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Lumière sur

Lotissement concerté, dit lotissement A ou lotissement du Revard

Introduction :

Le contenu de ce dossier s’appuie en partie sur des recherches menées et des textes produits par Jean-Pierre Petit dans le cadre de sa collaboration à l’exposition « Aix côté montagne », produite par les Archives municipales d’Aix-les-Bains, l’Inventaire du patrimoine d’Aix-les-Bains et l’Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Les règles définies dans le lotissement A, ou lotissement du Revard, ainsi que son emprise, ont guidé la quasi totalité des constructions édifiées dans la station dans la seconde moitié du XXe siècle.

La création du lotissement A :

Créé par arrêté préfectoral le 18 juin 1953, le lotissement A est dessiné par l’architecte de Courchevel (voir Courchevel 1850), Laurent Chappis, à la demande de la Société immobilière du plateau du Mont-Revard et de la Féclaz (SI puis STIR), propriétaire des terrains. La conception et le dessin de ce lotissement sont issus d’une réflexion générale menée par Chappis sur l’aménagement du plateau Revard-Féclaz à la demande du conseiller général Gaston Mollex (voir Station du Revard) et de son expérience à Courchevel.

Le lotissement A comprend l’ensemble déjà bâti de la station et crée trois boucles de voirie qui épousent le vallonnement du terrain et qui reprennent une partie des tracés existants : les boucles de l’Observatoire, de Bellevue et de l’Angle Est. L’emprise retenue pour le lotissement A permet de s’appuyer sur les réseaux existants (électricité, assainissement, eau potable et voirie) et de bénéficier d’un emplacement attractif, à proximité du sommet, pour lancer les ventes.

Comme à Courchevel, le lotissement est régi par un cahier des charges. Ce document réglemente les conditions d’acquisition et de construction des lots (établissement d’un gabarit pour chaque lot, conservation de la végétation), définit le rôle de l’architecte-conseil (Laurent Chappis jusqu’en 1962), fixe les règles afférentes à la voirie ainsi qu’aux travaux de viabilisation et crée le Syndicat des Propriétaires du Plateau du Mont-Revard. Il définit également le type d’occupation affecté à chaque lot ou ensemble de lots :

-la zone de l’ancien hôtel-restaurant et de l’ancien Grand Hôtel est définie comme une zone non aedificandi

-les trois boucles sont destinées à des occupations résidentielles individuelles ou en copropriété

-l’ancienne gare d’arrivée, son parvis au sud et les terrains situés au nord sont définis comme une zone commerciale et hôtelière

-la côte de Bellevue est réservée à l’implantation d’infrastructures sportives

Des difficultés de construction :

Malgré les travaux de viabilisation menés par le syndicat intercommunal du Revard, la station du Revard se heurte dès le milieu des années 1950 à des problèmes d’assainissement et d’alimentation en eau potable. Des coupures de service interviennent en 1956 et s’ensuivent d’une importante hausse des prix de l’eau. En effet, la source de Pré-Jappert qui assure l’alimentation du plateau, se révèle trop peu abondante pour satisfaire les besoins en cas de faibles précipitations. En 1978, une étude de pollution des sols menée sur l’ensemble du massif des Bauges amène la préfecture à suspendre les permis de construire au Revard. Ces difficultés, signalées à plusieurs reprises, ne sont résolues qu’après la restructuration des autorités publiques par la création du SIVOM du Revard en 1975 grâce au captage du trop-plein des sources de la Meunaz en 1976 et grâce au raccordement du plateau à la station d’épuration d’Aix-les-Bains en 1981.

Les règles établies par le cahier des charges souffrent également d’entorses. Les colonies de vacances, dont l’implantation était prévue dans un autre lotissement (voir Station du Revard), s’installent dans le lotissement A dès la fin des années 1950 (voir colonie de Pantin et colonie de Puteaux). Plusieurs bâtiments (extension de la colonie de Puteaux, bâtiment L’Alpe construit en 1979) sont par ailleurs édifiés dans la zone non aedificandi.

La commercialisation et la construction des 79 lots des boucles résidentielles se font très lentement. Après l’édification de 8 chalets dans les années 1950, dont 5 commandés par la STIR pour lancer le lotissement (voir Chalets greniers), les deux décennies suivantes voient la construction de la majeure partie des habitations (une trentaine de chalets dans les années 1960 puis une trentaine de chalets dans les années 1970). Diverses raisons sont avancées pour expliquer cet échec (nuisances apportées par les colonies de vacances, déficit de promotion sur le site même, manque d’équipement de la station, exigences architecturales du cahier des charges). En fait, la clientèle intéressée par l’acquisition de lots au Revard est plus modeste que celle qui était visée et alors attirée par des stations plus en vue telles que Megève ou Chamonix. A ce jour, des lots sont encore vacants.

Typologie des chalets des trois boucles résidentielles :

Les trois boucles résidentielles du Revard sont peuplées de chalets individuels (pas d’habitat collectif) bâtis majoritairement par des constructeurs de chalets. En effet, très peu de propriétaires ont fait appel à des architectes. Dans le cadre de se collaboration à l’exposition « Aix côté montagne », Jean-Pierre Petit a établi une typologie de ces chalets (voir carte).

Chalet atypique (A) :

Chalets représentant des cas particuliers par leur architecture et/ou par leur origine. Ainsi, le premier chalet du ski-club (boucle de l’Angle Est, Le Montcel, parcelle AD 39) est originaire de Tignes et correspond à la moitié d’un des baraquements construits en 1941 pour loger les ouvriers du barrage de Chevril.

Chalet ferme (F) :

Les chalets fermes adoptent la forme de fermes et notamment des fermes des Bauges dotées de toits à demi-croupe à forte pente.

Chalet grenier (G) :

A côtés des 5 chalets greniers de la boucle de l’Angle Est, 3 autres chalets greniers ont été construits dans la boucle de l’Observatoire. Ceux-ci ont été dessinés par Laurent Chappis pour un promoteur, Mme Ybergoyen, et vendus sur la Foire de Lyon. Les deux chalets situés au sud (Pugny-Chatenod, parcelles AC 38 et AC 42) sont des type E ou modèle Intimité, le chalet placé au nord (Pugny-Chatenod, parcelle AC 43) est un type B ou chalet Lilliput. A côté des principes constructifs des chalets greniers qu’ils reprennent (piles maçonnées, toit en appentis, mezzanine couchette, terrasse à l’avant et accès par escalier extérieur latéral), ils présentent l’originalité d’une façade principale inclinée et des câbles de toit tenant la terrasse permettant l’économie de piliers de soutien. Comme les chalets greniers de la boucle de l’Angle Est, les soubassements de ces constructions ont été fermés par la suite pour agrandir l’espace intérieur et renforcer l’isolation du bâtiment.

Chalet maçonné (M) :

Les chalets maçonnés, rares au Revard, sont un type dans lequel le bois joue un rôle décoratif ou d’intégration au site.

Chalet nordique (N) :

Les chalets nordiques sont des chalets en rondins de bois d’inspiration canadienne ou scandinave.

Chalet ossature bois (O) :

Ces chalets adoptent un système constructif en bois : poteaux-poutres, bois sur bois ou panneaux de bois.

Chalet skieur (S) :

Le chalet skieur, inventé par Henri-Jacques Le Même à Megève, est le type le plus représenté au Revard. Les entreprises SCMC, basée à Lescheraines dans les Bauges, et Art et Bois, installée à La Rochette, ont édifié la majorité des chalets skieurs du Revard. Les constructions Art et Bois présentent plusieurs éléments architecturaux constants : bardage en chevrons sur la partie supérieure du pignon principal, volets comportant trois panneaux pour chaque vantail, garde-corps en bois à lisses horizontales, caisson lambrissé en forme de trapèze affiné vers le bas englobant le poteau cornier des loggias.

Chalet triangulaire (T) :

Les trois chalets triangulaires du Revard adoptent une forme inspirée de la tente de bivouac et sont des constructions économiques et faciles à mettre en œuvre. Le chalet triangulaire installé dans la boucle de Bellevue (Le Montcel, parcelle AD 17) est un chalet de type Chaloin, utilisé dès 1968 par le Parc national de la Vanoise pour la construction de refuges.

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