande d'autorisation de rehausser un mur de clôture devant recevoir un bâtiment, percer une porte et deux croisées, crépissage et badigeon, Montée du Télégraphe n°8, 1894

  • Arch. mun. Lyon. 315 WP 96. Demande d'autorisation de réparation de trois gueulards, Montée du Télégraphe, 28 juillet 1887

  • Arch. mun. Lyon. 916 WP 091.Biens communaux : Immeubles : location, gestion. 1926-85. 23 bis rue Radisson

  • Arch. mun. Lyon. 3 CP 134. Utilisation du couvent de la Visitation, 1969

  • Arch. mun. Lyon. 3 CP 134. Bail de 50 ans consenti aux Hospices civils de Lyon dans l'ancien couvent de la Visitation, 12-14 Montée du Télégraphe à Lyon, 6 juillet 1970

  • Arch. mun. Lyon. 2 M 1. Circulaire du conseil municipal : création d'u jardin public pour les habitants du quartier Saint-Just , 2 juillet 1970

  • Arch. mun. Lyon. 428 WP 111. Lettre de la Régie Déléchaux-Clavel à la Police Municipale, à propos de la grotte, 1er juin 1972

  • Arch. mun. Lyon. 1858 W 243 002/1995. Démolition de quatre bâtiments de bureaux et chaufferie, 1995

  • A Diocésaine Lyon. 3 III 52. La Visitation, constitution et mise à jour: Vaugneray, Condrieu, Fourvière, 1962-68

  • AP Visitation Annecy. Sans cote. Acte de vente de la propriété de M. Jean-Pierre Garcin, drapier, aux dames de la Visitation de la Croix-Rousse et du Carmel, 11 octobre 1850

  • AP Visitation Annecy. Ms. Sans cote. Acte de vente de la propriété Margerand , 4 juillet 1862

  • AP Visitation Annecy. Ms. Sans cote. Annales du monastère de la Visitation Ste-Marie de Fourvière, 1840-55

  • AP Visitation Annecy. Ms. Sans cote. Annales du monastère de la Visitation Ste-Marie de Fourvière, 1855-70

  • AP Visitation Annecy. Ms. Sans cote. Annales du monastère de la Visitation Ste-Marie de Fourvière, 1870-80

  • AP Visitation Annecy. Ms. Sans cote. Annales du monastère de la Visitation Ste-Marie de Fourvière, 1880-99

  • AP Visitation Annecy. Ms. Sans cote. Annales du monastère de la Visitation Ste-Marie de Fourvière, 1899-1923

  • AP Visitation Annecy. Ms. Sans cote. Petite relation de notre transfert de la Croix-Rousse à Fourvière. Aménagements divers du monastère. La guerre de 1870. L'ambulance. L'échange du terrain avec le Carmel , 1896 ca.

  • AP Visitation Annecy. Sans cote. Catalogue des saintes reliques, 1914

  • AP Visitation Annecy. Sans cote. Société civile Etablissement de la Visitation Sainte-Marie, 1919

Documents figurés
  • Arch. mun. Lyon. 4 S 180. Plan général de la ville de Lyon, 1890. 1:500

  • [Plan-type d'un couvent de visitandines] / Coustumier et Directoire pour les Soeurs Religieuses de la Visitation de Saincte Marie. 1628. 1 dess. : encre sur papier (BM, Lyon, Rés. Est.)

  • [Plan des quartiers de Fourvière et Saint-Just] / Chavallard. 1:300. 1767. 1 dess. : encre, lavis 3 couleurs ; 104 x 58,6 cm (Arch. mun. Lyon. 2 S 57)

  • Nouveau plan géométrique de Lyon, seconde ville du royaume de France, avec ses projets d'agrandissement et d'embellissement / Laurent Dignoscyo, 1821. 1 : 6250. Pap., encre, lavis, aq. (AC Lyon : 0002 S 00020)

    AC Lyon : 0002S00020
  • Plan-masse, extrait du plan cadastral, section O, 1831 ca. (Arch. dép. Rhône. 3 P 981)

  • Plan topographique de la ville de Lyon et de ses environs, levé et dressé par l'administration de M. Le Sénateur Vaïsse et sous la direction de M. Bonnet, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et du Service Municipal de Lyon Par MM. Dignoscyo père et fils. 1863 1:5000 (AC Lyon. 1541 Wp 15)

    AC Lyon : 1541 Wp 15
  • Plan général de la ville de Lyon, 1890. 1:500 (Arch. mun. Lyon. 4 S 180)

  • Plan du 5e arrondissement, 1895 ca. (Arch. mun. Lyon, 2 S 98)

  • Plan partiel de la propriété des religieuses de la Visitation de Fourvière ; échange de terrains avec le Carmel. 1896 ca. ( A. privées Visitation Annecy. Annales, 1870-1880)

  • Ville de Lyon. Plan de voirie, 1967. (Arch. mun. Lyon. 5 S 14-1967)

  • Ville de Lyon. Plan de voirie, 1975. (Arch. mun. Lyon. 5 S 14-1975)

  • Archives centrales des Hospices civils. Plan. Niveau sous-sol. Direction des affaires techniques - DETM - BE - Juin 1999.[ca 1 : 250]. (Hospices civils de Lyon, Direction des affaires domaniales, s.c.)

  • Archives centrales des Hospices civils. Plan. Niveau rez-de-chaussée. Direction des affaires techniques - DETM - BE - Juin 1999.[ca 1 : 250]. (Hospices civils de Lyon, Direction des affaires domaniales, s.c.)

  • Archives centrales des Hospices civils. Plan. Niveau 1er étage. Direction des affaires techniques - DETM - BE - Juin 1999.[ca 1 : 250]. (Hospices civils de Lyon, Direction des affaires domaniales, s.c.)

  • Archives centrales des Hospices civils. Plan. Niveau 2e étage. Direction des affaires techniques - DETM - BE - Juin 1999.[ca 1 : 250]. (Hospices civils de Lyon, Direction des affaires domaniales, s.c.)

  • Restes des anciens télégraphes à Fourvière. Octobre 1864 / Paul Saint-Olive. 1864. 1 dess. : crayon et sépia ; 10,5 x 18,5 cm (BM Lyon : fonds Saint-Olive, feuillet 83, n°159)

  • Planche gravée. In : THIOLLIER, Félix. L'Oeuvre de Pierre Bossan, architecte : basiliques, églises, chapelles, monuments civils, tombeaux, bronzes, orfèvrerie, etc. Monographie de la chapelle de Saint-Thomas d'Aquin à Oullins (Rhône), peintures, sculptures, décoration intérieure, par P. Borel, C. Dufrayne, J. Razuret. Montbrison : E. Brassart impr., 1891, in-fol., 23 p. : ill

  • SAINT-OLIVE, Paul. Recueil de vues. Livre 1. Vues de Lyon. Lyon : 1830-1869 ; feuillet 83, n°159 (BM Lyon, Rés. Est. 152769 01)

    BM Lyon : Rés. Est. 152769 01
Bibliographie
  • CHARVET, Léon. Lyon artistique. Architectes : notices biographiques et bibliographiques avec une table des édifices et la liste chronologique des noms par E.L.G. Charvet ; illustré de 20 portraits d'architectes. Lyon : 1899, 453p. : ill ; 28 cm

  • CHAZOT, Marie. Histoire du Monastère de la Visitation Ste-Marie de Lyon à Fourvière, Maitrise d'histoire contemporaine, sous la direction de Nathalie Mathian, Lyon III, 2002.

  • Coustumier et Directoire pour les Soeurs Religieuses de la Visitation de Saincte Marie. Lyon : Vincent de Coeursilly, 1628

  • DUFIEUX, Philippe. Le mythe de la primatie des Gaules. Pierre Bossan et l'architecture religieuse en Lyonnais au XIXe siècle. Lyon : P.U.L., 2004.

    p.205 et annexe 1 p.295
  • LECOMTE, Laurent. Jeanne de Chantal et l'architecture des couvents de la Visitation en France. Mémoire de D.E.A., sous la direction de MIGNOT, Claude. Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance, Tours, octobre 1996

  • SAINTE-MARIE PERRIN, Louis-Jean. Pierre Bossan, architecte, sa vie, son caractère, son oeuvre, sa doctrine. Lyon, impr. de Mougin-Rusand : 1889, 30 p.

  • THIOLLIER, Félix. L'Oeuvre de Pierre Bossan, architecte : basiliques, églises, chapelles, monuments civils, tombeaux, bronzes, orfèvrerie, etc. Monographie de la chapelle de Saint-Thomas d'Aquin à Oullins (Rhône), peintures, sculptures, décoration intérieure, par P. Borel, C. Dufrayne, J. Razuret. Montbrison : E. Brassart impr., 1891, in-fol., 23 p. : ill

Périodiques
  • LECOMTE, Laurent. Jeanne de Chantal "Maître de l'ouvrage" de son ordre. Visitation et visitandines aux XVIIe et XVIIIe siècles. Saint-Etienne : C.E.R.C.O.R., 2001, p. 89-107

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