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Le 3ème arrondissement de Lyon

Cet arrondissement se situe au centre de la rive gauche du Rhône sur 680 hectares. À l´origine, le 3ème arrondissement était beaucoup plus important. Il a été créé en 1852 pour se substituer à la commune de la Guillotière, rattachée en mars 1852 à la ville de Lyon. En 1867 la partie septentrionale devient le 6ème arrondissement et en 1912 la partie méridionale devient le 7ème arrondissement.

C´est aujourd´hui l´arrondissement le plus peuplé de Lyon, sa croissance est la plus rapide. Il est le plus hétérogène et se compose de différents quartiers qui se sont individualisés les uns des autres au cours de l´histoire du développement de la rive gauche du Rhône. Ainsi on distingue aujourd´hui six secteurs (dont l´histoire de certains se rapproche), d´ouest en est : Préfecture, Part Dieu, Saxe Paul Bert, Villette, Sans Souci, Monplaisir et Montchat.

La géographie de cet arrondissement est le premier des facteurs qui permet de comprendre son développement. Le relief présente trois ensembles de paysages différents. D´abord, se situe à l´est la partie la plus élevée. Elle correspond à des dépôts morainiques très anciens. Cet ensemble domine Montchat par un rebord que longe aujourd´hui le boulevard Pinel.

Ensuite, plus à l´ouest, Montchat, Maisons Neuves, Sans Souci et Monplaisir se succèdent sur des éléments de plateaux (entre 170 et 180 mètres). Ils sont constitués par des dépôts de sables et de cailloux charriés par l´ancien lit du Rhône. D´ailleurs, dans ce secteur, de nombreuses carrières ont été longtemps exploitées et l´avenue Rockefeller s´appelait encore au début du XXe siècle la montée des Sablons. Cette altitude, même faible, met ces terrains à l´abri des inondations du Rhône, ce qui ne sera pas sans effets sur le développement de ses quartiers au XIXe siècle.

Enfin, le reste de l´arrondissement, la Part Dieu, La Villette, la Préfecture la Guillotière constitue la zone d´inondation du Rhône jusqu´à ce que celui-ci soit maîtrisé par des digues et barrages en amont. Cet espace est parcouru de ruisseaux aux lits changeants. Il prend l´aspect d´un brotteau irrigué au XVIIIe siècle et XIXe siècle par le ruisseau de Feurs (des Brotteaux à l´actuel place Gabriel Péri) et la Rize dont l´origine est au moulin de Chassin (à Décine). La Rize se divise ensuite en deux, après avoir traversé Vaulx en Velin, au lieu dit du pont des Planches. Le ruisseau des Abymes se dirige vers la Tête d´Or et le ruisseau de la Rize, proprement dit, parcourait Villeurbanne et entrait dans l´actuel 3ème arrondissement pour se séparer en trois fossés qui sillonnaient les immenses prairies de la Buire (à l´ouest du cours Gambetta). Ces grandes prairies ne disparurent qu´à la fin du Second Empire. Cette zone ne sera à l´abri des inondations que tardivement, la berge est mouvante et les trois plus importantes crues de 1812, 1840 et 1856 ont recouvert tout ce secteur de 60 cm à 1,50 mètre d´eau.

Histoire, développement et urbanisation du 3ème arrondissement.

De l´époque médiévale, peu d´informations sont arrivées jusqu´à nous, sauf pour la limite sud de l´arrondissement puisque les pieux des dernières arches du pont de la Guillotière, qui rejoignaient la Grande Rue du même nom (sous l´actuel cours Gambetta), ont été retrouvés lors du percement du tunnel du métro D en 1992. De cette tête de pont, de petits chemins serpentaient à travers la campagne et menaient à de petites fermes situées sur les hauteurs, à l´abri du Rhône, à Bron et Villeurbanne.

D´autre part, l´arrondissement fait alors partie du Mandement de Béchevelin et du Dauphiné. Les conflits de territoire étant nombreux, en 1475, Louis XI envoie un émissaire, Louis Tindo, chargé de fixer le tracé de la frontière. La délimitation de Tindo a permis de connaître l´étendue du territoire soumis à la juridiction des archevêques de Lyon.

La ferme de la Part Dieu est déjà bien visible sur le plan de scénographique de Lyon de 1550 conservé au A.M.Lyon.

Il faut ensuite attendre l´époque moderne pour avoir des éléments sur la physionomie du 3ème arrondissement. Au début du XVIIIe siècle, le territoire est représenté par le plan Mornand, syndic de la commune de la Guillotière. Le plan date probablement de 1710, les berges du Rhône ne sont pas fixes et la seule partie urbanisée est au débouché du pont. De nombreux terrains appartiennent encore aux archevêques de Lyon, la Part Dieu est à madame de Servient. Les lyonnais franchissent le Rhône par le pont gratuit pour trouver un peu d´air pur, où les prairies et les ruisseaux permettent de se promener et d´aller à la pêche.

Trois territoires vont ensuite constituer le troisième arrondissement (le plan Morand peut permettre de les repérer). D´abord la berge du Rhône est courbe et toujours sujette aux inondations, la végétation, dense se compose de saules, de vernes et de peupliers. Aux abords du pont, une vaste place sert de port aux marchandises acheminées par le fleuve. À l´arrière une zone très étendue et inondable est mouvante néanmoins, ce secteur est utilisé pour des activités agricoles spécifiques. Les prairies drainées par des fossés de saules osiers sont pâturées par des bovins. Les parties les plus sèches sont cultivées de céréales. Aulnes et peupliers fournissent bois de chauffage et de charpente. Trois grands domaines se partagent le territoire jusqu´au XIXe siècle : la Corne de Cerf à La Villette-Baraban, la Buire et la Part Dieu. Ces deux derniers comportent un château et une ferme. (le château de la Buire est encore visible rue Rachaix.)

Dans la partie la plus sèche à Montchat et Monplaisir (domaine de Tournelles), qui couvrent de très vastes espaces, le choix des cultures est plus large : céréales et vignes.

Le troisième arrondissement apparaît comme plus humanisé que les Brotteaux à la même époque. Ce contraste va s´accentuer au cours du XVIIIe siècle puisque ces espaces sont, pour la majorité d´entre eux en dehors de la propriété des Hospices Civils même s´ils intègrent la Corne de Cerf et la Part Dieu (donation viagère de Catherine Mazenod, Vve Servient en 1725).

La première moitié du XIXe siècle.

En, 1852 l´ensemble de l´arrondissement fait partie de la commune de la Guillotière, il n´y a pas de plan d´urbanisation sauf pour les Brotteaux, grâce au plan Morand imposé par les Hospices ce plan ne débordera que sur les parties proche du cours Lafayette (La Corne de cerf et La Part-Dieu).

Les cultures occupent encore les 4/5ème de son territoire, les fermes se modernisent et développent leurs activités.

La croissance économique et démographique de Lyon reprend à la fin du Premier Empire surtout dans les communes périphériques. Le 3ème devient alors le lieu d´accueil pour les activités dangereuses et nuisantes. (Blanchisseries, teintureries fabriques d´allumettes). Les constructions sont de simples masures en bois et pisé.

Le Comte Jean des Tournelles maire de la Guillotière au début de la Restauration, réside dans son château (rue Paul Sisley) et son domaine, ancienne maison de campagne des Jésuites, s´étend de l´ouest de la rue des Tournelles (rue Sisley) jusqu´à la route d´Heyrieux (avenue Lacassagne). En 1827, il décide de lotir sa propriété de 90 hectares, le plan est dessiné par l´architecte Hotelard. Il propose aux acheteurs le village de Monplaisir et la campagne de Sans-Souci. Ces noms sont créés pour la circonstance, dans un souci de promotion. Le lotissement est loin du centre de la ville et conçu pour accueillir des maisons de campagnes. De ce fait, deux servitudes sont incluses dans les actes notariés : pas plus de 2 étages par maison qui doit se située à 20 mètres de la rue pour un jardin. Le lotissement du quartier fut assez rapide mais peu homogène : ce sont de grandes villas avec des espaces arborés. Beaucoup ont disparu lors du percement du cours Albert Thomas.

Viennent ensuite, assez rapidement, la mise en place d´une promenade (place de Monplaisir), puis l´église Saint Maurice en 1840 (aujourd´hui elles se situent dans le 8éme).

Pour le secteur de La Villette-Baraban, le développement est rapidement bloqué par les emprises militaires. L´enceinte fortifiée de 1831, dont le fort Montluc est le plus important, se complète dans le quartier par le petit fort de la Part-Dieu et la lunette des Hirondelles. Puis s´installe la caserne de la Part-Dieu, en 1844, sur les 13,6 ha vendus par les H.C.L. Les zones de servitudes militaires gênent beaucoup, et obligent le contournement des voies de circulations. Mais les dépenses des soldats engendrent le développement de café, cabarets et autres lieux de plaisir à la Guillotière.

La façade de l´arrondissement sur le Rhône joue un rôle essentiel dans la vie économique : c´est le cadre principal de l´activité fluviale dans ce secteur proche du pont de la Guillotière et du port au bois. La Guillotière devient aussi le terrain de jeux des lyonnais et le lieu des grandes vogues et fêtes populaires en raison des nombreux bals.

C´est aussi l´époque de la mise en place des voies de chemin de fer et la polémique fait rage, la gare centrale sera-t-elle à Lyon ou à la Guillotière. Entre 1835 et 1851 les deux communes engagent des discutions houleuses. Après le projet de gare de marchandise à la Part Dieu et d´une gare de voyageurs au pont de la Guillotière, le 1er décembre 1851, un décret fixe finalement l´emplacement de la gare centrale à Perrache.

Second empire (1848)

Quelques changements de noms de rues sont mis en place, mais surtout, c´est l´arrêt du développement économique du secteur qui va générer un chômage généralisé jusqu´en 1860.

En mars 1852, la Guillotière est rattachée à la ville de Lyon et constitue le 3ème arrondissement qui est déjà le plus peuplé. En 1862, il compte 87 796 habitants sur 318 203 de Lyon. 7918 sont comptés à part, des soldats essentiellement et 8028 considérés comme habitants hors agglomération. Ceci montre le caractère encore très rural de certaines parties du territoire.

Deux personnages ont alors un rôle clé : le maire de l´arrondissement, Jean-Louis-François Richard, fils d´Antoinette Chambovet qui a épousé la fille d´Henri Vitton ; et Louis-Gabriel Delerue, ingénieur des ponts et chaussées chargé de la rive gauche du Rhône. Il est le bras droit de Gustave Bonnet, ingénieur en chef de la voirie. Ils élaborent les rapports soumis au maire préfet Marius Vaïsse. Tous les rapports de voirie passent par Vaïsse, mais il ne peut pas s´opposer à Richard-Vitton.

Le développement urbain se poursuit, mais l´agriculture reste encore très présente surtout dans l´est de l´arrondissement (Montchat, Chautagne, Grange Blanche, et Baraban)

De même, le domaine et le château de Montchat sont attestés dès 1534 et occupent 230 hectares. Il est peu diminué malgré les changements de propriétaires successifs. Il appartient au Basset lors du séjour de la reine de Suède en 1657, puis, aux Révérends Pères de la Compagnie de Notre Dame des Feuillants, de 1683-1689. Le domaine est ensuite racheté par le notaire Sargnes Besson, dont la petite fille est devenue Louise Besson de Montchat épouse de Mathieu Bonnand. C´est leur petite fille l´héritière du domaine mais dépossédée pendant la révolution qui épouse Henri Vitton. Ce couple n´a qu´une fille, Louise qui épouse Jean Louis Richard et meurt en 1883.

La transmission de l´héritage ne se fait que par les femmes pendant 200 ans, d´où l´abondance de noms féminins lorsqu´on parcourt encore aujourd´hui les rues (rue Camille, rue Louise, rue Julie).

En 1857, Jean Louis Richard-Vitton décide de lotir un grande partie du domaine anciennement occupée par le château de Montchat il garde 17 hectares autour du château, qui sont incorporés dans le lotissement à la mort de sa femme, en 1883.

Le 27 octobre 1858 Jean Louis François Richard Vitton écrit à la ville de Lyon pour annoncer qu´il morcelle une partie de son domaine, les petites parcelles créées sont destinées à la classe peu aisée. Il offre une cession gratuite à la ville, du sol des rues et places nécessaires au projet, ainsi qu´un terrain pour la construction d´une église, d´une école et d´une salle d´asile. Ce qui représente 780 000 m2 de terrain, 12 Kms de rues et 4 places (soit 180 000 m2). Les rues portent les noms des personnes de sa famille.

Dans la même période, le domaine de la Buire, ancien domaine des Rachaix, est vendu en 1848 à divers propriétaires. En 1854, des opérations d´aménagement urbain s´organisent. Le cours des Brosses (Gambetta) est prolongé au-delà de la place du Pont. Une place circulaire, la place Victor-Basch est mise en place, à l´est de l´avenue de Saxe en cours de percement. Une deuxième se situe au clos de l´Abondance. Les rues de Créqui et Vendôme sont prolongées, créant ainsi la trame viaire que nous connaissons aujourd´hui. Le tout fut terminé avant la fin du Second Empire.

D´autres percements de rues ont lieu, la rue Servient en 1860, pour la parade des troupes du quartier de cavalerie. Mais aussi le boulevard de ceinture.

L´arrondissement est toujours séparé en deux par les fortifications, la caserne et la voie ferrée. Cette césure se renforce sous le Second Empire.

Côté Rhône, on raccorde la trame viaire de Morand avec celle de la Guillotière en prolongeant l´avenue de Saxe les rues Monsieur et Madame. Après la grande crue de 1856, c´est la construction du quai de Joinville (actuel quai Victor Augagneur). L´aménagement a duré jusqu´en 1860. Ainsi l´aspect de la rive gauche fut complètement changé et perdit peu à peu son caractère naturel.

Le développement des activités se poursuit, mais au rythme des terrains qui sont peu à peu ouverts à l´urbanisation. Le secteur du plâtre, situé après le grand port au bois, est dédié aux activités liées à l´alimentation ( fabrication de sirop et de semoules et pâtes alimentaires).

À Saint-Amour et la Part Dieu s´installe une usine de gaz et gazomètres et les fabriques d´allumettes qui sont très nocives. Teintureries, fonderies et blanchisserie prennent place sur les rives de la Rize, de plus en plus polluée.

À la Buire, Jules Froissard fonde les ateliers de Jules Froissard, précurseur, dès 1847, il veut construire du matériel ferroviaire. C´est la création des ateliers de la Buire, dirigés par les frères Mangini. Les constructions d´équipements (églises, écoles) vont suivrent le développement urbain des différents secteurs.

3ème République.

Le développement est tel qu´en 1912 on divise l´arrondissement : la partie méridionale devient le 7ème.

Le développement n´est pas homogène et les différents quartiers qui constituent aujourd´hui le 3ème s´individualisent. Le quartier de la préfecture devient un secteur résidentiel.

Le quartier du Plâtre, près du pont de la Guillotière voit se développer de nombreux petits commerces populaires. La Part Dieu reste à dominante militaire même si l´habitat populaire gagne de plus en plus de terrain. Au-delà de la voie ferrée, grandes usines et ateliers s´installent à Monplaisir, Baraban, Sans Souci et La Villette. Montchat s´agrandit (avec la création du clos Chautagne) mais change peu de physionomie. L´implantation de l´hôpital de Grange Blanche montre le souci grandissant d´équipements.

L´urbanisation progresse encore, l´avenue de Villeurbanne et le cours Gambetta vont changer la structure urbaine et les données économiques. Jusqu´en 1890, Monplaisir conserve un caractère rural. Cependant, l´urbanisation se poursuit et le chemin de fer de l´est va considérablement modifier ce caractère de l´est de l´arrondissement.

Le chemin de fer de l´est est proposé dès 1865 par les frères Mangini, plusieurs tracés étaient possibles. Finalement le tracé Lyonnais qui part de la gare de la Part Dieu est retenu. Il traverse en oblique tout le 3ème et puis les communes de banlieue. (Villeurbanne, Décine, Meyzieu). Un tissu d´activités va s´implanter autour. Cette ligne de l´est sera le déclencheur du développement industriel de tout l´est lyonnais dans les années 1880-1890.

En 1880, on dévie et canalise le cours de la Rize, devenue trop polluée. Les travaux sont rapidement effectués dès 1882 le ruisseau ne subsiste que de la Ferrandière jusqu´aux petites Soeurs des Pauvres, installées à la Villette-Baraban, dans l´ancien couvent des Capucins chassés pendant la Révolution de 1848. Et début XXème La Rize a pratiquement disparue.

Les quartiers se différencient

La construction de la préfecture (1883-1890) par l´architecte Louvier va entraîner dans ce secteur le développement d´un habitat bourgeois (immeubles Art Nouveau).

À la Villette-Paul Bert et Monplaisir, les industries se développent. Le secteur est situé entre la voie ferrée et les cours Lafayette et Albert-Thomas, il va vers l´est jusqu´à Villeurbanne et Montchat. Après la création de l´avenue Félix Faure et du cours Albert-Thomas et le percement de rues par de petits lotissements comme la rue Turbil, on ne réalise aucune opération de voirie importante. La structure générale est assez informe, mélange de vieux chemins sinueux comme la rue Paul Bert et de rues rectilignes comme le chemin de Baraban, formant biais et croisements inattendus. À cela s´ajoute le chemin de fer de l´est qui interrompt le tout.

Néanmoins ce secteur présente d´excellentes conditions pour les industriels désireux de s´installer. Les terrains sont plats, le sous sol de bonne portance et l´eau en abondance. La desserte ferroviaire est optimum et de nombreux branchements particuliers sont mis en place. Les irrégularités de la trame viaire deviennent même un atout car les parcelles sont de tailles très différentes (de quelques centaines de m² à plusieurs hectares). Tous les besoins, de l´atelier à la grande usine peuvent être satisfaits. Les terrains sont encore peu cher et la main d´œuvre abondante est disponible.

Le mélange de l´habitat et des activités est la règle : relation travail/habitat est courante. La proximité est un avantage. Les activités industrielles sont très variées, les plus importantes sont les usines Rochet-Schneider puis Berliet, chemin Feuillat ; la robinetterie de cuivre des établissements Seguin ; la chimie avec la société Vuillot-Ancel près de la rue du Dauphiné et le Textile chemin de Baraban. Les fonderies sont dispersées. De petits ateliers sont totalement intégrés à l´habitat. Une grande société de conditionnement de vins, Les Grandes Caves de Lyon se situe alors dans le château avenue Lacassagne.

Le quartier est populaire et très vivant. Des maisons individuelles avec jardins et petits parcs sont construites. Le voisinage entre usine (polluantes et bruyantes) et habitat finira par générer des conflits.

Sous la 3ème République, le lotissement de Montchat n´occupe qu´une petite partie d´une espace encore loin de la ville. Les exploitations agricoles sont très présentes autour du lotissement initial. Le développement du secteur se fait au fur et à mesure des besoins de l´urbanisation grandissante. Les exploitations disparaissent alors une à une. Avec les vingt dernières année du XIXe siècle, le lotissement s´agrandit considérablement avec la vente des terrains autour du château. Montchat se développe alors rapidement jusqu´au début du XXe siècle.

L´individualisation du quartier Grange blanche par rapport à Montchat et Monplaisir intervient au début du XXème siècle. En 1908 Edouard Herriot décide de construire un nouvel hôpital en remplacement de celui de la Charité devenu vétuste. Tony Garnier propose une architecture qui reprend deux grands principes : les pavillons disposés en rangées forment un U, ils sont liés par des couloirs souterrains de grande dimensions. Les bâtiments sont couverts par des toits terrasses, et éclairés de larges ouvertures. Décrochements, et des pignons à redans rythment les façades.

D´autre part, Les espaces verts sont particulièrement soignés.

Le site se situe 331 cours Gambetta sur un tènement d´un seul tenant entre les rues Trarieux et Claude Viala (15 hectares 29). La réalisation de l´hôpital est longue et interrompue par la guerre. L´inauguration a lieu le 12 mars 1933.

La vocation médicale du secteur se confirme avec la construction de la faculté de médecine, de l´école d´infirmière (8ème arrondissement), du centre Léon Bérard et de l´institut international du Cancer.

Les transformations contemporaines.

Depuis les années 50, l´arrondissement a encore beaucoup évolué, de manière inégale suivant les quartiers. La mutation de la Part Dieu a été un changement radical. Les activités industrielles remplacées par de l´habitat et du tertiaire, à partir de la fin des années 1970.

En 1958, la caserne de la Part Dieu est mise en vente. 9 hectares sont alors disponibles au cœur de la ville. Après des pérégrinations compliquées, la caserne de cavalerie est rasée, et un centre d´affaire et commercial se construit. En 1975, ce centre dispose d´une desserte locale (métro) puis d´une desserte nationale et internationale avec la Gare de la Part Dieu et le TGV (la gare a été agrandie en 2001) faisant de La Part Dieu le centre d´affaire de Lyon. Les bureaux se sont installés en nombres non seulement à la Part Dieu mais aussi à la Villette. Ce secteur est alors profondément transformé par de nouveaux percements. La création de l´avenue Georges Pompidou et l´élargissement de la rue de la Villette modifient entièrement l´urbanisme. Les édifices de bureaux ont aussi colonisé place de la Villette.

L´opération Moncey Nord où le bâti ancien et vétuste a été détruit (y compris la cité Rambaud) et remplacé par des immeubles issus des idées de Le Corbusier construits par l´architecte Zumbrunnen marque la mutation du secteur qui est complétée en 1997, par le nouveau palais de justice. Vient ensuite la réhabilitation du quartier du plâtre et de la place Gabriel Péri.

Mais ce qui marque le plus le paysage du 3ème arrondissement à partir de 1970-1980, c´est le départ des industries. À la Villette-Baraban, Monplaisir Sans-Souci, les usines ferment ou partent dans des zones industrielles périphériques.

La nécessité de séparer les fonctions production/habitat dans une ville moderne pour éviter les dangers et les nuisances engendrées par ces activités en est une des causes. Pour certains industriels c´est le moyen de générer de bonnes opérations immobilières en vendant des terrains à un prix élevé (comme terrain à bâtir) pour des tènements souvent de grandes dimensions. Leur départ permet de cesser des activités devenues peu rentables (les fonderies par exemple). Le phénomène est présent partout mais particulièrement sur l´axe Saxe-Albert-Thomas. L´arrivée de la ligne D du métro en 1991 a fortement développé l´attractivité de l´arrondissement : les terrains disponibles ont donc été rapidement occupés par des immeubles de 5 à 6 étages. Le tissu ancien disparaît peu à peu. Ces constructions se font de manière ponctuelle, sans plan d´ensemble et sans toucher à la trame viaire sauf pour la Buire, où les anciens ateliers ont laissé place à une urbanisation dont l´organisation est cohérente autour de l´ancienne place de la Buire, l´actuelle place Bir Hakeim.

Le 3ème est un arrondissement riche aux multiples facettes. Les différents quartiers qui le composent se sont individualisés les uns des autres, formant aujourd´hui l´arrondissement le plus dynamique de Lyon. Une urbanisation grandissante le modifie : de plus en plus de constructions neuves viennent remplacer le tissu urbain ancien. Cependant, il est encore possible aujourd´hui d´apercevoir, au détour des rues, le caractère originel des différents secteurs. Ainsi à Montchat, l´architecture industrielle côtoie encore un habitat de petite dimension.

L´activité industrielle a été grandement remplacée par le secteur tertiaire mais le 3ème arrondissement reste le premier employeur lyonnais. Le patrimoine industriel du 3ème présente deux caractères distincts, d´abord les grands sites qui occupaient souvent des emprises importantes ont bien souvent déjà muté en habitat. Ensuite, les petites et moyennes industries qui étaient intégrées aux habitations. Ces espaces sont en pleine mutation. La connaissance de ces parcellaires mutables peut aider à une meilleure gestion urbaine en se posant la question de leur devenir. Le tissu urbain change et évolue en fonction de besoins et des politiques urbaines qui se succèdent, mais on voit encore, à Montchat, par exemple ce que sont les caractéristiques d´une architecture industrielle urbaine.

Les industries sont en général des usines de taille moyenne dite en cœur d´îlot qui sont intégrées à un habitat de taille moyenne. Les immeubles ne s´élèvent que sur deux ou trois étages. Cette disposition confère encore au secteur un air de village qui disparaît peu à peu, c´est vrai, d´où l´importance de ces repérages et études pour tenter de préserver l´identité du secteur.

Exemple du quartier Montchat

La première mention du lieu dit de Montchat, comme nous le nommons aujourd´hui, remonte au XVe siècle. Louis Tindo, émissaire de Louis XI, est envoyé à Lyon en 1479. Sa mission est alors de tracé une frontière entre le Dauphiné et le Mandement de Béchevelin. En effet, un procès est en cours contre le présidial de Lyon et le parlement de Grenoble au sujet de la juridiction de la Guillotière. Le document d´enquête de Louis Tindo cite, pour la première fois, le nom de Monchal, devenu aujourd´hui par déformation Montchat. « Nous transportâmes par le chemin par lequel on va de Lyon à Genas jusques au boys de Monchal.» Il situe alors Monchal, comme un lieu dit de la commune de Chaussagne, village médiéval aux confins du Dauphiné.

Après cette citation initiale, le premier propriétaire connu du domaine de Montchat est Noble Pierre Prost. Ces héritiers vendirent le domaine en 1533 à Noble Jean Catherin, concierge des prisons royales à Lyon. C´est lui qui fit construire le château Montchat. Monsieur Jacquemont, historien averti de Montchat, décrit le quartier : «Montchat s´étendait depuis les confins de Bron et de Genas, jusqu´aux portes de la Guillotière ; c´était un des fiefs les plus considérable des environs de Lyon. La résidence que se fit construire Noble Jehan Catherin n´était pas un château mais une sorte de maison forte, avec tour, tourelles et colombiers, dans le genre de celle des Tournelles. Un parc, avec de beaux marronniers entourait le château, où l´on parvenait par de larges avenues de tilleuls. L´habitation comprenait plusieurs pièces de maître et il s´y ajoutait de nombreuses dépendances pour loger les gens travaillant sur le domaine, le matériel agricole et les récoltes. Une belle chapelle était située en dehors et à droite des bâtiments. Dans le cours des années, la chapelle fut détériorée et remplacée par un oratoire dans le château même. Le château existe toujours ; son aspect n´aurait sensiblement pas changé, si une restauration critiquable n´avait décapité la tour de sa poivrière pour la remplacer par des créneaux d´apparence féodale» .

Le domaine de Montchat passe ensuite entre les mains de Gaspard et Jean Laube, seigneurs de Bron qui le vendent à monsieur Basset, échevin de Lyon et membre de l´ancienne maison consulaire de Lyon de 1635 à 1637. C´est son fils, Jean Basset qui vend le domaine le 14 mai 1682 devant le notaire maître Louis Rougeault, aux révérends pères de la congrégation de Notre Dame des Feuillants. La congrégation tente alors d´en faire un domaine vinicole mais c´est un échec. Propriétaire jusqu´en 1689, la congrégation vend le domaine, à maître Jacques Besson, notaire et conseiller du roi, originaire de Rive-de-Gier. Selon l´acte du 3 janvier 1689 passé devant le notaire maître Rougeault, Montchat est acheté pour 9000 livres et 10 louis d´or. Le domaine occupe alors 230 hectares. La limite nord se fait par le chemin de Lyon à Genas, à l´est, par le chemin du Vinatier (actuel boulevard Pinel), au sud par le chemin de Lyon à Saint Laurent (actuel avenue Rockefeller) et à l´ouest, le domaine s´étend jusqu´aux portes de la Guillotière.

En 1709, le fils de Jacques Besson, Pierre, reçoit le domaine en héritage. Il se marie ensuite avec Jeanne Mayoud. Six enfants naissent de cette union, dont Louise. Louise épouse Mathieu Bonnand, Leur petite fille Antoinette se marie en 1811 avec Henry Vitton, maire de la Guillotière. Leur fille épouse Louis François Richard. Ainsi naît la dynastie des Richard-Vitton qui constitue tout un pan de l´histoire de Montchat.

En 1852, Napoléon III annexe définitivement la commune de la Guillotière à Lyon, et la rive gauche (Vaulx, Villeurbanne, Saint Fons, Vénissieux) au Rhône, Montchat ne marque plus une frontière avec le Dauphiné. Il faut rappeler qu´en 1789, la commune de la Guillotière avait été rattachée à Lyon mais, en 1793, la Convention pour punir Lyon après le siège de la ville, avait séparé La Guillotière de Lyon pour la rattacher au département de l´Isère.

Lyon s´agrandit en 1852, mais le domaine de Montchat reste un territoire hors de la ville, à la campagne.

En 1857, Jean Louis Richard-Vitton décide de lotir un grande partie du domaine anciennement occupée par le château de Montchat : il garde 17 hectares autour du château, qui seront incorporés dans le lotissement à la mort de sa femme, en 1883.

Le projet n´est pas dessiné à accueillir des maisons de campagne mais des habitations pour des personnes disposant de faibles moyens. Les parcelles sont donc petites (moins de 1000 m²) et dans un souci d´économie les rues sont petites (10 mètres de large en moyenne). La population du 3ème s´accroît et l´inondation de 1856 incite les gens à rechercher des terrains à l´abris, faisant de Montchat un nouvel espace privilégié.

La trame viaire est classiquement en damier, mais l´orientation n´est aucunement liée aux points cardinaux ni autres trames en cours d´ouvertures (celles de Morand et Tournelles). Les rues, dont l´axe central est le cours Henri (actuel cours du Docteur Long), sont tracées du SO au NE. Ce cours correspond à la grande allée ombragée de tilleuls qui conduit au château depuis le XVIIIe siècle. À l´extrémité nord, le cours Richard-Vitton recoupe le tracé en légère courbe du vieux chemin de la route de Genas.

L´opération qui est un succès est déjà largement engagée quand en 1858, Richard-Vitton écrit à la ville de Lyon, donc à monsieur Vaïsse (maire de Lyon et préfet) et Delerue (ingénieur des ponts et chaussées chargé de la rive gauche du Rhône), pour offrir de céder le sol des rues du lotissement. L´entretien est à la charge de la ville. En réalité, la ville est mise devant le fait accompli car les rues sont déjà tracées et parfois même empierrées. Seules quelques modifications sont faites sur les tracés bien que Delerue trouve la largeur des rues insuffisante. Dans l´idéal, il aurait voulu 12 mètres. Le cours Henri est légèrement infléchi pour constituer une ligne droite dont le prolongement (qui n´a jamais été réalisé) devait aboutir à la place de Monplaisir (aujourd´hui Ambroise Courtois). Sur ce même cours, il est préconisé dans les actes de vente que les maisons doivent être construites à 10 mètres des limites pour permettre des plantations. Celles-ci s´ajoutant à celles du cours donneraient naissance, selon Delerue, à un « axe vert comparable à ceux des quartiers périphériques de Londres » . Ces prescriptions ont été longtemps suivies et Montchat est encore, en quelques endroits, un quartier de Villas noyées dans la verdure.

Le développement du quartier est lancé, mais au début de la 3ème république, le lotissement de Montchat n´existe que depuis 12 ans. Il n´occupe qu´une faible partie d´un espace qui apparaît encore comme très loin de la ville. Autour du noyau primitif du lotissement, il existe surtout des espaces agricoles, où céréales, vignes, jardins et vergers se côtoient. Les exploitations sont petites quelques grandes fermes sont néanmoins présentes. Les deux plus importantes sont celles qui sont conservées par les Richard Vitton autour du château et sur les pentes de Chambovet et celle dite de la Grange Blanche d´Aubenas qui occupe 15 hectares en bordure du chemin des Sables. Cette agriculture perdurera longtemps. La famille Bonfy, fermiers des Richard Vitton est encore en activité en 1936, mais l´exploitation sera grignotée par le développement urbain.

Le développement se fait par à-coups lors de la mise en vente de terrains par les propriétaires, sans plans d´ensemble ce qui explique l´incohérence de la trame des rues et les contrastes de contenu social. En 1883, à la mort de Louise Vitton, on agrandit le lotissement à proximité du château avec les mêmes principes de départ, mais on abandonne le prolongement du cours Henri. Chemin des Pins (actuelle avenue Lacassagne), on implante le nouveau dépôt de tramways qui existe toujours et qui porte encore le nom de dépôt des Pins. De petites zones de villas s´implantent à l´écart de la circulation générale : entre le cours Eugénie, la rue des Peupliers et l´avenue Lacassagne. Sur des pentes là où la vue est étendue, de belles villas à petits parcs, s´installent. À l´ouest, sur une zone plate, on construit des maisons plus modestes dans le secteur de la rue Jeanne d´Arc.

La seule opération véritablement organisée est celle du clos Chautagne qui entourait le château loti en 1898 sous la condition que les constructions ne pourraient accueillir aucune activité industrielle ou commerciale. Le cours Eugénie est donc voué aux maisons individuelles mais sur des terrains beaucoup plus vastes que ceux de Montchat. La population augmente donc rapidement. En 1856, on comptait à Montchat 73 maisons et 654 habitants pour atteindre en 1896, 855 maisons et 3573 habitants.

Le développement de ce secteur est lié à l´essor des transports en commun qui facilite les déplacements. En 1881, le tramway à chevaux relie Montchat au centre de Lyon avec la ligne Bellecour Montchat. En 1896, la ligne de tramway à vapeur rejoint les Cordeliers à Montchat. Le tramway électrique fait son apparition en 1902. Puis les bus et la ligne de métro D viendront parfaire la desserte de Montchat.

D´autre part, la mise en service de la ligne de chemin de fer de l´est va favoriser le développement de l´industrie. Cette ligne qui mène de Lyon à Saint-Genis-d´Aoste traverse la zone nord-ouest de Montchat. La ligne est mise en service en 1881 et rapidement, de nombreuses industries s´installent dans ce secteur. Les raccordements privés se multiplient le long de la voie de l´est. Les industries voient dans cette zone plusieurs avantages pour leur installation et leur développement. Les terrains disponibles sont nombreux et les parcelles sont de tailles très différentes permettant ainsi de satisfaire les besoins des petites comme des grandes industries. La desserte est efficace et la main d´oeuvre est disponible à proximité. La mixité entre industrie et habitat caractérise Montchat et le secteur, on retrouve cette singularité au nord du 3ème arrondissement et jusqu´à Villeurbanne. Les petits et moyens ateliers s´installent partout, ils sont souvent construits sur cour, les plus grands occupent toute la surface des parcelles.

À Montchat, les industries sont en général, de taille moyenne (usine Rochet Schneider), et totalement intégrées dans le tissu urbain. Les logements ne s´élèvent que sur deux ou trois étages. C´est cet urbanisme restreint avec des hauteurs limitées qui donne son caractère architectural particulier à ce quartier.

Le long de la voie de l´est, sur l´avenue Lacassagne les sites industriels prennent place sur des tènements qui sont souvent plus importants, sur les parcelles les usines prennent place aux côté de villas qui accueillaient les bureaux, ayant pignon sur l´avenue et conférant prestige et importance aux ateliers de fabrication. Rue du Dauphiné, les ateliers de fabrication étaient en fond de cour derrière un immeuble de trois ou quatre étages ayant pignon sur rue. Rue Girie, on retrouve le même tissu urbain qu´à Montchat où les industries sont complètement indissociables des habitations. Chaque secteur garde encore aujourd´hui une identité qui lui est propre et c´est ce qui fait toujours la particularité du patrimoine industriel urbain du 3ème arrondissement.

Dans les années 1930, le secteur de Grange-Blanche devient indépendant de Montchat avec l´essor des grandes enceintes médicales qui se mettent an place. En 1928, Rockefeller fit un don pour la construction de la faculté de médecine. L´hôpital Edouard Herriot est inauguré en 1933. Dans le même temps, une clinique mutualiste s´installe rue Trarieux, puis peu après l´hôpital militaire Desgenettes prend sa place Boulevard Pinel, sans oublier l´Hôpital du Vinatier à Bron.

Montchat reste un secteur principalement résidentiel qui tente de garder son caractère originel malgré l´urbanisation. En 1950, l´abbé Béard en décrit les attraits : « Montchat reste encore cette banlieue aérée qui garde jalousement comme un cachet de petite ville de province. Et aussi au hasard d´une promenade, vous entrez chez quelques artisans - nombreux chez nous- un large éventail de besognes variées, accomplies avec goût, vous y étonnera !» .

Les petits ateliers et industries sont encore en activités mais, ce qui marque la fin du XXe siècle, à Montchat, comme pour le 3ème arrondissement, c´est le départ des industries qui ferment ou qui vont s´installées en périphérie. En conséquence, les espaces vacants sont nombreux et le tissu urbain se densifie. L´habitat se développe et même si au début des années 1960 Montchat semble encore épargné par l´urbanisation grandissante, la situation évolue et les maisons les plus petites sont remplacées par des immeubles collectifs de six étages en moyenne. Ces mutations urbaines sont surtout visibles cours du Docteur Long. Dans les années 1980, l´urbanisation est telle, que les Montchatois protestent contre les constructions d´immeubles de grandes hauteurs autorisées par le plan d´occupation des sols.

Aujourd´hui, Montchat garde son caractère résidentiel originel, de nombreuses petites industries ont été remplacées par des activités commerciales ou tertiaires, certains sites sont encore en activité. D´autres sites industriels ont été reconvertis, mais certains sont vides et désaffectés. Ce sont les témoignages industriels de Montchat. Ces sites méritent une attention particulière puisque leur mutation est prévisible à court terme. Les traces du passé industriel sont encore aujourd´hui présentes dans ce secteur, mais il est parfois difficile de les repérer puisqu´elles sont totalement confondues dans le tissu urbain. Ce périmètre industriel qui s´étend au nord-ouest contraste avec la partie sud-est qui est essentiellement résidentielle avec le clos Chautagne. Cette différence créée une césure dans la lecture du tissu urbain. D´autre part, la question de la place des sites industriels et des villas d´industriels de ce secteur est posée.

Ces questions sont d´actualité puisque tout près de Montchat, au sud-ouest, entre les rues Feuillat, et Dauphiné et entre l´avenue Lacassagne et le cours Albert Thomas, le secteur est entièrement modifié : les constructions contemporaines effacent le tissu ancien. Le 3eme arrondissement reste donc un laboratoire d´une ville qui se reconstruit sur elle-même.

Source principale : PELLETIER Jean, Connaître son arrondissement, Le 3ème de la Guillotière à la Part-Dieu, de Montchat à Monplaisir, ed. Lyonnaises d´art et d´histoire, C. E., 2000.

A.M. Lyon, cote 1 S 165a : plan de scénographique de Lyon de 1550

CHAUVY Gérard, Les quartiers de Lyon au fil des rues. ed Privat, Toulouse, 1993.

BAZIN George, Montchat, Lyon 3ème, un ancien lieu dit de la rive gauche. 1956. P. 29

PELLETIER Jean, Connaître son arrondissement, Le 3ème de la Guillotière à la Part-Dieu, de Montchat à Monplaisir, ed. Lyonnaises d´art et d´histoire, C. E., 2000. P. 34

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