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Lumière sur

Mairie-écoles et foyer de la campagne (salle des fêtes)

Premier projet : l'agrandissement de la mairie-école

En 1930, la mairie-école est installée dans un bâtiment situé à proximité du chevet de l'église, au coeur du village de Verlioz, construit sans doute au début du 20e siècle à l'emplacement de l'ancienne école de garçons (voir IA73004317). L’édifice est décrit comme ayant besoin de réparations sur la toiture en ardoise, le crépi, les conduits de cheminée et les volets en bois ; il n’y a pas de préau couvert, de vestiaire et lavabos ni de cantine.

En 1929, la commune décide de restaurer et agrandir cette école, et de lui ajouter une annexe appelée « foyer » destinée à accueillir une cantine et des douches « imposée par le nombre grandissant d’élèves venant de hameaux éloignés », ainsi qu’un terrain de sport. Le projet est confié à l’architecte aixois André Farde, qui donne en octobre 1930 un procès-verbal d’estimation des terrains à acheter pour agrandir les cours de l’école et ménager un terrain de sport (parcelle B 486, à l’est du bâtiment), et construire une annexe pour douches et cantines (parcelles B 504 et 504 bis, au nord de la précédente de l’autre côté du chemin). André Farde dresse les plans et devis des deux bâtiments le 15 décembre 1930 (407 000 F, dont 8000 F pour la mairie), et une délibération du conseil municipal du 28 juin 1931 demande une subvention qui est accordée par arrêté de du 30 décembre 1931 (324 180 F), après avis favorable sur le projet de Roger Pétriaux, architecte départemental et des Monuments historiques, à Chambéry.

Le plan d’agrandissement de l’école prévoit l'adjonction, à l’extrémité de chaque classe, d’un vestibule, vestiaire et lavabo, et agrandissement des cours avec préaux couverts et toilettes. Un second plan est dressé pour la construction de l’annexe, dans un bâtiment distinct. Le terrain étant en pente, ce bâtiment a un étage de soubassement (appelé sous-sol sur le plan) contenant un lavoir municipal, des douches publiques et un local de stockage, et un rez-de-chaussée surélevé divisée en vestibule avec bar, lavabo et WC, salle pour 200 spectateurs, petite scène avec magasin d’accessoires et deux loges avec WC. Au-dessus du vestibule est prévue une cabine entièrement métallique pour l’appareil de cinéma (programme donné par le rapport de l’architecte pour la construction d’un foyer de la campagne daté d'août 1931 ; AD Savoie, 2O : 2937). Le tout est « construit de manière extrêmement sobre dans une note en harmonie avec les constructions de la région » (idem). La commission pour la répartition des fonds provenant du prélèvement sur le produit des jeux accorde le 9 novembre 1931 une subvention de 100 000 F pour le projet de Foyer des Campagnes, qui s’élève à 320 000 F.

Entre 1930 et 1932, le projet subit plusieurs changements : la cantine initialement prévue dans le bâtiment est remplacée par le bar ; le dessin du 17 mars 1932, qui prévoit une élévation ornée d'une frise et un toit terrasse, n'est pas mis en exécution (les façades se rapprochent finalement des dessins du 15 décembre 1930).

Les courriers échangés entre la préfecture et le député Hyacinthe Carron (député de la Savoie de 1924 à 1942) mentionnent l’éventualité de l’utilisation de la salle des fêtes de Trévignin par les agglomérations qui l’entourent. C’est en effet un équipement de grande taille et dont le programme dénote dans une petite commune rurale, mais une délibération du conseil municipal du 18 avril 1932 se félicite de cette « salle des fêtes conçue d’une façon remarquable et qui serait relativement très belle compte tenu de la dépense... la proximité de la grande station d’Aix-les-Bains oblige la commune à ne pas se contenter d’une salle des fêtes d’une banalité courante ou d’un goût douteux ».

Second projet : le groupe scolaire avec mairie

Un nouvel emplacement

En 1932, le projet est modifié : au lieu de reconstruire sur l’emplacement de l’ancienne école, on décide d’occuper un terrain libre situé entre le village de Verlioz et le chemin de grande communication n°11 (parcelles B4 551 à 560, 562), pour y bâtir le groupe scolaire avec mairie, le foyer de la campagne, une piscine (abandonnée par la suite) et douches scolaires avec terrain de sports et jeux pour les enfants et jardins pour les instituteurs (la décision de construire un bâtiment neuf est officialisée par une délibération du conseil municipal le 8 janvier 1933). Le nouvel emplacement est situé plus près du chemin de grande communication (et appartient en partie au maire, Jean Marie Marin-Laflèche, fils de feu Marie, hôtelier, et à Marie-Antoinette Brandon, son épouse, demeurant 17 place Carnot à Lyon). L’estimation de ces terrains est faite en décembre 1932. Le conseil municipal approuve ce nouveau projet, mais souhaite rapprocher le bâtiment de l’église, et l’acquisition des parcelles demande une déclaration d’utilité publique (obtenue en mai 1933). Le choix de l’implantation des bâtiments fait débat (certains souhaitent que l’école soit entre la fromagerie communale société fruitière de Trévignin et la scierie Marin Albert en bordure du chemin GC 11, mais d’autres leur opposent que la porcherie est malodorante et la scierie bruyante...).

Le plan du nouveau groupe scolaire est daté du 24 avril 1933. Entre cette date et la construction définitive, l’implantation des bâtiments sur le terrain est modifiée : ils sont finalement parallèles, mais restent à proximité du chemin n°11 (future route du Revard), et ne sont pas rapprochés de l’église.

La construction du foyer de la campagne

La construction semble avoir commencé par le foyer de la campagne. L’édifice a la particularité d’être en partie en charpente et parements métalliques : le devis descriptif des travaux à exécuter pour la construction du gros-œuvre en éléments métalliques d’un Foyer de la campagne, dressé le 7 juin 1932 (320 000 F), précise que « les travaux à exécuter en éléments métalliques comprennent toute la partie du gros-oeuvre située au-dessus des planchers du rez-de-chaussée et de la scène » (les fondations et le niveau de soubassement sont en maçonnerie, avec les mêmes matériaux que le groupe scolaire). Ces murs sont en double paroi de tôle d’acier inoxydable au cuivre, d’une épaisseur totale de 33 cm minimum ; les cloisons sont de même matériau mais plus fin. La toiture sera également composée de grands panneaux en tôle d’acier inoxydable au cuivre. Les hauteurs sous plafond sont de 3 m pour le vestibule, 5,20 m pour la salle, 2,10 m pour la cabine de l’opérateur de cinéma, environ 4 m pour la scène. La charpente en sapin avec couverture en ardoise des Pyrénées.

Les travaux sont divisés en six lots, attribués à :

1er lot, terrassement maçonnerie serrurerie : Alexis Giaure, entrepreneur, avenue d’Italie à Aix-les-Bains

2e lot, charpente couverture zinguerie : Lerges frères, entrpreneur à Corbonod (Ain)

3e lot, menuiserie quincaillerie parquet Charles Richerd à Ambérieu

4e lot, plâtrerie peinture vitrerie : Massonnat J. P. (Les Fils), boulevard Polh à Aix-les-Bains

5e lot, sanitaires chauffage central fumisterie : Girod Francis, 10 avenue de Marlioz Aix-les-Bains

6e lot, électricité horloges appareils électriques divers : Ets Chevallier Aix-les-Bains ou Ch. Chevalier rue de Chambéry à Aix-les-Bains.

La fourniture des parties métalliques est assurée par les Constructions métalliques Fillod, 56 rue de Ponthieu à Paris, qui envoient le 21 avril 1932 un devis de 129 900 F pour fourniture d’éléments métalliques recouverts d’une couche de peinture », acheminés « sur wagons départ Florange, jusqu’à la gare la plus proche du chantier », avec pose sur les fondations et soubassement déjà préparés.

Une demande de déclaration d’utilité publique pour l’acquisition des terrains (les parcelles B 501 à 504 bis, 509, appartenant à Joseph Girard) est faite en juin 1932, et en septembre le maire demande au préfet de pouvoir émettre un emprunt auprès des particuliers jusqu’à concurrence de 140 000 F pour la construction de ce bâtiment. Le contrat de prêt est signé le 2 octobre 1932, sur 30 ans et à 5 %, avec 9 prêteurs (Jean Marin-Laflèche pour 28 000 F, Stéphane Francoz, Noël Mailland, Charles Janin, Joseph Mailland, Joseph Jorens, Alphonse Guichet, Aimé Gonthier et Léon Petillat chacun pour 14 000 F). Un état récapitulatif des travaux est dressé le 4 mai 1935, le bâtiment étant terminé, et un procès-verbal de réception provisoire est signé le 11 septembre 1935.

La construction du groupe scolaire avec mairie

La construction du groupe scolaire avec mairie a dû commencer pendant le chantier du foyer (les mêmes entreprises interviennent sur les deux chantiers). Le devis descriptif détaillé des travaux à exécuter, dressé le 22 avril 1933, donne des précisions sur les matériaux employés. Pour le groupe scolaire, les gros murs ont des fondations en béton de cailloux et chaux lourde et sont élevés en maçonnerie en moellon de carrières du pays (du sous-sol au 1er étage) puis en brique creuse au-dessus du solivage haut du 1er étage. Les murs de refends sont en maçonnerie d’aggloméré de chaux et gravier au sous-sol et rez-de-chaussée, en brique creuse au 1er étage. Les linteaux sont en béton armé ; les appuis et jambage des croisées, balustrades des terrasses avec évidés formant des bacs à fleurs, colonnes, piliers et inscription sur façade sont en moulages en ciment suivant dessin de l’architecte. Le crépi extérieur est au mortier de chaux rustique gros grain avec encadrements en réserve ; le crépi intérieur, en mortier de chaux frotté (mairie, locaux scolaires, bibliothèque, parties communes, cuisines). Le sol est en carrelage d’asphalte 14x14 dans les locaux scolaires (brun uni avec bordure rouge et noire) ; une chape en granito unie, avec bordure et filet romain, est prévue dans les vestibules, paliers, bibliothèque, cuisine, bains et WC. L’escalier est en ciment moulé. La couverture est en tuile vieillie rectangulaire (de marque Genairon, Crepel ou Champagneux Eybens).

Des éléments de décor sont prévus pour l’édifice : quatre jardinières en ciment moulé devant la façade, une devant la plaque du souvenir ; le garde-corps de l’escalier principal est en serrurerie à volutes, avec main-courante en aluminium, et une grille à volutes est prévue la grande croisée de la mairie. Les menuiseries sont en chêne ; un meuble est prévu pour la mairie, à cinq portes pleines et cinq portes vitrées au-dessus, en sapin et okoumé (h=230). Une pendule réceptrice type n°12 et une pendule réceptrice chêne 25 cm sont achetées à l’Etablissement d’horlogerie électrique A. Drevon, 2 rue Lafon à Lyon (1250 F).

Le devis total est chiffré à 598 500 F (dont 34 000 F pour la mairie).

Les rapports de visite du chantier par le maire de Bassens, délégué du Comité départemental des constructions scolaires, permettent de suivre la construction : septembre 1934, les murs sont montés jusqu’en haut et l’escalier réalisé. Le procès verbal de réception provisoire est signé le 11 septembre 1935, le procès-verbal définitif est signé le 11 septembre 1936.

Un état des dépenses supplémentaires, de 143 688, est établi par l’architecte le 1er février 1937. Une délibération du 29 mai 1937 indique que le total des marchés approuvés est de 704 662 F, pour une dépense de 933 856 F.

Les transformations de la fin du 20e siècle

Les préaux et les auvents qui bordaient les cours, à l'ouest du bâtiments, ont été fermés. L'école a été transférée dans un nouveau bâtiment (l'ancienne colonie de la Ville d'Oran, voir Village de Trévignin), à la fin du 20e siècle. La mairie occupe les anciens locaux de l'école de garçons (aménagement d'un secrétariat et de bureaux). Le reste du bâtiment est divisé en logements locatifs.

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